Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Louis

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint-Louis-de-Lotbinière

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Lotbinière

Date :

  • 1818 – 1822 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (12)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

L'église de Saint-Louis est un lieu de culte catholique construit de 1818 à 1822 et modifié en façade en 1888. L'édifice en pierre crépie présente un plan en croix latine formé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur plus étroit à chevet plat. Sa façade comporte un corps central pourvu d'un porche et d'un attique couronné d'une statue colossale de saint Louis; elle est cantonnée de tours peu saillantes surmontées d'un imposant clocher à deux lanternes. Une sacristie de plan rectangulaire à un étage et demi, coiffée d'un toit à croupe surmonté d'un clocher, est greffée au chevet dans le prolongement du choeur. Une abside à pans coupés s'appuie au mur arrière et une annexe s'élève perpendiculairement au mur nord de la sacristie. L'annexe est reliée au bras du transept par un chemin couvert. Érigée en bordure du fleuve Saint-Laurent, cette église se situe dans un ensemble institutionnel, au coeur du noyau villageois de la municipalité de Lotbinière.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection inclut le terrain. L'immeuble bénéficie d'une aire de protection.

Plan au sol :

Croix latine

Annexes :

  • Sacristie

Saillies :

  • Clocher
  • Porche
  • Tour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Pierre

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle

Porte principale :

  • bois massif, à imposte

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux

Lucarne(s) :

  • À croupe

Éléments architecturaux :

  • Chambranle
  • Colonne
  • Épi

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-07-27

Statuts antérieurs

  • Classement, 1957-01-03
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1977-03-01
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Louis présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice, élevé de 1818 à 1822, traduit notamment la prédilection pour les façades d'églises monumentales apparue au Québec au tournant du XIXe siècle. Généralement ces façades comprennent des tours latérales peu saillantes et leurs ouvertures sont disposées en cinq travées. Le projet proposé pour l'église de Saint-Louis par l'architecte François Baillairgé (1759-1830), en collaboration avec l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), ne comptait pas de tours. C'est sous l'influence du curé Jean, inspiré par des églises érigées dans les décennies précédentes, qu'elles sont ajoutées en 1819 afin de donner à la construction un aspect plus imposant. L'église témoigne également d'une pratique courante qui vise à mettre les façades au goût du jour. En 1888, l'architecte David Ouellet (1844-1915) dote ainsi la façade de nouveaux clochers et d'un attique éclectiques, qui reflètent sa production et la préférence de l'Église catholique pour ce courant au tournant du XXe siècle. Par ailleurs, le couronnement est orné d'une statue colossale de saint Louis réalisée par Louis Jobin (1845-1928), qui illustre la production statuaire de ce sculpteur renommé. Cet édifice retrace donc l'évolution de l'architecture religieuse au XIXe siècle.

L'église de Saint-Louis présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Exceptionnel par son intégrité et sa richesse, celui-ci est très représentatif des décors néoclassiques élaborés par Thomas Baillairgé (1791-1859). La correspondance entre les éléments, tel l'alignement des arcs doubleaux et des pilastres, et leur traitement hiérarchique, reflété par l'importance du retable en arc de triomphe du choeur par rapport aux retables latéraux, créent un ensemble monumental harmonieux qui respecte l'ordonnance classique. Le retable du choeur constitue la première oeuvre entièrement conçue par l'architecte. Réalisé en 1824, il figure parmi les rares ouvrages comprenant certaines parties sculptées de sa main, dont les statues et les médaillons qui sont d'une grande finesse. Le mobilier liturgique forme un tout avec le décor architectural. La chaire et le banc d'oeuvre, exécutés en 1833 et 1834 par Baillairgé, témoignent également de la qualité de son travail. Tout comme le retable, ils ont servi de modèle tant au maître qu'à ses disciples. Par ailleurs, la fausse voûte, les retables latéraux et l'entablement de la nef ont été entrepris en 1838 par Léandre Parent (vers 1809-1889), puis achevés de 1839 à 1845 par André Paquet (1799-1860). Ils reproduisent des réalisations de Baillairgé et évoquent l'étroite collaboration entre l'architecte et ses élèves, qui ont contribué à diffuser son esthétique néoclassique.

