Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Robert-Jellard

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Gagné

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1831 – 1832 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (6)

Images

Carte

Description

La maison Robert-Jellard est une résidence urbaine construite en 1831 et 1832. Cette demeure en pierre, de plan rectangulaire à trois étages et demi, est coiffée d'un toit à deux versants percé de lucarnes. La façade étroite est encadrée par des murs coupe-feu mitoyens qui se prolongent au-delà du toit. La maison, qui est contiguë à d'autres habitations, est située immédiatement en bordure de la rue, dans un tissu urbain dense de l'arrondissement de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain. La maison Robert-Jellard est comprise dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1963-12-12
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

La maison Robert-Jellard présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La demeure témoigne de l'influence néoclassique sur l'architecture résidentielle urbaine et est représentative des maisons de la première moitié du XIXe siècle à Québec. Elle traduit une nouvelle façon d'habiter importée par les Britanniques. Dès les premières décennies du Régime anglais, une ségrégation sociale est perceptible dans le développement urbain de Québec, notamment à la haute-ville. Ainsi, les militaires et l'élite anglophone s'approprient le secteur situé au sud de la rue Saint-Jean. De nouvelles rues sont tracées, dont la rue Sainte-Ursule. La trame urbaine se densifie rapidement, entraînant la construction de maisons en rangée et d'édifices en hauteur afin de compenser l'étroitesse des lots. La maison Robert-Jellard, bâtie en 1831 et 1832 d'après des plans attribués à Thomas Baillairgé (1791-1859), est représentative de la maison urbaine notamment par son corps de logis en pierre, ses murs coupe-feu mitoyens se prolongeant au-delà du toit, l'étroitesse de sa façade, son portail classique et son troisième étage traité en attique. Elle constitue ainsi un exemple éloquent des maisons unifamiliales érigées à la haute-ville de Québec dans les premières décennies du XIXe siècle.

La maison Robert-Jellard présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment est associé à trois artisans ayant évolué dans les métiers de la construction au cours du XIXe siècle : Robert Jellard (vers 1783-vers 1851), François Fortier (vers 1790-1841) et Joseph Archer (1810-1904). Jellard, originaire du comté de Devon en Angleterre, est un maître menuisier et maître charpentier réputé de Québec. Dans les années 1820, il réalise les travaux de menuiserie de plusieurs maisons de notables situées à la haute-ville, notamment en collaboration avec le promoteur immobilier John Phillips (vers 1789-1859). Le 12 janvier 1831, Jellard acquiert un terrain rue Sainte-Ursule. Il engage le maître maçon François Fortier pour ériger deux maisons contiguës en pierre en 1831 et 1832. Ce dernier, qui a notamment participé à la construction de l'hôpital de la Marine (1832-1834, démoli) et à l'agrandissement de l'ancien palais épiscopal (1833, démoli), a souvent collaboré avec Jellard. En effet, ils ont réalisé ensemble plusieurs résidences. La maison Robert-Jellard est acquise en 1859 par le gendre de Jellard, Joseph Archer (1810-1904). Celui-ci est apprenti auprès de Jellard dès 1832 et succède par la suite à son beau-père comme maître charpentier, maître menuisier et entrepreneur. Utilisée par Jellard et Archer comme immeuble de rapport, la maison témoigne de pratiques anciennes d'investissement dans les biens immobiliers.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Robert-Jellard liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation immédiatement en bordure d'une rue, dans un tissu urbain dense, au coeur du site patrimonial du Vieux-Québec;
- ses murs coupe-feu mitoyens se prolongeant au-delà du toit;
- son volume, dont le solage légèrement exhaussé, le plan rectangulaire, l'élévation à trois étages et demi ainsi que le toit à deux versants droits;
- ses matériaux, dont la maçonnerie de pierre et la couverture en tôle;
- l'ordonnance et la distribution régulière des ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires à battants et à grands carreaux au chambranle mouluré, le traitement en attique des fenêtres du troisième étage, les soupiraux et les lucarnes à croupe;
- le portail d'entrée, formé d'une porte rectangulaire à imposte vitrée encadrée de pilastres cannelés supportant un entablement mouluré.

