Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Simon-Lacombe

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison de la Côte-des-Neiges
  • Maison Jarry-Dit-Henrichon

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1825 – 1848 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (4)

Carte

Description

La maison Simon-Lacombe est une résidence rurale bâtie entre 1825 et 1848 et reconstruite en 1957. Le bâtiment en pierre, de plan rectangulaire à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits. Le bâtiment est encadré de murs coupe-feu prolongés par de larges souches de cheminée. La maison Simon-Lacombe se situe, depuis 1957, sur un vaste terrain paysager jouxtant le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dans l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison Simon-Lacombe fait partie du site patrimonial du Mont-Royal.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1957-08-12
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

La maison Simon-Lacombe présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment est l'un des rares témoins du passé rural du quartier Côte-des-Neiges. Les terres de l'endroit, appartenant aux Sulpiciens, sont concédées à partir de 1698. Le secteur, qui se situe à mi-chemin entre la ville de Montréal et la rivière des Prairies, attire très tôt agriculteurs, maraîchers, éleveurs et tanneurs. En 1751, le tanneur Joseph Henry Jarry dit Henrichon acquiert le terrain originel de la maison Simon-Lacombe et y fait ériger un bâtiment en bois. Au début du XIXe siècle, la famille Lacombe acquiert la propriété. Une maison en pierre y est érigée entre 1825 et 1848 par le tanneur et agriculteur Simon Lacombe. Ses descendants habitent la résidence jusqu'en 1907. Le secteur de Côte-des-Neiges subit d'importantes transformations après son annexion à Montréal en 1910. Le développement urbain provoque la disparition de nombreux bâtiments anciens. Dans les années 1950, la maison Simon-Lacombe est menacée de démolition par l'élargissement du chemin de la Côte-des-Neiges. En 1957, le bâtiment est démonté et reconstruit sur un nouvel emplacement situé dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges. La maison Simon-Lacombe, l'un des plus anciens bâtiments subsistants du secteur, rappelle le passé de l'ancien village de Côte-des-Neiges et les transformations que ce dernier a subies au cours du XXe siècle.

La maison Simon-Lacombe présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construit entre 1825 et 1848, le bâtiment illustre la persistance des savoir-faire et des modèles français dans l'architecture résidentielle de la première moitié du XIXe siècle. La maison Simon-Lacombe présente plusieurs caractéristiques liées à la maison rurale d'inspiration française, notamment son parement en moellons équarris, son toit à deux versants droits et ses ouvertures disposées de façon asymétrique. La demeure emprunte aussi certains traits de l'habitation urbaine du XVIIIe siècle comme les murs coupe-feu dotés de corbeaux en pierre taillée et les souches de cheminée à deux têtes reliées par un muret. En milieu urbain, les murs coupe-feu permettent de limiter la propagation du feu entre les bâtiments. En milieu rural, ils n'ont pas de réelle fonction et sont plutôt employés pour leur caractère esthétique et symbolique. L'ajout sur une résidence rurale de cet élément tiré de l'architecture urbaine, jugée plus prestigieuse, rappelle la volonté du propriétaire-constructeur d'obtenir une reconnaissance sociale. Par ailleurs, la maison Simon-Lacombe constitue une illustration du concept de restauration dite « historique ». Cette approche propose le retour à un état antérieur jugé significatif. La maison Simon-Lacombe a été démontée et reconstruite en 1957 sur le terrain du cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Les travaux ont été réalisés sous la supervision de l'architecte Victor Depocas (1901-1985). Celui-ci utilise les plans du bâtiment tracés par l'architecte Grattan D. Thompson (1895-1971) lors d'une restauration réalisée en 1924. Il préserve les caractéristiques extérieures principales de la demeure et remploie des matériaux d'origine, dont les moellons équarris.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2013.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Simon-Lacombe liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans le quartier Côte-des-Neiges;
- sa localisation dans le site patrimonial du Mont-Royal;
- son volume, dont son plan rectangulaire, son élévation d'un étage et demi, le toit à deux versants droits et les murs coupe-feu surmontés de souches de cheminée à deux têtes reliées par un muret;
- les matériaux, dont le parement en moellons équarris, la couverture en tôle à la canadienne, ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre ou en bois;
- les ouvertures, dont leur disposition asymétrique, la porte à panneaux et à carreaux, les fenêtres à battants à petits carreaux, les lucarnes à pignon, les soupiraux, ainsi que les chambranles et les contrevents;
- l'ornementation sobre, dont les corbeaux en pierre taillée.

