Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église Saint-Charles-Borromée

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Église de Saint-Charles-Borromée

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1827 – 1830 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Patrimoine mobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (2)

Personnes associées (21)

Carte

Description

L'église Saint-Charles-Borromée est un lieu de culte catholique construit de 1827 à 1830. Cet édifice en pierre présente un plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur plus étroit à chevet plat. D'inspiration néoclassique, sa façade monumentale, ordonnée selon une composition tripartite horizontale et verticale, présente un fronton et intègre deux tours peu saillantes surmontées chacune d'un clocher. La sacristie en pierre de plan rectangulaire, de deux étages et demi et coiffée d'un toit à deux versants légèrement retroussés, se greffe au chevet dans le prolongement du choeur. Ajoutée en 1887, une seconde sacristie en pierre, d'un étage et demi et coiffée d'un toit mansardé, est annexée en retour d'équerre à la première. L'église se situe au coeur du Trait-Carré, au centre de l'ancien village de Charlesbourg, dans l'arrondissement municipal de Charlesbourg de la ville de Québec. Implantée à une intersection, elle domine un ensemble religieux catholique comprenant aussi le parc du Sacré-Coeur, le presbytère, l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, la salle paroissiale et l'ancien collège des frères Maristes.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. L'église Saint-Charles-Borromée fait partie du site patrimonial de Charlesbourg.

Plan au sol :

En «T»

Nombre d'étages :

2 ½

Groupement :

Adossé

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Autre
  • Sacristie

Saillies :

  • Campanile
  • Clocher

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Métal (Tôle en plaque), Bois (Planche à clins)
  • Façade droite : Pierre (À bossages)
  • Façade gauche : Pierre (À bossages)
  • Façade avant : Pierre (À bossages)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à la canadienne
  • Forme : Mansardé
    Matériau : Tôle à baguettes

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à imposte

Fenêtre(s) :

  • circulaire, Fixe
  • palladienne, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux

Lucarne(s) :

  • À fronton
  • À pignon

Éléments architecturaux :

  • Amortissement

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1959-08-27
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec 1965-11-17

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

L'église de Saint-Charles-Borromée présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte, construit de 1827 à 1830, figure parmi les oeuvres néoclassiques marquantes de l'architecture religieuse au Québec. Le plan a été conçu par l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859), en collaboration avec le vicaire général Jérôme Demers (1774-1853), et la façade résume leur interprétation du néoclassicisme anglais. De forme carrée, celle-ci adopte une composition tripartite horizontale et verticale à l'intérieur de laquelle les éléments, tels le fronton et la fenêtre palladienne, sont disposés de façon rigoureuse. Avec ses tours et son fronton masquant les versants du toit, elle illustre le type de la façade-écran monumentale, qui se répand à partir de la fin du XVIIIe siècle. Par ailleurs, l'église de Saint-Charles-Borromée rappelle l'engagement des autorités diocésaines dans la construction des églises et le rôle important qu'a joué Jérôme Demers. En effet, les paroisses doivent faire approuver leur projet d'église par l'évêque, qui décide du plan, des dimensions et parfois même de l'architecte; cette tâche de supervision est à l'occasion confiée au vicaire général. Ici, Demers exige l'ajout d'un transept au plan proposé. La seconde sacristie, qui date de 1887, reflète la vogue Second Empire à la fin du siècle et la popularité de l'architecte David Ouellet (1844-1915), son concepteur, dans le diocèse de Québec. L'église réunit ainsi plusieurs caractéristiques de l'architecture religieuse québécoise du XIXe siècle.

L'église de Saint-Charles-Borromée présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Exceptionnel par son intégrité et sa richesse, le décor intérieur est très représentatif de l'esthétique néoclassique de Thomas Baillairgé, une esthétique qui a connu un grand rayonnement. Réalisé par l'élève et proche collaborateur de l'architecte, le sculpteur André Paquet (1799-1860), ce décor reprend la composition de celui de l'église de Saint-Louis de Lotbinière, où les deux hommes ont travaillé. Les éléments, structurés selon l'ordre classique, se correspondent, comme le démontre l'alignement des arcs doubleaux et des pilastres; ils sont aussi hiérarchisés, ainsi qu'en témoigne l'importance du retable en arc de triomphe du choeur par rapport aux retables latéraux. À ces éléments s'intègre un mobilier liturgique copié des Baillairgé, tels le tabernacle du maître-autel issu d'un modèle élaboré par François Baillairgé (1759-1830), père de Thomas, la chaire dotée d'un abat-voix en coquille et d'un bas-relief de Moïse ainsi que le dorsal du banc d'oeuvre orné d'un médaillon de saint Charles. Formant un tout, ces composantes, qui illustrent l'esthétique de Thomas Baillairgé, ont été largement diffusées par ses élèves.

