Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison William-Wakeham

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Ash Inn
  • One Ash

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Gaspé

Date :

  • vers 1880 (Construction)

Usage :

  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Autres activités culturelles)
  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Personnes associées (2)

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Description

La maison William-Wakeham est une demeure bourgeoise d'esprit victorien érigée vers 1880. Cette résidence en pierre de plan irrégulier, à deux étages, est composée d'un corps de logis central en forme de « L », couvert d'un toit à mansarde, ainsi que de deux ailes polygonales disposées asymétriquement de part et d'autre. La maison William-Wakeham se trouve un peu en retrait de la voie publique, sur un terrain accusant une pente douce et bordé d'une rangée de grands arbres. Elle est située face à la rivière York, sur la rue de la Reine, artère principale de la municipalité de Gaspé.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1987-10-16
 

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Valeur patrimoniale

La maison William-Wakeham présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette résidence est l'un des rares témoins de l'époque où la région constituait un haut lieu de villégiature pour la pratique de la chasse et de la pêche sportive. La baie de Gaspé, avec ses trois rivières à saumon (les rivières York, Saint-Jean et Dartmouth), a en effet attiré une élite aristocratique et bourgeoise anglophone dès les années 1860. Parmi elle, des fonctionnaires royaux, de riches Américains et des hommes politiques, dont Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), gouverneur général du Canada de 1872 à 1878, qui vient y pêcher le saumon à quelques reprises. En 1910, William Wakeham, médecin et fonctionnaire, transforme sa maison, nommée le « One Ash », en un lieu de culture et de loisirs destiné à cette élite. Le riche hôtelier gaspésien John Baker acquiert le « One Ash » en 1920 et renforce sa vocation touristique en l'intégrant à son réseau d'hôtels, dont la réputation dépasse alors les frontières canadiennes. La maison William-Wakeham a donc joué un rôle important dans le développement touristique de la Gaspésie.

La maison William-Wakeham présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec William Wakeham (1844-1915). Cet homme s'illustre par son rôle dans l'histoire de l'industrie de la pêche canadienne. Médecin à Gaspé, il est nommé inspecteur pour le Service de protection des pêcheries canadiennes dans le golfe du Saint-Laurent en 1878. En 1897, le ministre de la Marine et des Pêcheries le charge de mener une importante expédition dans l'Arctique, en vue d'étudier la durée de la saison de navigation dans le détroit d'Hudson et d'affirmer les droits canadiens sur les territoires de la terre de Baffin et de l'archipel Arctique.

La maison William-Wakeham présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette demeure représentative des habitations bourgeoises québécoises de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle peut être associée au style victorien, principalement utilisé dans la construction de résidences bourgeoises et d'hôtels de luxe. Ce style, qui apparaît en Angleterre vers 1860 et se répand en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, prône l'éclectisme. La maison William-Wakeham est, en effet, un mélange de plusieurs sources d'inspiration. Le corps de logis d'influence Second Empire présente un toit à mansarde caractéristique de ce courant. Il allie également des éléments néoclassiques, tel son porche surmonté d'un fronton triangulaire, et néo-Queen-Anne, entre autres ses ailes polygonales. Le caractère luxueux de cette résidence s'exprime aussi à travers les boiseries intérieures de diverses essences, comme le sapin, le chêne, l'érable et l'acajou. Par ailleurs, la maison William-Wakeham se distingue par son unicité. Cette demeure bourgeoise serait en effet la seule résidence ancienne en pierre de toute la péninsule gaspésienne. La pierre d'origine gaspésienne étant friable et coûteuse à extraire, elle est peu prisée pour la construction au XIXe siècle, et les bâtiments anciens sont généralement en bois.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison William-Wakeham liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation sur un terrain dénivelé, en retrait de la voie publique, face à la rivière York;
- son volume, dont le plan irrégulier et l'élévation de deux étages du corps de logis central;
- la maçonnerie en pierre de taille;
- ses éléments Second Empire, dont le toit à mansarde du corps de logis couvert de bardeaux de cèdre sur le brisis et de tôle à baguettes sur le terrasson;
- ses éléments néoclassiques, dont le porche donnant sur une porte vitrée à imposte et baies latérales et surmonté d'un fronton triangulaire et d'un balconnet, les lucarnes à pignon ainsi que l'ordonnance et la disposition symétrique des ouvertures du corps central;
- ses éléments néo-Queen-Anne, dont les deux ailes polygonales et leur toit couvert de tôle à baguettes;
- la diversité des éléments de la fenestration, dont les fenêtres à petits et grands carreaux, les fenêtres à guillotine, les lucarnes doubles et les lucarnes pendantes, les chambranles de bois, le bandeau dans la partie supérieure du mur de l'aile est, le cadre cintré de la porte de l'aile est et son chaînage;
- les trois cheminées en brique et les deux hautes cheminées de pierre;
- ses éléments intérieurs, dont l'escalier à trois volées, les boiseries de sapin, de chêne, d'érable et d'acajou ainsi que les quatre foyers.

