Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Saint-James

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint James
  • Église Saint James United
  • Église Unie Saint-James

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1887 – 1889 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Protestantisme (Église Unie))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (3)

Personnes associées (6)

Images

Carte

Description

L'église Saint-James est un lieu de culte de tradition méthodiste d'inspiration néogothique construit entre 1887 et 1889. Cet édifice monumental en pierre présente un plan en croix latine, au transept peu saillant, terminé par un chevet plat comprenant le choeur à abside en hémicycle et des locaux d'appoint. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits de forte pente. La façade principale est composée d'une partie centrale couronnée d'un fronton et flanquée de deux tours-clochers. La partie centrale comporte un portail à trois portes surmonté principalement d'une frise, d'une grande rosace et de trois petites baies en arc brisé. Les tours-clochers sont asymétriques et percées d'ouvertures en arc brisé. Une ancienne école dominicale en pierre, à extrémité polygonale, est adossée au chevet. Ce bâtiment massif, dont les murs sont rythmés par des contreforts et de nombreuses fenêtres en arc brisé, est coiffé d'un toit à plusieurs pans. L'église Saint-James est située au centre d'un îlot urbain, en retrait d'une importante artère commerciale, la rue Sainte-Catherine, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1980-02-15
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1996-01-01
 

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Valeur patrimoniale

L'église Saint-James présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'Église méthodiste s'établit dans les colonies américaines en 1765, à Québec en 1780, puis à Montréal en 1803. Construite entre 1887 et 1889, l'église Saint-James est le quatrième lieu de culte érigé par les méthodistes à Montréal et le plus grand de leurs temples au Canada, ce qui lui vaut le surnom de « cathédrale ». Elle sert aussi de lieu de rassemblement pour divers organismes. L'ancienne école dominicale témoigne de l'importance de cette confession dans le mouvement des écoles du dimanche pendant les dernières décennies du XIXe siècle. En 1925, les méthodistes s'unissent aux congrégationalistes et aux presbytériens pour fonder l'Église unie du Canada. L'église Saint-James gagne alors en rayonnement. C'est l'une des plus prestigieuses églises méthodistes en Amérique du Nord.

