Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Sanctuaire du Saint-Sacrement

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1892 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Chapelles conventuelles)
  • Services et institutions (Sanctuaires et lieux de pèlerinage)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (2)

Groupes associés (3)

Personnes associées (7)

Images

Carte

Description

Le sanctuaire du Saint-Sacrement est un bâtiment conventuel éclectique construit au tournant du XXe siècle. L'édifice en pierre présente un plan en « T » et comprend quatre parties : à l'arrière-plan, la chapelle Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, d'inspiration néo-romane; à l'avant-plan, la partie centrale (ancien monastère) formant un ressaut ainsi que deux ailes latérales, de style Second Empire. La chapelle (1892-1984), de plan rectangulaire, comporte une abside en hémicycle entourée d'une sacristie rectangulaire. La partie centrale (1893) et les ailes, aussi de plan rectangulaire, comptent quatre étages incluant le toit mansardé. L'aile ouest (1896) et l'aile est (1907) sont semblables, mais cette dernière fait trois travées de plus. Le sanctuaire du Saint-Sacrement est situé en milieu urbain, au coeur de l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de la partie centrale et de la chapelle, mais seule l'enveloppe extérieure des ailes est protégée. Le sanctuaire du Saint-Sacrement bénéficie d'une aire de protection.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1979-10-27
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1984-02-14

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

Le sanctuaire du Saint-Sacrement présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'ensemble du bâtiment a été construit selon les plans des architectes Jean-Baptiste (1830-1896) et Jean-Zéphirin Resther (1857-1910). La façade Second Empire de l'avenue Mont-Royal, bien que réalisée en trois étapes, est unifiée. La partie centrale, qui donne accès à l'édifice et notamment à la chapelle située à l'arrière, forme un ressaut. Elle se distingue des ailes par l'utilisation de la pierre de taille pour le rez-de-chaussée et la travée centrale, le traitement des ouvertures et l'ornementation. La chapelle, enchâssée dans cet ensemble monumental, contraste par son style d'inspiration néo-romane. L'intérieur compte deux étages, soit l'ancienne crypte et la chapelle proprement dite. Le sanctuaire du Saint-Sacrement est ainsi un lieu de culte unique tant par l'originalité de sa conception que par sa monumentalité. Par ailleurs, le style Second Empire de la façade et des ailes, la maçonnerie de pierre grise et l'élévation de l'édifice s'harmonisent avec les immeubles victoriens de l'avenue Mont-Royal. Le sanctuaire constitue un élément majeur du paysage de l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal.


Le sanctuaire du Saint-Sacrement présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée au décor intérieur de la chapelle. L'accès se fait depuis la partie centrale par des escaliers remarquables composés de volées droites et de volées courbes, à rampes de chêne sculptées et chantournées. La nef comporte un plafond plat et deux niveaux de tribunes latérales. Toussaint-Xénophon Renaud (1860-1946) a créé la majeure partie du décor à partir de 1915, dont les colonnes à chapiteau corinthien en bois peint supportant les tribunes inférieures, les fines arcades des tribunes supérieures et leurs balustrades en bois sculpté. Tous les éléments iconographiques du décor peint et sculpté sont associés au thème de l'eucharistie. Le choeur comprend un maître-autel monumental de la maison Daprato de Chicago dont le bas-relief illustre la Cène, et les murs sont ornés de portraits de saints dont la vie est reliée à ce sacrement; dans la voûte en cul-de-four, figurent des anges adorateurs. Le plafond de la nef centrale met en valeur des oeuvres peintes illustrant des scènes de la vie du Christ reliées à l'eucharistie, qui alternent avec des tableaux présentant des anges adorateurs; des symboles eucharistiques ornent aussi les caissons couronnant les tribunes supérieures. Ces oeuvres, de même que les portraits de saints de l'abside, sont de l'artiste Georges Delfosse (1869-1939). Seize médaillons représentant des saints sont également peints au plafond des bas-côtés et de la première tribune; Narcisse Poirier (1883-1983) les a réalisés en 1937. Les vitraux sont d'Henri Perdriau (1877-1950). L'unité du programme iconographique, la qualité des réalisations ainsi que l'harmonie créée avec les boiseries de chêne confèrent à cet intérieur une grande richesse.

