Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site patrimonial Jacques-Cartier

Images

Carte

Description

Le site patrimonial Jacques-Cartier est un vaste ensemble regroupant plus de 150 bâtiments. La majeure partie a été construite entre le début du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. Le site comprend une partie des rues Jacques-Cartier, Saint-Antoine et de la Baie ainsi que la rue Prince-Albert. Il est en majorité composé de spécimens d'architecture résidentielle, à l'exception de l'église Saint-François-de-Sales et de son presbytère. Le site du patrimoine Jacques-Cartier s'étend sur une bande longitudinale en bordure des rivières Gatineau et des Outaouais, et est situé dans la ville de Gatineau.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique aux terrains et à l'enveloppe extérieure des constructions qui s'y élèvent.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Citation Site patrimonial Municipalité (Gatineau) 1996-05-21
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le site patrimonial Jacques-Cartier présente un intérêt pour sa valeur historique. Le site est le berceau de ce qui est aujourd'hui le secteur de Gatineau de la ville du même nom. Le « Long Point Range », un territoire situé au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais, est concédé à trois propriétaires d'origine irlandaise en 1809. « Long Point Range » se développe à partir de 1830, et ses bâtiments, dont la chapelle Saint-François-de-Sales (1840), sont concentrés le long des rivières Gatineau et des Outaouais. L'augmentation de la population est grandement favorisée par la présence de ces deux cours d'eau, qui assurent notamment le transport du bois et des produits agricoles. De plus, à partir de 1866, un service régulier de traversiers est définitivement établi entre ce secteur et Ottawa. « Long Point Range » est incorporé sous le nom de Pointe-Gatineau en 1876. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les activités industrielles croissent et s'ajoutent ainsi aux activités agricoles avec, notamment, la construction de moulins à scie. Pointe-Gatineau bénéficie ainsi de l'industrialisation et, dès 1895, un pont la relie à la municipalité de Hull. Pointe-Gatineau poursuit son expansion industrielle au XXe siècle. Plusieurs usines sont construites en périphérie et emploient un bon nombre d'ouvriers de la ville. Pointe-Gatineau se joint à six autres municipalités en 1975 pour former la ville de Gatineau.

Le site patrimonial Jacques-Cartier présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Le site comprend principalement des exemples d'architecture résidentielle, dont les plus anciens datent du milieu du XIXe siècle. Les maisons destinées à la classe ouvrière, appelées « maisons allumettes », ont, pour la plupart, leur façade aménagée sur le mur-pignon. Celui-ci, agrémenté d'une galerie ou d'une véranda, est orienté vers la voie publique. Ces caractéristiques découlent de leur implantation sur des lots étroits en bordure des rivières Gatineau et des Outaouais. La concentration remarquable de constructions anciennes crée une grande homogénéité sur le plan de leur alignement, de leur gabarit et de leurs caractères architecturaux. Le site possède par ailleurs un noyau institutionnel formé par l'église Saint-François-de-Sales (1886-1903) et son presbytère. Véritable symbole du patrimoine religieux de la fin du XIXe siècle en Outaouais, cette église néogothique est l'oeuvre du chanoine et architecte Georges Bouillon (1841-1932). Celui-ci a réalisé de nombreux autres monuments religieux dans la région, notamment la basilique-cathédrale Notre-Dame à Ottawa.

Le site patrimonial Jacques-Cartier présente également un intérêt pour sa valeur paysagère. Le site s'étend le long d'une pointe au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais, qui présente des vues exceptionnelles. La voie publique épouse la forme sinueuse des berges, et la majorité des maisons qui bordent la rue Jacques-Cartier font face au plan d'eau. L'église Saint-François-de-Sales et le pont Lady-Aberdeen forment des points de repère dans le paysage. L'ensemble bénéficie ainsi d'un environnement qui contribue à sa mise en valeur.

Source : Ville de Gatineau, 2006.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial Jacques-Cartier liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- sa situation au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais, dans la ville de Gatineau;
- l'implantation des bâtiments face aux rivières, sur des lots étroits et profonds;
- l'implantation de l'église Saint-François-de-Sales à l'embouchure de la rivière Gatineau;
- les caractéristiques de l'architecture résidentielle, entre autres le volume des bâtiments, dont les plans rectangulaires, les élévations d'un étage et demi ou de deux étages, la forme des toits, en majorité à deux versants droits, parfois mansardés ou plats, les mur-pignon orientés vers la voie publique, les matériaux, dont la planche à clins, la brique et la pierre, la sobriété de l'ornementation, les galeries aménagées en façade, la grande homogénéité des éléments du site;
- les caractéristiques de l'église Saint-François-de-Sales, entre autres son volume, dont le plan en croix latine, composé d'une nef, d'un transept et d'un chevet saillant, le toit à deux versants droits, le clocher avec sa flèche, la sacristie située dans le prolongement de l'église, à l'arrière, les matériaux, dont la pierre à bossage pour les murs extérieurs, la pierre de taille lisse pour les éléments de décor, les encadrements d'ouvertures et les chaînes d'angle, les ouvertures, dont les portes et les fenêtres en forme d'arc brisé et la rosace au sommet de la façade, l'ornementation, dont les contreforts, les pinacles, les boiseries décoratives dans les ouvertures et les corniches, ainsi que les vitraux;
- les caractéristiques du presbytère, dont son volume rectangulaire à deux niveaux surmonté d'un toit mansardé à quatre eaux, le revêtement en pierre, les ouvertures, dont les fenêtres cintrées et la porte surmontée d'une imposte du rez-de-chaussée ainsi que les lucarnes à pignon de l'étage, le porche orné de colonnes et d'un fronton triangulaire, ainsi que les annexes, dont le volume latéral de deux étages à toit plat et l'annexe arrière coiffée d'un toit mansardé.

