Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Charles-des-Grondines

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Saint-Charles-Borromée
  • Église de Saint-Charles-de-Grondines

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Deschambault-Grondines

Date :

  • 1839 – 1842 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (21)

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (11)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Charles-des-Grondines est un lieu de culte catholique construit de 1839 à 1842. Cet édifice en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur plus étroit à chevet plat. D'inspiration néogothique, sa façade comporte un corps central terminé par un pignon et encadré de deux tours peu saillantes surmontées de clochers similaires, mais de hauteurs différentes. La sacristie en pierre se greffe au chevet dans le prolongement du choeur. De plan rectangulaire à un étage et demi, elle est coiffée d'un toit à deux versants légèrement retroussés. Un chemin couvert en bois relie la sacristie et le transept. L'église se situe au coeur du noyau villageois du secteur Grondines de la municipalité de Deschambault-Grondines. Implantée le long de l'ancien chemin du Roy, elle domine un ensemble religieux catholique comprenant aussi le cimetière attenant, le presbytère et un monument du Sacré-Coeur.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Vingt et un objets patrimoniaux classés sont associés à cette église.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1987-07-30
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Charles-des-Grondines présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice, construit de 1839 à 1842, illustre un type de plan couramment utilisé pour les églises catholiques à partir de la fin du XVIIIe siècle. L'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), concepteur de l'église, a diffusé ce modèle au siècle suivant. La façade flanquée de deux tours peu saillantes, la forme en croix latine et la sacristie dans le prolongement du choeur se rattachent à ce plan. Cette église témoigne aussi de l'influence néogothique qui marque l'architecture religieuse au Québec dans la seconde moitié du XIXe siècle. Entre autres, les clochers, les pignons du transept ainsi que les arcs brisés et les archivoltes des ouvertures découlent de modifications effectuées afin de mettre le lieu de culte au goût du jour. Ces ajouts et transformations, réalisés en 1879 par l'architecte Zéphirin Perreault et en 1895 par l'architecte Joseph-Georges Bussières (vers 1865), s'intègrent harmonieusement au bâtiment à l'origine d'inspiration néoclassique. En outre, les clochers de hauteurs différentes évoquent l'influence du clergé sur l'architecture religieuse. Cette caractéristique résulte de la volonté du coadjuteur Louis-Nazaire Bégin (1840-1925) de distinguer l'édifice des autres lieux de culte du diocèse de Québec en s'inspirant notamment des cathédrales gothiques européennes. L'église de Saint-Charles-des-Grondines figure ainsi parmi les rares églises québécoises à posséder de tels clochers.

