Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard

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Description

La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard est une résidence urbaine d'inspiration néoclassique construite entre 1779 et 1785 et agrandie pendant le XIXe siècle. Le bâtiment en pierre, de plan rectangulaire à trois étages et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits. La façade est crépie et un mur pignon est lambrissé de planches à clins. La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard est dotée d'une cour arrière. Elle est située dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain. La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard est comprise dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1965-09-08
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment a servi de résidence à trois hommes politiques qui ont marqué l'histoire du Québec. La demeure est acquise en 1800 par Pierre-Stanislas Bédard (1762-1829), alors chef du parti canadien à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada. Bédard est le fondateur du journal « Le Canadien », principal instrument d'action politique de son parti. C'est dans les pages de ce journal qu'il formulera la théorie de la responsabilité ministérielle. Son fils, Elzéar Bédard (1799-1849), hérite de la maison en 1830. Premier maire de la ville de Québec en 1833 et 1834, il est également chef de l'aile modérée du parti patriote à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada. C'est probablement dans cette résidence que Bédard et trois autres députés, dont Louis-Joseph Papineau (1786-1871), rédigent les 92 Résolutions qui seront envoyées par la Chambre au Parlement de Londres. La maison est vendue à Jean Chabot (1806-1860) en 1836. Celui-ci sera député à l'Assemblée législative de la province du Canada de 1843 à 1856. Il agira comme commissaire des Travaux publics dans trois ministères successifs du Canada-Uni. La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard a ainsi été habitée par trois personnages politiques importants, en plus d'avoir possiblement servi de lieu de travail aux rédacteurs des 92 Résolutions.

La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette résidence se rattache au type de la maison urbaine d'inspiration néoclassique. Le carré d'origine, d'une hauteur d'un étage et demi, a été construit entre 1779 et 1785. Il a été rehaussé en 1815 et en 1830. L'influence néoclassique se reflète dans la composition symétrique de la façade, le dernier étage traité en attique et les divers éléments d'ornementation, notamment le portail composé de pilastres ioniques, d'un entablement et d'une imposte vitrée. La façade est crépie, tandis que le mur pignon bordant la rue est lambrissé de planches à clins. L'intérieur comprend plusieurs éléments en bois menuisé, un manteau de cheminée en marbre noir, un poêle en terre cuite et un escalier dont le poteau d'arrêt est orné d'un castor et de feuilles d'érable.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la situation dans la haute-ville de Québec, dans le site aptrimonial du Vieux-Québec;
- la présence d'une cour arrière;
- son volume, dont le plan rectangulaire à trois étages et demi et le toit à deux versants droits;
- les matériaux, dont la maçonnerie de pierre, le crépi de la façade principale, le revêtement de planches à clins du mur pignon bordant la rue et la couverture en tôle à la canadienne;
- les composantes rattachées à la maison urbaine d'inspiration néoclassique, dont la composition symétrique de la façade, le dernier étage en attique, les fenêtres à battants à grands carreaux, les lucarnes, le portail composé de pilastres ioniques, d'un entablement et d'une imposte vitrée, les chambranles en bois mouluré et les consoles soutenant le débord du toit;
- les larges cheminées dans le prolongement des murs pignons;
- les grilles de fenêtre en fer forgé;
- les composantes intérieures, dont les éléments en bois menuisé, le manteau de cheminée en marbre noir, l'escalier au poteau d'arrêt orné d'un castor et de feuilles d'érable et le poêle carrelé en terre cuite décoré de motifs grecs.

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Informations historiques

La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard est construite entre 1779 et 1785, sur un terrain qui appartenait à Pierre Moore en 1780. Malcolm Fraser (1733-1815), officier britannique devenu seigneur et important propriétaire foncier de la haute-ville de Québec, en prend possession en 1785.

