Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Calvaire du Cordon

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Saint-Rémi

Date :

  • 1838 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Calvaires, croix de chemin et chemins de croix)

Éléments associés

Événements associés (1)

Personnes associées (2)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

Le calvaire du Cordon est un ensemble religieux réalisé en 1838 représentant la crucifixion du Christ. Ce calvaire est composé d'un Christ en croix et d'un édicule. Le Christ en bois sculpté polychrome est vêtu d'un « perizonium » bleu et est retenu à la croix par trois clous, les pieds étant superposés. La croix en bois, peinte de couleur jaune or, se termine à chaque extrémité par une fleur de lys rouge et bleu. L'inscription I.N.R.I. apparaît sur une pièce de bois sculptée en forme de parchemin, le « titulus », posée au-dessus de la tête du Christ. L'édicule en bois de plan carré, peint en blanc, est fermé sur trois côtés et coiffé d'un toit à deux versants droits avec pignon en façade. Le fronton avant, où est inscrite la date de construction, est flanqué d'acrotères. Le calvaire du Cordon est situé en bordure d'une route de campagne, dans la municipalité de Saint-Rémi.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Carré

Structure :

  • Bois

Élévations :

  • Façade arrière : Bois (Planche verticale)
  • Façade droite : Bois (Planche à feuillure)
  • Façade gauche : Bois (Planche à feuillure)

Toit :

  • Forme : En pavillon
    Matériau : Tôle pincée

Éléments architecturaux :

  • Applique
  • Fronton
  • Girouette
  • Pilastre

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-07-15
 

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Valeur patrimoniale

Le calvaire du Cordon présente un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Les calvaires sont érigés en bordure des routes pour des motifs variés, tels que protéger une localité ou commémorer un événement. Ils appellent à la dévotion et, devant lui, les passants se signent, saluent, soulèvent leur chapeau ou encore s'arrêtent pour une prière. Il sert également de lieu de rassemblement populaire et, en région éloignée, remplace parfois l'église. À Saint-Rémi, par exemple, en avril ou en mai de chaque année, peu après les semences, les paroissiens y faisaient une neuvaine; cette coutume s'est perpétuée jusque dans les années 1960. Les calvaires existent en Europe depuis le Moyen Âge et sont plus particulièrement répandus en Bretagne. L'importance du sujet de la crucifixion est telle pour les chrétiens que la scène a été détachée de la représentation du chemin de croix et traitée isolément.

Le calvaire du Cordon présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Le calvaire est une représentation de la douzième station du chemin de croix, soit celle de la crucifixion. Le modèle le plus répandu au Québec est celui représentant le Christ mort (les yeux fermés), vêtu d'un « perizonium » et suspendu à la croix par quatre clous. Le calvaire du Cordon diffère de cette description par les trois clous qui retiennent le Christ à la croix, les pieds étant superposés plutôt que côte à côte. L'attitude du Christ et ses proportions reflètent une influence de l'art espagnol. L'auteur de cette sculpture reste inconnu. Par ailleurs, l'édicule est l'oeuvre de Louis Narbonne (1809-1863), élève de l'école de Louis Quévillon (1749-1823). Il s'agit du seul édicule connu à être l'oeuvre d'un sculpteur de métier. Son ornementation, comprenant des rouelles, des fusées et huit glands suspendus à l'entablement, rappelle des motifs utilisés dans le mobilier de cette époque. Enfin, une girouette représentant un coq, symbolisant la trahison de saint Pierre, est fixée au faîte du toit.

Le calvaire du Cordon présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Son érection est directement liée aux événements qui suivent les rébellions de 1837 et de 1838. Le sculpteur Louis Narbonne réalise bénévolement l'édicule, espérant ainsi intercéder auprès de Dieu pour la libération de son frère aîné, le patriote Pierre-Rémi Narbonne (1803-1839). Enfermé à la prison du Pied-du-Courant à Montréal, ce dernier sera malgré tout exécuté l'année suivante.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du calvaire du Cordon liés à ses valeurs ethnologique, artistique et historique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure d'une route de campagne;
- les éléments du Christ en bois sculpté, dont les yeux clos, le « perizonium » bleu noué à la taille, les pieds superposés et les trois clous le retenant à la croix;
- les éléments de la croix en bois, dont sa couleur jaune or, les fleurs de lys rouge et bleu à chaque extrémité et le « titulus » en bois (inscription I.N.R.I sur une plaquette en forme de parchemin);
- les éléments de l'édicule, dont le plan carré, les trois côtés fermés, le revêtement en planches à clins peint en blanc, le fronton en façade orné de denticules et soutenu par deux pilastres, la date de construction au centre du fronton, les huit glands suspendus à l'entablement décoré de rouelles et de fusées ainsi que les acrotères;
- la girouette en forme de coq sur le faîte du toit.

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Informations historiques

En 1838, à la demande du cultivateur Hector Trois, le sculpteur Louis Narbonne (1809-1863) réalise l'édicule du calvaire du Cordon. Trois et son voisin Martin offrent chacun une partie de leurs terrains, en bordure du rang Sainte-Thérèse autrefois appelé du Cordon, pour son installation. Le Christ sculpté est une oeuvre anonyme qui reflète une influence de l'art espagnol. L'édicule est réalisé bénévolement par Narbonne, qui espère ainsi intercéder auprès de Dieu pour la libération de son frère aîné, le patriote Pierre-Rémi Narbonne (1803-1839), accusé d'avoir participé aux rébellions de 1837 et de 1838. Enfermé à la prison du Pied-du-Courant à Montréal, ce dernier sera malgré tout exécuté l'année suivante, en même temps que cinq autres patriotes.

Le calvaire est entretenu durant plusieurs années par les descendants des propriétaires des terrains. Dans les années 1930, les cultivateurs du rang se cotisent pour le faire réparer.

Le calvaire du Cordon est classé en 1978.

Les propriétaires des terrains cèdent le calvaire à la municipalité de Saint-Rémi en 1982. Celle-ci entreprend de le réparer et coule une assise de béton sous l'édicule. Le Christ en croix est alors envoyé au Centre de conservation du Québec pour être restauré. Deux doigts manquants de la main gauche sont reconstitués à cette occasion. Le calvaire est réinstallé dans son édicule en 1987.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Les Jardins-de-Napierville

Municipalité :

  • Saint-Rémi

Adresse :

  • 505, rang Sainte-Thérèse

Latitude :

  • 45° 16' 50.719"

Longitude :

  • -73° 38' 23.715"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Non déterminée Inconnue Absent 25
26

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Références

Notices bibliographiques :

  • CHOUINARD, Louise. « Calvaire du Cordon ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 362.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DÉSY, Léopold et John R. PORTER. Calvaires et croix de chemins du Québec. Collection Ethnologie québécoise. Montréal, Hurtubise HMH, 1973. 145 p.
  • SIMARD, Jean. L'art religieux des routes du Québec. Québec, Publications du Québec, 1995. 56 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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