Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Joachim

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Châteauguay

Date :

  • 1839 – 1840 (Agrandissement)
  • 1887 (Agrandissement)
  • 1961 (Agrandissement)
  • 1774 – 1797 (Construction)
  • 1997 – 1998 (Restauration)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (1)

Personnes associées (11)

Inventaires associés (2)

Carte

Description

L'église de Saint-Joachim est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1774 à 1797 et doté d'une nouvelle façade en 1839. L'église présente un plan composé d'une nef à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle. Sa façade monumentale d'inspiration néobaroque est formée d'un corps central, orné d'un pignon chantourné ainsi que d'un portail à fronton, et de deux tours latérales surmontées d'un clocher. Une sacristie en pierre, de plan rectangulaire d'un étage, est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Un chemin couvert la relie au bas-côté sud. Implantée à proximité d'un rétrécissement de la rivière Châteauguay et orientée vers celle-ci, l'église domine le noyau institutionnel du secteur historique de la ville de Châteauguay.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Rectangulaire à choeur plus étroit que la nef

Nombre d'étages :

2

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Sacristie

Saillies :

  • Cheminée
  • Clocher
  • Tour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Structure apparente)
  • Façade droite : Pierre (Structure apparente)
  • Façade gauche : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Pierre (Taillée, Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à baguettes
  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à battants

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux, à battants
  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte

Fenêtre(s) :

  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • circulaire, Fixe
  • circulaire, Oculus
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, Soupirail

Éléments architecturaux :

  • Applique
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Clé
  • Pierre millésimée
  • Pilastre
  • Portail

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1957-01-03
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1998-01-01
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Joachim présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice témoigne de la construction de façades-écrans monumentales au XIXe siècle. Érigé de 1774 à 1797, il présente initialement une façade à pignon surmontée d'un clocher central unique. Des rénovations et un agrandissement étant nécessaires, une nouvelle façade flanquée de deux tours est élevée en 1839 et 1840. Elle présente une ornementation d'inspiration classique, caractéristique des façades monumentales de cette époque, notamment un portail composé de pilastres doriques et d'un fronton, des fenêtres cintrées et des chaînes d'angle. Toutefois, elle se distingue par son pignon chantourné, une interprétation vernaculaire de l'architecture néobaroque. Il s'agit d'un exemple rare de ce type de couronnement subsistant au Québec.

L'église de Saint-Joachim présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Celui-ci témoigne de la coexistence des traditions sculpturales et picturales dans l'ornementation des lieux de culte au XIXe siècle et au début siècle suivant. Le décor sculpté, réalisé en 1802 et 1803 par Philippe Liébert (1733-1804), est représentatif de celui de nombreuses églises québécoises. Il exécute le maître-autel, le retable, la corniche et l'ameublement du choeur. Les pilastres jumelés du retable et du choeur, l'entablement en plein cintre, la corniche ornée de guirlandes et de denticules, tout comme les arcades aveugles en plein cintre, reflètent l'utilisation du vocabulaire classique durant la première moitié du XIXe siècle. Le tabernacle sculpté par Amable Gauthier et placé dans le choeur en 1840 illustre aussi cette influence, notamment par le dôme qui le couronne. Tout au long du XIXe siècle, plusieurs tableaux de peintres de renom sont acquis et s'ajoutent à l'oeuvre de Liébert, entre autres des toiles de Joseph Légaré (1795-1855), de Joseph Dynes (1825-1897) et de François-Édouard Meloche (1855-1914). L'importance de la tradition picturale se fait sentir dès 1852, avec un décor en trompe-l'oeil imitant le marbre et le chêne exécuté par les frères Hitchins. Toutefois, c'est en 1913 et 1914 qu'elle s'affirme avec force, alors que Toussaint-Xénophon Renaud (1860-1946) pose des arcades dans le choeur et repeint la voûte. Restauré à la fin du XXe siècle, l'intérieur de l'église de Saint-Joachim rappelle ainsi les phases de sa réalisation.

