Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Rivière-Blanc-Sablon

Région administrative :

  • Côte-Nord

Municipalité :

  • Blanc-Sablon

Période :

  • Archaïque maritime (8 000 à 3 000 AA)
  • Dorsétien classique ( 2 200 à 1 500 AA)
  • Dorsétien récent (1 500 à 800 AA)
  • Paléoesquimau ancien ( 4 000 à 2 200 AA)
  • Post-archaïque (3 500 à 450 AA)

Thématique :

  • Patrimoine autochtone (Patrimoine amérindien)
  • Patrimoine autochtone (Patrimoine inuit)
  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Industrie de la transformation du poisson et des mammifères marins)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (1)

Images

Carte

Description

Le site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon est un lieu occupé depuis 9000 ans par les Amérindiens, Paléoesquimaux et Euroquébécois, et utilisé pour la pêche. Ce lieu est formé d'une succession de terrasses de sable disposées en escalier de chaque côté d'une grande flèche littorale. Les terrasses s'élèvent sur une hauteur de 30 mètres et constituent d'anciens niveaux de plages marines et fluviales. La végétation est dominée par les mousses et les lichens. Ce site se trouve au coeur de la baie de Blanc-Sablon, du côté ouest de l'embouchure de la rivière du même nom, qui se jette dans le golfe du Saint-Laurent, près du détroit de Belle Isle, dans la municipalité de Blanc-Sablon.

Ce bien est classé site patrimonial. Ce lieu comprend 68 sites archéologiques inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1989-04-27
 
Déclassement partiel Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1993-10-21
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce lieu se caractérise par l'ancienneté, la diversité culturelle et la constance de son occupation humaine. Le site témoigne d'une séquence chronologique de 9000 ans, à partir de la venue des premiers groupes humains sur ce territoire. Les Amérindiens sont les premiers et principaux occupants du secteur (de 9000 ans avant aujourd'hui [AA] jusqu'au XIXe siècle). De nouveaux arrivants de l'Arctique viennent exploiter les ressources naturelles du milieu pendant plus d'un millénaire. Regroupés sous le vocable de Paléoesquimaux, ces groupes ont occupé le territoire du Nunavik avant l'arrivée des Thuléens, ancêtres des Inuits actuels. Pendant les XVIe et XVIIe siècles, les pêcheurs basques, normands et bretons pratiquent la pêche dans la région de Blanc-Sablon. Pendant le Régime français, le site fait partie de la concession en privilège accordée en 1702 à Augustin Le Gardeur de Courtemanche (1663-1717), négociant de Québec, capitaine dans la garde du gouverneur et nommé commandant de la côte du Labrador en 1714. Les Inuits du Labrador font aussi régulièrement des incursions dans le détroit de Belle Isle à la même époque. Pendant les XIXe et XXe siècles, c'est au tour des compagnies jersiaises et terre-neuviennes de pêcher dans la région de Blanc-Sablon. En 1834, la William Fruing and Company fonde un poste de pêche sur l'emplacement du site actuel. Ce poste demeure en fonction jusqu'au début du XXe siècle. Au Québec, rares sont les lieux ayant révélé une aussi longue séquence d'occupation et une telle concentration d'établissements humains témoignant des nombreux groupes culturels à y avoir vécu durant neuf millénaires.