L'église de Saint-Louis présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Saint-Louis est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. Comme le veut la tradition, l'église est orientée dans un axe est-ouest, avec le choeur tourné vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité. La situation du bâtiment, à proximité du fleuve Saint-Laurent, contribue également à augmenter sa visibilité et à souligner son importance dans la trame villageoise.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Louis liés à ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation au coeur du noyau villageois, dans un ensemble religieux catholique;
- son implantation entre le chemin du Roy et le fleuve Saint-Laurent, le choeur tourné vers l'est;
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur plus étroit à chevet plat, le toit à deux versants légèrement retroussés (pourvu de croupes au transept), la sacristie greffée au chevet dans le prolongement du choeur, l'abside à pans coupés contre le mur arrière de la sacristie ainsi que l'annexe de plan rectangulaire perpendiculaire au mur nord de la sacristie et reliée au bras du transept par un chemin couvert;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre crépie, les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille, les ouvertures en bois, la couverture en tôle à la canadienne de l'église et de la sacristie ainsi que la couverture en tôle à baguettes de l'annexe et du chemin couvert;
- les composantes de la façade, dont les tours peu saillantes surmontées d'un imposant clocher à deux lanternes recouvert de tôle, l'attique crénelé au couronnement orné d'une statue colossale, le porche central et les ouvertures disposées en cinq travées (soit la porte centrale et les portes des tours à deux vantaux surmontées d'une imposte cintrée, les fenêtres cintrées et les oculus);
- les composantes de la nef, du transept et du choeur, dont le revêtement en planches à clins et en planches verticales des murs est du transept, le revêtement en tôle du chevet et les fenêtres cintrées;
- les composantes de la sacristie de plan rectangulaire à un étage et demi, dont le toit à croupe surmonté d'un clocher, le revêtement en planches verticales du mur arrière, les lucarnes à croupe et les fenêtres rectangulaires à battants;
- les composantes de l'abside, dont le toit à croupes, le revêtement en planches verticales et les fenêtres cintrées;
- les composantes de l'annexe de plan rectangulaire, dont le toit à deux versants droits, le revêtement en planches verticales du mur est, le fronton percé d'un oculus et les portes surmontées d'une haute imposte à arc surbaissé;
- les composantes du chemin couvert, dont le toit à deux versants droits et les fenêtres rectangulaires;
- le décor architectural intérieur, dont les dorures, la fausse voûte à arc surbaissé (ornée d'arcs doubleaux et de gloires), le retable en arc de triomphe du choeur (doté d'un fronton surmonté de deux statues, de médaillons et d'un attique couronné d'un amortissement) et les retables latéraux d'ordre corinthien, l'entablement de la nef, les chambranles moulurés ainsi que les trophées en bas-relief;
- le maître-autel (doté d'un tabernacle doré servant de base au somptueux cadre du tableau orné de colonnes, d'un entablement en plein cintre, de vignes et d'angelots) et les autels latéraux (dotés d'un tabernacle doré intégrant une statue dorée), la chaire (dotée d'une cuve, d'un dorsal orné d'un bas-relief et d'un abat-voix en forme de coquille), son escalier et sa galerie, ainsi que le banc d'oeuvre (doté d'un dorsal orné d'un médaillon et d'un dais imposant orné d'une coquille);
- les vitraux;
- les stalles du choeur;
- les deux tribunes arrière et l'orgue situé sur la tribune inférieure;
- l'intérieur de la sacristie, dont le plafond en planches à couvre-joints souligné d'une large corniche, le revêtement en planches verticales du mur est et les boiseries.

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Informations historiques

La seigneurie de Lotbinière est concédée à René-Louis Chartier de Lotbinière (1641-1709) en 1672. Les premiers censitaires viennent s'y établir au cours de la décennie suivante. La seigneurie est agrandie par des concessions en 1685 et 1695, et par des transactions en 1686. En 1693, l'évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727) fonde la mission de Lotbinière et la met sous le patronage de saint Louis. Les offices religieux se tiennent dans la maison d'Ignace Lemay, qui sert aussi de presbytère jusqu'en 1717. À cette date, une église est construite dans le domaine seigneurial, en bordure du fleuve Saint-Laurent. La paroisse est érigée canoniquement en 1724. À la demande de l'évêque Henri-Marie Dubreil de Pontbriand (1708-1760), une nouvelle église est édifiée plus à l'ouest en 1750, au lieu-dit du Sault-à-la-Biche.

