Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Jean-Baptiste

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1881 – 1886 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (5)

Personnes associées (9)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Jean-Baptiste est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1881 à 1886. L'édifice en pierre de taille lisse et à bossage de deux étages présente un plan en croix latine composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits couvert de cuivre. Sa façade d'influence Second Empire, dotée d'un porche dans-oeuvre, d'ouvertures cintrées et d'une rose, est surmontée d'un clocher couronné d'une flèche conique. Elle est encadrée de deux tours disposées en retrait et coiffées d'un toit en pavillon. Un clocheton se trouve à la croisée du transept. Des chapelles en hémicycle sont disposées contre les longs-pans, et des tourelles d'escaliers s'adossent aux extrémités du transept. Deux sacristies encadrent l'abside. Le bâtiment occupe un terrain en pente inséré dans une trame urbaine dense. Un parvis dégage la façade principale, tandis que la façade latérale sud borde la rue Saint-Jean. L'église est située dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'orgue de l'église est classé objet patrimonial. Un site archéologique inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1991-05-16
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Jean-Baptiste présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette église est un exemple remarquable de l'influence des principes et des formes du style Second Empire sur l'architecture religieuse québécoise. Construite à partir de 1881, à la suite d'un incendie ayant ravagé le faubourg Saint-Jean, elle a été conçue par l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903). La façade est une adaptation assez fidèle de celle de l'église de la Trinité à Paris, érigée de 1861 à 1867 selon les plans de Théodore Ballu (1817-1885). Le porche dans-oeuvre à arcades, la rose encadrée de deux fenêtres cintrées, les pilastres divisant la partie centrale de la façade en trois travées et les multiples niches sont inspirés de l'église parisienne. La forme conique de la flèche du clocher montre plutôt l'influence de l'architecture des châteaux français, qui se fait sentir à Québec à la fin du XIXe siècle. Les modèles et les formes choisies, par leur caractère historique, classique et français, montrent la volonté de l'architecte et des paroissiens de faire de l'édifice, servant notamment de point de ralliement à la Société Saint-Jean-Baptiste, un symbole du nationalisme canadien-français. Tout comme l'Hôtel du Parlement, l'église de Saint-Jean-Baptiste veut imposer une image française dans la capitale. Le lieu de culte constitue en outre l'un des chefs-d'oeuvre de Peachy.