L'église de Saint-Joachim présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Composantes distinctives de nombreuses municipalités du Québec, les églises forment des points de repère importants qui signalent la présence des paroisses et des noyaux villageois. L'église de Saint-Joachim est représentative de l'implantation des lieux de culte catholique par sa localisation au sein d'un ensemble institutionnel se trouvant au coeur de la municipalité. Elle se distingue toutefois par son orientation. La tradition d'implanter les bâtiments en fonction des lignes de division des terres a influencé sa position, parallèle au cadastre. La façade est donc tournée vers l'est et la rivière Châteauguay, contrairement à l'orientation catholique traditionnelle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Joachim liés à ses valeurs historique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation sur un terrain au relief peu accusé, planté d'arbres matures, à proximité de la rivière Châteauguay;
- son emplacement dans un secteur ancien et son intégration à un ensemble institutionnel;
- son implantation dans un axe est-ouest suivant les anciennes lignes de division des terres, la façade orientée vers l'est;
- son volume, dont le plan composé d'une nef à trois vaisseaux prolongée par un choeur plus étroit terminé par une abside en hémicycle et le toit à deux versants légèrement retroussés, la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur ainsi que le chemin couvert reliant la sacristie au bas-côté sud;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre, certains détails architecturaux en pierre de taille lisse (chambranles, chaînes d'angle et portails de la façade), la couverture en tôle à la canadienne de l'église et de la sacristie, la couverture en tôle à baguettes du chemin couvert ainsi que les portes et les fenêtres en bois;
- les composantes de la façade d'influence néobaroque, dont le corps central couronné par un pignon chantourné, les deux tours surmontées de clochers (dominés par une flèche, une croix et un coq), le portail central (composé de pilastres doriques surmontés d'un fronton ainsi que d'une porte à panneaux et à double vantail au tympan vitré en plein cintre), les portails latéraux (composés d'un entablement placé au-dessus de motifs de consoles sculptés ainsi que d'une porte à panneaux au tympan vitré en plein cintre), les fenêtres cintrées, les oculi circulaire et ovale, les chambranles et les chaînes d'angle;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées, les oculi, la porte à panneaux ainsi que les chambranles;
- les composantes de la sacristie, dont le plan rectangulaire à un étage, le toit à deux versants droits, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux, les chambranles, les retours de corniche ainsi que la souche de cheminée recouverte de tôle sur le faîte du toit à l'arrière;
- les composantes du chemin couvert, dont le toit en appentis, les fenêtres rectangulaires à carreaux, la porte à panneaux et les chambranles;
- le décor intérieur, dont la fausse voûte à arc surbaissé (ornée notamment d'arcs et d'une gloire en bas-relief ainsi que de toiles marouflées dans le choeur et de motifs peints dans la nef et le choeur), le retable (composé de pilastres jumelés surmontés d'un entablement en plein cintre encadrant un tableau), l'entablement du choeur (orné de guirlandes et de denticules), les arcades aveugles en plein cintre ainsi que la tribune arrière logeant l'orgue Casavant;
- le maître-autel (composé notamment d'un imposant tabernacle orné de motifs dorés et surmonté d'un dôme), le tombeau de l'ancien autel placé au centre du choeur, les autels latéraux ainsi que l'ambon (composé d'un panneau de la cuve de l'ancienne chaire).

Haut de la page

Informations historiques

L'église de Saint-Joachim est la troisième de la seigneurie de Châteauguay. La première chapelle érigée en 1683 est remplacée par une petite église en bois en 1735, année de l'ouverture des registres. Cette dernière est endommagée par un incendie en 1759, pendant la guerre de la Conquête. Elle est réparée temporairement, mais dès 1768 une requête est adressée à l'évêque pour la construction d'une nouvelle église. En 1773, le terrain nécessaire est donné à la fabrique par François Lefebvre dit Descôtes. Cet emplacement, aux limites de la zone navigable de la rivière Châteauguay, permet notamment d'économiser sur le transport des matériaux tout en offrant l'accès par l'eau aux habitants des berges.