Le sanctuaire du Saint-Sacrement présente aussi un intérêt pour sa valeur historique. La communauté des Pères du Saint-Sacrement, fondée à Paris en 1856 par Pierre-Julien Eymard (1811-1868), prend racine au Québec en 1890. Principalement dédiée à la prière, elle a pour but de promouvoir le mystère eucharistique. Inauguré en 1892, le sanctuaire est le premier lieu de culte voué à l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement en Amérique.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du sanctuaire du Saint-Sacrement liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- le plan en « T »;
- la maçonnerie de pierre grise;
- les quatre parties, soit la chapelle à l'arrière-plan ainsi que la partie centrale et les deux ailes à l'avant-plan;
- la partie centrale donnant accès au bâtiment et les escaliers à volées droites et courbes, à rampes de chêne sculptées et chantournées, menant à la chapelle et à la crypte;
- l'harmonie entre les composantes;
- les caractéristiques extérieures de la chapelle, notamment les deux niveaux, soit l'ancienne crypte et la chapelle proprement dite, les matériaux, dont la maçonnerie de moellons, le toit à deux versants de faible pente de la nef, le toit conique de l'abside et le toit en appentis de la sacristie couverts en tôle à baguettes, les ouvertures, dont les hautes fenêtres cintrées de la nef ornées de meneaux en bois formant des arceaux ainsi que les fenêtres rectangulaires (jumelées, à 8 carreaux) de la sacristie, les contreforts à mi-mur des longs-pans, ainsi que le clocher à tambour carré et à lanterne unique;
- les caractéristiques de l'intérieur de la chapelle, notamment le plan rectangulaire comportant une nef centrale et des bas-côtés ainsi qu'une abside en hémicycle entourée par une sacristie à trois étages de forme rectangulaire, le plafond plat de la nef et la voûte en cul-de-four du ch¿ur,- les deux niveaux de tribunes, comprenant les colonnes à chapiteau corinthien en bois peint supportant la tribune inférieure, les fines arcades des tribunes supérieures et les balustrades en bois sculpté, les confessionnaux enchâssés dans les contreforts, le maître-autel monumental en rigalico (mélange de bois et de plâtre) et son bas-relief illustrant la Cène, le décor peint du choeur, dont les portraits de saints associés au sacrement de l'eucharistie des murs et les anges adorateurs de la voûte, le décor peint de la nef centrale, dont les scènes de la vie du Christ reliées à l'eucharistie et les anges adorateurs du plafond ainsi que les motifs symboliques associés au thème eucharistique des caissons couronnant les tribunes supérieures, les seize médaillons peints au plafond des bas-côtés et de la première tribune représentant des saints, ainsi que les vitraux;
- les caractéristiques de la partie centrale, notamment le volume, dont le plan rectangulaire, le soubassement dégagé, les trois étages de maçonnerie et le toit mansardé, les matériaux, dont la pierre de taille à bossage, les ornements en pierre de taille lisse et la couverture d'ardoise, les ouvertures, dont les fenêtres à guillotine et les chambranles en pierre de taille lisse, le portique à quatre piliers dont deux à chapiteau toscan, les cinq portes de bois vitrées et à imposte (une à deux vantaux), les fenêtres rectangulaires du rez-de-chaussée et du deuxième étage (à quatre carreaux) ainsi que celles cintrées du troisième étage (jumelées dans la travée centrale), l'escalier droit en pierre, les ornements en pierre de taille lisse (rez-de-chaussée, travée centrale, pilastres engagés), la corniche à modillons, les fenêtres jumelées cintrées et ornementées de la mansarde ainsi que le thabor surmonté d'un ostensoir;
- les caractéristiques des ailes, dont le plan rectangulaire, le soubassement dégagé, les trois étages de maçonnerie, le toit mansardé, les sept travées de l'aile est, les quatre travées de l'aile ouest, les fenêtres rectangulaires (ornées d'un fronton pour la mansarde) et les chaînes d'angle harpées en pierre lisse;
- la situation du sanctuaire au coeur de l'arrondissement municipal du Plateau-Mont-Royal, entre deux artères importantes (la rue Berri à l'ouest et la rue Saint-Hubert à l'est);
- son emplacement en bordure de la rue.

