Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Jean-Baptiste-Chevalier

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Hôtel Bertrand-Chesnaye-de-la-Garenne
  • Hôtel Chevalier
  • Hôtel Jean-Baptiste-Chevalier
  • Hôtel Joseph-Pagé
  • Maison Chevalier
  • Maison Frérot
  • Maison Pagé

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1683 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Fonction commerciale (Commerces de vente au détail)
  • Fonction résidentielle (Édifices à logements multiples)
  • Fonction résidentielle (Hôtels)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Plaques commémoratives associées (1)

Événements associés (2)

Personnes associées (18)

Carte

Description

La maison Jean-Baptiste-Chevalier est un ensemble composé de quatre maisons urbaines contiguës d'inspiration française. À une première maison construite en 1683 s'ajoutent deux bâtiments à l'ouest en 1752. En 1960, un autre bâtiment est greffé à l'est. L'imposant ensemble en pierre de deux étages et demi présente un plan irrégulier en « U » et épouse la courbe de la rue. Trois maisons sont coiffées d'un toit à deux versants droits et l'autre est couverte d'un toit mansardé à deux versants. Implanté sans marge de recul en bordure de la rue du Cul-de-Sac, l'ensemble possède une cour du côté du fleuve Saint-Laurent.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site archéologique inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu. La maison Jean-Baptiste-Chevalier est comprise dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1956-03-14
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

La maison Jean-Baptiste-Chevalier présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'ensemble formé de quatre maisons évoque le rôle de la basse-ville de Québec comme centre des activités commerciales et portuaires de la colonie du XVIIe au XIXe siècle. Depuis 1675, l'emplacement de cette maison a appartenu à différents propriétaires qui, en plus d'y avoir habité pour certains, l'ont utilisé à des fins commerciales et d'entreposage. Parmi eux figure Jean-Baptiste Chevalier (vers 1715-1763), marchand, négociant et armurier. Érigée en 1752, sa demeure se compose des deux bâtiments à l'ouest de l'ensemble. Elle occupe un lieu stratégique à cette époque, en bordure de l'anse aux Barques, aussi appelée baie Cul-de-Sac, où sont débarquées les marchandises. Le plan irrégulier de l'ensemble relève de l'adaptation des constructions et de la trame urbaine à la configuration de l'anse. À l'origine, les façades donnaient sur la rue du Cul-de-Sac et la cour arrière permettait un accès direct au fleuve Saint-Laurent. Par les propriétaires et usages qui s'y sont succédés, la maison Jean-Baptiste-Chevalier témoigne donc de l'importance et de la pérennité de la fonction commerciale et portuaire de la basse-ville de Québec. Par ailleurs, cette maison présente aussi un intérêt pour l'histoire de la conservation du patrimoine au Québec. L'ensemble illustre le concept de restauration historique, qui propose le retour à un état antérieur jugé significatif, en fonction d'objectifs politiques ou idéologiques, par les maîtres d'oeuvre du projet. Au Québec, ce type de restauration est corollaire du courant nationaliste qui a animé la pensée politique des années 1960 et 1970 et a été appliqué à Place-Royale, le plus important chantier de restauration du gouvernement québécois à cette époque. Dans ce secteur, le ministère des Affaires culturelles du Québec a privilégié la période du Régime français afin de souligner l'importance du lieu comme berceau de l'Amérique française et d'en faire le symbole de la francophonie d'Amérique. L'intervention menée sur la maison Jean-Baptiste-Chevalier, effectuée de 1956 à 1963, est la première à être réalisée dans le cadre du projet de Place-Royale. Au concept de restauration historique se mêle celui de restauration stylistique, prôné notamment par l'historien de l'art Gérard Morisset (1898-1970) et emprunté à l'architecte Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879). Pour Viollet-le-Duc, restaurer un édifice, c'est « le rétablir dans un état complet qui peut n'avoir jamais existé à un moment donné ». Dans le cas de la maison Jean-Baptiste-Chevalier, Morisset et l'architecte André Robitaille (né en 1922) ont créé, à partir de maisons individuelles remontant au Régime français, un ensemble stylistiquement cohérent inspiré de l'hôtel particulier français, en situant l'entrée principale dans la cour et en érigeant une maison d'accompagnement dans l'esprit des maisons existantes. Le résultat s'éloigne de l'état initial, puisque ces maisons n'ont jamais formé un tout, mais l'interprétation se fait dans le respect du style d'origine des maisons occupant ou ayant occupé l'emplacement.

