Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Madame-De La Peltrie

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • École normale Laval
  • Maison des Ursulines
  • Musée des Ursulines

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1836 –  (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Écoles primaires et secondaires)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (8)

Images

Carte

Description

La maison Madame-De La Peltrie est un édifice institutionnel à vocation éducative construit en 1836 et rehaussé en 1868. Le bâtiment en pierre, d'inspiration néoclassique, présente un plan rectangulaire à trois étages et est coiffé d'un toit à croupes. Elle est située en milieu urbain.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Cette maison fait partie du monastère des Ursulines-de-Québec, aussi classé. Elle fait partie du site patrimonial du Vieux-Québec. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1964-08-12
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1972-01-01
 
Classement Situé dans un immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2011-05-05
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec
 

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Valeur patrimoniale

La maison Madame-De La Peltrie présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'édifice témoigne du rôle essentiel de l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. En effet, les Ursulines arrivent à Québec en 1639 avec mère Marie de l'Incarnation (1599-1672) à leur tête. Elles ont pour mission l'éducation des jeunes filles françaises et amérindiennes. Leur institution, inaugurée en 1642, constitue la première école pour filles en Amérique du Nord. Construite en 1836, cette maison pallie un manque d'espace pour accueillir les élèves externes, leur nombre ayant augmenté avec l'admission de jeunes Irlandaises après la Conquête (1760). De 1857 à 1930, le bâtiment abrite la première école de formation des institutrices. Cette dernière était associée à l'école normale Laval, aménagée dans l'ancien château Haldimand (démoli en 1892), qui formait les instituteurs. La maison Madame-De La Peltrie évoque ainsi la diversité des activités éducatives des Ursulines de Québec. Par ailleurs, depuis
1969, l'immeuble abrite un musée qui relate l'histoire et l'oeuvre des Ursulines de Québec. Ce musée illustre la vie des pensionnaires et des religieuses à travers des objets de la culture matérielle de la communauté (réfectoire et vaisselle d'étain, cellule et lit à quenouilles, infirmerie et chaise à crémaillère, atelier d'art et peintures, broderies et sculptures dorées, parloir et grilles). Il permet ainsi d'entrer dans l'univers de ces femmes et de mieux comprendre un mode de vie aujourd'hui disparu.

La maison Madame-De La Peltrie présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice est érigé sur les fondations d'une maison bâtie en 1644 pour Marie-Madeleine de Chauvigny (1603-1671), connue comme madame de La Peltrie, fondatrice séculière des Ursulines. Il témoigne de l'ancienneté de l'occupation du lieu. Peu modifié depuis son exhaussement en 1868, il s'intègre bien à l'ensemble conventuel avec lequel il partage certaines caractéristiques architecturales, comme les murs en moellons ainsi que la disposition régulière des ouvertures. Sa valeur architecturale repose aussi sur son association avec deux grands architectes du XIXe siècle, soit Thomas Baillairgé (1791-1859) et Joseph Ferdinand Peachy (1830-1901). Baillairgé, qui a dessiné les plans du bâtiment, est considéré comme le premier architecte du Bas-Canada. Il figure parmi les principaux représentants du néoclassicisme au Québec et a fortement marqué l'architecture religieuse. Il a notamment reçu de nombreuses commandes du clergé et des communautés religieuses de Québec. Peachy, qui a réalisé l'agrandissement, est l'un des architectes les plus prolifiques de sa génération à Québec. Il devient d'ailleurs l'architecte attitré des Ursulines de Québec. La maison Madame-De La Peltrie, grâce à son bon état de conservation, constitue un témoin de l'oeuvre importante de ces deux hommes dans la ville de Québec.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Madame-De La Peltrie liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la situation à l'extrémité est de l'ensemble conventuel des Ursulines;
- le volume, dont le plan rectangulaire à trois étages et demi et le toit à croupes;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons crépie, la couverture en tôle à baguettes et les ouvertures en bois;
- les ouvertures, dont leur disposition symétrique et régulière, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux, les lucarnes à croupe et les chambranles moulurés en bois;
- les composantes intérieures, dont les pièces de bois récupérées de la maison de 1644.

