Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Le petit pouvoir

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Les Cèdres

Date :

  • 1899 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Transport, communication et services publics (Installations électriques)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (3)

Carte

Description

L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres est un bâtiment industriel de style château construit en 1899. L'édifice en brique rouge de plan rectangulaire, à deux étages et demi, est composé d'un corps central et de deux ailes latérales. L'ensemble est coiffé de toits à deux versants. La centrale chevauche la digue de régularisation du canal de Soulanges. Elle est située près de l'endroit où la rivière à la Graisse se jette dans le fleuve Saint-Laurent, dans la municipalité des Cèdres.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en brique

Annexes :

  • Remise

Saillies :

  • Cheminée
  • Mur coupe-feu
  • Tourelle

Élévations :

  • Façade arrière : Brique (Structure apparente)
  • Façade droite : Brique (Structure apparente)
  • Façade gauche : Brique (Structure apparente)
  • Façade avant : Brique (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Asphalte, bardeaux

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage, à battants
  • contemporaine, à battants
  • contemporaine, à battants

Fenêtre(s) :

  • cintrée, Fixe
  • cintrée, Fixe
  • circulaire, Fixe
  • Rectangulaire, Fixe
  • Rectangulaire, Fixe

Éléments architecturaux :

  • Chaîne d'angle
  • Corbeau
  • Corniche à consoles
  • Jeu de briques
  • Plate-bande
  • Portail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1984-07-03
 

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Valeur patrimoniale

L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Construite en 1899 par la compagnie Canadian General Electric, selon les plans de l'ingénieur Thomas Monro du ministère fédéral des Chemins de fer et Canaux, elle est l'une des quatre centrales hydroélectriques qui subsistent parmi les 87 érigées au Québec avant 1900. Cette centrale était destinée à l'électrification du canal de Soulanges et constituait la plus importante innovation technique de cet ouvrage construit en 1899 pour contourner les rapides du fleuve Saint-Laurent entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-François. Le courant électrique produit actionnait les ponts tournants, les véhicules de halage ainsi que les portes et les vannes des cinq écluses. Il éclairait aussi le parcours du canal, long de 23,6 kilomètres, rendant ainsi possible la poursuite des opérations pendant la nuit. La centrale est demeurée en activité jusqu'en 1959, année de l'inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent, qui a pris le relais du canal de Soulanges comme voie navigable pour les navires de fort tonnage désirant accéder au coeur du continent. L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres est ainsi un témoin important des débuts de l'électrification du Québec et de son influence sur l'économie.

L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à sa représentativité en tant que bâtiment industriel. L'architecture de ces édifices découle généralement de l'organisation de l'espace autour des machines. La centrale des Cèdres se compose de trois sections : le corps central qui abritait la salle des machines, l'aile ouest qui logeait le surveillant et l'aile est qui était utilisée comme entrepôt. La disposition des nombreuses ouvertures varie selon les sections. Bien que les machines soient disparues, la vaste salle qui les abritait possède toujours ses deux dalles de ciment qui servaient de base aux deux génératrices à axe horizontal. On y accède par une grande porte et elle est éclairée en façade avant par quatre hautes fenêtres au premier niveau et par six petites fenêtres à l'étage supérieur. De la sorte, l'ancienne centrale hydroélectrique témoigne toujours du caractère fonctionnel de l'architecture industrielle.

