Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de Saint-Joseph

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église Saint-Joseph-de-Deschambault

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Deschambault-Grondines

Date :

  • 1835 – 1838 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Patrimoine mobilier associé (28)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (3)

Personnes associées (9)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de Saint-Joseph est un lieu de culte catholique construit de 1835 à 1838 L'édifice en pierre présente un plan en croix latine formé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept à pans coupés et d'un choeur plus étroit terminé par une abside aux coins arrondis. L'élévation comporte deux étages complets. La façade comprend un corps central en saillie couronné d'un pignon à croupe doté d'un amortissement orné d'une statue de saint Joseph. Cet avant-corps est flanqué de tours surmontées d'un clocher à deux lanternes terminé par une flèche. Une sacristie en pierre, de plan rectangulaire à un étage et demi et coiffée d'un toit à croupe, est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. Elle est reliée au bras nord du transept par un chemin couvert en pierre qui épouse la courbe de l'abside. Une annexe en bois est disposée à l'angle du bras sud du transept et du choeur. L'église de Saint-Joseph, érigée sur un promontoire qui domine le fleuve Saint-Laurent nommé cap Lauzon, s'élève au coeur d'un ensemble religieux catholique comprenant aussi deux anciens presbytères, le cimetière, l'ancienne salle des habitants et l'ancien couvent, entourés de vastes espaces verts plantés d'arbres. Elle se situe dans le secteur de Deschambault de la municipalité de Deschambault-Grondines.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain. Vingt-huit objets patrimoniaux classés y sont associés. Le lieu de culte bénéficie d'une aire de protection.

Plan au sol :

Croix latine

Nombre d'étages :

2

Structure :

  • Bois
  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Autre
  • Chapelle
  • Sacristie

Saillies :

  • Avant-corps
  • Campanile
  • Cheminée
  • Clocher
  • Escalier
  • Perron
  • Tambour
  • Tour

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Métal (Tôle en plaque)
  • Façade droite : Pierre (À bossages)
  • Façade gauche : Pierre (À bossages)
  • Façade avant : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : À croupes
    Matériau : Tôle à baguettes
  • Forme : À croupes
    Matériau : Tôle à la canadienne
  • Forme : Dôme
    Matériau : Tôle à la canadienne
  • Forme : En appentis
    Matériau : Tôle à baguettes

Porte principale :

  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux, à battants
  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte
  • bois, à panneaux et vitrage, à imposte et à baies latérales

Fenêtre(s) :

  • carrée, À battants, à petits carreaux
  • carrée, D'aération
  • cintrée, Fixe
  • circulaire, Oculus
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, Soupirail

Lucarne(s) :

  • À pignon

Éléments architecturaux :

  • Amortissement
  • Balustrade en bois
  • Balustrade en fer forgé
  • Balustrade en pierre
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Clé
  • Corniche à denticules
  • Pierre millésimée
  • Planche cornière
  • Portail

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-04-09

Statuts antérieurs

  • Classement, 1957-01-03
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1974-09-26
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Joseph présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette église, construite de 1835 à 1838, témoigne de l'influence du néoclassicisme sur l'architecture religieuse au Québec dans la première moitié du XIXe siècle. Son concepteur, l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), a été l'un des principaux diffuseurs de ce courant. L'édifice figure parmi les oeuvres les plus imposantes de cet architecte. La façade est une illustration du néoclassicisme par son corps central en saillie surmonté d'une croupe faisant office de fronton et d'un amortissement ainsi que par les ouvertures cintrées disposées régulièrement et symétriquement. Les façades monumentales, flanquées de deux tours et aux ouvertures généralement disposées en cinq travées, font leur apparition au Québec au tournant du XIXe siècle. Par ailleurs, cette église est dotée de caractéristiques rares pour son époque, dont l'élévation de deux étages marqués chacun par des fenêtres cintrées, les hautes chapelles latérales à trois pans, l'abside aux angles arrondis ainsi que le chemin couvert épousant la courbe de cette dernière. À la fois représentative de l'architecture religieuse de son époque et originale par plusieurs aspects, l'église de Saint-Joseph est un édifice exceptionnel.