L'église Saint-James présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Il s'agit de la plus importante réalisation et de la seule église conçue par l'architecte montréalais Alexander Francis Dunlop (1842-1923). Elle se distingue par sa monumentalité et par son style néogothique, comme en témoignent sa verticalité, sa composition asymétrique, son ornementation et ses matériaux polychromes. La partie centrale de la façade principale couronnée d'un fronton triangulaire est composée notamment d'un portail surmonté d'une frise, d'une grande rosace et de trois petites baies en arc brisé. Elle est flanquée par deux tours-clochers asymétriques percées d'ouvertures en arc brisé. La plus haute est décorée de pinacles et de gargouilles. L'église est aussi pourvue de contreforts, et ses ouvertures sont ornées de motifs trilobés ou quadrilobés. Quant à l'ancienne école dominicale, adossée au chevet, elle s'impose par son caractère massif. Son extrémité polygonale est flanquée de deux petites tours et ses pans sont rythmés par des contreforts, de nombreuses fenêtres en arc brisé et des fenêtres à pignon qui viennent rompre la ligne du toit. La valeur architecturale de l'église est renforcée pour l'intérêt de son intérieur. Le plan en croix latine, au transept peu saillant, est terminé par un chevet plat qui comprend le choeur à abside en hémicycle et des locaux d'appoint. L'intérieur est aménagé en amphithéâtre. La nef unique et le transept contiennent les bancs distribués en arc sur un plancher légèrement incliné ainsi qu'une vaste tribune en forme de fer à cheval. Le choeur se caractérise par la disposition sur différents niveaux de l'autel, de la chaire et des emplacements réservés à la chorale et à l'orgue, ce qui constitue un élément rare au Québec. En 1919, le décor de style néogothique est renouvelé par l'architecte écossais Septimus Warwick (1881-1953), qui habite à Montréal entre 1914 et 1920. Ce décor est remarquable par sa fausse voûte à arcs brisés et à pendentifs et les tuyaux d'orgue qui ornent le choeur. L'intérieur de l'ancienne école du dimanche est, pour sa part, inspiré du plan Akron, du nom de la ville de l'Ohio où ce concept a vu le jour en 1870. L'aménagement se distingue par une série de classes, qui pouvaient s'ouvrir ou se fermer à l'aide de murs pliants ou coulissants, disposées en demi-cercle autour d'une rotonde. Une tribune en forme de fer à cheval surplombait ces classes. En 1937, la disposition de ces dernières est modifiée. De nos jours, le lieu abrite le Dawson Hall, un auditorium, et le Churchill Room, un ensemble de locaux communautaires. Conservant une grande intégrité, l'intérieur de l'église Saint-James constitue l'un des plus importants témoins des églises de style néogothique et aménagées en amphithéâtre.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'église Saint-James liés ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation au centre d'un îlot urbain, en retrait d'une importante artère commerciale, la rue Sainte-Catherine;
- son volume monumental, dont le plan au sol en croix latine au transept peu saillant, le chevet plat comprenant le choeur à abside en hémicycle et des locaux d'appoint ainsi que le toit à deux versants droits de forte pente;
- ses caractéristiques d'influence néogothique, dont les matériaux polychromes, les longs-pans rythmés par des contreforts et les fenêtres en arc brisé décorées de motifs trilobés ou quadrilobés;
- ses matériaux, dont la couverture d'ardoise, la maçonnerie en grès rouge provenant de Credit Valley en Ontario, les moulures des ouvertures et les chambranles en grès uni vert olive provenant de la baie des Chaleurs ainsi que les fondations, les escaliers et les seuils en pierre calcaire grise;
- la façade principale, composée d'une partie centrale couronnée d'un fronton et de deux tours-clochers latérales;
- la partie centrale de la façade principale, constituée de trois portes surmontées d'une frise ornée de rinceaux, d'une grande rosace, de trois petites baies et d'une inscription en relief (The Lord is in His Holy Temple);
- les deux tours-clochers asymétriques rehaussées de flèches, la plus haute ornée de pinacles et de gargouilles et l'autre comprenant une lanterne soutenue par des arcs-boutants;
- le plan en amphithéâtre, comprenant des bancs distribués en arc sur un plancher légèrement incliné ainsi qu'une vaste tribune en forme de fer à cheval ornée d'un garde-corps et soutenue par de minces colonnes en fonte;
- le choeur caractérisé par la disposition sur différents niveaux de l'autel, de la chaire et des emplacements réservés à la chorale et à l'orgue;
- le décor d'influence néogothique, dont la fausse voûte à arcs brisés, ogives et pendentifs ainsi que les nervures moulurées, les rosettes décoratives et les consoles;
- les boiseries du choeur;
- la chaire, les bancs et les portes à caissons en bois ouvragé et le bénitier en marbre;
- l'orgue à tuyaux comprenant 66 jeux et quatre claviers;
- les vitraux, dont celui à la mémoire du sénateur James Ferrier (1800-1888) et celui en hommage aux morts de la Première Guerre mondiale;
- le grand lustre à la croisée du transept;
- les plaques commémoratives;
- l'ancienne école dominicale en pierre au caractère massif adossée au chevet, présentant une extrémité polygonale, des murs rythmés par des contreforts, des fenêtres en arc brisé et des fenêtres à pignon rompant la ligne du toit à plusieurs pans, son plan inspiré du plan Akron et la tribune en forme de fer à cheval.

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Informations historiques

L'église Saint-James a été construite entre 1887 et 1889, en bordure de la rue Sainte-Catherine. Elle occupe un terrain sur lequel s'élevait auparavant la maison habitée par sir Hugh Allen (1810-1882), magnat de la finance et des transports, entre 1848 et 1863.

Il s'agit de la quatrième église érigée par les méthodistes à Montréal. Le méthodisme est un mouvement religieux créé en Angleterre en 1729 par le réformateur John Wesley (1703-1791). Ce mouvement s'est établi dans les colonies américaines en 1765, à Québec en 1780, puis à Montréal en 1803. Au moment de sa construction, l'église Saint-James est le plus grand lieu de culte méthodiste du Canada, ce qui lui vaut le surnom de « cathédrale ». Ce sera également l'une des plus prestigieuses églises de cette confession en Amérique du Nord.