L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Son enveloppe extérieure est de style château, comme en témoignent les pignons du toit, les frontons flanqués d'échauguettes des ailes, la corniche à mâchicoulis ainsi que les petites fenêtres à arc en plein cintre. Ce style d'esprit médiéval est d'abord utilisé pour la restauration des portes des fortifications de la ville de Québec, au cours de la décennie 1870. Il est, par la suite, employé dans la construction des prestigieux hôtels de la compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique. Privilégié par le gouvernement fédéral pour la conception de ses édifices publics au XXe siècle, ce style devient une image de marque du Canada dans le domaine architectural. Néanmoins, l'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres est l'un des rares bâtiments industriels inspirés par ce style.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur la digue de régularisation du canal de Soulanges, près du point de rencontre de la rivière à la Graisse et du fleuve Saint-Laurent, dans la municipalité des Cèdres;
- son volume, dont le plan rectangulaire composé d'un corps central et de deux ailes latérales, l'élévation de deux étages et demi ainsi que les toits à deux versants couverts d'ardoise noire;
- ses matériaux, dont les murs en brique rouge appareillée en boutisse, les fondations en pierre calcaire bouchardée et les détails en pierre de taille incluant des corbeaux;
- ses caractéristiques rattachées à l'architecture industrielle, dont la grande porte du corps central à double vantail, la porte de l'aile est à double vantail surmontée d'un vasistas à quatre carreaux, la charpente métallique du toit, les murs coupe-feu séparant le corps central des ailes, les hautes cheminées en brique, les dalles de ciment de la salle des machines ainsi que les quatre hautes fenêtres au premier niveau et les six petites fenêtres à l'étage supérieur de la façade du corps central;
- ses caractéristiques rattachées au style château, dont les frontons des ailes au tympan orné d'une arcature aveugle à sept éléments, les échauguettes surmontées d'un toit conique en cuivre, la corniche à mâchicoulis en pierre de taille, le bandeau en pierre de taille courant sur toute la façade avant, la lucarne à gable constituée de quatre petites fenêtres et coiffée d'un toit à croupe, les chaînes d'angle en pierre de taille peignée (grès d'Ohio) ainsi que l'ornementation de la porte centrale surmontée d'une imposte en plein cintre comprenant une clé de voûte, des jambages et des voussures en pierre de taille, des bas-reliefs, des masques grimaçants et des pierres millésimées;
- ses fenêtres de différents types, dont celles rectangulaires, celles à guillotine (divisées par une traverse en pierre), celles en plein cintre (individuelles ou réunies par un appui commun et ornées de colonnettes engagées), celles triples sous un arc surbaissé, les oculus, les plates-bandes en brique posées en soldat avec clé de voûte ainsi que les appuis en pierre de taille.

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Informations historiques

L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres est construite en 1899 pour permettre l'électrification du canal de Soulanges, lui-même aménagé de 1892 à 1899. La construction de ce canal est entreprise au terme d'études réalisées entre 1872 et 1874 pour remédier à la capacité limitée du canal de Beauharnois. L'électrification est la principale innovation de cette nouvelle voie de contournement des rapides du fleuve Saint-Laurent entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-François, qui permet de franchir une dénivellation de 25 mètres.

La construction de la centrale hydroélectrique des Cèdres est confiée par le gouvernement fédéral à la compagnie Canadian General Electric. Les travaux sont effectués selon les plans de l'ingénieur Thomas Monro du ministère des Chemins de fer et Canaux. Celui-ci conçoit un bâtiment de style château, style qui deviendra une image de marque de l'architecture canadienne au XXe siècle.

La centrale hydroélectrique est à la fine pointe de la technologie de l'époque. Le courant électrique produit actionne les ponts tournants, les véhicules de halage ainsi que les portes et les vannes des cinq écluses du canal. Il éclaire aussi le parcours du canal, long de 23,6 kilomètres, rendant ainsi possible la poursuite des opérations pendant la nuit.

En 1959, avec l'inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent, le canal de Soulanges et la centrale hydroélectrique des Cèdres cessent leurs activités. Durant 60 ans, le canal de Soulanges est demeuré la seule voie navigable pour les navires de fort tonnage désirant accéder au coeur du continent.

Le 17 mars 1965, le gouvernement fédéral cède la propriété au gouvernement du Québec. Pendant quelques années, elle fait fonction d'atelier pour le sculpteur québécois Armand Vaillancourt (né en 1929), puis sert de lieu de travail à l'artiste Reynald Piché (né en 1929) dans les années 1980.

L'ancienne centrale hydroélectrique des Cèdres est classée en 1984. Elle constitue l'une des quatre centrales hydroélectriques qui subsistent parmi les 87 érigées au Québec avant 1900.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Vaudreuil-Soulanges

Municipalité :

  • Les Cèdres

Adresse :

  • 2100, chemin du Fleuve

Latitude :

  • 45° 18' 33.952"

Longitude :

  • -74° 7' 58.827"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Vaudreuil Paroisse de Saint-Joseph-des-Cèdres Absent 1 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « Ancienne usine hydroélectrique ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 349-350.
  • BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FILION, Mario et al. Histoire du Haut-Saint-Laurent. Les Régions du Québec. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 2000. 439 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Montréal, La Presse, 1987. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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