Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Prison au Pied-du-Courant
  • Site historique au Pied-du-Courant

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1832 – 1840 (Construction)

Usage :

  • Services et institutions (Prisons)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Événements associés (1)

Groupes associés (3)

Personnes associées (6)

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Carte

Description

La prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant est un ensemble construit entre 1832 et 1840 et modifié par la suite. L'ensemble comprend l'ancienne prison, la maison du gouverneur et le mur d'enceinte. De plan rectangulaire, l'ancienne prison de style néoclassique est formée d'un corps central en saillie encadré par deux ailes. Le bâtiment en pierre de quatre étages est revêtu d'un parement de pierre de taille grise bouchardée et coiffé d'un toit en terrasse. Située dans le coin sud-ouest du terrain, la maison du gouverneur, construite en 1895, est un bâtiment en brique de deux étages coiffé d'un toit plat; sa façade principale est recouverte de pierre de taille. La partie restante du mur d'enceinte en moellons, qui longe la partie sud du terrain, est percée d'une porte cochère. La prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant se trouve dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal, à proximité du fleuve Saint-Laurent.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Plan au sol :

Rectangulaire

Nombre d'étages :

4

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois
  • Maçonnerie en pierre
  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Agrandissement
  • Autre

Saillies :

  • Avant-corps
  • Balcon
  • Escalier
  • Porche

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Pierre (Taillée)
  • Façade droite : Pierre (Taillée)
  • Façade gauche : Pierre (Taillée)
  • Façade avant : Pierre (Taillée)

Toit :

  • Forme : Plat
    Matériau : Composite, multicouche

Porte principale :

  • bois massif et vitrage, à imposte et à baies latérales

Autre(s) porte(s) :

  • bois, à panneaux et vitrage, à battants
  • entièrement vitrée, à battants
  • métallique, à battants

Fenêtre(s) :

  • cintrée, À battants, à petits carreaux
  • Demi-circulaire, Soupirail
  • Rectangulaire, À guillotine

Éléments architecturaux :

  • Bandeau
  • Corniche moulurée
  • Pilastre

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-03-09
 

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Valeur patrimoniale

La prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette prison a servi de centre de détention de 1836 à 1912. Lors des rébellions de 1837 et de 1838, c'est l'un des lieux d'incarcération des nombreux patriotes mis aux arrêts par le gouvernement colonial. En 1837, près de 500 individus sont enfermés dans les prisons de Montréal, dont la majorité au Pied-du-Courant. Ils sont tous relâchés au printemps suivant, à l'exception des huit chefs forcés à l'exil aux Bermudes. À la suite des troubles de 1838, plus de 800 patriotes sont jetés au cachot. De ce nombre, 158 sont déportés dans la colonie pénitentiaire d'Australie et douze sont exécutés au Pied-du-Courant. Cette prison a ainsi été le théâtre d'un épisode marquant de l'histoire du Québec.

La prison présente aussi un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et architecturale comme témoin de l'architecture pénitentiaire. Ce type architectural reflète les préoccupations de la société en matière de détention et de réhabilitation. Au début du XIXe siècle, des idées nouvelles en ce domaine donnent lieu à une série d'expérimentations, notamment en Amérique du Nord. La construction de la prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant s'inscrit dans ce contexte. Son plan s'inspire de celui de la prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary), dessinée par l'architecte John Haviland (1792-1852) et ouverte en 1829. Ce plan est formé d'un bloc central d'où rayonnent des ailes composées d'un couloir longitudinal flanqué de cellules donnant sur l'extérieur. Les prisonniers y sont enfermés selon leur sexe et la gravité de leur délit. Ils bénéficient de meilleures conditions d'hygiène qu'autrefois, mais ils sont contraints au travail en isolement. On croit que la solitude doit susciter le repentir des détenus et mener à leur réhabilitation. Le « système de Philadelphie » se répand dans le monde entier. La prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant témoigne ainsi d'une nouvelle conception du rôle de la prison au Bas-Canada et marque une étape importante dans l'évolution de l'architecture pénitentiaire au pays.

