Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • L'Assomption-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie (avant 1838)
  • Notre-Dame-de-l'Assomption-de-Repentigny (entre 1684 et 1838)

Région administrative :

  • Lanaudière

Municipalité :

  • Repentigny

Date :

  • 1723 – 1725 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Églises, temples, synagogues et mosquées)

Éléments associés

Patrimoine mobilier associé (6)

Plaques commémoratives associées (1)

Groupes associés (2)

Personnes associées (18)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie est un lieu de culte de tradition catholique érigé de 1723 à 1725 et agrandi de 1850 à 1852. Le plan de ce bâtiment en pierre est composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux et d'un choeur plus étroit terminé par une abside polygonale à cinq côtés. D'inspiration néoclassique, sa façade monumentale présente un corps central couronné d'un pignon et flanqué de deux tours légèrement en saillie surmontées d'un clocher à une lanterne. Une sacristie en pierre est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur. De plan rectangulaire à un étage, elle est coiffée d'un toit à deux versants droits. L'église est implantée sur un terrain paysager. Elle est située dans un ensemble religieux, près du fleuve Saint-Laurent, dans la ville de Repentigny.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Des objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.

Plan au sol :

Rectangulaire à choeur plus étroit que la nef

Nombre d'étages :

1

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Annexes :

  • Remise
  • Sacristie

Saillies :

  • Clocher
  • Lanternon
  • Porche
  • Tourelle

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade arrière : Métal (Tôle embossée)
  • Toutes les façades : Pierre (Structure apparente)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à baguettes
  • Forme : À deux versants droits retroussés
    Matériau : Tôle à la canadienne
  • Forme : Conique
    Matériau : Tôle à la canadienne

Porte principale :

  • bois massif et vitrage, à imposte

Autre(s) porte(s) :

  • bois massif, à battants
  • bois, à panneaux et vitrage, à battants

Fenêtre(s) :

  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, À battants, à petits carreaux
  • circulaire, Fixe
  • Rectangulaire, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • Rectangulaire, D'aération

Lucarne(s) :

  • Châtière

Éléments architecturaux :

  • Acrotère
  • Appui
  • Chaîne d'angle
  • Chambranle
  • Corniche à modillons
  • Fronton
  • Retour de l'avant-toit

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-03-16
 

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Valeur patrimoniale

L'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte témoigne de transformations courantes ayant pour but d'adapter les églises catholiques aux besoins de la paroisse et de les mettre au goût du jour. Cette église, érigée de 1723 à 1725, est la plus ancienne du diocèse de Montréal et l'une des plus anciennes du Québec. De 1850 à 1852, elle est l'objet d'importantes modifications. La nef est allongée vers l'ouest et une nouvelle façade est élevée. Au même moment, les longs-pans sont reconstruits dans l'alignement des tours-clochers et du transept, permettant d'élargir la nef et d'aménager des collatéraux. Ces transformations sont fréquemment observées sur des églises qui présentent un plan en croix latine à partir de la fin du XVIIIe siècle. La façade est typique des façades-écrans monumentales par ses cinq travées, ses deux tours surmontées d'un clocher et ses ouvertures distribuées régulièrement. L'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie rappelle ainsi l'évolution architecturale qui caractérise plusieurs églises du Québec des XVIIIe et XIXe siècles. De plus, elle présente une abside polygonale, un élément commun sur les églises érigées au Régime français, mais dont il demeure peu d'exemples.

