Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Hilaire

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Saint-Hilaire-sur-Richelieu

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Mont-Saint-Hilaire

Date :

  • 1830 – 1837 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Personnes associées (9)

Inventaires associés (3)

Carte

Description

L'église de Saint-Hilaire est un lieu de culte catholique d'inspiration néoclassique et néogothique construit de 1830 à 1837. Cet édifice en pierre présente un plan composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux et d'un choeur plus étroit à chevet plat. Sa façade-écran masque la pente du toit à deux versants légèrement retroussés. Elle comporte deux ressauts, de part et d'autre d'un corps central surmonté d'un clocher d'inspiration néogothique. La sacristie en pierre se greffe au chevet dans le prolongement du choeur. De plan rectangulaire à un étage, elle est coiffée d'un toit à deux versants droits. L'église se situe au coeur du noyau villageois de la ville de Mont-Saint-Hilaire. Elle s'élève entre la rivière Richelieu qui coule à proximité et le mont Saint-Hilaire.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection vise aussi le terrain. Des objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

Plan au sol :

Rectangulaire à choeur plus étroit que la nef

Nombre d'étages :

2

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Autre
  • Sacristie

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher
  • Escalier

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Structure apparente)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Façade gauche : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, à battants
  • bois, à panneaux, à battants
  • bois, à panneaux et vitrage, à battants

Fenêtre(s) :

  • à arc brisé, Composée
  • cintrée, Composée
  • circulaire, Fixe
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, Contemporaine

Éléments architecturaux :

  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Mosaïque
  • Pierre millésimée
  • Portail
  • Retour de l'avant-toit
  • Tympan

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-11-24
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Hilaire présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice, érigé de 1830 à 1837, illustre l'influence du néoclassicisme et témoigne de l'émergence du néogothique dans l'architecture religieuse au Québec. D'une part, les chaînes d'angle en pierre de taille, l'organisation des ouvertures, l'oculus en façade et les fenêtres cintrées des longs-pans sont typiques du néoclassicisme. D'autre part, les ouvertures en arc brisé de la façade et du clocher se rattachent au néogothique. Cette façade prend pour modèle celle de l'église de Saint-Sulpice (1831), située au nord-est de Montréal. Elle témoigne du mimétisme, courant au XIXe siècle. Aujourd'hui, l'aspect de l'église est presque identique à celui de 1837, à l'exception du clocher d'inspiration néogothique qui a remplacé le précédent en 1874.

L'église de Saint-Hilaire présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Le lieu de culte renferme le premier décor entièrement conçu par le peintre de Mont-Saint-Hilaire Ozias Leduc (1864-1955), une oeuvre qui lui a procuré une grande renommée. Accompli de 1896 à 1900, l'ensemble de quinze toiles traite des thèmes fondamentaux du christianisme et de la pratique de la vie chrétienne. Parmi eux figure un sujet novateur dans la peinture religieuse au Québec, soit celui des sept sacrements, symbolisés par des passages du Nouveau Testament. De plus, certaines toiles telles que « L'Assomption » ont souvent servi de modèle. Le traitement témoigne du souci de l'artiste de rapprocher ses scènes des fidèles par les objets et les paysages familiers qui y sont campés. D'une grande unité formelle, l'ensemble s'intègre au décor architectural. Exécuté en 1842 d'après celui réalisé de 1826 à 1830 à la basilique Notre-Dame de Montréal, ce dernier est à l'avant-garde de la vogue néogothique au Québec. Les trois autels, datant de 1854 et de 1879, complètent cet intérieur très homogène. Par ailleurs, la chaire est fabriquée dans les années 1830 par le sculpteur et entrepreneur Augustin Leblanc (1799-1882), d'après celle qu'Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860) a faite en 1812 pour l'église de Saint-Grégoire de Bécancour. Cette chaire reflète la pratique autonome de certains sculpteurs du XIXe siècle qui s'inspirent librement de la production propre à l'atelier des Écores.


L'église de Saint-Hilaire présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Saint-Hilaire est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. La situation du bâtiment, en retrait de la voie publique à proximité de la rivière Richelieu, contribue également à augmenter sa visibilité et à souligner son importance dans la trame villageoise.


Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Hilaire liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation au coeur du noyau villageois de la ville de Mont-Saint-Hilaire, entre la rivière Richelieu et le mont Saint-Hilaire;
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux et d'un choeur plus étroit à chevet plat, le toit à deux versants légèrement retroussés, le clocher d'inspiration néogothique sur le faîte à l'avant, la sacristie greffée au chevet dans le prolongement du choeur et le chemin couvert greffé contre le mur gauche du choeur et de la sacristie;
- les matériaux, dont la maçonnerie en moellons, la façade en moellons équarris, certains détails architecturaux en pierre de taille, la couverture en tôle à la canadienne, le recouvrement en tôle du clocher et les ouvertures en bois;
- les composantes de la façade-écran masquant la pente du toit, dont les ressauts latéraux se prolongeant sur les longs-pans, la porte centrale à deux vantaux et les portes latérales surmontées d'un tympan vitré en arc brisé, les trois fenêtres en arc brisé à lancettes, l'oculus ovale, les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille ainsi que les retours de corniche;
- les composantes des longs-pans, dont les fenêtres cintrées à lancettes et les chambranles en pierre de taille;
- le chevet au pignon revêtu de tôle à la canadienne;
- les composantes de la sacristie de plan rectangulaire à un étage, dont le toit à deux versants droits, les retours de corniche sur le mur pignon, les fenêtres rectangulaires ainsi que les chambranles en pierre de taille;
- les composantes du chemin couvert, dont le toit en appentis ainsi que les fenêtres rectangulaires;
- le décor intérieur, dont la fausse voûte d'ogives à lunettes du choeur et des collatéraux, la fausse voûte en arc brisé du vaisseau central, la fausse abside polygonale ornée d'une grille ornementale en bois occupant les trois arcs brisés au centre, les piliers fasciculés séparant le vaisseau central des collatéraux ainsi que les piliers fasciculés à demi engagés du choeur;
- le décor peint, dont l'ensemble de quinze toiles marouflées (« L'Adoration des Mages », « L'Ascension », « Saint Hilaire composant son traité de la religion », « L'Assomption », « Le Mariage de la Vierge », « Le Christ remettant les clés à saint Pierre », « Saint Jean », « Saint Luc », « Le Baptême du Christ », « Le Christ dans la maison de Simon », « Le Souper d'Emmaüs », « Saint Matthieu », « Saint Marc », « La Pentecôte » et « La Mort de saint Joseph ») ornant les murs du choeur et de la nef, la toile marouflée représentant une tête d'ange au-dessus de la porte menant au chemin couvert, les quatorze toiles marouflées du chemin de croix placé dans la nef ainsi que les lignes ornementales et les motifs symboliques (vigne, laurier, lierre, attributs divins et instruments de la Passion) peints au pochoir sur les murs et la voûte;
- le maître-autel et les autels latéraux d'inspiration néogothique ainsi que la chaire et son escalier d'inspiration Louis XV;
- les vitraux du choeur;
- les lampes électriques;
- les bancs de la nef (dont ceux à l'avant ornés de fleurons) et les stalles du choeur;
- la tribune arrière logeant un orgue;
- le plancher de bois.

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Informations historiques

L'église de Saint-Hilaire, située dans la paroisse du même vocable (fondée en 1795), est érigée pour remplacer la petite chapelle du presbytère construit de 1796 à 1798. Les travaux sont confiés à l'entrepreneur et sculpteur Augustin Leblanc (1799-1882) et au maître maçon Joseph Doyon. Un conflit concernant les dimensions du bâtiment provoque des retards qui entraînent la détérioration des matériaux et l'affaiblissement de la structure. Le chantier est donc fermé en 1832. Des modifications importantes sont apportées en 1834 au plan d'origine, qui comprenait notamment deux tours-clochers en façade. Ainsi, les tours ne seront pas complétées et un seul clocher surmontera le faîte à l'avant du toit. Le marché spécifie que Doyon doit prendre pour modèle la façade de l'église de Saint-Sulpice, située au nord-est de Montréal, dont il a élevé la maçonnerie trois ans plus tôt. Le chantier ne reprend qu'en 1836. Le gros oeuvre est terminé l'année suivante. Aujourd'hui, l'aspect de l'église est presque identique à celui de 1837, à l'exception du clocher d'inspiration néogothique qui a remplacé le précédent en 1874.

