Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Sites archéologiques de la Colline-Blanche

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Parc de Mistassini
  • Waapushukamikw

Région administrative :

  • Nord-du-Québec

Municipalité :

  • Baie-James

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Personnes associées (3)

Carte

Description

Les sites archéologiques de la Colline-Blanche comprennent une carrière de quartzite, une caverne nommée « l'antre de Marbre » et des aires de taille de la pierre exploitées par des groupes amérindiens qui ont fréquenté le lieu depuis 5000 ans. Ces sites, situés en bordure de la rivière Témiscamie, de la baie de Yadogami et du lac Chapipscow, forment une aire de 1,5 km carré. La portion sud-ouest est occupée par une colline (600 m sur 200 m) s'élevant à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la rivière et contrastant avec la forêt boréale qui l'entoure. La couleur blanchâtre de cet affleurement rocheux est due au type de pierre qui le compose, le quartzite de Mistassini, une matière siliceuse utilisée pour la fabrication d'outils. La colline est parsemée de replats, de terrasses et de petites cavités de faible profondeur, appelées marmites, formées notamment par l'eau de fonte des glaciers. « L'antre de Marbre » est, par ailleurs, une véritable caverne composée de deux chambres et d'une large ouverture y donnant accès. Les sites archéologiques de la Colline-Blanche font partie du Parc national Albanel-Témiscamie-Otish, dans la municipalité de la Baie-James.

Ces biens sont classés site patrimonial. Plusieurs sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1976-03-17
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 2009-04-20
 

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Valeur patrimoniale

Les sites archéologiques de la Colline-Blanche présentent un intérêt patrimonial pour leurs valeurs historique et technologique. L'aire classée réunit une dizaine de sites qui renseignent sur les procédés de collecte du quartzite de Mistassini et les étapes menant à sa transformation en outils par les groupes amérindiens. La matière première semble avoir été prélevée principalement à partir de blocs détachés naturellement plutôt que par des travaux d'extraction. Les aires explorées de la colline se rattachent aux activités d'acquisition de la matière et aux premières phases de transformation des blocs en ébauches d'outil. Quant aux sites en bordure de la rivière Témiscamie, il s'agit surtout d'ateliers de débitage de la matière récupérée sur la colline. Jusqu'à présent, seulement deux secteurs de l'ensemble présentent des traces de campements temporaires, la plupart des tailleurs ayant préféré s'installer dans la région immédiate. Remontant à environ 5000 ans avant aujourd'hui (AA) et variant en intensité au cours des millénaires, l'exploitation et l'utilisation du quartzite de Mistassini se sont poursuivies à la période historique. C'est au XIXe siècle que les derniers objets en quartzite ont été fabriqués à la Colline-Blanche témoignant ainsi d'une pérennité impressionnante. Ayant été longtemps un important pôle d'attraction pour les Amérindiens, le lieu est encore aujourd'hui une source d'information sur les stratégies d'exploitation du quartzite de Mistassini et sur le rôle important joué par cette pierre pour les groupes autochtones dans le passé.

Les sites archéologiques de la Colline-Blanche présentent aussi un intérêt patrimonial pour leur valeur historique lié aux réseaux d'échanges préhistoriques. Le quartzite de Mistassini a été trouvé sur une multitude de sites archéologiques du Nord-Est américain, ce qui illustre le grand rayonnement de la carrière ainsi que son importance pour de nombreux groupes amérindiens. La Colline-Blanche constitue le centre d'un vaste réseau de lacs et de rivières permettant l'acquisition de cette matière première privilégiée dans la fabrication de l'outillage ainsi que l'introduction des produits fabriqués avec cette pierre au sein des réseaux d'échanges.