La prison présente également un intérêt pour la valeur architecturale de l'ensemble, composé de l'ancienne prison, de la maison du gouverneur et d'un muret. La prison s'inscrit dans le courant néoclassique, en vogue au Canada surtout entre 1820 et 1850. La composition symétrique de la façade avant (un corps central en saillie flanqué de deux ailes) et la sobriété de l'ornementation, comprenant des bandeaux, un portail et une corniche, témoignent de ce style. Il s'agit, de plus, de l'un des premiers édifices montréalais recouverts entièrement de pierre de taille grise. De son côté, la maison du gouverneur (de la prison), construite en 1895, est un bâtiment en pierre et brique de deux étages coiffé d'un toit plat. Son élégante façade, ornée de quelques motifs d'inspiration médiévale, est aussi recouverte de pierre de taille. Enfin, une section du mur d'enceinte en moellons, percée d'une porte cochère au portique en pierre de taille, ajoute au caractère évocateur de cet ensemble carcéral. La valeur architecturale de l'ensemble repose par ailleurs sur son association avec des architectes de renom. Les plans de la prison sont attribués à George Blaiklock (1792-1828), aussi concepteur de la chapelle Holy Trinity à Québec. En raison de son décès prématuré, les travaux sont supervisés par l'architecte John Wells (1789-1864), qui a entre autres réalisé le siège social de la Banque de Montréal, à la place d'Armes. Quant aux plans de la maison du gouverneur, ils ont été dessinés par l'architecte montréalais Arthur Gendron.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans l'arrondissement de Ville-Marie de la ville de Montréal, à proximité du fleuve Saint-Laurent;
- l'ensemble composé de l'ancienne prison, de la maison du gouverneur et d'un muret de pierre;
- le site archéologique témoignant d'une occupation euroquébécoise;
- les caractéristiques de la prison, notamment son volume, dont le plan formé d'un bloc central et de deux ailes rectangulaires, l'élévation de quatre étages, le soubassement dégagé et le toit en terrasse, ses caractéristiques inspirées du néoclassicisme, dont la composition symétrique de la façade avant partagée en trois sections (un corps central en saillie encadré par deux ailes) ainsi que l'ornementation sobre en pierre comprenant les bandeaux, la large corniche et l'entablement du portique, ses ouvertures, dont les fenêtres des deux ailes placées dans un enfoncement du mur se terminant par un arc en plein cintre, les larges baies à arc surbaissé au-dessus du portique et les fenêtres à battants à carreaux du corps central, ainsi que ses matériaux, dont les murs en pierre recouverts de pierre de taille grise bouchardée;
- les caractéristiques de la maison du gouverneur, notamment la maçonnerie en brique recouverte de pierre de taille en façade, la galerie, les fenêtres, les cloisons moulurées et les foyers;
- la partie restante du mur d'enceinte en moellons, dont la porte cochère au portique en pierre de taille.

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Informations historiques

La construction de cette prison est décidée en 1825 à la suite d'une recommandation des Grands Jurés du district de Montréal. Elle s'insère dans le mouvement de renouveau pénitentiaire qui prévaut en Amérique du Nord au début du XIXe siècle. De nouvelles idées sur la détention et la réhabilitation des criminels donnent alors lieu à une série d'expérimentations architecturales. Deux tendances émanent de ces réflexions. La première est incarnée par la prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, construite dès 1816. C'est un système de détention individuelle, où les prisonniers travaillent en atelier. Les cellules adossées et superposées sur quelques étages sont au centre et les couloirs longent les murs extérieurs. La seconde tendance est représentée par la prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary), en Pennsylvanie, construite en 1821. Le « système de Philadelphie » classe les prisonniers selon leur sexe et la gravité de leur délit. Ceux-ci bénéficient de meilleures conditions d'hygiène qu'autrefois, mais ils sont contraints au travail en isolement. On croit que la solitude doit susciter le repentir des détenus et mener à leur réhabilitation. La prison est constituée d'un bloc central d'où rayonnent des ailes composées d'un couloir longitudinal flanqué de cellules donnant sur l'extérieur, ce qui assure une bonne ventilation et un éclairage adéquat. Dessiné par l'architecte John Haviland (1792-1852), ce plan va se répandre dans le monde entier (300 prisons de ce type seront construites).

