Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Guillaume-Estèbe

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Estèbe
  • Maison Fargues
  • Musée de la civilisation

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • vers 1752 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)
  • Services et institutions (Banques)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (8)

Carte

Description

La maison Guillaume-Estèbe est une ancienne demeure urbaine bourgeoise érigée vers 1752. Cette imposante résidence en pierre de plan rectangulaire, à deux étages et demi, possède un soubassement très dégagé, un toit à deux versants droits et des murs coupe-feu couronnés de souches de cheminée doubles. La maison fait aujourd'hui partie du Musée de la civilisation. Elle est située rue Saint-Pierre, dans l'arrondissement municipal La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison est comprise dans le site patrimonial du Vieux-Québec. Un site archéologique lui est associé. Les objets archéologiques provenant de la maison Guillaume-Estèbe font partie de la collection de référence de Place-Royale, qui est aussi classée.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1960-03-02
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

La maison Guillaume-Estèbe présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette résidence, qui autrefois faisait partie d'un ensemble de trois maisons à murs mitoyens semblables, est représentative des maisons urbaines bourgeoises en rangée de la fin du Régime français (1759). Ces maisons reflètent, d'une part, les ordonnances promulguées par les intendants de la Nouvelle-France en 1721 et 1727 afin de prévenir la propagation des incendies, et s'inspirent, d'autre part, de l'architecture classique française. Ainsi, la maison Guillaume-Estèbe possède des murs en pierre, des caves voûtées, un toit à deux versants droits et des murs coupe-feu. Par ailleurs, les grandes dimensions, les imposantes souches de cheminée et les éléments empruntés au classicisme français, comme le rez-de-chaussée surélevé sur un soubassement très dégagé ainsi que les détails en pierre de taille, tels les bandeaux soulignant les étages, les chaînes d'angle, les corbeaux et les chambranles, expriment l'aisance matérielle des propriétaires.

La maison Guillaume-Estèbe présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Construite vers 1752, elle est l'un des rares bâtiments de la basse-ville de Québec épargnés lors du bombardement qui mène à la prise de la ville en 1759. Les vestiges archéologiques qui y ont été trouvés témoignent d'une occupation euroquébécoise de plus de 250 ans. Les artefacts, dont des papiers peints anciens, renseignent sur le décor de cette maison et sur les usages de ses occupants.

La maison Guillaume-Estèbe présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La résidence peut être associée à plusieurs personnages de l'histoire politique et économique du Québec. Son premier propriétaire, Guillaume Estèbe (1701-1779), occupe notamment la fonction de conseiller au Conseil supérieur, de directeur et d'administrateur des forges du Saint-Maurice, de garde-magasin du roi, tout en ayant des intérêts dans diverses entreprises. Parmi les propriétaires subséquents, notons Thomas Dunn (1729-1818), président du Conseil exécutif et membre du Conseil législatif, qui l'habite de 1780 à 1789, ainsi que John Caldwell (1775-1842), grand propriétaire terrien, homme politique et commerçant. Par ailleurs, la maison comporte des éléments qui rappellent donc l'importance du fleuve et du port de Québec dans la vie des habitants de la ville et de toute la Nouvelle-France. En effet, au moment de sa construction, les terrains riverains sont submergés à marée haute. Pour cette raison, Estèbe fait aménager un quai, qui sert également de digue, aujourd'hui intégré au hall du Musée de la civilisation. Le passage voûté permettait de relier directement le fleuve Saint-Laurent et le quai à la rue Saint-Pierre.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de la maison Guillaume-Estèbe liées à ses valeurs architecturale, archéologique et historique comprennent, entre autres :
- ses éléments rattachés à la maison urbaine en rangée d'inspiration française, dont la maçonnerie de pierre, l'élévation de deux étages et demi, le toit à deux versants droits couvert de tôle à la canadienne, la charpente complexe du toit comprenant pannes, chevrons, poinçons et contreventement en croix de Saint-André, les murs pignons coupe-feu comprenant les cheminées, les esses, la cave voûtée ainsi que le mur de refend en pierre la divisant longitudinalement depuis les voûtes jusqu'au grenier;
- ses éléments rattachés au prestige des propriétaires, dont les grandes dimensions, les souches de cheminée doubles correspondant aux foyers en pierre de taille à l'intérieur, les détails extérieurs en pierre de taille, les fines boiseries d'esprit Louis XV ainsi que le site archéologique;
- ses éléments rattachés au classicisme français, dont le rez-de-chaussée surélevé sur un soubassement très dégagé percé de soupiraux, la symétrie et l'ordonnance des ouvertures (six baies de largeur sur chacune des deux façades), les lucarnes, les fenêtres à battants à vingt-quatre carreaux, les bandeaux séparant les étages, les chaînes d'angle, les corbeaux et les chambranles, tous en pierre de taille, ainsi que l'alignement en enfilade des pièces à l'intérieur;
- les plafonds à poutres apparentes et à couvre-joints;
- la situation de la maison dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- l'implantation rue Saint-Pierre, à proximité du fleuve Saint-Laurent et du Vieux-Port;
- les vestiges des quais, l'escalier face au fleuve et le passage voûté.