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Informations historiques

La communauté des Pères du Très-Saint-Sacrement est fondée à Paris en 1856 par Pierre-Julien Eymard (1811-1868). Elle est principalement vouée à la prière et a pour but de promouvoir le mystère eucharistique. Les premiers pères s'installent à Montréal en 1890, où ils acquièrent une propriété avenue Mont-Royal. Ils aménagent leur première chapelle et demeurent dans une résidence (maison Barré) qui se trouve déjà sur le terrain. Durant les deux premières années de leur présence, ils entrent en possession de quelques terrains aux alentours. Les travaux de construction de l'édifice conventuel débutent en 1892, et le sanctuaire est inauguré la même année. Il s'agit du premier lieu de culte voué à l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement en Amérique.

L'ensemble du bâtiment a été érigé selon les plans des architectes Jean-Baptiste (1830-1896) et Jean-Zéphirin Resther (1857-1910). Les travaux de construction de la chapelle s'étendent de 1892 à 1894. À l'intérieur, les décors sont de Toussaint-Xénophon Renaud (1860-1946), Georges Delfosse (1869-1939) et Narcisse Poirier (1883-1983). Les vitraux ont été réalisés par Henri Perdriau (1877-1950), et le maître-autel, par la maison Daprato de Chicago. En 1893, le clocher reçoit sa cloche, fondue par Paccard et Frères de Haute-Savoie (France). Elle est baptisée « Pierre-Julien » par Mgr Charles-Édouard Fabre (1827-1896), troisième évêque de Montréal, en l'honneur du fondateur de la communauté. C'est en 1892 qu'est élevé le monastère, situé devant la chapelle et qui lui donne accès.

En 1926, avec l'augmentation de la population environnante, la chapelle devient une église paroissiale. Les escaliers à volées courbes qui mènent à la nef rendent l'accès difficile aux cortèges funèbres. Les services sont donc célébrés dans la crypte, et les escaliers pour y descendre subissent quelques modifications. En 1941, une chapelle des mariages est aménagée au-dessus du vestibule du monastère. Dans les années 1960, l'intérieur de la crypte est modifié et perd une grande partie de son aménagement d'origine. L'église redeviendra une chapelle conventuelle en 1998.

L'aile ouest est érigée en 1896, pour servir de noviciat. En 1917, la communauté la transforme pour les besoins de ses membres, avant de l'utiliser comme bibliothèque de 1940 à 1967. À ce moment, elle accueille des visiteurs d'Expo 67. Dans les années 1990, elle fait fonction de presbytère.

L'aile est, bâtie en 1907 pour servir de monastère, comprend trois travées de plus que l'aile ouest. En 1929, une librairie, une salle d'oeuvre et des chambres supplémentaires y sont aménagées. L'aile conserve ces fonctions jusqu'en 1982, année où un incendie l'endommage lourdement. Lors de la restauration de l'édifice en 1984, par les architectes Paul Goyer et Pierre Collette, elle est transformée en studios pour personnes seules.

Le sanctuaire de Saint-Sacrement est classé en 1979. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 1984. En 2004, la chapelle est cédée aux Fraternités monastiques de Jérusalem. Elle conserve sa vocation de sanctuaire voué à l'adoration du Saint-Sacrement et est ouverte aux fidèles. La crypte est maintenant utilisée comme salle communautaire.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Le Plateau-Mont-Royal

Adresse :

  • 500, avenue du Mont-Royal Est

Lieux-dits :

  • Plateau-Mont-Royal

Latitude :

  • 45° 31' 30.2"

Longitude :

  • -73° 34' 52.9"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Inconnue Absent 11-118
11-119
13-1-2
14-39-1
15-1317-1

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GAUTHIER, Raymonde. « Église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 137-139.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 5. Montréal, Éditions du Méridien, 1992. 500 p.

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