Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Outaouais

Municipalité :

  • Montebello

Date :

  • 1853 – 1855 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine funéraire

Usage :

  • Services et institutions (Chapelles privées)
  • Services et institutions (Monuments funéraires)

Éléments associés

Personnes associées (9)

Images

Carte

Description

La chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau est un petit édifice religieux d'influence néogothique érigé de 1853 à 1855 et reconstruit en 1933. De plan rectangulaire, cette chapelle en pierre est coiffée d'un toit à deux versants droits. La chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau est située au milieu d'une forêt de pins et d'érables, dans un environnement de villégiature, dans la municipalité de Montebello.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain qui est notamment entouré par une clôture en fer forgé. La chapelle voisine le manoir Louis-Joseph-Papineau, aussi classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

1

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Clocher
  • Contrefort
  • Perron

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (À bossages)
  • Façade droite : Pierre (À bossages)
  • Façade gauche : Pierre (À bossages)
  • Façade avant : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle pincée

Porte principale :

  • bois massif

Fenêtre(s) :

  • circulaire, Vitrine
  • Triangulaire, Vitrine

Éléments architecturaux :

  • Arc
  • Plate-bande

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1975-04-14
 

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Valeur patrimoniale

La chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le caveau de cette chapelle abrite les restes de onze individus représentant six générations de la célèbre famille Papineau. Sur les murs, à l'intérieur du bâtiment, des plaques commémoratives rappellent la mémoire de quinze autres parents. Louis-Joseph Papineau (1786-1871), avocat, seigneur de la Petite-Nation et homme politique, est sans contredit le personnage le plus illustre de cette famille. Il est député à l'Assemblée législative du Bas-Canada entre 1808 et 1838 et orateur de la Chambre de 1815 à 1823 et de 1825 à 1838. Chef du parti canadien puis patriote, Papineau est un personnage central de la rébellion de 1837. Forcé à l'exil au moment de l'échec de ses partisans, il revient au pays en 1845, après l'amnistie des insurgés. Il s'affaire alors à la mise en valeur de sa seigneurie et siège à l'Assemblée législative entre 1848 et 1854. La chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau rappelle ainsi le souvenir de cet illustre chef politique. Elle symbolise le rôle joué par les seigneurs Papineau dans le peuplement de la région de l'Outaouais et témoigne de leur statut social. La valeur historique de la chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau repose aussi sur sa rareté. Construite de 1853 à 1855 sur le domaine seigneurial par Louis-Joseph Papineau et son fils Louis-Joseph-Amédée (1819-1903), cette chapelle privée est uniquement destinée à l'inhumation des membres de cette famille. Aucune cérémonie ne doit s'y dérouler, à l'exception des rites funéraires. Chez les catholiques, il est très rare d'inhumer des individus dans des propriétés privées, hors des églises et des cimetières. Pendant le XIXe siècle, cette pratique, qui déroge au droit canonique et aux rituels de l'Église, est un privilège qui requiert le consentement de l'évêque du diocèse. L'érection de cette chapelle s'inscrit en fait dans la tradition de l'aristocratie française, que Louis-Joseph Papineau admirait. Cette coutume voulait que les propriétaires terriens puissent bénéficier du repos éternel dans les limites de leur propriété. Le bâtiment est situé dans un lieu propice au recueillement, au milieu d'une forêt de pins et d'érables, dans les limites de l'ancien domaine des seigneurs de la Petite-Nation. Ceux-ci l'ont volontairement construite en bordure de l'allée seigneuriale, à mi-chemin entre le manoir et l'église paroissiale, afin de la rendre visible au plus grand nombre de passants. La chapelle est de nos jours intégrée dans un environnement de villégiature, à proximité du manoir Louis-Joseph-Papineau.

La chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice en moellons se caractérise, entre autres, par son plan rectangulaire, ses petites dimensions, son toit à deux versants droits et son clocher en pierre surmonté d'une croix en bois. Les contreforts d'angle de la façade et la porte en arc brisé témoignent pour leur part du courant néogothique qui a influencé l'architecture religieuse québécoise.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- les restes de onze individus, soit ceux de Joseph Papineau, Gustave Papineau, Louis Papineau, Marguerite Douville, Julie Bruneau, Louis-Joseph Papineau, Louis-Joseph-Amédée Papineau, Louis-Joseph Papineau (II), Philippe-Bruneau-Montigny Papineau, Caroline Rodgers et Louis-Joseph Papineau (VI);
- les plaques commémoratives rappelant la mémoire de quinze autres parents;
- sa situation au milieu d'une forêt de pins et d'érables, dans les limites de l'ancien domaine seigneurial de la Petite-Nation, à proximité du manoir Louis-Joseph-Papineau;
- le terrain entouré par une clôture en fer forgé;
- le volume de la chapelle, dont le plan rectangulaire, les petites dimensions, le toit à deux versants droits;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en moellons, le petit clocher en pierre surmonté d'une croix en bois et la couverture en tôle à baguettes;
- la composition de la façade comprenant une porte en arc brisé et des contreforts d'angle;
- l'oeil-de-boeuf au-dessus de la porte;
- son décor intérieur, dont la voûte en bois à charpente apparente et les murs blancs plâtrés;
- le caveau d'environ 1,50 mètre de profondeur accessible par une trappe.