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Informations historiques

Vers 1752, quand Guillaume Estèbe (1701-1779) fait ériger sa maison de la rue Saint-Pierre, son terrain sur le bord du fleuve Saint-Laurent est partiellement submergé à marée haute. Par remblayage, Estèbe gagne un peu d'espace et fait construire un quai relié à la rue Saint-Pierre par un passage voûté. En façade avant, un escalier extérieur à deux volées, qui empiète sur la rue, permet d'atteindre la porte d'entrée à l'étage noble. Cet escalier est retiré en 1800, après qu'une ordonnance ait interdit toute saillie sur la rue qui pourrait nuire à la circulation. L'entrée est déplacée au centre du rez-de-chaussée et l'ancienne porte est transformée en fenêtre. À l'origine, l'intérieur de la maison Guillaume-Estèbe était divisé en 21 pièces chauffées par huit foyers. Un mur de refend longitudinal divise la maison en deux et le sol de plusieurs pièces est couvert de dalles de pierre ou de carreaux de terre cuite dits «de Marseille».

Lors du bombardement qui mène à la prise de Québec par les troupes britanniques en 1759, la maison Guillaume-Estèbe est épargnée. Par la suite, elle connaît plusieurs propriétaires, dont le marchand huguenot Pierre Fargues qui la dote vers 1774 de lambris sculptés de style Régence et Louis XV en partie conservés. Son associé Thomas Dunn (1729-1818), éventuel président du Conseil exécutif, épouse sa veuve et occupe la maison avant de la céder à Peter Stuart, l'un des plus importants négociants de Québec à la fin du XVIIIe siècle. Le commerçant John Caldwell (1775-1842) l'acquiert en 1810 et en est dessaisi en 1830. En 1818, une succursale de la première banque canadienne, la Banque de Montréal, fondée l'année précédente, est ouverte dans la maison Guillaume-Estèbe. En 1838, James Gibb (1799-1858), un autre négociant, l'acquiert et convertit les étages en espace à bureau. La maison Guillaume-Estèbe conserve cette fonction jusqu'à son acquisition par la Commission des monuments historiques en 1959.

La maison Guillaume-Estèbe est classée en 1960, restaurée une première fois l'année suivante, puis réaménagée lors de son intégration au Musée de la civilisation en 1987. Elle fait aujourd'hui partie du complexe muséal et loge, depuis 1986, une partie du personnel du Musée; les voûtes sont occupées par la boutique.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 92, rue Saint-Pierre

Latitude :

  • 46° 48' 54.314"

Longitude :

  • -71° 12' 10.444"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 418 795
  • Lot 3 418 796

Code Borden

CeEt-7      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BARRY, Francine. « Estèbe, Guillaume ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
  • CHASSÉ, Béatrice. « Maison Estèbe ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 127-129.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • CÔTÉ, Robert, Micheline HUARD et Georges-Pierre LÉONIDOFF. La construction à Place-Royale sous le Régime français. Québec, Les publications du Québec, 1996. 482 p.
  • HAMEL, Nathalie. « Controverses autour d'un objet: les boiseries de la maison Estèbe à Québec ». DROUIN, Martin, dir. Patrimoine et patrimonialisation du Québec et d'ailleurs. Cahiers de l'Institut du patrimoine de l'UQAM, 2. Québec, Éditions MultiMondes, 2006, p. 155-172.
  • HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
  • s.a. Place Royale berceau d'une ville. Québec, Publications du Québec, 1986. s.p.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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