L'église de Saint-Jean-Baptiste présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le décor intérieur témoigne de l'intégration d'éléments d'esprit français à la tradition architecturale religieuse québécoise. L'organisation de la nef, constituée d'un vaisseau central et de collatéraux réunis sous un même toit et séparés par une rangée de piliers qui portent les tribunes, s'inscrit dans cette tradition. Toutefois, Peachy s'inspire aussi de l'église de la Trinité à Paris. Le choeur profond encadré de deux sacristies et la disposition des escaliers donnant accès aux tribunes latérales, par exemple, illustrent cette influence. De même, plusieurs détails décoratifs, tels que les niches des piliers de la tribune arrière, reproduisent ceux de l'église de Ballu ou d'autres églises françaises. Peachy associe librement ces formes et crée des effets inédits dans l'architecture au Québec. Ainsi, les ornements traités de façon sculpturale servent à articuler l'espace plutôt qu'à détailler les surfaces. La polychromie et les rehauts en trompe-l'oeil accentuent l'opulence du décor. Les vitraux et les pièces de mobilier, ajoutés graduellement jusque vers 1928, s'intègrent par la richesse de leur ornementation et des matériaux employés. L'église de Saint-Jean-Baptiste protège en outre un orgue classé, réalisé par Napoléon Déry (1843-1908) et agrandi par la maison Casavant.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église de Saint-Jean-Baptiste liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :
- son implantation sur un terrain accidenté, dans un axe est-ouest, la façade principale tournée vers l'ouest;
- son insertion dans une trame urbaine dense, surplombant la basse-ville et dominant le faubourg Saint-Jean-Baptiste;
- le volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur en saillie terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants droits couvert de cuivre, le clocheton à la croisée du transept, les tourelles d'escaliers ainsi que les chapelles en hémicycle;
- les composantes de la façade en pierre de taille lisse et à bossage, dont la section centrale divisée en trois travées par des piliers et des pilastres, le porche dans-oeuvre à arcades cintrées, le clocher élancé situé sur le faîte à l'avant (doté d'une base carrée à ouvertures cintrées, d'une chambre des cloches circulaire ornée de colonnes engagées et d'une flèche conique surmontée d'une croix), les tours carrées disposées en retrait (coiffées d'un toit en pavillon et percées de portes rectangulaires ou en arc surbaissé), les fenêtres cintrées (certaines composées de deux lancettes surmontées d'un oculus et d'écoinçons ajourés), la rose centrale, les oculus, les cordons, les niches (certaines surmontées d'un fronton), les acrotères, les arcatures, les chaînes d'angle et les chambranles en pierre de taille lisse;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont la maçonnerie en pierre à bossage, le soubassement en pierre de taille lisse, les fenêtres cintrées composées de deux lancettes, d'un oculus et d'écoinçons ajourés (dont certaines à deux niveaux), les oculi, les arcatures, les portes à panneaux à double vantail surmontées d'un tympan cintré vitré, la corniche, les chaînes d'angle et les chambranles en pierre de taille lisse;
- les composantes des sacristies, dont l'élévation d'un étage, les murs en pierre à bossage, la couverture en cuivre, le pignon, l'oculus, les fenêtres cintrées, la porte à double vantail ainsi que les chambranles en pierre de taille lisse;
- le décor architectural polychrome, dont la fausse voûte en plein cintre du vaisseau central (ornée notamment d'arcs doubleaux, de nervures et de motifs végétaux), les fausses voûtes en plein cintre des collatéraux (ornées de nervures et d'arcs doubleaux retombant sur des culots ainsi que de clefs de voûte pendantes), le baldaquin doré (orné d'anges agenouillés sur des consoles à volute ainsi que de motifs végétaux), les tribunes latérales (soutenues par des piliers massifs surmontés d'un faisceau de colonnettes et dotées d'un garde-corps à arcature), la tribune arrière logeant l'orgue, les boiseries du choeur et de la nef ainsi que les médaillons;
- le maître-autel et son retable (composé notamment d'un arc en plein cintre, d'une mosaïque, de colonnes engagées, d'un entablement, d'un dôme, d'acrotères et de médaillons), les autels latéraux, la chaire en marbre (composée de la cuve polygonale ornée de colonnettes engagées et de têtes d'anges en espagnolette et soutenue par une colonne, de l'abat-voix en forme de dôme soutenu par un ange et couronné d'un ange à la trompette ainsi que de l'escalier courbe au garde-corps plein orné de pilastres et de têtes d'anges en espagnolette) ainsi que la table de communion;
- les vitraux.

Haut de la page

Informations historiques

L'église de Saint-Jean-Baptiste est le deuxième lieu de culte construit sur l'emplacement. L'incendie de 1845 qui a ravagé le faubourg Saint-Jean-Baptiste permet l'acquisition d'un lot encadré par les rues Saint-Jean, Deligny, d'Aiguillon et Sainte-Claire. La première église, desserte de la paroisse Notre-Dame de Québec, est construite de 1847 à 1849 selon les plans de l'architecte Charles Baillairgé (1826-1906). Durant la deuxième moitié du XIXe siècle, l'église acquiert un rôle symbolique considérable; la Société Saint-Jean-Baptiste en fait notamment son lieu de ralliement. La conflagration qui détruit plus de 600 maisons du faubourg, en juin 1881, ne laisse de l'édifice que des murs calcinés. Rapidement, sa reconstruction est entreprise.