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Informations historiques

Cette chapelle funéraire est érigée de 1853 à 1855 par Louis-Joseph Papineau (1786-1871) et son fils Louis-Joseph-Amédée (1819-1903) sur le domaine seigneurial de la Petite-Nation. L'homme politique arrive alors à la fin de sa prestigieuse carrière publique.

Avocat et seigneur de la Petite-Nation, Louis-Joseph Papineau est député à l'Assemblée législative du Bas-Canada entre 1808 et 1838 et orateur de la Chambre de 1815 à 1823 et de 1825 à 1838. Chef du parti canadien puis patriote, il est un personnage central de la rébellion de 1837. Forcé à l'exil au moment de l'échec de ses partisans, il revient au pays en 1845, après l'amnistie des insurgés.

À son retour d'exil, Papineau, bien qu'il siège à l'Assemblée législative entre 1848 et 1854, se consacre essentiellement à la mise en valeur de sa seigneurie et à la construction de son manoir. C'est le décès de son plus jeune fils, Gustave (1829-1851), qui l'incite à construire une chapelle funéraire sur sa propriété. Le seigneur désire ainsi « réunir, au-delà de la mort, les défunts de la famille Papineau ».

La chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau est située le long de l'allée seigneuriale, presque à mi-chemin entre le manoir et l'église paroissiale. Ce faisant, Papineau reprend une tradition de l'aristocratie française voulant que les propriétaires terriens puissent bénéficier du repos éternel dans les limites de leur fief. Chez les catholiques, il est très rare d'inhumer des individus dans des propriétés privées, hors des églises et des cimetières. Pendant le XIXe siècle, cette pratique, qui déroge au droit canonique et aux rituels de l'Église, est un privilège qui requiert le consentement de l'évêque du diocèse. Papineau doit donc obtenir la permission de Mgr Joseph-Eugène-Bruno Guigues (1805-1874), évêque de Bytown (Ottawa).

Le 18 février 1855, avant même que la chapelle ne soit terminée, Papineau dépose dans le caveau les restes de son premier petit-fils, Louis-Joseph Papineau III (1854-1855), décédé d'une congestion pulmonaire. Le 25 mai suivant, le corps de son fils Gustave y est transféré. Le 7 août de la même année, le seigneur procède à la translation des restes de son père, Joseph Papineau (1752-1841), d'abord enterré dans un cimetière de Montréal. À cette occasion, la chapelle est bénite par Mgr Guiges et placée sous la protection de saint Joseph et de sainte Julie, patrons de Papineau et de son épouse.

En 1861, la chapelle sert de sépulture à Marguerite Douville (morte en 1861), gouvernante des enfants, qui avait suivi la famille dans son exil aux États-Unis et en France. L'année suivante, les restes de Julie Bruneau (1795-1862), épouse du seigneur, y sont déposés. En 1871, le corps de Louis-Joseph Papineau est inhumé dans le caveau. Au début du XXe siècle, s'ajoutent les cendres de Louis-Joseph-Amédée Papineau (1819-1903), converti au protestantisme, et le corps de son fils, Louis-Joseph Papineau III (1856-1904).

En 1929, le domaine seigneurial est vendu par la famille au promoteur américain Harold M. Saddlemire, qui fera édifier l'hôtel Château Montebello. Malgré la vente, les héritiers Papineau demeurent propriétaires de la chapelle, qui tombe alors en ruines. Elle sera reconstruite en 1933.

En 1971, Louis-Joseph Papineau (IV) devient le dernier membre de la famille à être inhumé dans le caveau de la chapelle. L'édifice renferme ainsi les restes de onze individus représentant six générations de cette célèbre famille. Des plaques commémoratives rappellent la mémoire de quinze autres parents. En 1974, les héritiers de Papineau font don de la chapelle à la fondation Héritage Canada.

La chapelle est classée en 1975. Elle est de nos jours administrée par la Société historique Louis-Joseph Papineau, qui rend le site accessible aux visiteurs durant la saison estivale.

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Emplacement

Region administrative :

  • Outaouais

MRC :

  • Papineau

Municipalité :

  • Montebello

Adresse :

  • rue Notre-Dame

Localisation informelle :

Situé sur la rue Notre-Dame (route 148) entre la rue Saint-Michel et le château Montebello.

Latitude :

  • 45° 38' 53.1"

Longitude :

  • -74° 56' 38.8"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Papineau Paroisse de Notre-Dame-de-Bonsecours Absent 283 ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BÉDARD, Michel. Le domaine de Monte-Bello : contexte de développement, évolution du paysage culturel et synthèse de la présence humaine (1805-1929). Québec, Patrimoine canadien, 1997. 234 p.
  • CHOUINARD, Louise. « Chapelle funéraire Louis-Joseph-Papineau ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 511-512.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAGNON, Lysiane et al. Le manoir Louis-Joseph Papineau. Saint-André-Avellin, Éditions de la Petite-Nation, 1978. 93 p.
  • OUELLET, Fernand. « Papineau, Louis-Joseph ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • s.a. L'évolution de la typologie des cimetières en Occident judéo-chrétien du Moyen Âge à nos jours. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. 52 p.
  • s.a. Le cimetière patrimonial : un cadre de référence. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. 24 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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