La maison présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'ensemble reflète les caractéristiques des maisons urbaines d'inspiration française, notamment en ce qui a trait à l'application des ordonnances promulguées par les intendants Michel Bégon (1667-1747) et Claude-Thomas Dupuy (1678-1724) en 1721 et 1727 relativement à la prévention des incendies. L'immeuble de deux étages et demi présente une maçonnerie et des chambranles de pierre, des caves voûtées, des toits couverts de tôle ainsi que quatre murs coupe-feu. Il témoigne aussi de modifications effectuées au XIXe siècle, notamment par le toit mansardé de style Second Empire de la maison située au centre-est.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de la maison Jean-Baptiste-Chevalier liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur un îlot de configuration irrégulière;
- son implantation sans marge de recul du côté de la rue du Cul-de-Sac;
- son plan en « U », épousant la courbe de la rue et dégageant une cour du côté du fleuve;
- les deux bâtiments de la maison ouest (bâtie en 1752) et la maison au centre-est (bâtie en 1683);
- le site archéologique euroquébécois, incluant les vestiges d'un puits (1675) et les caves voûtées sous la maison de 1752;
- ses éléments rattachés à la maison d'accompagnement (érigée en 1959 et 1960), dont la maçonnerie de moellons non crépie, l'élévation de deux étages et demi, le toit à deux versants droits couvert de tôle à la canadienne, les cheminées aux extrémités, le mur pignon coupe-feu, les fenêtres en bois à battants et à petits carreaux, les lucarnes à croupe à petits carreaux disposées sur deux niveaux, les chambranles en pierre de taille et les contrevents;
- ses éléments rattachés à la façade principale donnant sur le fleuve Saint-Laurent, dont la porte surmontée d'une imposte en arc surbaissé;- ses éléments rattachés à la maison urbaine d'inspiration française, dont l'élévation de deux étages et demi, les toits à deux versants droits couverts de tôle à la canadienne rouge, la maçonnerie de moellons, les murs coupe-feu, les hautes cheminées (telles celles disposées dans les murs pignons), les caves voûtées en anse de panier et les chambranles en pierre de taille ornés d'une clef;
- ses ouvertures, dont les portes de chacune des façades donnant sur la rue du Cul-de-Sac, les fenêtres en bois à battants et à petits carreaux, les lucarnes à pignon disposées sur deux niveaux et les contrevents rouges;
- ses éléments d'influence Second Empire, dont le toit mansardé à deux versants couvert de tôle à baguettes et de tôle à la canadienne rouge de la maison située au centre est;
- ses éléments intérieurs, dont les murs couverts d'enduit, les plafonds en planches à couvre-joint et à poutrelles apparentes, les escaliers en bois à poteaux tournés, les portes à panneaux chantournés et à carreaux, l'armoire encastrée ornée de motifs chantournés de style Louis XV, les larges embrasures pourvues de volets, les larges plinthes et les chambranles moulurés ainsi que les foyers en pierre composés d'une dalle, de jambages et d'un linteau en pierre taillée et pourvus d'une crémaillère en fer forgé.

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Informations historiques

La maison Jean-Baptiste-Chevalier est composée de quatre bâtiments d'époques différentes. Elle se situe dans la basse-ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France, un lieu qui a été témoin d'une grande partie des activités commerciales et portuaires de la colonie du XVIIe au XIXe siècle.

