Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Notre-Dame-de-Bon-Secours

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Notre-Dame-de-Bonsecours

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • L'Islet

Date :

  • 1768 – 1771 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (25)

Personnes associées (18)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours est un lieu de culte catholique construit de 1768 à 1771 et agrandi par la façade en 1830. L'église en pierre présente un plan composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Sa façade-écran monumentale compte un corps central flanqué de deux tours peu saillantes surmontées d'un imposant clocher. Un troisième clocher est posé sur le faîte à l'arrière du toit à deux versants retroussés. Une chapelle rectangulaire au toit à croupe et disposée en retour d'équerre s'appuie contre le long-pan gauche. La sacristie en pierre de plan rectangulaire à un étage et demi, coiffée d'un toit à deux versants retroussés, est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. L'église est érigée en bordure du fleuve Saint-Laurent, le long de l'ancien chemin du Roy. Elle se situe au coeur du noyau villageois de L'Islet-sur-Mer, dans la municipalité de L'Islet.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Vingt-quatre objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1957-01-03
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours présente un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce dernier est composé de plusieurs éléments déterminants dans l'histoire de l'art et de l'architecture québécoise. Parmi eux se trouve le retable du choeur, d'inspiration néoclassique, réalisé de 1782 à 1787 par François Baillairgé (1759-1830) en collaboration avec son père Jean (1726-1805). Ce retable serait le premier à avoir été conçu comme un décor architectural et à couvrir toute la surface des murs du choeur; jusqu'alors, ces ouvrages formaient des structures indépendantes adossées au fond du choeur. Les études faites par François Baillairgé à Paris, où il a séjourné de 1778 à 1781, lui ont inspiré ce type de décor qui sera amplement utilisé au XIXe siècle. Le retable de l'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours est d'autant plus original qu'il se développe sur deux étages. Dans son avancée centrale trône l'un des plus anciens tabernacles à subsister au Québec. Exécuté vraisemblablement par Noël Levasseur (1680-1740) entre 1728 et 1730, ce meuble était inédit à l'époque en raison de sa composition plus architecturale qu'ornementale. Il a par la suite servi de modèle, notamment aux membres de la famille Levasseur. De nombreuses sculptures s'intègrent au décor. Les statues du retable du choeur ont été exécutées en 1786 par François Baillairgé. Quant aux retables latéraux, ils sont rehaussés de deux reliefs inusités de Pierre-Florent Baillairgé (1761-1812), qui représentent un ange tenant un reliquaire, et d'anges à la trompette d'Amable Charron (1785-1844). À ces sculptures exceptionnelles s'ajoutent des tableaux, dont « L'Annonciation » du maître-autel peint en 1776 par Jean-Antoine Aide-Créquy (1749-1780), vraisemblablement l'oeuvre la plus importante de sa carrière. Par ailleurs, cet édifice figure parmi les rares églises catholiques québécoises à posséder une fausse voûte en arc-de-cloître et à larges caissons.

L'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice témoigne de transformations courantes ayant pour but d'adapter les églises aux besoins de la paroisse et de les mettre au goût du jour. Des modifications importantes sont effectuées en 1830 par l'entrepreneur Jean-Olivier Leclerc. Elles consistent à allonger la nef par l'avant et à élever une façade-écran flanquée de deux tours, une pratique fréquente depuis la fin du XVIIIe siècle pour conférer aux églises un aspect monumental. De plus, la façade est remaniée en 1882, selon les plans de David Ouellet (1844-1915). Elle est dotée d'imposants clochers, typiques de la production de cet architecte très apprécié par le clergé. Le couronnement est orné d'une statue colossale de Notre-Dame de Bonsecours exécutée par Louis Jobin (1845-1928) et illustrant la production statuaire de ce sculpteur renommé. Ce lieu de culte qui remonte au XVIIIe siècle retrace ainsi l'évolution architecturale de plusieurs églises catholiques au siècle suivant.