Les commissaires chargés de la construction de la prison du Pied-du-Courant font l'achat du terrain en 1830 et les travaux débutent deux ans plus tard. Le plan d'ensemble est inspiré de celui de la prison de Philadelphie et s'inscrit, d'un point de vue stylistique, dans le courant néoclassique. Il aurait été dessiné en 1825 par l'architecte George Blaiklock (1792-1828), qui a également conçu la chapelle Holy Trinity à Québec. En raison de son décès prématuré, les travaux seront supervisés par l'architecte John Wells (1789-1864), qui a réalisé plusieurs édifices prestigieux. À l'origine, la prison se compose d'un bloc central et de trois ailes. C'est l'un des premiers édifices montréalais recouverts entièrement de pierre de taille grise.

La prison est ouverte en 1836, bien qu'elle ne soit complétée qu'en 1840. Lors des rébellions de 1837 et de 1838, c'est l'un des lieux d'incarcération des nombreux patriotes mis aux arrêts par le gouvernement colonial. En 1837, près de 500 individus sont enfermés dans les prisons de Montréal, dont la majorité au Pied-du-Courant. Ils sont tous relâchés au printemps suivant, à l'exception des huit chefs forcés à l'exil aux Bermudes. À la suite des troubles de 1838, plus de 800 patriotes sont jetés au cachot. De ce nombre, 158 sont déportés dans la colonie pénitentiaire d'Australie et douze sont exécutés. La prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant est le lieu d'exécution de ces douze patriotes, au nombre desquels figure Chevalier de Lorimier (1803-1839).

En 1895, le gouverneur de la prison, Charles-Amédée Vallée, se fait bâtir une résidence sur les lieux, selon les plans de l'architecte montréalais Arthur Gendron.

En 1912, la prison ferme ses portes. Les prisonniers sont transférés dans le nouveau centre de détention de Bordeaux. En 1921, l'immeuble devient le siège social de la Commission des Liqueurs, organisme nouvellement fondé, future Société des alcools du Québec. L'intérieur est complètement réaménagé, l'aile arrière réservée aux femmes jusqu'en 1876 est démolie et un étage en brique couvert d'un toit en terrasse est ajouté. Au début des années 1970, un projet d'autoroute menace l'ancienne prison, mais une opposition vigoureuse force la modification du projet.

La prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant est classée en 1978. L'ensemble est restauré par la Société des alcools du Québec de 1989 à 1992.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 901, avenue De Lorimier
  • 905, avenue De Lorimier

Latitude :

  • 45° 31' 26.019"

Longitude :

  • -73° 32' 47.017"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 424 735

Code Borden

BjFj-114      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990. 540 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • EPSTEIN, Clarence. « Wells, John ». Institut Historica-Dominion. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
  • NOPPEN, Luc. Dossier d'inventaire architectural de la Prison du Pied-du-Courant, 905, rue de Lorimier, Montréal. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1976. 215 p.
  • NOPPEN, Luc. « La prison du Pied-du-Courant à Montréal : une étape dans l'évolution de l'architecture pénitentiaire au Bas-Canada et au Québec ». Revue d'art canadien/Canadian Art Review. Vol. 3, no 1 (1976), p. 36-50.
  • NOPPEN, Luc. « Prison des Patriotes ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 150-154.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.
  • Revue d'art canadien/Canadian Art Review. Vol. 3, no 1 (1976).

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