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Informations historiques

La maison Simon-Lacombe est située sur le territoire de l'île de Montréal, dans le quartier Côte-des-Neiges. Les Sulpiciens y concèdent des terres dès 1698. Le lot sur lequel était originellement située la maison Simon-Lacombe est d'abord destiné à l'agriculture. En raison de la présence d'un ruisseau (aujourd'hui disparu), plusieurs tanneurs s'établissent dans le secteur au cours du XVIIIe siècle, dont Joseph Henry Jarry dit Henrichon. Ce dernier acquiert le terrain d'origine de la maison Simon-Lacombe en 1751 et y fait ériger un bâtiment en bois servant de résidence et de tannerie. Au début du XIXe siècle, la famille Lacombe acquiert la propriété. Une maison en pierre y est érigée entre 1825 et 1848, près du chemin de la Côte-des-Neiges, par le tanneur et agriculteur Simon Lacombe. Ses descendants habitent la résidence jusqu'en 1907. En 1924, la résidence est restaurée par l'architecte Gratton D. Thompson (1895-1971) qui en est alors propriétaire. Il publie d'ailleurs un article sur sa résidence en 1932, la présentant comme une vieille maison de ferme construite en 1713.

Le secteur de Côte-des-Neiges subit d'importantes transformations après son annexion à Montréal en 1910. Le développement urbain provoque la disparition de nombreux bâtiments anciens au cours du XXe siècle. Dans les années 1950, la Ville de Montréal planifie la création de nouvelles voies de circulation et l'élargissement d'anciens chemins dont celui de la Côte-des-Neiges. La maison Simon-Lacombe est alors menacée de démolition. En 1954, le propriétaire de la maison, Russell Smith, entreprend des démarches afin que le bâtiment soit préservé et déménagé sur un nouvel emplacement.

Les démarches n'aboutissent pas et l'immeuble est exproprié par la Ville en 1956. Les travaux de démolition de la maison commencent l'année suivante par l'enlèvement des éléments intérieurs. La Commission des monuments et sites historiques du Québec est avisée de la situation et les travaux sont arrêtés, alors que seuls les murs en pierre sont encore debout. La paroisse Notre-Dame de Montréal et la Comission des monuments et sites historiques du Québec concluent une entente pour la que la maison soit reconstruite sur un terrain du cimetière Notre-Dame-des-Neiges. L'architecte Victor Depocas (1901-1985) est chargé des travaux. La maison est alors dotée de fondations en béton et d'une charpente en bois sur laquelle est posé un parement fait des pierres de la maçonnerie d'origine. L'apparence générale de la maison est restituée.

La maison Simon-Lacombe est classée en 1957. Le bâtiment sert de résidence au directeur général du cimetière jusqu'en 1996. Restauré en 2008, le bâtiment est encore utilisé par l'organisation du cimetière.

Des recherches récentes ont permis de réviser la date de construction de la maison Simon-Lacombe, qui a longtemps été établie à 1713. Dans les années 1980, on l'estimait entre 1751 et 1781, alors que Joseph Henry Jarry dit Henrichon était propriétaire du terrain. Aujourd'hui, la date de construction est située entre 1825 et 1848, puisque le recensement de 1825 mentionne une maison en bois sur la propriété de Simon Lacombe et que celui-ci lègue une maison en pierre à son fils en 1848.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Côte-des-Neiges - Notre-Dame-de-Grâce

Adresse :

  • 5085, avenue Decelles

Latitude :

  • 45° 29' 48.73"

Longitude :

  • -73° 37' 1.73"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Inconnue Absent 10 ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BÉNARD, Jacques. « Maison de la Côte-des-Neiges ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 148.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GALLANT, Conrad. La reconstruction d'un monument historique : la maison Simon-Lacombe au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Mémoire et histoire. Montréal, Éditions de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal, 2009. 51 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.

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