Les sites archéologiques de la Colline-Blanche présentent également un intérêt patrimonial pour leurs valeurs historique et ethnologique. La Colline-Blanche possède une forte dimension spirituelle transmise par les groupes amérindiens de génération en génération, notamment au regard de la caverne appelée « l'antre de Marbre ». Celle-ci a été décrite en 1730 par le jésuite Pierre-Michel Laure (1688-1738) comme un lieu sacré réservé aux rites chamaniques. Les Amérindiens de la région auraient nommé cette grotte « Tchitchémanitu ouitchchouap » (ou mitchchouap), signifiant « la Maison du Grand Esprit ». La tradition orale a perpétué jusqu'à ce jour la valeur symbolique et le respect qui lui sont associés. La communauté crie de Mistissini la nomme aujourd'hui « Waapushkamikw », c'est-à-dire « l'antre du lièvre », toponyme qui renvoie à des légendes locales associant un lièvre géant à la grotte. Même si l'endroit n'est plus exploité pour sa matière première, il demeure donc un lieu patrimonial important pour la communauté crie de Mistissini.

Les sites archéologiques de la Colline-Blanche présentent en outre un intérêt patrimonial pour leurs valeurs archéologique et scientifique. Les premières recherches menées à la Colline-Blanche, entre 1947 et 1970, constituent l'une des assises de la discipline archéologique au Québec et de la connaissance de la préhistoire de cette région. Par ailleurs, la Colline-Blanche est un lieu clé qui a apporté une meilleure compréhension de la problématique des carrières lithiques exploitées par les groupes amérindiens du Nord-Est américain.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques des sites archéologiques de la Colline-Blanche liés à leurs valeurs historique, technologique, ethnologique, archéologique et scientifique comprennent, notamment :
- leur emplacement stratégique au carrefour d'importantes voies de communication navigables, dont la rivière Témiscamie;
- les éléments topographiques comprenant entre autres le monticule principal, la grotte appelée « l'antre de Marbre » et les marmites;
- les cinq aires de transformation du quartzite connues en périphérie de la colline;
- l'intégrité du contexte naturel (faune, végétation, hydrographie, géologie);
- l'intégrité du contexte archéologique (niveaux de sol, objets, aires de transformation du quartzite) et la vaste portion résiduelle de l'aire classée renfermant des composantes archéologiques.

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Informations historiques

Peu après le retrait des glaciers, le secteur de la Colline-Blanche commence à être exploité pour son gisement de quartzite, vers 5000 avant aujourd'hui (AA). La carrière, découverte lors de l'exploration initiale de la région, devient vite un pôle d'attraction pour les groupes amérindiens. La pierre blanchâtre qu'on en extrait est une matière privilégiée pour la fabrication de leur outillage (couteaux, grattoirs, pointes de projectiles, etc.). Les nombreux sites archéologiques découverts en périphérie de l'aire classée démontrent que les tailleurs ont souvent préféré débiter la matière lithique à l'extérieur du gisement, sur des lieux plus propices pour installer un campement et pratiquer leurs activités de subsistance. Une fois leur ouvrage terminé, ils pouvaient rejoindre leur territoire de résidence sans avoir à transporter une lourde charge de pierre. La région immédiate était donc une vaste zone d'acquisition et de transformation du quartzite de Mistassini.

Développant des réseaux d'échanges et des mécanismes d'interaction sociale de plus en plus complexes, les groupes autochtones permettent aux objets en quartzite de Mistassini de voyager toujours plus loin dans le Nord-Est américain, au-delà des frontières actuelles du Québec. Entre 5000 et 1700 AA, le quartzite est surtout diffusé vers le Sud, mais par la suite on le rencontre dans toutes les régions, et principalement au nord du gisement. À cette époque, l'occupation des basses-terres de la baie James s'intensifie et les Amérindiens qui les fréquentent intègrent de plus en plus cette matière dans leur « coffre à outils ». Le quartzite de Mistassini devient alors la matière lithique la plus utilisée dans le centre du Québec. Si le parcours général du réseau d'approvisionnement et d'échanges est assez bien délimité, ses modes d'accès, son aire de distribution et son évolution demeurent encore méconnus. À l'heure actuelle, seule la présence du quartzite de Mistassini sur des sites amérindiens permet de reconstituer de façon encore très fragmentaire l'importance de cette carrière.