L'église de Saint-Charles-Borromée présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son implantation. Au Québec, les églises forment le coeur du noyau villageois, et celle de Saint-Charles-Borromée constitue le principal élément d'un ensemble religieux particulièrement riche comprenant aussi le parc du Sacré-Coeur, le presbytère, le couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, la salle paroissiale et l'ancien collège des frères Maristes. Comme le veut la tradition, l'église est orientée dans un axe est-ouest, avec le choeur tourné vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité. Elle constitue un point de repère au coeur du Trait-Carré, signalant la présence de la paroisse et de l'ancien village de Charlesbourg.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de Saint-Charles-Borromée liés ses valeurs architecturale, artistique et historique comprennent, notamment :
- son volume, dont le plan en croix latine composé d'une nef à un vaisseau, d'un transept et d'un choeur plus étroit à chevet plat ainsi que le toit à deux versants légèrement retroussés (avec croupes au transept);
- les matériaux de l'église et de la première sacristie, dont la maçonnerie de moellons crépie, la couverture en tôle à la canadienne, le recouvrement en tôle du clocher et du chevet, les ouvertures en bois ainsi que les détails architecturaux en pierre de taille;
- les composantes de la façade d'inspiration néoclassique ordonnées selon une composition tripartite horizontale et verticale, dont le fronton, les tours peu saillantes surmontées d'un clocher, la porte centrale à deux vantaux surmontée d'un tympan vitré cintré, les portes des tours, la fenêtre palladienne à petits carreaux, les oculus, les niches ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes des longs-pans, dont les fenêtres cintrées à petits carreaux ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- le chevet terminé par un coupe-feu supporté par des corbeaux;
- les composantes de la première sacristie greffée au chevet dans le prolongement du choeur, dont le plan rectangulaire à deux étages et demi, le toit à deux versants légèrement retroussés, le revêtement de planches à clins du mur pignon, le coupe-feu, le tambour en bois, les ouvertures disposées de façon symétrique (fenêtres à battants à petits et à grands carreaux, lucarnes à pignon) ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes de la sacristie d'inspiration Second Empire en moellons équarris annexée en retour d'équerre à la première, dont le plan rectangulaire à pans coupés et à deux étages, le toit mansardé à deux versants et à croupes couvert en tôle, le clocheton, le revêtement en tôle du mur est, les ouvertures disposées de façon régulière (portes à imposte, fenêtres à arc surbaissé à grands carreaux, fenêtre à baies latérales du mur nord, fenêtres cintrées et oeils-de-boeuf des pans coupés, lucarnes-pignons très ornementées), la corniche à modillons ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- le décor architectural, dont la fausse voûte en arc surbaissé (ornée d'arcs doubleaux et de gloires), le retable d'ordre corinthien en arc de triomphe du choeur (fronton en segment de cercle orné de l'Agneau aux sept sceaux, niches abritant chacune une statue dorée (une de saint Pierre, l'autre de saint Paul), attique, amortissement, trophées liturgiques), les retables latéraux d'ordre corinthien à fronton, l'entablement du transept et de la nef ainsi que les nombreuses appliques;
- le maître-autel et les autels latéraux (dotés d'un tabernacle doré et d'un tombeau orné d'un relief), la chaire (dotée d'un bas-relief représentant Moïse et d'un abat-voix en forme de coquille) et son escalier ainsi que le dorsal du banc d'oeuvre (doté d'un médaillon de saint Charles);
- les deux tribunes arrière, la tribune supérieure accueillant l'orgue;
- la couleur crème et doré unifiant les composantes architecturales et le mobilier liturgique;
- le décor de la sacristie de 1887, dont l'autel de la chapelle des Congréganistes à l'étage, les armoires, le buffet, les confessionnaux et l'ensemble des boiseries au rez-de-chaussée;- la situation de l'église au coeur du Trait-Carré, dans un ensemble religieux catholique comprenant aussi le parc du Sacré-Coeur, le presbytère, le couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, la salle paroissiale et l'ancien collège des frères Maristes.

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Informations historiques

En 1665, les Jésuites créent un bourg, baptisé Charlesbourg, dans leur seigneurie de Notre-Dame-des-Anges. Son centre forme une commune carrée, le Trait-Carré, où ils réservent un espace au noyau religieux. Une chapelle est construite entre 1666 et 1674. La paroisse de Saint-Charles-Borromée est érigée canoniquement en 1693. La chapelle est alors remplacée par une église en pierre, bâtie de 1694 à 1697.

En raison de l'accroissement de la population, la paroisse envoie en 1824 une requête à l'évêque du diocèse de Québec, Joseph-Octave Plessis (1763-1825), pour la construction d'une nouvelle église, mais l'orientation du bâtiment soulève des conflits. L'évêque Bernard-Claude Panet (1753-1833) accepte la requête en 1826 et envoie le vicaire général Jérôme Demers (1774-1853) pour décider de l'emplacement et des dimensions de l'église. Le projet présente une nef rectangulaire et un choeur plus étroit, mais l'abbé Demers juge l'édifice trop petit et exige un transept. Il collabore même à l'élaboration du plan, confiée à son ami l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859).