L'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. Comme le veut la tradition, le choeur est tourné vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité. La situation du bâtiment en bordure du Saint-Laurent, le long de l'ancien chemin du Roy, contribue également à augmenter sa visibilité et à souligner son importance dans la trame villageoise.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation dans un ensemble religieux catholique;
- son implantation, entre l'ancien chemin du Roy et le fleuve Saint-Laurent, avec le choeur tourné vers l'est;
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau et d'un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle, le toit à deux versants retroussés surmonté d'un clocher sur le faîte à l'arrière, la chapelle disposée en retour d'équerre contre le long-pan gauche et la sacristie greffée au chevet dans le prolongement du choeur;
- ses matériaux, dont la maçonnerie de moellons, la couverture en tôle à baguettes de l'église, le revêtement en tôle du clocher et du couronnement, les ouvertures en bois, le revêtement en bardeau d'amiante de la chapelle de la Congrégation et la couverture en tôle à la canadienne de la sacristie;
- les caractéristiques de la façade-écran, dont les tours peu saillantes surmontées d'un imposant clocher, le couronnement orné d'une statue colossale flanquée d'aiguillons, la porte centrale et les portes des tours à deux vantaux surmontées d'une imposte cintrée, les fenêtres cintrées et les oculus, les niches avec pilastres et fronton en pierre de taille abritant une statue ainsi que les chambranles et les bandeaux en pierre de taille;
- les caractéristiques des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées, les chambranles en pierre de taille, l'exhaussement sous les larmiers de la nef et la corniche du choeur;
- les caractéristiques de la chapelle de la Congrégation, dont le plan rectangulaire, le toit à croupe et les fenêtres à arc surbaissé;
- les caractéristiques de la sacristie, dont le plan rectangulaire à un étage et demi, le toit à deux versants retroussés, le tambour en bois, les fenêtres à battants à grands carreaux et les chambranles;
- son décor architectural intérieur, dont la fausse voûte en arc-de-cloître et à larges caissons ornés de gloires, le retable du choeur d'ordre corinthien richement sculpté (à deux étages et occupant toute la surface des murs du choeur, pourvu d'une avancée centrale et orné de deux statues), les retables latéraux d'ordre corinthien (pourvus de gloires représentant un ange tenant un reliquaire et d'anges à la trompette), l'entablement et les pilastres corinthiens de la nef, ainsi que les chambranles moulurés;
- le maître-autel (composé d'un tabernacle et d'un tombeau à la romaine), la chaire, le banc d'oeuvre (doté d'un dorsal orné de bas-reliefs sculptés) et les fonts baptismaux;
- les vitraux;
- la tribune arrière occupée par l'orgue;
- le décor de la chapelle de la Congrégation, dont la fausse voûte en arc surbaissé ornée d'arcs doubleaux et de rosaces, l'entablement et les pilastres;
- la finition de la sacristie, dont le plafond en planches à couvre-joints et les chambranles moulurés.

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Informations historiques

Les habitants de L'Islet assistent d'abord aux offices dans une chapelle construite en 1699, et ensuite dans une église plus vaste élevée en 1721. La paroisse est érigée canoniquement cette année-là.

L'église actuelle est bâtie en 1770 et 1771 par les maîtres maçons Chéquy et Magnan, à l'emplacement de l'église précédente. Elle mesure à l'origine près de 37 mètres de longueur. Une sacristie est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur en 1799. En 1830, l'entrepreneur Jean-Olivier Leclerc allonge la nef par la façade, élève une façade-écran flanquée de deux tours et ajoute un clocher sur le faîte à l'arrière. Une nouvelle sacristie remplace la précédente en 1840. La chapelle de la Congrégation attenante à la nef est érigée par Jean-Olivier Leclerc de 1853 à 1855, vraisemblablement avec les pierres de la première chapelle, démolie au même moment. En 1854, les larmiers sont ajoutés.

D'importants travaux sont effectués en 1882. Le toit est couvert de tôle à baguettes tandis que la façade est réaménagée selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915). Sous la supervision de l'entrepreneur Cyrias Ouellet, les tours sont réparées et surmontées de nouveaux clochers, et les ouvertures sont modifiées. Un couronnement est aussi ajouté et orné d'une statue colossale de Notre-Dame de Bonsecours du sculpteur Louis Jobin (1845-1928). Finalement, la façade est pourvue en 1914 d'un revêtement imitant la pierre de taille aujourd'hui disparu.