La construction de l'église actuelle, qui débute en 1774, est confiée à Basile Proulx, charpentier de Pointe-Claire et se fait aussi par corvées. Le lieu de culte ouvre ses portes dès 1779, mais ne sera terminé qu'en 1797. Cette église à nef unique, sans transept, terminée par une abside en hémicycle, est l'une des dernières de ce modèle dans la région. De 1812 à 1815, le charpentier Pierre Laberge érige une sacristie dans l'axe du choeur, qui remplace la précédente disposée contre l'un des longs-pans. Des travaux importants sont effectués en 1839 et 1840, alors que l'on dote l'édifice d'une façade d'inspiration néobaroque encadrée de deux tours massives, dont le concepteur demeure inconnu. En 1887, la sacristie est agrandie pour aménager une chapelle d'hiver. À la fin du XIXe siècle, le crépi des murs extérieurs est retiré et une statue du patron de la paroisse remplace l'urne sur le pignon de la façade.

En 1802 et 1803, le sculpteur Philippe Liébert (1733-1804) réalise le décor intérieur. Il exécute le maître-autel, le retable, la corniche et l'ameublement du choeur. Il peint également le tableau du retable représentant saint Joachim. Ce tableau est considéré comme la seule oeuvre picturale à caractère religieux de Liébert subsistant aujourd'hui. Vers 1840, la fabrique acquiert un tabernacle surmonté d'un dôme du sculpteur Amable Gauthier (1782-1876). Vers 1850, une aile latérale est ajoutée à la tribune, qui sera complétée par une seconde vers 1864. En 1851, le choeur s'enrichit de deux panneaux à motifs rococo de Vital Laberge. En 1852, un décor peint en trompe-l'oeil imitant le chêne et le marbre est réalisé par les frères Hitchins de Beauharnois. En 1864, deux autels latéraux sont achetés chez Gueznov. Le choeur est réaménagé en 1876 et 1877. Les stalles d'origine sont alors retirées. Le décor subit d'importantes modifications en 1913 et 1914. Le peintre Toussaint-Xénophon Renaud (1860-1946) pose des arcades dans le choeur et repeint la voûte. L'orgue de Casavant et Frères est installé en 1926.

L'église possède des oeuvres d'autres peintres de renom. Entre 1829 et 1836, quatre tableaux attribués à Joseph Légaré (1795-1855) sont acquis : « La Sainte Famille de François 1er », « La vision de saint Jérôme », « La fontaine probatique » et « Le baptême de l'eunuque de la reine Candace ». La toile représentant le Sacré-Coeur, marouflée dans le choeur, a été peinte par Joseph Dynes (1825-1897) en 1873. François-Édouard Meloche (1855-1914) est l'auteur de l'Agnus Dei du garde-corps de la tribune arrière.

L'église de Saint-Joachim est classée en 1957. En 1961, le lieu de culte est agrandi selon les plans de l'architecte Victor Depocas. Les tribunes latérales sont démolies et les murs latéraux sont reconstruits afin d'aménager des bas-côtés. Ces travaux entraînent aussi la disparition d'une partie du décor peint. Les toiles du choeur retrouvent leur emplacement d'origine en 1985. En 1997 et 1998, le décor peint de la voûte est restauré dans l'esprit des travaux de Renaud.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Roussillon

Municipalité :

  • Châteauguay

Adresse :

  • boulevard D'Youville

Latitude :

  • 45° 21' 38.9"

Longitude :

  • -73° 44' 55.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Châteauguay Paroisse de Saint-Joachim-de-Châteauguay Absent P-224

Haut de la page

Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LABERGE, André. Saint-Joachim de Châteauguay, 1775-1975: des pierres vivantes. Châteauguay, s.n., 1975. 75 p.
  • MARCHAND, Denys. « Église Saint-Joachim ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 355-357.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • s.a. Énoncé d'intégrité commémorative. Lieu historique national de l'Église-de-Saint-Joachim-de-Châteauguay. s.l. Parcs Canada, Unité de gestion de l'ouest du Québec, 2004. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013