L'église Saint-James, ouverte au culte le 16 juin 1889, a été construite selon les plans de l'architecte montréalais Alexander Francis Dunlop (1842-1923). Inspirée du style néogothique de l'apogée victorien, il s'agit de la plus importante réalisation et de la seule église de cet architecte, qui a conçu par ailleurs plusieurs immeubles commerciaux prestigieux et de nombreuses résidences du Mille carré doré. L'intérieur, en amphithéâtre, peut accueillir 2 000 personnes.

L'école dominicale adossée au chevet, d'une capacité de 1 000 personnes, témoigne de l'importance des méthodistes dans le mouvement des écoles du dimanche pendant les dernières décennies du XIXe siècle. Elle est inspirée du plan Akron, du nom de la ville de l'Ohio où ce concept a vu le jour en 1870. Ce plan, qui se répand au Canada et aux États-Unis grâce à cette confession, se distingue par la disposition des classes autour d'une rotonde en demi-cercle. Ces classes pouvaient s'ouvrir ou se fermer à l'aide de murs pliants ou coulissants et étaient surplombées par une tribune.

Avec le temps, l'église subit des modifications et des ajouts. En 1891, l'orgue est installé par Edward D. Wadsworth and Brothers, pour être reconstruit en 1908 par Warren Brothers. Des vitraux remplacent certaines fenêtres. Celui du coin sud-est, par exemple, honore la mémoire du sénateur James Ferrier (1800-1888), bienfaiteur de l'Église méthodiste. En 1919, le décor intérieur de style néogothique est renouvelé par l'architecte écossais Septimus Warwick (1881-1953), qui habite Montréal entre 1914 et 1920. Ce dernier exécute notamment le grand lustre suspendu à la croisée du transept. Plus tard, en 1924, Charles William Kelsey (1877-1975), de Westmount, façonnera un vitrail en hommage aux morts de la Première Guerre mondiale.

Depuis sa construction, l'église Saint-James sert de lieu de rassemblement pour divers organismes. Il sera notamment utilisé par les suffragettes, un groupe de femmes qui demandaient le droit de vote, pendant les premières décennies du XXe siècle.

En 1925, les méthodistes s'unissent aux congrégationalistes et aux presbytériens pour fonder l'Église unie du Canada. Le temple gagne alors en rayonnement et devient l'église unie Saint-James.

L'année suivante, la fabrique, qui éprouve des problèmes financiers depuis plusieurs décennies, loue une partie de son terrain en bordure de la rue Sainte-Catherine. Un édifice commercial de trois étages vient masquer la façade.

En 1937, l'aménagement de l'école dominicale est modifié selon les plans de l'architecte Grattan D. Thompson (1895-1971). Le plan Akron étant moins en vogue, la disposition des classes est transformée, et celles-ci deviennent des locaux communautaires.

L'église Saint-James est classée en 1980. Depuis 1993, elle est l'objet de travaux de restauration. En 2005, la démolition de la partie centrale de l'édifice commercial a permis de dégager la façade et d'améliorer sa visibilité depuis la rue Sainte-Catherine. De nos jours, l'église continue de dispenser les services religieux et poursuit sa vocation communautaire en logeant notamment le Dawson Hall et le Churchill Room.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 463, rue Sainte-Catherine Ouest

Latitude :

  • 45° 30' 19.112"

Longitude :

  • -73° 34' 6.678"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 340 561

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Références

Notices bibliographiques :

  • BLAND, John. St. James United Church. 463 St. Catherine Street West, Montreal. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1978. s.p.
  • CHAROWSKA, Ewa M. « Église Unie St. James ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 78-80.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture religieuse I : les églises. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 1. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1981. 490 p.
  • MARSAN, Jean-Claude, dir., Gérard BEAUDET, Dinu BUMBARU, Caroline DUBUC et Nancy DUNTON. Plan stratégique de conservation des églises et des chapelles au Centre-Ville de Montréal. Montréal, Héritage Montréal, 1997. s.p.
  • REMIGGI, Frank W. et Louis ROUSSEAU. Atlas des pratiques religieuses. Le Sud-Ouest du Québec au XIXe siècle. Ottawa, Presses de l¿Université d¿Ottawa, 1988. 235 p.
  • s.a. Lieu historique national du Canada de l'église St. James United (Montréal, Québec). Énoncé d'intégrité commémorative. s.l. Parcs Canada, 2002. 39 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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