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Informations historiques

La maison Robert-Jellard fait partie d'un ensemble de deux résidences contiguës destinées à la location. Celles-ci sont situées du côté ouest de la rue Sainte-Ursule, sur un terrain vendu le 12 janvier 1831 par Philippe Panet (1791-1855), alors avocat et homme politique, à Robert Jellard (vers 1783- vers 1851). Ce dernier était déjà propriétaire du lot voisin, où se trouvaient une maison ainsi qu'une boutique de menuiserie. Jellard, originaire du comté de Devon en Angleterre, est un maître menuisier et maître charpentier réputé à Québec au XIXe siècle. Dans les années 1820, il réalise les travaux de menuiserie de plusieurs maisons de notables à la haute-ville, notamment en collaboration avec le promoteur immobilier John Phillips (vers 1789-1859). Sur sa propriété de la rue Sainte-Ursule, Jellard fait ériger en 1831 et 1832 deux maisons en pierre à mur mitoyen, d'après des plans attribués à l'architecte Thomas Baillairgé (1791-1859). C'est le maître maçon François Fortier (vers 1790-1841) qui est chargé des travaux de maçonnerie. Ce dernier, qui a notamment participé à la construction de l'hôpital de la Marine (1832-1834, démoli) et à l'agrandissement de l'ancien palais épiscopal (1833, démoli), a souvent collaboré avec Jellard. En effet, ils ont réalisé ensemble plusieurs résidences. Quant à la menuiserie intérieure, elle est probablement l'oeuvre de Jellard lui-même. Le décor comprend notamment des manteaux de cheminée, une porte d'arche, des chambranles, des moulures ainsi qu'un escalier à balustres carrés comportant un poteau de départ emboîté et des limons décorés de volutes.

Conjointement à son travail d'artisan de la construction, Jellard investit dans des biens immobiliers. Ses maisons de la rue Sainte-Ursule sont louées dès 1833. Parmi les locataires figurent entre autres des membres de la célèbre famille Juchereau-Duchesnay.

Par ailleurs, Robert Jellard prend en 1832 Joseph Archer (1810-1904), son gendre, comme apprenti. Celui-ci succède à son beau-père comme maître charpentier, maître menuisier et entrepreneur. En 1859, la demeure qui sera désignée plus tard sous le nom de maison Robert-Jellard est cédée à Archer, qui l'utilise comme immeuble de rapport. Sir Narcisse-Fortunat Belleau (1808-1894), maire de Québec, ministre et lieutenant-gouverneur, l'acquiert en 1868.

Des transformations sont effectuées à l'intérieur dans la seconde moitié du XIXe siècle. Un manteau de cheminée en marbre remplace un ancien manteau en bois, alors que certains éléments de menuiserie sont modifiés.

La maison Robert-Jellard est classée en 1963. Elle est subdivisée en sept logements avant 1983. Des rénovations importantes sont effectuées en 1999.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 24, rue Sainte-Ursule

Latitude :

  • 46° 48' 42.485"

Longitude :

  • -71° 12' 39.545"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 213 021

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Références

Notices bibliographiques :

  • BASTIEN, Geneviève G., Doris DROLET DUBÉ, Marthe LACOMBE et Arthur John Hampson RICHARDSON. Quebec City: Architects, Artisans, and Builders. Ottawa, Musée national de l'Homme, 1984. 589 p.
  • CAMERON, Christina et Monique TRÉPANIER. Vieux-Québec, son architecture intérieure. Ottawa, Musée national de l'Homme / Parcs Canada, 1986. 537 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Annexes. Québec, Ville de Québec, 2000. s.p.
  • Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Synthèse. Québec, Ville de Québec, 2000. 162 p.
  • SALOMON DE FRIEDBERG, Barbara. « Maison Gagné ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 151-151.

Multimédias disponibles en ligne :

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