Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Hamel-Bruneau

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Bruneau
  • Maison Hamel

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • après 1855 – avant 1858 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (1)

Personnes associées (2)

Images

Carte

Description

La maison Hamel-Bruneau est un cottage Regency construit en 1856 ou en 1857. Le corps de logis en bois de plan presque carré, à un étage et demi, est coiffé d'un toit à croupes basses. Les avant-toits retroussés qui prolongent chaque versant protègent la galerie ceinturant la façade principale et les murs latéraux. Au centre du mur arrière, une annexe en bois est disposée perpendiculairement. Trois hautes souches de cheminée percent le toit, dont deux s'élèvent symétriquement dans le prolongement des murs latéraux. Une longue allée curviligne et bordée d'arbres mène à la maison derrière laquelle se trouve une ancienne écurie en bois. La maison Hamel-Bruneau est située au coeur d'un vaste terrain aménagé et planté d'arbres matures, dans un secteur résidentiel de l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique aussi au terrain et aux dépendances.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-09-11
 

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Valeur patrimoniale

La maison Hamel-Bruneau présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique en tant que témoin du développement de la villégiature au Québec. Au XIXe siècle, le secteur ouest de la Grande Allée, le chemin Saint-Louis et le chemin Sainte-Foy constituent encore une partie de la banlieue de Québec et, à ce titre, attirent les villégiateurs, qui construisent villas et cottages à proximité des établissements agricoles. Le cottage, un type architectural développé en Grande-Bretagne à la fin du XVIIIe siècle, est une idéalisation de la maison paysanne. Destiné à servir de résidence secondaire, il est apprécié par les citadins désireux de s'évader de la ville et de vivre dans la tranquillité de la campagne. Ainsi, la maison Hamel-Bruneau est bâtie loin de la route, sur un vaste terrain aménagé et boisé, au centre d'un dégagement auquel mène une longue allée bordée d'arbres. Construite en 1856 ou en 1857 sur une partie de la terre de Michel Hamel fils, un propriétaire foncier aisé, la demeure, de même que l'annexe et la dépendance qui lui sont vraisemblablement contemporaines, traduit le mode de vie de la bourgeoisie victorienne. Le cottage présente une hiérarchisation, une compartimentation et une spécialisation des espaces qui répondent à une recherche de confort et d'intimité. Le rez-de-chaussée comprenait à l'origine un salon et une salle à manger, alors que les chambres occupaient les combles. Porteuses de symboles, les pièces de l'étage noble sont accessibles par un hall central, lieu de transition. Leur envergure et leur aménagement illustrent le statut social des occupants. L'annexe arrière accueillait autrefois une cuisine et une laiterie, les services étant souvent reportés à l'extérieur du corps de logis. L'ancienne écurie, située derrière la maison, faisait alors partie des dépendances habituelles d'une résidence bourgeoise et contribuait également à la composition du paysage. Louée sporadiquement dès l'achèvement des travaux, et ce jusqu'en 1943, la maison Hamel-Bruneau rappelle donc la popularité de la villégiature et la vocation locative de certains cottages utilisés comme résidences secondaires.

