Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Pont couvert de Powerscourt

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Pont de Powerscourt
  • Pont Percy

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Elgin
  • Hinchinbrooke

Date :

  • 1861 – 1862 (Construction)

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Ponts couverts)

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le pont de Powerscourt est un ouvrage de génie civil construit en 1861 et 1862. Ce pont couvert de type McCallum est composé de deux travées arquées et repose sur trois piliers. Sa structure en bois peinte en rouge est couverte d'un toit à deux versants. Le pont de Powerscourt, qui enjambe la rivière Châteauguay dans un secteur abondamment boisé, relie les municipalités d'Elgin et de Hinchinbrooke.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1987-04-24
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1984-01-01
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le pont de Powerscourt présente un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. Ce pont de bois est construit selon la technique dite « à double faisceau inflexible » inventée en 1851 par l'ingénieur états-unien Daniel Craig McCallum (1815-1878) pour les besoins du transport ferroviaire. La structure rigide et extrêmement résistante des ponts de type McCallum est conçue pour supporter le poids d'un train. Elle est formée d'un assemblage de fermes et d'arcs inflexibles qui empêche la vibration des ponts de bois à longue portée lors du passage des convois. Ce modèle est peu répandu en raison de sa complexité et de la précision d'exécution qu'il exige et il n'est utilisé que durant deux décennies, soit jusqu'à l'avènement des ponts métalliques. Aux États-Unis, 150 ponts de type McCallum ont été construits par des compagnies de chemin de fer alors que le Québec en a compté une dizaine, dont neuf ont été érigés en 1858 et 1859 sur les lignes de la compagnie du Grand Tronc. L'utilisation de ce modèle pour un pont routier comme celui de Powerscourt est tout à fait inusitée. Ce pont couvert est le seul exemple connu de structure de type McCallum à subsister, tant au Québec et au Canada qu'aux États-Unis. Il constitue donc un témoignage précieux et unique du génie civil.

Le pont de Powerscourt présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne de l'histoire du transport au Québec. Au milieu du XIXe siècle, les élus des cantons situés dans le sud-ouest du Québec se préoccupent du développement et de l'amélioration de leurs infrastructures routières. Parmi les travaux réalisés à l'époque figure ce pont, érigé en 1862 sur la rivière Châteauguay, qui relie les cantons d'Elgin et de Hinchinbrooke. Depuis le début du XIXe siècle, voire à la fin du XVIIIe siècle, les ponts couverts en bois font déjà partie du réseau routier du Québec. Le toit protège la structure des intempéries et accroît sa longévité. La majorité des ponts couverts sont cependant construits dans les régions de colonisation récente, entre 1890 et 1950. Ils deviennent désuets avec la modernisation du réseau routier et les derniers sont bâtis au cours des années 1950. Des quelque mille ponts couverts québécois, il en subsiste aujourd'hui moins d'une centaine, et le pont de Powerscourt est le plus ancien. Il figure aussi parmi les plus vieux ponts couverts conservés au Canada. Toujours utilisé comme lien routier, il incarne donc un type de structure aujourd'hui rare dans le réseau de transport du Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments clés du pont de Powerscourt liés à ses valeurs historique et technologique comprennent, notamment :
- sa situation sur la rivière Châteauguay, à la pointe d'un îlot, au coeur d'un secteur abondamment boisé;
- sa structure en bois de type McCallum, dont les cordes supérieures des fermes formées d'arcs inflexibles et munies de poteaux perpendiculaires à la courbure, les tirants placés en diagonale, les corbeaux en bois et les jambes de force;
- les deux travées arquées lambrissées de planches verticales à couvre-joints peintes en rouge;
- le toit arqué à deux versants de faible pente couvert de tôle;
- les ouvertures latérales situées dans la partie supérieure des murs directement sous le toit;
- le pilier central en maçonnerie en pierre équarrie comme élément de fondation.

Haut de la page

Informations historiques

Quoiqu'ils existent depuis le Moyen Âge en Europe, les ponts couverts ne marquent le paysage rural de la Nouvelle-Angleterre, du Québec et du Nouveau-Brunswick que depuis le début du XIXe siècle, voire la fin du XVIIIe siècle. Ces ponts sont pour la plupart peints en rouge et le toit protège la structure en bois des intempéries et accroît sa longévité. Au Québec, la majorité des ponts couverts sont construits dans les régions de colonisation récente, entre 1890 et 1950. Ils deviennent désuets avec la modernisation du réseau routier et les derniers sont bâtis au cours des années 1950.