L'église de Saint-Charles-des-Grondines présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Exécuté de 1844 à 1856, ce décor serait le seul ensemble de cette importance conçu par le sculpteur et entrepreneur Augustin Leblanc (1799-1882). D'une grande harmonie, il résulte d'une approche plus artisanale qu'académique. Il illustre la pratique autonome de certains artistes qui s'inspirent librement des esthétiques de Thomas Baillairgé et de l'atelier des Écores, deux écoles qui ont fortement marqué les intérieurs d'église au Québec. La fausse voûte en arc surbaissé ornée de gloires et d'arcs doubleaux, le retable en arc de triomphe du choeur, les retables latéraux ainsi que l'entablement du transept et de la nef découlent de décors néoclassiques créés par Baillairgé ou ses disciples, et notamment de celui de l'église de Saint-Louis à Lotbinière. Leblanc est également influencé par la production d'inspiration Louis XV de l'atelier des Écores. Il a en effet travaillé à l'église de Saint-Grégoire à Bécancour, où il a été mis en contact avec les oeuvres d'un sculpteur rattaché à cet atelier, Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860). La chaire de cette église, exécutée par ce dernier, a servi de modèle à celle que Leblanc a réalisée dix ans auparavant pour l'église de Saint-Hilaire, modèle qu'il utilise de nouveau à Grondines. Le dorsal du banc d'oeuvre, les stalles et les trônes curial et épiscopal sont également inspirés du mobilier de l'église de Saint-Grégoire d'Urbain Brien dit Desrochers. Le décor de l'église de Saint-Charles-des-Grondines démontre la maîtrise de Leblanc pour l'exécution d'ouvrages finement ornés.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Charles-des-Grondines liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :
- l'implantation le long de l'ancien chemin du Roy, avec le choeur tourné vers l'est;
- le volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur plus étroit à chevet plat, le toit à deux versants droits surmonté d'un clocheton sur le faîte à l'arrière, la sacristie greffée au chevet dans le prolongement du choeur et son abside à pans coupés ainsi que le chemin couvert reliant la sacristie et le transept;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons de l'église et de la sacristie et certains détails architecturaux en pierre de taille, le chemin couvert en bois, la couverture en tôle à la canadienne, le revêtement en tôle des clochers et les ouvertures en bois;
- les composantes de la façade d'inspiration néogothique, dont le corps central terminé par un pignon aigu orné d'une corniche à denticules et percé de deux baies triples, les tours latérales peu saillantes dotées de chaînes d'angle en pierre de taille, les clochers de hauteurs différentes surmontant les tours, les ouvertures en arc brisé (telles les portes à double vantail surmontées d'un tympan à réseau en bois, les fenêtres à lancettes et à réseau en bois ainsi que les chambranles en pierre de taille);
- les composantes des longs-pans et du transept, dont les fenêtres en arc brisé dotées de lancettes et de réseaux, les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille, les archivoltes en bois imitant la pierre de taille, les pignons du transept ornés de pinacles et d'une corniche à denticules ainsi que la fenêtre à réseau et la fenêtre triple des pignons du transept;
- le chevet recouvert de bardeaux d'amiante-ciment;
- les composantes de la sacristie rectangulaire d'un étage et demi, dont le toit à deux versants légèrement retroussés, le parement de planches verticales à couvre-joints du mur pignon et de l'abside, le tambour en bois, les fenêtres en arc brisé à deux lancettes, la lucarne à pignon, les chambranles en pierre de taille ainsi que les archivoltes en bois imitant la pierre de taille;
- l'ornementation, dont les croix et les fleurons surmontant les clochers, les pinacles et les pignons, la croix du clocher gauche couronnée d'un coq ainsi que la statue de saint Charles Borromée sur le pignon en façade;
- le décor, dont la fausse voûte en arc surbaissé (ornée d'arcs doubleaux et de gloires), le retable en arc de triomphe du choeur (doté d'un fronton, d'un attique couronné d'un amortissement et d'un ensemble de six statues polychromes en plâtre) et les retables latéraux d'ordre ionique ainsi que l'entablement du transept et de la nef, le maître-autel et les autels latéraux, la chaire, le dorsal du banc d'oeuvre, les trônes curial et épiscopal, le dorsal des fonts baptismaux ainsi que les stalles du choeur;
- les galeries du transept;
- la tribune arrière logeant l'orgue Casavant;
- le décor de la sacristie, dont le tombeau à la romaine de l'autel, les confessionnaux, la grande armoire et le plafond en planches à couvre-joints souligné d'une corniche.

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Informations historiques

La paroisse de Saint-Charles-des-Grondines est érigée canoniquement en 1680. Une première église en pierre est construite en bordure du fleuve Saint-Laurent. En 1830, la paroisse désire la remplacer par une nouvelle église. L'emplacement choisi se situe en bordure du chemin du Roy, plus loin du fleuve afin de la soustraire aux inondations, ce qui entraîne le déplacement du village. L'année suivante, l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859) livre les plans, qui sont approuvés par l'archevêque de Québec, Joseph Signay (1778-1850), en 1834.

