Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Vieux séminaire de Saint-Sulpice

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Le vieux séminaire
  • Presbytère de Notre-Dame
  • Vieux Séminaire des Sulpiciens

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1684 – 1687 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux

Usage :

  • Services et institutions (Couvents, monastères et abbayes)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (4)

Carte

Description

Le Vieux séminaire de Saint-Sulpice est un édifice conventuel érigé à partir de 1684. L'édifice en pierre et en brique comprend un corps central flanqué de deux ailes et d'une annexe. Il adopte un plan en « U » et est coiffé en majeure partie de toits à deux versants. Voisin de la place d'Armes, il est situé dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il fait partie du site patrimonial du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice et du site patrimonial de Montréal. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1985-06-04
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1964-01-08
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications
 

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Valeur patrimoniale

Le Vieux séminaire de Saint-Sulpice présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son ancienneté. Les bâtiments datant du Régime français sont rares dans la ville de Montréal, les incendies et les démolitions ayant eu raison de la grande majorité d'entre eux. Commencé dès 1684, le lieu de résidence de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice est le plus ancien et le seul édifice remontant au XVIIe siècle dans le Vieux-Montréal.

Le Vieux séminaire de Saint-Sulpice présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée au rôle joué par les Messieurs de Saint-Sulpice dans la société montréalaise. Ces derniers, qui arrivent à Ville-Marie (Montréal) en 1657, se font missionnaires et éducateurs; ils assurent le service spirituel de la paroisse de Notre-Dame. En 1663, ils deviennent les seigneurs de l'île de Montréal. Pour développer leur seigneurie et activer son peuplement, ils concèdent les terres, dirigent l'aménagement du territoire, soutiennent les communautés religieuses et créent et desservent plusieurs paroisses. Ils demeurent seigneurs jusqu'en 1840, année de l'abolition du régime seigneurial sur l'île de Montréal. À partir de ce moment, les Sulpiciens sont chargés par l'évêque de la formation du clergé catholique de tout le diocèse, fondé en 1836. Le séminaire de Saint-Sulpice a ainsi servi de manoir seigneurial, de presbytère, de séminaire et de couvent. Il est d'ailleurs un exemple rare de résidence seigneuriale urbaine de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle. Pendant longtemps, le Vieux séminaire a été un symbole du pouvoir des Sulpiciens à Montréal. De nos jours, il rappelle le rôle de premier plan joué par les Messieurs de Saint-Sulpice dans l'histoire de Montréal et du Québec.

Le Vieux séminaire de Saint-Sulpice présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le corps central de l'immeuble, construit entre 1684 et 1687, ainsi que ses deux ailes, érigées entre 1704 et 1713, s'inspirent de l'architecture classique française du XVIIe siècle. Le plan en « U », la forme rectangulaire des parties et la composition symétrique des façades rappellent les hôtels particuliers français, ordonnés autour d'une cour d'honneur. Certains éléments du séminaire témoignent aussi d'une adaptation de cette architecture au contexte de la colonie. C'est le cas de sa sobriété, de sa maçonnerie en pierre calcaire de Montréal, de la faible hauteur de ses étages et de ses fenêtres aux dimensions restreintes. En 1848, une partie de l'aile est sera détruite et remplacée par une aile d'inspiration néoclassique. Le Vieux séminaire de Saint-Sulpice se caractérise aussi par son horloge publique, qui serait la plus vieille du genre en Amérique du Nord. Quant à son espace intérieur, il est intéressant par ses pièces voûtées souterraines qui servaient anciennement de jambonnier, de cellier et de caveau à légumes. Par son intégrité, le Vieux séminaire de Saint-Sulpice constitue un élément essentiel du patrimoine architectural québécois. La valeur architecturale du Vieux séminaire de Saint-Sulpice repose en outre sur son association avec trois architectes reconnus. Le premier est François Dollier de Casson (1636-1701), figure marquante de l'histoire de Montréal et supérieur des Sulpiciens de 1671 à 1674 et de 1678 à 1701. Le corps central est construit de 1684 à 1687 à partir de ses plans. Le deuxième est François Vachon de Belmont (1645-1732), supérieur des Sulpiciens de 1701 à 1732. Il est l'auteur des plans des ailes ajoutées entre 1704 et 1713. Enfin, le concepteur de l'aile néoclassique de 1848 est John Ostell (1813-1892), le plus important architecte de Montréal au milieu du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du Vieux séminaire de Saint-Sulpice liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans le site patrimonial du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice;
- son emplacement au coeur du site patrimonial de Montréal;
- le volume du corps central et de l'aile ouest, dont l'élévation de trois étages et demi côté cour et de quatre étages et demi côté jardin ainsi que le toit à deux versants couvert de tôle à baguettes et percé de lucarnes;
- leurs caractéristiques inspirées de l'architecture classique française des hôtels particuliers, dont la composition en « U » de l'ensemble, le plan rectangulaire (long et étroit) des parties, la composition symétrique des façades, l'ordonnance régulière des ouvertures et les chambranles en pierre de taille;
- leurs caractéristiques découlant de l'adaptation de l'architecture française au contexte de la colonie, dont la maçonnerie en pierre calcaire de Montréal, les larges cheminées, la faible hauteur des étages et les fenêtres à battants à carreaux aux dimensions restreintes;
- la sobriété de l'ornementation des murs extérieurs limitée aux chaînages d'angle, aux écussons et aux inscriptions ainsi qu'au portail du corps central orné de pilastres à chapiteaux ioniques surmontés d'un entablement de pierre;
- les tours d'angle logeant les escaliers et surmontées d'un toit en pavillon;
- leur quincaillerie, dont les esses, les étripe-chats et les supports à gouttière en fer forgé;
- l'horloge publique et le clocheton;
- leurs caractéristiques intérieures, dont les trois pièces voûtées souterraines superposées, les poutres massives, le four à pain, les escaliers, le plancher à tomettes du grenier, la structure du toit, le mécanisme de l'horloge ainsi que la distribution des pièces côté jardin et du corridor de circulation côté cour;
- les vestiges archéologiques témoignant d'une occupation euroquébécoise;
- le volume de l'aile est, dont le plan en « T », l'élévation de quatre étages et le toit à deux versants droits couvert de tôle à baguettes;
- ses caractéristiques architecturales d'inspiration néoclassique, dont le soubassement en pierre à bossage, le parement des murs en pierre de taille, le fronton triangulaire couronnant l'avant-corps, les bandeaux en pierre, l'ordonnance régulière des ouvertures, les fenêtres à battants à carreaux et leur chambranle en pierre de taille ainsi que la corniche à modillons;
- son mur pignon en aileron;
- le volume de l'annexe, dont l'élévation de deux étages et demi et le toit à croupes;
- ses matériaux, dont les murs en brique;
- sa fenestration régulière.