Le décor intérieur regroupe des oeuvres de différentes époques. Le tabernacle du maître-autel, conçu pour la première église, a vraisemblablement été exécuté par Noël Levasseur (1680-1740) entre 1728 et 1730. Il est surmonté d'une « Annonciation » peinte en 1776 par Jean-Antoine Aide-Créquy (1749-1780). François Baillairgé (1759-1830), en collaboration avec son père Jean (1726-1805), réalise le retable du choeur de 1782 à 1787. Ce retable serait le premier au Québec à avoir été conçu comme un décor architectural. Les études faites par François Baillairgé à Paris, où il a séjourné de 1778 à 1781, lui ont inspiré ce type de décor qui sera amplement utilisé au XIXe siècle. En 1786, l'architecte-sculpteur livre les deux statues de ce retable.

En 1801, Pierre-Florent Baillairgé (1761-1812) est engagé pour exécuter les retables latéraux, ornés de deux gloires qui représentent un ange tenant un reliquaire. Installés en 1807, ces retables sont dotés d'anges à la trompette sculptés par Amable Charron (1785-1844). Ce dernier réalise aussi de 1812 à 1816 les pilastres, les chambranles et l'entablement de la nef. De 1816 à 1818, Chrysostome Perrault fabrique le banc d'oeuvre. Le mobilier liturgique est enrichi en 1827 des fonts baptismaux et du tombeau à la romaine du maître-autel de François Lemieux. La chaire s'ajoute en 1837. Le décor de la chapelle, conçu par l'abbé Pierre-Stanislas Vallée, est complété en 1859. François-Xavier Berlinguet (1830-1916) remplace en 1865 la fausse voûte de 1807; celle de la chapelle est refaite en 1885 par Arsène Ouellet. Des galeries latérales sont aménagées dans la nef en 1898. L'église compte deux tableaux peints par Louis Dulongpré (1759-1843) en 1806 et 1807, de même que six toiles réalisées par Antoine Plamondon (1804-1895) en 1871 et 1872. Des vitraux ont été acquis en 1930. Le chemin de croix est sculpté par Médard Bourgault (1897-1967) en 1945.

L'église de Notre-Dame-de-Bon-Secours est classée en 1957. Elle est l'objet de plusieurs restaurations par la suite. Plusieurs objets mobiliers sont classés en 1966. En 1968, Henri Caron fabrique les panneaux au bas du retable du choeur pour remplacer ceux d'origine enlevés en 1924. Les galeries latérales sont supprimées en 1971.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • L'Islet

Municipalité :

  • L'Islet

Adresse :

  • chemin des Pionniers Est

Lieux-dits :

  • L'Islet-sur-Mer

Localisation informelle :

L'église se situe en bordure du fleuve Saint-Laurent, le long de la route 132, au coeur du noyau villageois de L'Islet-sur-Mer.

Latitude :

47° 7' 36.537"

Longitude :

-70° 22' 23.291"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
L'Islet Paroisse de L'Islet Absent 232 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLANGER, Léon. L'Islet, 1677-1977. s.l. 1977. 191 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Conseil de la Fabrique de L'Islet. L'église de L'Islet, 1768-1968. s.l. 1968. 115 p.
  • GOBEIL-TRUDEAU, Madeleine. « Église Notre-Dame-de-Bonsecours ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 388-389.
  • KIROUAC, André. Quand l'église rythmait la vie à Notre-Dame-de-Bonsecours de L'Islet. L'Islet-sur-Mer, Fabrique Notre-Dame-de-Bonsecours de L'Islet, 1993. 129 p.
  • LAROCHE, Ginette et René VILLENEUVE. « Oeuvres d'art de l'église de Notre-Dame-de-Bonsecours ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 99-108.
  • LÉGARÉ, Denyse. « L'église Notre-Dame-de-Bonsecours de l'Islet-sur-Mer. L'évolution architecturale de la fin du 18e à la fin du 19e siècles ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/ndbonislet/ndbonisletf.htm
  • Municipalité de L'Islet. « Notre-Dame-de-Bonsecours de L'Islet ». s.a. Municipalité de L'Islet [En ligne]. http://www.lislet.com/pdf/Depliant-Notre-Dame-de-Bonsecours-Francais.pdf
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • TREMBLAY, Katia. « L'église Saint-Grégoire de Bécancour et la diffusion de l'art de l'atelier de Quévillon ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sgrebecancour/sgrebecancourf.htm

Multimédias disponibles en ligne :

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