L'église est bâtie de 1827 à 1830 par les maçons André Bergevin dit Langevin (1780-1841) et Pierre Bélanger (1796-après 1835) ainsi que par les charpentiers Régis (1801-après 1852) et Antoine Audet dit Lapointe. La sacristie contre le chevet est élevée au même moment. En 1887, une seconde sacristie est annexée au nord de la première, selon les plans de l'architecte David Ouellet (1844-1915).

Le décor intérieur compte des éléments appartenant à plusieurs époques. De l'église précédente, la paroisse conserve notamment le tableau du maître-autel intitulé « Saint Charles Borromée distribuant la communion aux pestiférés de Milan », copie anonyme de 1699 d'une oeuvre de 1650 du peintre français Pierre Mignard (1612-1695), et son cadre produit en 1742 par le sculpteur Charles Vézina (1685-1755); les statues de saint Pierre et de saint Paul façonnées en 1742 et 1743 par le sculpteur Pierre-Noël Levasseur (1690-1770); le chandelier pascal acquis en 1776 et attribué à l'atelier des Levasseur; et la lampe du sanctuaire remontant à 1780 de l'orfèvre François Ranvoyzé (1739-1819). Conçus par Thomas Baillairgé, la fausse voûte et l'entablement sont exécutés de 1833 à 1836 par le sculpteur André Paquet (1799-1860), son élève et collaborateur, qui réalise aussi de 1841 à 1843 les retables, la chaire et le banc d'oeuvre. En 1854, un sculpteur de l'école de Baillairgé fabrique le maître-autel. Les tribunes arrière, de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903), sont construites en 1874. La statue de l'Éducation de la Vierge datant de 1879 est attribuée au sculpteur Jean-Baptiste Côté (1832-1907).

L'église a fait l'objet de quelques modifications. À l'extérieur, la couverture en bardeaux est remplacée par de la tôle à la canadienne en 1893 et, en 1936, la façade est revêtue d'un enduit imitant le granit. À l'intérieur, des galeries sont ajoutées dans le transept en 1872 et en 1886. Lors de travaux effectués de 1923 à 1925 selon les plans des architectes Joseph-Siméon Bergeron (1878-1955) et Charles-Auguste Lemay, ces galeries sont enlevées, tout comme le baptistère et les bancs à porte, et le mur du choeur est percé en trois endroits pour faire une place à la chorale et à l'orgue. Cet orgue Mitchell, fabriqué en 1872, avait été remodelé par les facteurs Casavant et Frères en 1923.

L'église de Saint-Charles-Borromée est classée en 1959. Elle reprend son aspect d'origine lors de la restauration réalisée de 1960 à 1963 sous la supervision de Gérard Morisset (1898-1970) et de l'architecte André Robitaille (né en 1922). Les statues anonymes de saint Augustin et de saint Pierre de la façade sont redorées en 1984 et placées à l'intérieur, alors que des copies les remplacent dans les niches. Le toit est restauré en 1999 et 2000 et l'intérieur est repeint en 2008. Depuis 2003, l'ancienne sacristie accueille une exposition permanente traitant de l'histoire de la paroisse.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Charlesbourg

Adresse :

  • 7990, 1e Avenue

Lieux-dits :

  • Trait-Carré

Localisation informelle :

Située à l'intersection du boulevard Louis-XIV et de la 1e Avenue.

Latitude :

  • 46° 51' 39.7"

Longitude :

  • -71° 16' 11.5"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Paroisse de Charlesbourg Absent 338

Code Borden

CfEt-7      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOURQUE, Hélène, Louise CÔTÉ et Martin DUBOIS. Inventaire analytique des lieux de culte de la ville de Québec : arrondissements de Beauport, de Charlesbourg, de La Haute-Saint-Charles, des Rivières, Laurentien et de Sainte-Foy-Sillery. Vol. Fiches analytiques. Québec, Ville de Québec, Service de l'aménagement du territoire, Division design, architecture et patrimoine, 2003. 166 p.
  • CROTEAU, André. Les belles églises du Québec. Vol. 2, Québec et la vallée du Saint-Laurent. Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, 1996. 222 p.
  • LEFEBVRE, Jean-Pierre. « Église St-Charles-Borromée ». Le Charlesbourgeois. No 66 (2000), p. 3-6, 9.
  • NOPPEN, Luc et John R. PORTER. Églises de Charlesbourg et l'architecture religieuse du Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1972. 132 p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • TREMBLAY, Katia. « L'église Saint-Charles-Borromée de Charlesbourg. L'intégration à un parcellaire unique en Amérique du Nord ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/schachbrg/schachbrgf.htm
  • VILLENEUVE, André. « Église Saint-Charles-Borromée ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 242-243.
  • VILLENEUVE, René. Les églises de Charlesbourg. Québec, Pélican, 1986. 105 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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