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Informations historiques

La Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice est fondée à Paris en 1641 par Jean-Jacques Olier (1608-1657). Les Sulpiciens arrivent à Ville-Marie en 1657. Ils érigent aussitôt leur premier séminaire, rue Saint-Paul. Dans la colonie, les Sulpiciens se font missionnaires et éducateurs; ils assurent le service spirituel de la paroisse de Notre-Dame. En 1663, ils font l'acquisition de la seigneurie de l'Île-de-Montréal. À partir de ce moment, ils multiplient leurs efforts pour développer l'île et activer son peuplement. Ils concèdent les terres, dirigent l'aménagement du territoire, soutiennent les communautés religieuses et créent plusieurs paroisses qu'ils desservent.

En 1683, les Sulpiciens choisissent d'établir leur séminaire près de l'église paroissiale qu'ils desservent, située rue Notre-Dame. Ce bâtiment servira aussi de manoir seigneurial, de presbytère et de couvent. De 1684 à 1687, le corps central est érigé selon les plans du supérieur François Dollier de Casson (1636-1701), figure marquante de l'histoire de Montréal et supérieur de la compagnie de 1671 à 1674 et de 1678 à 1701. La conservation de cette partie fait du lieu de résidence de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice le plus ancien et le seul édifice remontant au XVIIe siècle dans le Vieux-Montréal.

Entre 1704 et 1713, deux ailes projetées vraisemblablement depuis 1684 sont ajoutées. Les travaux sont exécutés selon les plans de François Vachon de Belmont (1645-1732), supérieur des Sulpiciens de 1701 à 1732. Au début du XVIIIe siècle, une horloge publique vient couronner le corps central. À la suite de l'incendie de Montréal en 1721, le toit mansardé est remplacé par un toit à deux versants. En 1740, Normant du Faradon, supérieur des Sulpiciens, fait ajouter un portail d'ordre ionique digne de la fonction du bâtiment.

En 1840, le régime seigneurial est aboli sur l'île de Montréal, mais le rôle des Sulpiciens, qui reçoivent un dédommagement pour la perte de leur seigneurie, ne diminue pas pour autant. Ils sont chargés par le deuxième évêque de Montréal, monseigneur Ignace Bourget (1799-1885), de former les aspirants au sacerdoce de tout le diocèse. Cet accord passé avec l'évêque marque la fondation du Grand Séminaire de Montréal. Le projet architectural qui s'y rattache prévoit la démolition du Vieux séminaire au profit d'une nouvelle construction plus adaptée à leurs besoins. Il est confié à John Ostell (1813-1892), le plus important architecte montréalais de l'époque. La première étape est réalisée entre 1848 et 1852 lorsqu'une aile néoclassique, qui sert aujourd'hui de presbytère à la basilique Notre-Dame, remplace l'aile est du Vieux séminaire. Les Sulpiciens reconsidèrent cependant le projet de démolition et, en 1854, décident d'aménager le grand séminaire à l'extérieur de la vieille ville, au pied du mont Royal. Depuis ce temps, le Vieux séminaire a subi très peu de modifications, si ce n'est l'ajout d'une annexe en brique au bout de l'aile ouest en 1910.

Le Vieux séminaire de Saint-Sulpice et le site patrimonial du Vieux-Séminaire-de-Saint-Sulpice sont classés en 1985. L'édifice sert toujours de résidence aux Prêtres de Saint-Sulpice.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 116, rue Notre-Dame Ouest
  • 130, rue Notre-Dame Ouest

Latitude :

45° 30' 14.8"

Longitude :

-73° 33' 24.6"

Désignation cadastrale :

  • Lot 4 030 964

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BÉLISLE, Jean. « Site du Vieux Séminaire des Sulpiciens de Montréal ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 52-56.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • HAREL, Bruno et Josette MICHAUD. Le séminaire de Saint-Sulpice de Montréal. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1990. 22 p.
  • JAMES, Ellen S. « Ostell, John ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • LAHAISE, Robert. Les édifices conventuels du Vieux-Montréal : aspects ethno-historiques. Cahiers du Québec. Ville de LaSalle, Hurtubise HMH, 1980. 597 p.
  • MATHIEU, Jacques. « Dollier de Casson, François ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • THÉRIAULT, Michel. « Sulpiciens ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.ca/

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