L'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903) dresse les plans de la nouvelle église. Il agrandit l'édifice précédent par une abside en hémicycle ajoutée au chevet plat et par une façade monumentale disposée devant l'ancien mur pignon avant. En 1881, les murs incendiés sont abaissés ou rasés pour être utilisés comme fondations. Le contrat de maçonnerie est accordé à l'entrepreneur Georges Beaucage la même année. La bénédiction de la pierre angulaire a lieu en juin 1882. Des fissures sont rapidement décelées dans le mur intérieur de la façade. L'architecte, tenu responsable conjointement avec l'entrepreneur, doit faire reconstruire le portail à ses frais. L'ouvrage reprend en 1884 et les retards sont rapidement comblés par la répartition des travaux entre sept entrepreneurs. La paroisse est érigée canoniquement en 1886. La même année, le gros oeuvre est terminé, 17 statues de Michele Rigali (1841-1910) sont installées en façade, et l'orgue réalisé par Napoléon Déry (1843-1908) prend place dans la tribune arrière. En 1887, les premiers vitraux de l'atelier de Bernard Leonard (1841-1924) sont livrés. Leur production s'étalera sur 25 ans.

L'essentiel de l'aménagement intérieur est exécuté en 1891 et 1892, sous la direction des entrepreneurs Corriveau et Côté. Le chantier se poursuit toutefois jusqu'en 1896. Plusieurs éléments sont ajoutés dans le premier tiers du XXe siècle. En 1900, le chemin de croix, fait par Cremonini, est installé. Les cadres en chêne avec dorures des tableaux sont produits par le sculpteur François-Pierre Gauvin. En 1912, ce dernier fabrique un baldaquin rappelant celui de la cathédrale Notre-Dame de Québec. La maison Daprato Rigali de Chicago livre en 1920 le maître-autel. En 1921, la maison Casavant reconstruit et agrandit l'orgue. La table de communion et les autels latéraux mis en place vers 1922 ainsi que la chaire réalisée en 1927, oeuvres de la maison Daprato Rigali, complètent le mobilier. À partir de 1928, trois tableaux peints par les soeurs du Bon-Pasteur ornent le choeur. Le décor comprend également quatre médaillons et un tableau d'Antoine Plamondon (1804-1895) sauvés de l'église précédente.

Dans les années 1930, d'importants ouvrages de consolidation de la façade et du clocher sont effectués. Vers 1960, un baptistère est aménagé. L'orgue est restauré en 1976 et 1977 par Bernard Cavalier. Il est classé en 1979.

L'église de Saint-Jean-Baptiste est classée en 1991. La réfection de la toiture est effectuée en 2002. Le revêtement du clocher est également refait.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • rue Saint-Jean

Localisation informelle :

L'église est bordée par les rues D'Aiguillon, Deligny, Sainte-Claire et Saint-Jean.

Latitude :

  • 46° 48' 34.091"

Longitude :

  • -71° 13' 19.088"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 659 603

Code Borden

CeEt-591      

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • BLANCHET, Danielle. Saint-Jean-Baptiste: entre faubourg et centre-ville. Québec, Ville de Québec, 1988. 72 p.
  • CARON, Pierre et Jacques LACOURSIÈRE. Québec et sa région. Histoire vivante du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2008. 371 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • CROTEAU, André. Les belles églises du Québec. Vol. 2, Québec et la vallée du Saint-Laurent. Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 1996. 222 p.
  • LÉGARÉ, Denyse. Joseph-Ferdinand Peachy, 1830-1903: l'architecte du visage français de Québec au XIXe siècle. Québec, Continuité, 1990. 14 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Foi et patrie : Art et architecture des églises à Québec. Québec, Les Publications du Québec, 1996. 179 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Lieux de culte situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Ville de Québec, 1994. s.p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.
  • NOPPEN, Luc. « Des airs de cathédrale... ». Cap-aux-Diamants. Vol. 3, no 1 (1987), p. 53-57.
  • s.a. « Église de Saint-Jean-Baptiste ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 19.
  • s.a. Souvenances: St-Jean-Baptiste... un faubourg...un clocher. Québec, s.n., 1991. 48 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013