L'église de Saint-Joseph présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce dernier témoigne de l'influence du néoclassicisme sur l'ornementation des églises dans la première moitié du XIXe siècle. Conçue seulement deux ans après la fin du gros oeuvre, soit en 1840, cette composition monumentale de Thomas Baillairgé est représentative de son esthétique néoclassique. D'une part, le traitement hiérarchique de l'espace est illustré par le rez-de-chaussée élaboré en bel étage et l'étage des galeries en attique. D'autre part, la correspondance des éléments se reflète dans l'alignement des arcs doubleaux et des nervures avec les piliers et les pilastres. Exécuté de 1841 à 1849 par le sculpteur André Paquet (1799-1860), ancien élève de Baillairgé, ce décor évoque l'étroite collaboration entre l'architecte et ses élèves, qui contribuent à diffuser son esthétique. Par ailleurs, au nombre des oeuvres d'art exceptionnelles intégrées au décor, plusieurs viennent de l'église précédente. Parmi elles figurent les six statues en bois, grandeur nature, réalisées entre 1820 et 1824 par l'architecte de l'église et par son père, le peintre, sculpteur et architecte François Baillairgé (1759-1830). Ces oeuvres d'inspiration néoclassique forment un ensemble unique dans l'histoire de la sculpture au Québec et témoignent de la maîtrise de leurs créateurs.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Joseph liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept à pans coupés et d'un choeur plus étroit terminé par une abside aux coins arrondis, l'élévation de deux étages complets, le toit à deux versants droits doté d'une croupe en façade et de croupes au transept, la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur, le chemin couvert la reliant au bras nord du transept et épousant la courbe de l'abside ainsi que l'annexe à l'angle du bras sud du transept et du choeur;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons de l'église, de la sacristie et du chemin couvert, l'annexe en bois, la couverture en tôle à la canadienne de l'église, la couverture en tôle à baguettes de la sacristie, du chemin couvert et de l'annexe ainsi que les ouvertures en bois;
- les composantes de la façade, dont le corps central en saillie couronné d'une croupe, la corniche à denticules, l'amortissement, la statue de saint Joseph, les tours latérales surmontées d'un clocher à deux lanternes terminé par une flèche, les ouvertures disposées en cinq travées (la porte centrale et les portes des tours à deux vantaux surmontées d'une imposte cintrée, les fenêtres cintrées, les oculus) ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes des longs-pans, du transept et du choeur, dont le revêtement en tôle du choeur et des murs est du transept, les deux étages de fenêtres cintrées ainsi que les chambranles en pierre de taille;
- les composantes de la sacristie, dont le plan rectangulaire à un étage et demi, le toit à croupe, le revêtement en tôle du mur arrière et de la haute souche de cheminée, les lucarnes à pignon, les fenêtres à battants ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes du chemin couvert, dont le toit en appentis, les fenêtres à battants et les chambranles en pierre de taille;
- les composantes de l'annexe, dont le plan rectangulaire à un étage, les fondations en moellons, le toit à croupe, le revêtement de planches à clins, les planches cornières, le balcon muni d'un garde-corps en fer forgé, la porte à imposte, les fenêtres à battants et les chambranles en bois;- le décor intérieur du lieu de culte, dont les détails dorés traité en deux étages (le rez-de-chaussée en bel étage et le second en attique), dont la fausse voûte en berceau du vaisseau central, la fausse voûte en cul-de-four du choeur et des bras du transept, la fausse voûte en pendentifs des collatéraux, le plafond à adoucissement des chapelles, les galeries latérales et la tribune arrière (dotées d'une balustrade), les arcades, les arcs doubleaux et les nervures retombant sur les piliers et les pilastres des galeries et du choeur, les pilastres ioniques de la nef ainsi que du choeur et des chapelles, l'entablement du vaisseau central et du choeur, les panneaux ornés ainsi que les portes au chambranle très ouvragé du choeur et des chapelles;
- le maître-autel et les autels latéraux (dotés d'un imposant tabernacle-retable), la chaire et son escalier, le banc d'oeuvre, les fonts baptismaux et les six statues du choeur;
- les vitraux;
- l'orgue à tuyaux Warren (1892) occupant la tribune arrière.

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Informations historiques

La paroisse de Saint-Joseph est fondée en 1713. Déjà en 1686, les censitaires de la seigneurie de Deschambault assistent aux offices religieux dans une chapelle située dans le domaine seigneurial. En 1722, le seigneur Joseph de Fleury de La Gorgendière (1676-1755) est autorisé à construire une église en pierre sur le cap Lauzon, mais l'entreprise est retardée. Les travaux débutent en 1730 et se terminent en 1735, année au cours de laquelle la paroisse est érigée canoniquement. L'église est endommagée par un boulet tiré d'une frégate britannique remontant le fleuve Saint-Laurent en 1759. Au siècle suivant, en raison de l'accroissement de la population, elle est remplacée par un nouvel édifice, implanté à quelques mètres au nord.