La maison Hamel-Bruneau présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale en tant que cottage Regency. La résidence incarne ce type, diffusé notamment dans la région de Québec entre 1820 et 1880, par son plan presque carré, son élévation d'un étage et demi ainsi que son toit à croupes basses percé de hautes souches de cheminée et muni de larmiers retroussés. Le cottage Regency, apparu durant la régence du futur roi George IV (1811-1820), se rattache au courant pittoresque. Cette approche esthétique du XIXe siècle préconise la communion avec la nature en faisant appel à la sensibilité et aux émotions, un objectif qui se reflète entre autres dans la galerie couverte ornée de treillis décoratifs et les grandes fenêtres. En plus de créer des jeux d'ombre et de lumière, ces éléments contribuent à l'intégration de la maison dans son environnement naturel. La maison Hamel-Bruneau évoque aussi l'influence néoclassique. Celle-ci s'exprime dans le respect des règles classiques ainsi que dans l'ornementation des pièces. Elle est illustrée notamment par les proportions de l'ensemble ainsi que par la disposition symétrique et régulière des ouvertures de la façade principale, à laquelle un portail avec imposte et baies latérales confère un aspect monumental. Conforme à l'ordonnance classique, le rez-de-chaussée comprend un vestibule central avec escalier, autour duquel sont distribuées quatre pièces se répondant de part et d'autre. La maison Hamel-Bruneau témoigne donc à la fois du néoclassicisme et du pittoresque qui ont marqué l'architecture québécoise au XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de la maison Hamel-Bruneau liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation en périphérie du centre-ville de Québec, sur une voie publique autrefois bordée de nombreux domaines de villégiature;
- son implantation sur un vaste terrain aménagé, très en retrait de la route, au centre d'un dégagement accessible par une longue allée bordée d'arbres;
- l'annexe en bois disposée perpendiculairement au centre du mur arrière;
- l'ancienne écurie en bois derrière la maison, présentant entre autres un plan rectangulaire, un toit à croupes, un revêtement extérieur en bardeaux de cèdre (murs et toit), une porte à deux vantaux, une lucarne pendante avec son palan, des fenêtres en bois à carreaux et un campanile;
- le volume de la maison, dont le plan presque carré, l'élévation d'un étage et demi, le solage peu dégagé ainsi que le toit à croupes basses comportant de hautes souches de cheminée et muni de larmiers retroussés;
- ses éléments ouvrant sur la nature, dont la galerie couverte sur trois côtés et les grandes fenêtres;
- ses éléments créant des jeux d'ombre et de lumière, dont les supports, les aisseliers et la balustrade de la galerie ornée de treillis décoratifs;
- ses éléments rattachés au néoclassicisme, dont la disposition symétrique et régulière des ouvertures en façade principale (comptant un portail central avec imposte et baies latérales), le rez-de-chaussée incluant un vestibule central (comprenant un escalier tournant en bois ouvragé) entouré de quatre pièces distribuées symétriquement et le décor intérieur (comptant entre autres des chambranles avec pilastres cannelés supportant un entablement, des cheminées ainsi que des plinthes et des corniches de plafond finement moulurées);
- ses matériaux, dont le revêtement extérieur des murs en planches à rainures horizontales, le recouvrement du toit, des lucarnes à croupe et des cheminées en bardeaux de cèdre avec fini décoratif ainsi que les fenêtres à grands carreaux et les chambranles en bois moulurés.

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Informations historiques

La maison Hamel-Bruneau est liée au développement de la villégiature au Québec. À la fin du XVIIIe siècle, plusieurs Britanniques aisés manifestent un engouement pour la vie à la campagne, où ils se construisent des villas et des cottages notamment dans le but de communier avec la nature. Au siècle suivant, cet engouement touche aussi le Bas-Canada et marque, entre autres, la ville de Québec. Le secteur ouest de la Grande Allée, le chemin Saint-Louis et le chemin Sainte-Foy constituent encore une partie de la banlieue de Québec et, à ce titre, attirent les citadins qui se font bâtir de magnifiques villas sur de vastes terrains paysagers, tels que Powell Place, qui deviendra Spencer Wood puis Bois-de-Coulonge, et le domaine Cataraqui. Par la suite, l'attrait pour la villégiature entraîne l'apparition de nombreux cottages. Ces maisons, généralement en bois, étaient souvent louées et permettaient à une classe moins fortunée d'accéder à la villégiature, jusque-là réservée aux grands propriétaires. Cette pratique, établie vers 1820, culmine dans les années 1850 et se poursuit jusqu'en 1880.

La maison Hamel-Bruneau est érigée en 1856 ou 1857 sur une partie de la terre de Michel Hamel fils, propriétaire foncier aisé, mesureur et inspecteur de bois, juge de paix et l'un des premiers membres du conseil municipal de Sainte-Foy (en 1855). Il est aussi cousin germain du peintre Théophile Hamel (1817-1870). Michel Hamel, qui n'a jamais habité la maison, la loue dès 1857. Deux ans plus tard, elle est vendue à John Flanagan, un négociant de bois, et louée comme résidence d'été jusqu'en 1915. Par la suite, plusieurs familles l'occupent de façon permanente ou sporadique.

La résidence n'a pas connu de grands changements depuis sa construction. L'annexe, qui logeait autrefois une cuisine et une laiterie, de même que l'ancienne écurie, datent vraisemblablement de la même époque que la maison.

La maison Hamel-Bruneau est classée en 1978. Achetée par la Ville de Sainte-Foy en 1984 et restaurée peu après, elle accueille depuis 1987 un centre de diffusion culturelle en arts et en sciences.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • Sainte-Foy - Sillery

Adresse :

  • 2608, chemin Saint-Louis

Latitude :

46° 46' 1.9"

Longitude :

-71° 16' 23.2"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Paroisse de Sainte-Foy Absent 311-1

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • NOPPEN, Luc. « Maison Bruneau ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 231-232.
  • PAULETTE, Claude. La maison Hamel-Bruneau : un témoin éloquent de la belle époque des cottages à Sainte-Foy. Sainte-Foy, Ville de Sainte-Foy, 1990. 24 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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