L'église est construite de 1839 à 1842 par les sculpteurs et entrepreneurs Augustin Leblanc (1799-1882) et Damase Bertrand dit Saint-Arnaud, selon les plans de Baillairgé. Elle conserve son aspect d'origine jusqu'en 1879, alors que l'architecte Zéphirin Perreault, assisté de l'entrepreneur Louis Dolbec, modifie les ouvertures en les couronnant d'un arc brisé, surmonte le chevet d'un clocher, agrandit la sacristie et greffe une abside à pans coupés sur le mur arrière de cette dernière. En 1895, l'église acquiert son apparence actuelle avec les transformations apportées par l'entrepreneur Alfred Giroux, selon les plans et devis de l'architecte Joseph-Georges Bussières (vers 1865). En façade, les tours et le pignon sont surhaussés et les clochers d'origine sont remplacés par les clochers actuels de hauteurs différentes. Cette caractéristique résulte de la volonté du coadjuteur Louis-Nazaire Bégin (1840-1925) de distinguer l'église des autres lieux de culte du diocèse de Québec en s'inspirant notamment des cathédrales gothiques européennes. Les bras du transept sont rehaussés et dotés de façades à pignon, ce qui permet d'augmenter le nombre de bancs par l'ajout de galeries. La flèche du clocher du chevet est également remplacée et l'on voit apparaître la corniche du toit, les archivoltes en bois des ouvertures et une statue en bois revêtue de plomb de saint Charles Borromée sur le pignon de la façade principale.

Le décor intérieur est entrepris immédiatement après la fin du gros oeuvre. Certains éléments appartenant à l'église précédente sont conservés, soit le tabernacle du maître-autel sculpté vers 1745 par des membres de la famille Levasseur, le tombeau à la romaine de l'autel de la sacristie exécuté en 1806 par un sculpteur de l'atelier des Écores ainsi que le tableau du maître-autel intitulé « Saint Charles Borromée distribuant la communion aux pestiférés de Milan » peint vers 1825 par Jean-Baptiste Roy-Audy (1778-1848). De 1844 à 1856, Leblanc réalise entre autres la fausse voûte, le retable du choeur, les retables latéraux, l'entablement du transept et de la nef, la chaire, le banc d'oeuvre, les fonts baptismaux, les trônes curial et épiscopal, les stalles du choeur ainsi que les tabernacles des autels latéraux. Plusieurs pièces de mobilier sont influencées par celles que le sculpteur Urbain Brien dit Desrochers (1781-1860), rattaché à l'atelier des Écores, a fabriquées pour l'église de Saint-Grégoire à Bécancour. Les tabernacles des autels latéraux sont inspirés de celui que Thomas Baillairgé a conçu pour la chapelle Sainte-Famille de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Le tableau « Notre-Dame du Rosaire » peint en 1847 par Théophile Hamel (1817-1870), l'un de ses rares sujets religieux, est acquis durant cette période. Lors des travaux de 1879, Perreault remplace les trois tombeaux d'autel du choeur et du transept. Les six statues en plâtre du choeur sont placées à la même occasion. L'orgue Casavant et Frères est installé en 1904.

L'église est restaurée de 1950 à 1955 sous la supervision de l'architecte Émile-Georges Rousseau (1888-1973). La statue de la façade principale, détériorée par les intempéries, est alors remplacée par la statue actuelle faite en ciment.

L'église de Saint-Charles-des-Grondines est classée en 1987. Vingt et un objets patrimoniaux sont classés au même moment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Portneuf

Municipalité :

  • Deschambault-Grondines

Adresse :

  • chemin Sir-Lomer-Gouin

Lieux-dits :

  • Grondines

Latitude :

46° 35' 33.476"

Longitude :

-72° 2' 30.422"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Portneuf Paroisse des Grondines Absent 93-A-P
96
99-P

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BOURQUE, Hélène et Paul LABRECQUE. Inventaire et évaluation patrimoniale des églises de la MRC de Portneuf : rapport d'expertise. Donnacona, Comité multisectoriel du patrimoine religieux de Portneuf, 2000. s.p.
  • BOURQUE, Hélène et Paul LABRECQUE. Les églises et les chapelles de Portneuf. Cap-Santé, MRC de Portneuf, 2000. 75 p.
  • CHAGNON, Joanne et Ginette LAROCHE. « Oeuvres d'art de l'église de Saint-Charles-Borromée ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 260-266.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • JOHNSON, Dominique. « Église de Saint-Charles-de-Grondines ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 8.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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