La paroisse demande à l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859) de Québec de dessiner les plans, qui sont déposés en 1834. La construction est réalisée par le maître charpentier, menuisier et entrepreneur François-Xavier Normand de Trois-Rivières et le maître maçon et entrepreneur Olivier Larue (1786-après 1838) de Pointe-aux-Trembles (Neuville). Elle débute l'année suivante et se termine trois ans plus tard, la veille de Noël 1838. Outre l'adjonction d'une annexe à l'angle du bras sud du transept et du choeur en 1891 et l'aménagement du parvis en pierre en 1909, la modification la plus importante a consisté à supprimer les élégants clochers néoclassiques de Baillairgé pour les remplacer vers 1952 par les structures actuelles.

En 1840, Baillairgé dessine les plans du décor intérieur. Celui-ci est réalisé de 1841 à 1849 par André Paquet (1799-1860), ancien élève et proche collaborateur de Baillairgé. Le sculpteur exécute entre autres la fausse voûte, les galeries latérales, l'ornementation du choeur ainsi que la chaire et le banc d'oeuvre. Comme le stipule le contrat, ce dernier prend pour modèle celui de l'église de Saint-Louis de Lotbinière. Paquet serait également l'auteur des fonts baptismaux datant de 1856. L'intérieur a ensuite fait l'objet de plusieurs travaux. La tribune arrière est ajoutée en 1873 par Frédéric Baril. Les galeries sont prolongées dans le transept en 1875 par l'architecte Zéphirin Perreault, qui fabrique également les autels actuels. La chaire est alors amputée de son abat-voix. L'orgue Samuel R. Warren and Son de 1892 est installé dans la tribune arrière. En 1956, le banc d'oeuvre est privé de son dorsal et placé à l'avant des bancs.

L'intérieur compte aussi de nombreuses oeuvres d'art produites par des artistes de Québec, dont certaines proviennent de l'église précédente. Parmi ces dernières, figurent les six statues du choeur exécutées entre 1820 et 1824 par l'architecte de l'église et par son père, le peintre, sculpteur et architecte François Baillairgé (1759-1830), ainsi que des tableaux du peintre Jean-Baptiste Roy-Audy (1778-1848). L'église compte de plus des oeuvres réalisées en 1892 par le sculpteur Louis Jobin (1845-1928), soit un christ en croix et des anges, autrefois situées à l'extérieur. La même année, l'artiste sculpte aussi la statue de saint Joseph qui orne la façade. Finalement, deux fenêtres sont pourvues de vitraux fabriqués en 1905 et 1906 par la maison de Bernard Leonard (1841-1928) de Québec. Les autres sont de la maison Wisintainer.

L'église de Saint-Joseph est classée une première fois en 1957, puis une seconde fois en 1964 afin d'inclure le terrain. Vingt-huit objets patrimoniaux qui lui sont associés sont classés en 1965. Le lieu de culte bénéficie d'une aire de protection depuis 1974.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Portneuf

Municipalité :

  • Deschambault-Grondines

Adresse :

  • rue de l'Église
  • rue Saint-Joseph

Lieux-dits :

  • Cap Lauzon
  • Deschambault

Localisation informelle :

L'église se situe à l'angle des rues de l'Église et Saint-Joseph, sur le cap Lauzon.

Latitude :

  • 46° 38' 52.8"

Longitude :

  • -71° 55' 40.3"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Portneuf Paroisse de Deschambault Absent 43-3

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BOURQUE, Hélène et Paul LABRECQUE. Inventaire et évaluation patrimoniale des églises de la MRC de Portneuf : rapport d'expertise. Donnacona, Comité multisectoriel du patrimoine religieux de Portneuf, 2000. s.p.
  • BOURQUE, Hélène et Paul LABRECQUE. Les églises et les chapelles de Portneuf. Cap-Santé, MRC de Portneuf, 2000. 75 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GOBEIL-TRUDEAU, Madeleine. « Église Saint-Joseph ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 313-314.
  • MORISSET, Gérard. « L'église de Deschambault ». La Patrie, 4 février 1951, p. 18-19.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • PAULETTE, Claude. Deschambault et son patrimoine. Deschambault, Société du vieux presbytère de Deschambault, 1990. s.p.
  • TREMBLAY, Katia. « L'église Saint-Joseph de Deschambault. Une volumétrie peu commune ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/sjosdescham/sjosdeschamf.htm

Multimédias disponibles en ligne :

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