Le curé entreprend en 1810 des démarches pour la construction d'une deuxième église. En 1817, un terrain situé entre le fleuve Saint-Laurent et le chemin du Roy, à près de 1,5 kilomètre à l'est de l'église de 1750, est acheté. François Baillairgé (1759-1830), peintre, sculpteur et architecte, propose un projet en collaboration avec l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), prêtre et professeur au Séminaire de Québec. Dirigés par l'entrepreneur Jean-Baptiste Hébert (1779-1863), les travaux débutent en 1818. À l'origine, la façade ne compte pas de tours. C'est sous l'influence du curé Jean qu'elles sont ajoutées en 1819. L'abbé offre l'une d'elle, et la fabrique accepte de payer l'autre. L'église est terminée en 1822. La façade présente alors un pignon-fronton formé par une corniche. Ses tours sont surmontées d'un clocher à deux lanternes octogonales et ornées de pinacles aux angles.

En 1850, la sacristie d'origine disparaît dans un incendie. Elle est remplacée et dotée, en 1875, d'une abside à pans coupés dessinée par l'architecte Zéphirin Perreault (né en 1844). En 1888, la façade est modifiée de manière importante afin de la mettre au goût du jour. L'architecte David Ouellet (1844-1915) substitue un attique au fronton, conçoit de nouveaux clochers plus élevés et plus élaborés et ajoute un porche central. Pour orner le couronnement, le sculpteur Louis Jobin (1845-1928) réalise la même année une statue colossale de saint Louis mesurant 4,5 mètres, en bois revêtu de plomb doré. Les clochers sont renversés lors d'un ouragan en 1913. Ils sont reconstruits l'année suivante, mais leur hauteur est diminuée de 4,5 mètres.

Le décor intérieur est réalisé en plusieurs étapes. En 1824, Thomas Baillairgé (1791-1859) signe un contrat pour le retable du choeur. Il s'agit de la première oeuvre entièrement conçue par l'architecte. Elle figure parmi les rares ouvrages comprenant certaines parties sculptées de sa main, dont les statues et les médaillons qui sont d'une grande finesse. Ses travaux se poursuivent en 1832 et 1833, alors qu'il exécute la chaire et le banc d'oeuvre ornés de bas-reliefs. Deux de ses élèves complètent le décor. En 1838, Léandre Parent (vers 1809-1889) entreprend la fausse voûte, les retables latéraux et l'entablement de la nef, qui sont achevés de 1839 à 1845 par André Paquet (1799-1860). En 1846, la paroisse acquiert un orgue du facteur londonien Thomas Elliot, construit en 1802 pour la cathédrale anglicane de Québec. Louis Mitchell (vers 1823-1902) double le nombre de jeux en 1879. La maison Casavant le modifie de nouveau en 1949. Les vitraux du choeur sont installés en 1888; ceux de la nef, provenant de la maison Castle et Fils de Montréal, s'ajoutent en 1900.

L'église de Saint-Louis est classée une première fois en 1957, puis en 1965 afin d'inclure le terrain. Elle a été restaurée à plusieurs reprises, notamment en 1952, sous la direction de l'historien de l'art Gérard Morisset (1898-1970).

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Lotbinière

Municipalité :

  • Lotbinière

Adresse :

  • route Marie-Victorin

Lieux-dits :

  • Saint-Louis-de-Lotbinière

Latitude :

  • 46° 37' 0.2"

Longitude :

  • -71° 56' 5.9"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Lotbinière Paroisse de Saint-Louis-de-Lotbinière Absent 144 ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Charles. « L'église Saint-Louis de Lotbinière. Chevet plat et sacristie axiale ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sloulot/sloulotf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MORISSET, Gérard. Les églises et le trésor de Lotbinière. Collection Champlain. Québec, 1953. 70 p.
  • NOPPEN, Luc. « Église Saint-Louis ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 416-417.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.

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