En 1800, Fraser la vend à Pierre-Stanislas Bédard (1762-1829), alors chef du parti canadien à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada. En 1806, Bédard fonde le journal « Le Canadien », principal instrument d'action politique de son parti. C'est dans les pages de ce journal qu'il formulera la théorie de la responsabilité ministérielle, qui remet en cause les pouvoirs du gouverneur. La pensée politique de Bédard est novatrice. En raison de ses écrits, il est arrêté en 1810 et emprisonné sur ordre du gouverneur pour « pratiques traîtresses ». Les presses du « Canadien » sont aussi saisies. Bédard est relâché l'année suivante sans avoir subi de procès. En 1812, il est nommé juge de la Cour du banc du roi à Trois-Rivières.

La maison, qui n'avait à l'origine qu'un étage et demi, est incendiée en 1811. En 1815, Bédard la fait surhausser d'un étage. Les travaux auraient été effectués par le maître maçon Charles Jourdain. En 1830, Elzéar Bédard (1799-1849) hérite de la maison de son père. Il lui fait ajouter un autre étage.

En 1833, Elzéar Bédard devient le premier maire de la ville de Québec. Il est alors également député à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada. Il est considéré comme le chef de l'aile modérée du parti patriote, essentiellement basée à Québec. C'est probablement dans cette résidence qu'il rédige les 92 Résolutions, en compagnie de Louis-Joseph Papineau (1786-1871), d'Augustin-Norbert Morin (1803-1865) et de Louis Bourdages (1764-1835). Le 17 février 1834, Bédard présente à la Chambre d'Assemblée les 92 Résolutions, qui contiennent les revendications des députés réformistes du Bas-Canada et seront envoyées au Parlement de Londres. En 1836, Bédard est nommé juge de la Cour du banc du roi pour le district de Québec. Il sera suspendu temporairement à la suite des rébellions de 1837 et de 1838.

En 1836, Elzéar Bédard vend la propriété à Jean Chabot (1806-1860). L'homme politique sera député de l'Assemblée législative de la province du Canada à compter de 1843. Entre 1849 et 1855, il agit à titre de commissaire des Travaux publics pour les ministères La Fontaine-Baldwin (1849-1850), Hincks-Morin (1852-1854) et MacNab-Morin (1854-1855). En 1855, il est de plus le commissaire chargé de la réalisation du cadastre des seigneuries. En 1856, il est nommé juge de la Cour supérieure à Montréal.

La maison aurait de nouveau été incendiée en 1860, et la menuiserie intérieure, refaite à la suite de ce sinistre. En 1866, l'extérieur est restauré. La façade et le mur pignon bordant la rue sont lambrissés de bois. L'aménagement de l'entrée principale date possiblement de cette période.

En 1869, la maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard, ainsi que deux maisons adjacentes, est occupée par le département du Trésor, dans l'attente de la construction de l'Hôtel du Parlement. Elle appartient alors à J.-B.-C. Hébert. En 1877, le gouvernement de la province de Québec fait effectuer des réparations. En 1886, la Société de construction permanente de Québec y installe ses bureaux, ce qui confirme sa vocation administrative.

La maison Pierre-Stanislas-et-Elzéar-Bédard est classée en 1965. Elle est restaurée l'année suivante. Propriété du gouvernement jusqu'en 1997, elle retrouve sa fonction originale d'habitation par la suite.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 18, rue Mont-Carmel

Latitude :

  • 46° 48' 39.967"

Longitude :

  • -71° 12' 23.67"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 615 187
  • Lot 1 866 348

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Références

Notices bibliographiques :

  • CAMERON, Christina et Monique TRÉPANIER. Vieux-Québec, son architecture intérieure. Ottawa, Musée national de l'Homme / Parcs Canada, 1986. 537 p.
  • NOPPEN, Luc. « Maison Bédard ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 135-136.
  • OUELLET, Fernand. « Bédard, Pierre-Stanislas ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • POULIN, Pierre. « Chabot, Jean ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • VACHON, Claude. « Bédard, Elzéar ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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