La Colline-Blanche possède une forte dimension spirituelle transmise par les groupes amérindiens de génération en génération, notamment au regard de la caverne appelée « l'antre de Marbre ». Celle-ci a été décrite en 1730 par le jésuite Pierre-Michel Laure (1688-1738) comme un lieu sacré réservé aux rites chamaniques. Les Amérindiens de la région auraient nommé cette grotte « Tchitchémanitu ouitchchouap » (ou mitchchouap), signifiant « la Maison du Grand Esprit ». La tradition orale a perpétué jusqu'à ce jour la valeur symbolique et le respect qui lui sont associés. La communauté crie de Mistissini la nomme aujourd'hui « Waapushkamikw », c'est-à-dire « l'antre du lièvre », toponyme qui renvoie à des légendes locales associant un lièvre géant à la grotte. Il demeure cependant difficile de connaître l'influence qu'a eue cet aspect symbolique sur l'exploitation de la carrière.

À la période historique, les Amérindiens de la région, nommés Mistassins par les Français, fabriquent encore de petites pointes de projectile en quartzite de Mistassini. Cependant, avec l'arrivée des marchandises européennes, l'utilisation de cette pierre diminue et les derniers outils fabriqués en cette matière remontent au XIXe siècle.

Les premières recherches archéologiques à la Colline-Blanche se font en 1947 et 1948 sous la direction d'Edward S. Rogers (né en 1923), archéologue au Musée national de l'Homme à Ottawa. En 1969, Charles Martijn (né en 1934) et Edward S. Rogers publient une importante synthèse des recherches dans la région, menant au classement des sites archéologiques en 1976. Depuis les années 1990, des expéditions scientifiques sont conduites à la Colline-Blanche sous la gouverne de l'Administration régionale crie, en compagnie des représentants de la communauté de Mistissini, principalement pour étudier les propriétés physicochimiques du quartzite.

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Emplacement

Region administrative :

  • Nord-du-Québec

MRC :

  • Jamésie

Municipalité :

  • Baie-James

Lieux-dits :

  • Parc de Mistassini

Localisation informelle :

Situé à huit kilomètres du camping du Lac Albanel sur la rivière Témiscamie

Latitude :

51° 4' 8.0"

Longitude :

-72° 54' 14.0"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Non déterminée Inconnue Absent

Code Borden

EgFf-10 EgFf-2 EgFf-3 EgFf-4
EgFf-5 EgFf-6 EgFf-7 EgFf-8
EgFf-9      

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Références

Notices bibliographiques :

  • CHAPDELAINE, Claude, dir. et Pierre CORBEIL. « La préhistoire récente de la région du lac Mistassini », dans Un traducteur du passé. Mélanges en hommage à Norman Clermont ». Paléo-Québec. No 31 (2004), p. 219-234.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DENTON, David. « From the Source, to the Margins and Back. Notes on Mistassini Quartzite and Archaeology in the Area of the Colline Blanche ». L'éveilleur et l'ambassadeur. Essais archéologiques et ethnohistoriques en hommage à Charles A. Martijn. No 27 (1998), p. 17-32.
  • DUMONT, B. et Louis-Edmond HAMELIN. « La Colline Blanche, au nord-est de Mistassini: Géomorphologie et sciences humaines ». Travaux Divers. No 6 (s.d.), s.p.
  • KOLHATKAR, Manek. Les carrières préhistoriques du Québec. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, 2006. 76 p.
  • LALIBERTÉ, Marcel. « Colline blanche ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, s.p.
  • LEBLANC, David. Caractérisation géochimique de matières premières lithiques : Analyse de la quartzite de Mistassini (Colline-Blanche, rivière Témiscamie) et de la calcédoine du Lac-Saint-Jean (île aux Couleuvres, lac Saint-Jean). Université de Chicoutimi, 2004. 106 p.
  • MARTIJN, Charles et Edward S. ROGERS. Mistassini-Albanel, Contributions to the Prehistory of Quebec. Québec, Centre d'études nordiques, Université Laval, 1969. 439 p.

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