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Informations historiques

La maison Madame-De La Peltrie fait partie du monastère des Ursulines, l'une des communautés fondatrices de la Nouvelle-France. Le 1er août 1639, trois religieuses ursulines, soit Marie de l'Incarnation (1599-1672), Marie de Saint-Joseph et Cécile de Sainte-Croix, arrivent à Québec. Elles sont accompagnées de Marie-Madeleine de Chauvigny (1603-1671), connue comme madame de La Peltrie, qui finance l'entreprise. Les Ursulines ont pour mission l'éducation des jeunes filles, tant françaises qu'amérindiennes. Elles occupent d'abord une maison de la basse-ville appartenant au sieur Noël Juchereau des Châtelets (vers 1593-1648). L'édification du monastère est amorcée en 1641 sur un terrain situé dans la haute-ville. Le bâtiment accueille ses premières occupantes l'année suivante.

Fondatrice séculière des Ursulines de Québec, madame de La Peltrie fait ériger une maison à proximité du monastère en 1644. La demeure sert d'école pour les Amérindiennes. Elle héberge également les religieuses à la suite des incendies qui détruisent le monastère en 1650 et 1686 et loge Mgr François de Laval (1623-1708), alors vicaire apostolique en Nouvelle-France, de 1659 à 1661. Par la suite, la maison sert d'école pour les élèves externes. Après la Conquête (1760), elle accueille une soixantaine de jeunes Irlandaises. En raison de l'augmentation du nombre d'élèves, les Ursulines songent à agrandir le bâtiment.

La maison Madame-De La Peltrie est construite en 1836, selon les plans de l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1862). Cet externat, de deux étages et demi à l'origine, est érigé par le maître maçon François Fortier et le maître menuisier Jacques Delorbaez. Ceux-ci récupèrent des matériaux de l'ancien bâtiment, dont de nombreuses pièces de bois et une partie de la maçonnerie.

Le bâtiment accueille la première école de formation des institutrices en 1857. Cette dernière est associée à l'école normale Laval, aménagée dans l'ancien château Haldimand (démoli en 1892), qui formait les instituteurs. De 1857 à 1930, 4 700 jeunes filles ont reçu un diplôme de cette école.

En 1868, sous la direction de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1901), la maison est rehaussée d'un étage. L'édifice conserve un toit semblable et six lucarnes lui sont ajoutées.

En 1930, l'école normale déménage. La maison Madame-De La Peltrie abrite successivement la maison provinciale des Ursulines et le centre Marie-de-l'Incarnation.

La maison Madame-De La Peltrie est classée en 1964. Depuis sa restauration en 1969, elle abrite le musée des Ursulines. Elle est désignée lieu historique national du Canada en 1972. Le monastère des Ursulines-de-Québec est classé en 2011.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 12, rue Donnacona

Latitude :

46° 48' 44.4"

Longitude :

-71° 12' 28.6"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Cité de Québec (quartier Saint-Louis) Absent 2716-1

Code Borden

CeEt-37      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GARIÉPY, Gino. « Maison des Ursulines ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 193.
  • Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Synthèse. Québec, Ville de Québec, 2000. 162 p.
  • OURY, Guy-Marie. Les Ursulines de Québec, 1639-1953. Sillery, Septentrion, 1999. 370 p.
  • Patri-Arch. Évaluation patrimoniale des couvents, monastères et autres propriétés de communautés religieuses situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Patri-Arch, 2006. s.p.
  • THÉRIAULT, Michel. « Ursulines ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • TURGEON, Christine. Le musée des Ursulines de Québec. Art, foi et culture. Québec, Monastère des Ursulines de Québec, 2004. s.p.

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