Le site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs archéologique et scientifique. Il s'agit d'un lieu clé pour comprendre l'adaptation des modes de vie de multiples groupes humains de la préhistoire à un environnement maritime. Le littoral de Blanc-Sablon regorge d'une faune riche et convoitée (mammifères marins, poissons, mollusques et oiseaux) constituant la principale ressource alimentaire et ayant fait de cet endroit un emplacement privilégié pour l'occupation humaine. L'étude des vestiges, artefacts et restes fauniques a permis de documenter les modes d'appropriation du territoire, les techniques architecturales, les habitudes alimentaires et les activités quotidiennes. Étant donné les neuf millénaires d'occupation du lieu, ces différentes stratégies d'adaptation aux ressources de la mer peuvent ainsi être comprises dans une perspective évolutive selon les époques et les groupes culturels. De plus, par sa situation en bordure d'une rivière navigable et du détroit de Belle Isle, l'endroit est facilement accessible depuis la côte atlantique et l'intérieur des terres du Québec et du Labrador. Cette situation confère à cet emplacement un rôle stratégique, qui le place ainsi au carrefour de vastes réseaux de communication et d'échanges. Les données acquises par l'étude des sites du périmètre protégé sont des balises très importantes pour caractériser les occupations préhistoriques de ce territoire. Elles permettent de mettre en lumière l'évolution des activités quotidiennes durant neuf millénaires et d'en comprendre l'adaptation à un écosystème maritime. Il s'agit donc d'un ensemble de sites clés constituant une référence de premier plan pour les archéologues. Par ailleurs, des portions importantes demeurent intactes rendant ainsi son potentiel de recherche extrêmement élevé. Ce site est donc d'une grande importance pour la poursuite de la connaissance sur la préhistoire.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon liés à ses valeurs historique, archéologique et scientifique comprennent, entre autres :
- sa situation à l'embouchure ouest de la rivière de Blanc-Sablon, de part et d'autre d'une flèche littorale, dans le détroit de Belle Isle;
- son contexte naturel, dont les terrasses sablonneuses et la végétation;
- les 68 sites archéologiques connus;
- l'importante portion résiduelle, comprenant les niveaux de sol, les objets et les vestiges enfouis, propices à la recherche et à l'interprétation du lieu.

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Informations historiques

Le peuplement initial de la Basse-Côte-Nord débute vers 9000 ans avant aujourd'hui (AA), à l'époque où toute la Côte-Nord est libérée du glacier et des eaux de fonte qui recouvraient la région. Les Amérindiens venant vraisemblablement de la côte est de l'Amérique du Nord sont les premiers à fréquenter ce territoire. Cette époque dite Archaïque maritime (9000 à 3500 ans AA) correspond à une appropriation graduelle de ces terres par des chasseurs-cueilleurs qui s'y établissent en petit nombre. Attirés par l'abondance des ressources marines ainsi que par la faune et la flore continentales, ils semblent adopter une économie basée sur un nomadisme étendu, conditionné par la poursuite des ressources alimentaires et caractérisé par des haltes de courte durée. Les activités de subsistance sont axées sur les ressources de la mer. Les groupes semblent unis par des réseaux d'échanges de biens ainsi que des concepts idéologiques, dont la pratique d'inhumation des morts.

La phase culturelle suivante, nommée Post-Archaïque (3500-400 AA), est une longue période où la rive ouest de la rivière de Blanc-Sablon est occupée intensément jusqu'à la venue des Européens. Cette phase est marquée par l'apparition de campements voués à la fonte de la graisse animale et au séchage de la viande à des fins d'entreposage. Ces activités de conservation des denrées alimentaires sont accompagnées d'une certaine forme de semi-sédentarisation rendue possible par l'abondance des ressources. Des réseaux d'échanges se tissent avec les groupes de la vallée du Saint-Laurent et de l'intérieur des terres du Québec et du Labrador. Au cours de cette période, des groupes paléoesquimaux fréquentent aussi les lieux. Présents dans le nord du Québec depuis environ 4000 ans AA, ils atteignent Blanc-Sablon vers 2800 ans pour l'occuper plus ou moins intensément jusqu'à environ 1400 ans AA. Les échanges semblent cependant très limités entre ces derniers et les groupes amérindiens.

La période de contact entre Autochtones et Européens débute avec la venue des pêcheurs basques, normands et bretons au cours des XVIe et XVIIe siècles. Ceux-ci pratiquent la pêche sédentaire, c'est-à-dire qu'ils s'installent sur la terre ferme pour faire sécher le poisson sur des vigneaux ou directement sur les galets de la plage. Vers 1700, les Français s'établissent à leur tour dans la région de Blanc-Sablon pour pratiquer la pêche à la morue et la traite avec les Amérindiens, qui ne fréquentent toutefois plus aussi assidûment le secteur. Le site fait partie de la concession en privilège de la baie de Brador (baie de Phélypeau), qui est accordée en 1702 à Augustin Le Gardeur de Courtemanche (1663-1717), un négociant de Québec qui est nommé commandant de la côte du Labrador en 1714. Les Français occupent principalement les autres lieux, dont l'île au Bois, classée site archéologique. Mis à part les vestiges d'un chafaud, peu d'indices témoignent à ce jour de leur présence sur la rive ouest de la rivière de Blanc-Sablon. À la même époque, des groupes inuits du Labrador fréquentent aussi le détroit de Belle Isle.