L'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Ce décor regroupe plusieurs éléments exceptionnels qui témoignent de l'art religieux du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Le maître-autel, richement orné, comprend un tabernacle qui compte parmi les premières oeuvres importantes du sculpteur Philippe Liébert (1733-1804). Réalisé en 1761 et 1762, ce tabernacle a probablement été exécuté d'après les plans d'Antoine Cirier (1718-1798) et représente le seul témoignage de l'art de ce dernier. Le tombeau à la romaine sur lequel il repose a été sculpté et marbré en 1808 par un artiste de l'atelier des Écores. Par sa riche ornementation et sa polychromie, il illustre la tradition ornemaniste de cet atelier. Les autels latéraux, fabriqués entre 1782 et 1808 par un sculpteur inconnu, se distinguent également par l'abondance de leurs ornements. Par ailleurs, l'église comprend une voûte en arc-de-cloître, un élément assez rare dans les églises au Québec. La lampe du sanctuaire, une oeuvre de 1788 de l'orfèvre Laurent Amiot (1764-1839), constitue une pièce exceptionnelle.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie liés à ses valeurs architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation le long d'une artère principale, parallèle au fleuve Saint-Laurent, dans un ensemble religieux;
- son volume, dont le plan composé d'une nef rectangulaire à trois vaisseaux et d'un choeur plus étroit terminé par une abside polygonale à cinq côtés, le toit à deux versants légèrement retroussés et la sacristie greffée à l'abside dans le prolongement du choeur;
- les matériaux, dont la maçonnerie de moellons, certains détails architecturaux en pierre de taille, la couverture en tôle à baguettes de l'église et la couverture en tôle à la canadienne de la sacristie;
- les composantes de la façade-écran, dont le corps central à pignon percé d'un oculus, les deux tours surmontées d'un clocher à une lanterne, les ouvertures distribuées régulièrement, les fenêtres cintrées en bois, les oculus en bois ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes des longs-pans et du choeur, dont les fenêtres cintrées ainsi que les chambranles et les chaînes d'angle en pierre de taille;
- les composantes de la sacristie de plan rectangulaire à un étage, dont le toit à deux versants légèrement retroussés, les ouvertures rectangulaires ainsi que les chambranles en pierre de taille;
- le décor intérieur, dont la fausse voûte en arc-de-cloître et en cul-de-four du vaisseau central et du choeur, les plafonds à caissons des collatéraux, le retable en arc de triomphe d'ordre corinthien du choeur, les pilastres corinthiens du choeur supportant un entablement se prolongeant dans la nef, les piliers corinthiens séparant le vaisseau central des collatéraux ainsi que la tribune arrière;
- le maître-autel et les autels latéraux (composés d'un tombeau à la romaine peint de marbrures et d'un tabernacle doré à la feuille), l'ambon ainsi que la table de communion;
- la lampe du sanctuaire.

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Informations historiques

L'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie se situe dans l'ancienne seigneurie de Repentigny, concédée en 1647 à Pierre Legardeur (mort en 1648). Ce territoire accueille ses premiers colons vers 1666. Une chapelle en bois est bâtie par les habitants en 1683. La paroisse de Notre-Dame de l'Assomption de Repentigny, rebaptisée plus tard « la Purification de la Bienheureuse Vierge-Marie », est érigée canoniquement en 1684 par l'évêque de Québec François de Laval (1623-1708). Le premier curé résidant, Pierre-Volant de Saint-Claude (1654-1710), arrive en 1685. Un presbytère est construit en 1688.

En 1701, l'emplacement de la future église est établi au centre de la seigneurie, à proximité du fleuve Saint-Laurent, à la suite d'un contrat d'échange avec Pierre Richaume (vers 1636-1688). Un presbytère est aussitôt élevé. Une église en bois est probablement érigée en 1702. En 1723, une ordonnance de l'intentant Michel Bégon de La Picardière (1667-1747) fixe les modalités de contribution des habitants de Repentigny pour la construction d'une nouvelle église, qui sera achevée en 1725. Parallèle au fleuve, cette église présente un plan en croix latine, une abside polygonale à cinq côtés et un seul clocher. Un presbytère en pierre est bâti au même moment. En 1753, une sacristie en bois est greffée à l'abside dans le prolongement du choeur.