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Informations historiques

Les origines de cette maison ne sont pas déterminées avec certitude. Selon la tradition orale, William Wakeham (1844-1915) l'aurait fait ériger vers 1885. Cependant, des études menées dans les années 1980 proposent une autre hypothèse. Une reconnaissance de dette signée en 1852 par James Perchard, de qui Wakeham acquiert la propriété en 1881, révèle la présence d'une maison en pierre sur le terrain. Rien ne prouve toutefois que ce soit la maison qu'occupe ultérieurement Wakeham et qu'il nomme le « One Ash ».

Cette résidence est l'un des rares témoins de l'époque où la Gaspésie constituait un haut lieu de villégiature pour la pratique de la chasse et de la pêche sportive. La baie de Gaspé, avec ses trois rivières à saumon (les rivières York, Saint-Jean et Dartmouth), a attiré une élite aristocratique et bourgeoise anglophone dès les années 1860. Parmi elle, des fonctionnaires royaux, de riches Américains et des hommes politiques, dont Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), gouverneur général du Canada de 1872 à 1878, qui vient y pêcher le saumon à quelques reprises.

William Wakeham s'est illustré par son rôle dans l'histoire de l'industrie de la pêche canadienne. Médecin à Gaspé, il est nommé inspecteur pour le Service de protection des pêcheries canadiennes dans le golfe du Saint-Laurent en 1878. En 1897, le ministre de la Marine et des Pêcheries le charge de mener une importante expédition dans l'Arctique, en vue d'étudier la durée de la saison de navigation dans le détroit d'Hudson et d'affirmer les droits canadiens sur les territoires de la terre de Baffin et de l'archipel Arctique.

Wakeham agrandit la résidence en 1910 et la transforme en un lieu de culture et de loisirs destiné à l'élite qui fréquente la baie de Gaspé. Il fait alors ajouter une serre (aujourd'hui disparue), une salle de musique, une salle de billard ainsi qu'une salle d'exposition de trophées de chasse pour les touristes. Lorsque le riche hôtelier John Baker achète le « One Ash » en 1920, il y apporte quelques modifications, principalement à l'intérieur. Il renforce la vocation touristique du bâtiment en l'intégrant à son réseau d'hôtels, dont la réputation dépasse alors les frontières canadiennes. Les Baker conservent le bâtiment, devenu le « Ash Inn », jusqu'en 1983.

La maison William-Wakeham est classée en 1987.

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Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • La Côte-de-Gaspé

Municipalité :

  • Gaspé

Adresse :

  • 186, rue de la Reine

Latitude :

  • 48° 49' 39.256"

Longitude :

  • -64° 29' 16.447"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Gaspé Village de Gaspé Absent Lot 50-2-5

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Références

Notices bibliographiques :

  • BOURGET, Monique. « Le « Ash Inn » et l'essor de la villégiature à Gaspé ». Cahiers Gaspésie culturelle. No 5 (1990), s.p.
  • Cahiers Gaspésie culturelle. No 5 (1990).
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MIMEAULT, Mario. « Wakeham, William ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • s.a. « Maison William-Wakeham (anciennement Ash Inn) ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 7.

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