Les deux bâtiments à l'ouest s'élèvent sur un terrain qui a appartenu à Jean Soullard (1642-1710), orfèvre et arquebusier du roi. La maison qu'il y construit en 1675 est détruite dans l'incendie qui ravage la basse-ville en 1682 et rebâtie dès l'année suivante. Dans les années 1720, une partie de la résidence devient une auberge. L'édifice sert ensuite aux activités commerciales de François-Étienne Cugnet (1688-1751), avocat, marchand et entrepreneur, qui l'acquiert en 1735. Il est en ruines lorsque Jean-Baptiste Chevalier (vers 1715-1763), marchand, négociant et armurier, l'achète en 1752. Ce dernier le remplace aussitôt par une nouvelle résidence érigée par l'entrepreneur Pierre Renaud dit Canard (1699-1774). Achevée en 1753, elle est abîmée lors du siège de Québec en 1759. L'entrepreneur Pierre Delestre dit Beaujour (1730-1793), assisté du menuisier Charles Coignac (1734-1780) et du charpentier Jean Jeanson, la rétablit après la Conquête. Achevée en 1762, la demeure accueille comme auparavant le magasin et l'entrepôt de Chevalier ainsi que des logements. En 1807, le richissime George Pozer (1752-1848) acquiert l'immeuble et en fait un hôtel qu'il nomme London Coffee House, nom conservé tout au long du XIXe siècle.

Le terrain au centre-est voit apparaître en 1662 une première demeure, qui est aussi incendiée en 1682. Elle est remplacée par la maison actuelle, construite en 1683 pour le notaire Thomas Frérot de Lachesnaye (1640-1706), au nom de la succession du marchand Bertrand Chesnaye de la Garenne (1625-1683). Elle sera occupée temporairement par l'orfèvre Joseph Pagé dit Quercy (1682-1742). Acquise en 1758 par le navigateur Joseph Chabot, elle subit également des dommages en 1759. Chabot la fait rétablir en 1761 par Joseph Métot. Au cours des années 1880, elle est dotée de son toit mansardé.

Jusqu'aux travaux de remblaiement effectués en 1854, ces maisons bordent l'anse aux Barques, nommée également baie Cul-de-Sac, où sont débarquées les marchandises apportées par navire. Leurs façades épousent le tracé de la rue du Cul-de-Sac, qui suit la forme de l'anse, tandis que le terrain à l'arrière permet un accès direct au fleuve Saint-Laurent.

Le terrain à l'extrémité est accueille dès 1662 un bâtiment qui est détruit dans l'incendie de 1682. Le propriétaire, Étienne Thivierge (1663-1740), y fait construire une maison en pierre l'année suivante. En 1901, un nouvel édifice en brique de quatre étages la remplace. À cette époque, un seul propriétaire possède l'ensemble, qu'il utilise comme entrepôt et commerce.

La maison Jean-Baptiste-Chevalier est classée en 1956 et acquise par le gouvernement du Québec. Sa restauration est l'oeuvre commune de l'historien de l'art Gérard Morisset (1898-1970) et de l'architecte André Robitaille (né en 1922). En 1957, Robitaille soumet une maquette réalisée selon les plans de Morisset, où les façades sont réaménagées du côté de la cour arrière, à la manière d'un hôtel particulier français du XVIIIe siècle. Afin de donner à l'ensemble une unité stylistique, l'édifice en brique de quatre étages est détruit pour faire place à une maison d'accompagnement en pierre construite en 1959 et 1960. La restauration des autres bâtiments se termine en 1963. Le Musée de la civilisation, actuellement propriétaire de la maison Jean-Baptiste-Chevalier, y présente des expositions thématiques, notamment sur les intérieurs anciens.

La maison Jean-Baptiste-Chevalier a fait l'objet de la première intervention effectuée dans le cadre du projet de restauration du secteur de Place-Royale, le plus important chantier de restauration du gouvernement québécois dans les années 1960 et 1970.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 5, rue du Cul-de-Sac
  • 50, rue du Marché-Champlain
  • 60, rue du Marché-Champlain

Latitude :

  • 46° 48' 44.6"

Longitude :

  • -71° 12' 11.3"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 212 180

Code Borden

CeEt-155      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BRUCHÉSI, Jean. « De la maison Soulard à l'hôtel Chevalier ». Les Cahiers des Dix. No 20 (1955), p. 92-105.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DROLET DUBÉ, Doris et Marthe LACOMBE. Inventaire des marchés de construction des Archives nationales à Québec, XVIIe et XVIIIe siècles. Ottawa, Parcs Canada, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1977. 459 p.
  • GAUMOND, Michel. La Place Royale : ses maisons, ses habitants. Série Place Royale. Québec, Ministère des Affaires Culturelles, 1976. 98 p.
  • NOPPEN, Luc. « Hôtel Jean-Baptiste-Chevalier ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 112-114.

Multimédias disponibles en ligne :

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