Le décor intérieur est entrepris en 1842. Le maître menuisier Antoine Provost exécute la fausse voûte et les colonnes de la nef et du choeur ainsi que la fausse abside à cinq pans. Une chapelle est aménagée derrière cette cloison. En 1853, le maître menuisier Toussaint Guillot érige la tribune arrière. Les stalles du choeur et les autels latéraux, de Joachim Authier et Félix Martin, sont ajoutés l'année suivante. Ces autels servent de modèle au nouveau maître-autel installé lors des travaux de 1878 et 1879. L'église est alors dotée des bancs et des fenêtres à lancettes actuels. De plus, Provost et Martin enlèvent le banc d'oeuvre réalisé en même temps que la chaire par Augustin Leblanc dans les années 1830.

La dernière étape du décor est amorcée avec l'arrivée en 1894 du curé Joseph-Magloire Laflamme (1848-1926). Il commande un ensemble de toiles à l'artiste Ozias Leduc (1864-1955), natif de Mont-Saint-Hilaire. Il s'agit du premier décor entièrement conçu par le peintre, une oeuvre qui lui a procuré une grande renommée. Il est exécuté à une époque où la localité est fréquentée par de riches touristes canadiens et étatsuniens ainsi que par des villégiateurs. Attirés par la rivière et la montagne, ils deviennent plus nombreux à partir des années 1870. Pour financer les travaux, Laflamme organise des loteries, des bazars, des fêtes et des collectes, annoncés entre autres dans « La Presse » de Montréal et le « Courrier de Saint-Hyacinthe » en 1896 et 1897.

En 1896, Leduc trace les lignes ornementales et les motifs symboliques au pochoir. L'année suivante, il séjourne à Londres et à Paris, où il étudie les grands maîtres pour préparer l'ensemble des quinze toiles marouflées, qui traitent des thèmes fondamentaux du christianisme et de la pratique de la vie chrétienne. Parmi eux figure un sujet novateur dans la peinture religieuse au Québec, soit celui des sept sacrements, symbolisés par des passages du Nouveau Testament. De plus, certaines toiles telles que « L'Assomption » ont souvent servi de modèle. Le traitement témoigne du souci de l'artiste de rapprocher ses scènes des fidèles par les objets et les paysages familiers qui y sont campés. À ce programme iconographique s'ajoute un chemin de croix que Leduc réalise d'après des gravures d'Aloïs Petrak et qui reproduisent des oeuvres du peintre Joseph Ritter von Führich (1800-1876). Entrepris en 1897, il est inauguré en 1900.

Quelques ajouts sont effectués lors des rénovations de 1928 à 1931 supervisées par Leduc, dont la grille du choeur et les vitraux exécutés par Guillaume Ernest Pellus d'après les cartons du peintre, qui a aussi dessiné le modèle des lampes électriques posées au même moment.

L'église de Saint-Hilaire est classée en 1965. Trente tableaux qui ornent l'intérieur sont classés comme oeuvres d'art en 1976.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • La Vallée-du-Richelieu

Municipalité :

  • Mont-Saint-Hilaire

Adresse :

  • chemin des Patriotes Nord

Latitude :

  • 45° 34' 10.896"

Longitude :

  • -73° 11' 40.616"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 955 862 Ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église de Mont-Saint-Hilaire. Une façade-écran cache un bijou de la décoration intérieure ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/mtshilaire/mtshilairef.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LACROIX, Laurier et Guy-André ROY. « Église de la paroisse Saint-Hilaire-sur-Richelieu ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 276-279.
  • LACROIX, Laurier, dir. Ozias Leduc : une oeuvre d'amour et de rêve. Québec / Montréal, Musée du Québec / Musée des beaux-arts de Montréal, 1996. 318 p.
  • LACROIX, Laurier. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Hilaire ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 203-206.
  • MICHEL, André. « Ozias Leduc, le sage de Mont-Saint-Hilaire ». Continuité. No 60 (1994), p. 32-33.
  • STIRLING, J. Craig. Ozias Leduc et la décoration intérieure de l'église de Saint-Hilaire. Civilisation du Québec, 33. Québec, Ministère des affaires culturelles, 1985. 279 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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