Les structures des ponts couverts nord-américains ont été conçues par des ingénieurs états-uniens. Les modèles les plus connus sont ceux d'Ithiel Town (1784-1844), breveté en 1820, et de William Howe (1803-1852), breveté en 1840. Ils sont diffusés grâce à un réseau d'agents qui les proposent aux municipalités et aux constructeurs de ponts des États-Unis et du Canada. Un dérivé du modèle de Town, dit Town québécois ou Town élaboré, connaît une grande popularité au Québec et près de la moitié des quelque mille ponts couverts québécois répertoriés ont présenté une structure de ce type.

En 1851, l'ingénieur états-unien Daniel Craig McCallum (1815-1878) invente un type de pont qu'il destine au transport ferroviaire. Nommée « Inflexible Arched Trust », sa structure rigide et extrêmement résistante est conçue pour supporter le poids d'un train. Ses travées légèrement courbées lui valent le nom de pont « arc-en-ciel ». Contrairement au modèle de Town, celui de McCallum est peu répandu en raison de sa complexité et de la précision d'exécution qu'il exige. Il n'est utilisé que durant deux décennies au cours desquelles 150 ponts de ce type sont construits par des compagnies de chemin de fer aux États-Unis et une dizaine au Québec. La compagnie du Grand Tronc, en 1858 et 1859, érige neuf ponts-rails McCallum sur ses lignes. Un autre pont-rail de ce type a enjambé la rivière Jacques-Cartier sur la voie reliant Québec et Gosford.

Le pont de Powerscourt est inspiré du modèle de McCallum, mais il est utilisé pour le réseau routier. C'est le conseil de comté de Huntingdon qui, en 1861, charge l'entrepreneur local Robert Graham de sa réalisation. Ouvert à la circulation l'année suivante, il enjambe la rivière Châteauguay et relie les municipalités d'Elgin et de Hinchinbrooke. Sa construction reflète une volonté d'améliorer les infrastructures routières dans les cantons du sud-ouest du Québec. À la suite d'une première vague de peuplement, favorisée par l'ouverture des cantons frontaliers par le gouvernement du Bas-Canada (1792) et l'arrivée des Loyalistes à la fin du XVIIIe siècle, ce secteur se développe rapidement et plusieurs municipalités voient le jour. Afin de conserver le pont de Powerscourt, des travaux majeurs sont effectués en 1903 et en 1949. La structure du pont est solidifiée à la fin des années 1980.

Le pont de Powerscourt est classé en 1987. Aujourd'hui, il reste moins d'une centaine des quelque mille ponts couverts québécois. Celui de Powerscourt est le plus ancien et le seul exemple connu de structure de type McCallum à subsister en Amérique du Nord.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Le Haut-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Elgin
  • Hinchinbrooke

Lieux-dits :

  • Athelstan

Localisation informelle :

Pont enjambant la rivière Châteauguay

Latitude :

45° 0' 25.218"

Longitude :

-74° 9' 39.523"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Huntingdon Canton d' Elgin Rang 1 21A
Huntingdon Canton de Hinchinbrook Rang 1 22F
Huntingdon Canton d' Elgin Rang 2 21A
Huntingdon Canton de Hinchinbrook Rang 2 21D

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • ARBOUR, Gérald, Fernand CARON et Jean LEFRANÇOIS. Les ponts couverts au Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2005. 216 p.
  • ARBOUR, Gérald. « Pont de Powerscourt ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 363-364.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FILION, Mario et al. Histoire du Haut-Saint-Laurent. Les Régions du Québec. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 2000. 439 p.
  • THIBAULT, Henri-Paul. Les ponts couverts du Québec : évaluation patrimoniale. Québec, Ministère de la Culture, 1993. s.p.
  • Transports Québec. « Ponts couverts ». Transports Québec. Transports Québec. Réseau routier. Structures [En ligne]. http://www1.mtq.gouv.qc.ca/fr/reseau/structures/ponts_couverts/index.asp
  • Transports Québec. Transports Québec. Réseau routier. Structures [En Ligne]. http://www.mtq.gouv.qc.ca/fr/reseau/structures/index.asp

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013