Le décor intérieur est réalisé en plusieurs étapes. Entre 1737 et 1758, Antoine Cirier (1718-1798) effectue des travaux de sculpture. En 1761 et 1762, Philippe Liébert (1733-1804), assisté de son beau-père Vincent Lenoir et du menuisier Pierre Nicolas Milot, exécute le tabernacle du maître-autel, probablement d'après les plans de Cirier.

En 1785, la sacristie en bois est remplacée par un édifice en pierre. En 1788, une lampe de sanctuaire, oeuvre de l'orfèvre Laurent Amiot (1764-1839), est installée. En 1799, une tribune est ajoutée. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, l'élaboration du décor intérieur se poursuit. En 1808, la fabrique acquiert un ciboire façonné par le marchand et orfèvre Pierre Huguet dit Latour (1749-1817). La même année, le tombeau du maître-autel est réalisé par un sculpteur de l'atelier des Écores. La décoration de la voûte en 1817 ainsi que la fabrication de la chaire et d'un banc d'oeuvre en 1821 et 1822 (aujourd'hui disparus) sont également confiées à l'atelier des Écores.

Une nouvelle sacristie est construite en 1835. De 1850 à 1852, l'église est l'objet d'importants travaux effectués par l'entrepreneur Louis Guéret dit Latulippe. En effet, la nef est allongée de 6 mètres et l'édifice est doté d'une nouvelle façade à deux tours latérales. De plus, les longs-pans sont démolis et reconstruits dans l'alignement des tours et du transept. En 1852, des travaux de décoration intérieure, comprenant l'entablement de la nef et les colonnes qui le supportent, sont exécutés par le sculpteur Louis-Xavier Leprohon (1795-1876). Des vitraux attribués à J. C. Spencer and Son sont installés entre 1882 et 1884. En 1907, le décor de la fausse voûte est renouvelé par les architectes Louis-Zéphirin Gauthier (1842-1922) et Joseph-Égilde-Césaire Daoust (1881-1946). Ce décor se superpose au précédent, mais certains éléments sont conservés pour orner entre autres la tribune et le plafond de la sacristie. En 1921, un nouveau presbytère est bâti.

L'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie est classée en 1978. Au même moment, cinq biens mobiliers sont classés.

Le 12 octobre 1984, alors que d'importants travaux de restauration sont en cours, un incendie se déclare dans l'église, endommageant sérieusement le choeur et la fausse voûte. Le sculpteur Roger Dallaire (décédé en 2003) participe à la restauration, qui se déroule de 1984 à 1988. Un orgue de la compagnie Guilbault et Thérien de Saint-Hyacinthe est installé en 1989. En 1994, l'église est ornée de vitraux réalisés par l'artiste Marcel Chabot.

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Emplacement

Region administrative :

  • Lanaudière

MRC :

  • L'Assomption

Municipalité :

  • Repentigny

Adresse :

  • 445, rue Notre-Dame

Latitude :

  • 45° 44' 21.102"

Longitude :

  • -73° 26' 49.268"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
L'Assomption Paroisse de Notre-Dame-de-L'Assomption-de-Repentigny Absent 91 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « Église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 439-442.
  • BOURGET, Charles. « L'église La Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie de Repentigny. Un sauvetage in extremis ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/pbvmrepen/pbvmrepenf.htm
  • CHAGNON, Joanne et René VILLENEUVE. « Oeuvres d'art de l'église de la Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Biens mobiliers du Québec. Tome III. Québec, Les Publications du Québec, 1999, p. 235-238.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • NOPPEN, Luc. Les églises du Québec, 1600-1850. Montréal, Fides, 1977. 298 p.
  • PAYER, Claude. « Église de Repentigny. Pour une reconstitution ». Continuité. No 27 (1985), p. 37.
  • ROY, Christian. L'histoire de Repentigny. Repentigny, Québec, Société d'histoire de la Municipalité régionale de comté de l'Assomption, 1995. 302 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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