À la suite de la Conquête britannique (1760), des compagnies jersiaises viennent pêcher dans la région de Blanc-Sablon. En 1834, la William Fruing and Company fonde un poste de pêche à la morue sur ce site. Il demeure en fonction jusqu'au début du XXe siècle. Un cimetière est associé à cet établissement.

Depuis 1950, plusieurs chercheurs prospectent la Basse-Côte-Nord pour en étudier le patrimoine archéologique et naturel. Dans les années 1980 et 1990, un important programme de recherches aboutit en 1998 par la publication d'une synthèse de la préhistoire de Blanc-Sablon.

Le site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon est classé en 1989. Une partie du site est déclassée en 1993.

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Emplacement

Region administrative :

  • Côte-Nord

MRC :

  • Le Golfe-du-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Blanc-Sablon

Latitude :

  • 51° 25' 31.9"

Longitude :

  • -57° 8' 38.2"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Sept-Îles Canton de Brest Rang Ouest de la Rivière-Blanc-Sablon Village de Blanc-Sablo 2 pties non cadastrées
59

Code Borden

EiBg-1 EiBg-100 EiBg-101 EiBg-102
EiBg-103 EiBg-104 EiBg-105 EiBg-106
EiBg-107 EiBg-108 EiBg-109 EiBg-111
EiBg-112 EiBg-113 EiBg-114 EiBg-115
EiBg-116 EiBg-117 EiBg-118 EiBg-119
EiBg-12 EiBg-122 EiBg-123 EiBg-124
EiBg-130 EiBg-131 EiBg-154 EiBg-155
EiBg-1a EiBg-1b EiBg-1d EiBg-3
EiBg-4 EiBg-43 EiBg-43a EiBg-45
EiBg-46 EiBg-47 EiBg-5a EiBg-82
EiBg-83 EiBg-84 EiBg-85 EiBg-86
EiBg-87 EiBg-88 EiBg-9 EiBg-90
EiBg-91 EiBg-92 EiBg-93 EiBg-94
EiBg-95 EiBg-96 EiBg-97 EiBg-98
EiBg-99      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. « Site archéologique de la Rive-Ouest-de-la-Blanc-Sablon ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 2.
  • FRENETTE, Pierre. Histoire des Côtes-Nord. Sept-Iles, Radio-Québec Côte-Nord, 1984. 48 p.
  • LAMBERT, Serge et Caroline ROY. La Côte-Nord. Une histoire d'appartenance, 3. Sainte-Foy, Éditions GID, 2001. 266 p.
  • MOUSSETTE, Marcel. « Un univers sous tension : les nations amérindiennes du Nord-Est de l'Amérique du Nord au XVIe siècle ». Les Cahiers des Dix. No 59 (2005), p. 149-177.
  • PINTAL, Jean-Yves. Aux frontières de la mer : la préhistoire de Blanc-Sablon. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 1998. 418 p.
  • PINTAL, Jean-Yves. Blanc-Sablon 1991 : Les travaux en archéologie préhistorique. Québec, 1992. 87 p.
  • PINTAL, Jean-Yves. « La rencontre de deux mondes ». Continuité. No 92 (2002), p. 38-39.
  • PINTAL, Jean-Yves. « Préhistoire de la chasse au phoque dans le détroit de Belle-Isle ». Recherches amérindiennes au Québec. Vol. 33, no 1 (2003), p. 35-43.
  • PINTAL, Jean-Yves. « Sériation des matières premières lithiques à Blanc-Sablon : Échange ou mobilité territoriale? ». Archéologiques. Vol. 3-4 (1990), p. 87-97.

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