Haut de la page

Informations historiques

La colonisation de Gatineau s'amorce au début du XIXe siècle sur les rives de Pointe-Gatineau, au confluent des rivières Gatineau et des Outaouais. Le 29 novembre 1809, le « Long Point Range » est concédé à trois propriétaires d'origine irlandaise : Asa Townsend, London Oxford et Gideon Olmsted. Les terres alors réservées au clergé protestant sont rachetées par Philemon Wright (1760-1839) qui les subdivise et les loue à rente constituée.

L'occupation de « Long Point Range » ne s'amorce véritablement qu'à partir de 1830. Les maisons construites sur les rues Jacques-Cartier et Saint-Jean-Baptiste (celle-ci forme maintenant la continuité de la rue Jacques-Cartier) sont caractérisées par leur implantation sur des lots étroits, qui font face à la rivière. Ces habitations destinées à la classe ouvrière sont communément appelées « maisons allumettes ».

Le 8 octobre 1840, la paroisse Saint-François-de-Sales est érigée canoniquement. Au cours de la même année, une chapelle en bois est construite à l'embouchure de la rivière Gatineau.

Les rivières Gatineau et des Outaouais constituent à cette époque les principales voies de communication de la région. Elles assurent notamment le transport du bois et des produits agricoles et contribuent ainsi de façon importante au développement de la communauté. À partir de 1866, un service régulier de traversier est établi entre Pointe-Gatineau et Ottawa.

« Long Point Range », qui faisait partie de la municipalité du canton rural de Templeton depuis 1845, est incorporé sous le nom de Pointe-Gatineau le 1er janvier 1876.

En 1880 et 1881, on procède à la construction d'un presbytère à côté de la chapelle d'après les plans du chanoine et architecte Georges Bouillon (1841-1932). Originaire de Rimouski, Bouillon réalise plusieurs projets d'architecture religieuse, dont l'évêché de Rimouski et la basilique-cathédrale Notre-Dame à Ottawa. Quelques années plus tard, soit en 1886, la chapelle en bois est démolie. Elle est alors remplacée par une église en pierre de style néogothique, également conçue par Bouillon.

En 1895, les compagnies Viau et Lachance ainsi que Dominion Bridge entreprennent la construction d'un pont reliant Pointe-Gatineau et Hull. Quelques années plus tard, il est nommé Lady-Aberdeen en souvenir de l'épouse de Sir John Campbell Hamilton Gordon (1847-1934), comte d'Aberdeen, gouverneur général du Canada entre 1893 et 1898. Lady Gordon est sauvée de la noyade par des habitants du village quand sa voiture tombe dans la rivière Gatineau en 1895. En guise de remerciements, elle offre une cloche pour l'église paroissiale.

En raison de ses terres fertiles, l'agriculture représente l'une des principales occupations des habitants de Pointe-Gatineau. Toutefois, les activités industrielles se développent au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, des moulins à scie s'établissent dans la municipalité. De nombreuses autres usines sont aussi construites un peu partout dans la région. Elles emploient un bon nombre d'ouvriers de Pointe-Gatineau.

En 1959, la municipalité de Pointe-Gatineau devient la ville de Pointe-Gatineau. En 1975, cette dernière et six autres municipalités situées à l'est de la rivière Gatineau sont annexées pour former la ville de Gatineau.

Le site du patrimoine Jacques-Cartier est constitué en 1996. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Gatineau

Municipalité :

  • Gatineau

Adresse :

  • rue Jacques-Cartier

Localisation informelle :

S'étend de part et d'autre de la rue Jacques-Cartier, de l'intersection avec la rue Saint-Louis à l'ouest à son intersection avec la rue Suzanne à l'est.

Latitude :

45° 27' 26.1"

Longitude :

-75° 42' 59.4"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Hull Village de Pointe-Gatineau Absent 155
386-1
386-10
576 ptie etc.

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • BENNETT, Vicky. Sacred space and structural style : the embodiment of socio-religious ideology. Ottawa, University of Ottawa Press, 1997. s.p.
  • BRAULT, Lucien. Histoire de la Pointe-Gatineau, 1807-1947. Montréal, École industrielle des sourds-muets, 1948. 182 p.
  • BRAULT, Lucien. Hull 1800-1850. Ottawa, Les éditions de l'université d'Ottawa, 1950. s.p.
  • CARPENTIER, Paul. Deux siècles de développement à Hull. Hull, Écomusée de Hull, 2000. 132 p.
  • DE BARBEZIEUX, Alexis. Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la Vallée de l'Ottawa. Ottawa, La Cie d'imprimerie d'Ottawa, 1897. s.p.
  • Ethnotech inc. Critères de protection et de mise en valeur du patrimoine. s.l. Ville de Gatineau, 1995. s.p.
  • LEGROS, Hector. Le diocèse d'Ottawa, 1847-1948. Ottawa, Imprimerie Le Droit, 1949. 209 p.
  • s.a. « Ville de Gatineau (1876-1974) - Historique ». Ville de Gatineau. Ville de Gatineau [En ligne]. http://www.ville.gatineau.qc.ca/archives/Questions_frequentes/Munivilles_fusionnees/Pte_Hist.htm
  • Service des loisirs et de la culture de la ville de Gatineau. Gatineau raconté. Gatineau, Ville de Gatineau, 2000. s.p.
  • Ville de Gatineau. Plan d'urbanisme. Gatineau, Ville de Gatineau, 1999. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013