Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Enclos paroissial Saint-Matthew

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Bibliothèque Saint-Jean-Baptiste
  • Cimetière protestant
  • Cimetière Saint-Matthew
  • Cimetière St. Matthew
  • Église anglicane St. Matthew
  • Église St. Matthew
  • St. Matthew's Church

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Plaques commémoratives associées (2)

Groupes associés (4)

Personnes associées (11)

Images

Carte

Description

L'enclos paroissial Saint-Matthew est un ensemble religieux urbain de tradition anglicane et presbytérienne. Cet ensemble comprend une église en pierre d'inspiration néogothique (construite en étapes de 1870 à 1900), un cimetière (ouvert en 1772) et un muret d'enceinte. L'église, aujourd'hui recyclée en bibliothèque, présente un plan irrégulier composé d'une nef rectangulaire à un vaisseau jouxtée d'un bas-côté au sud, d'un transept et d'un choeur plus étroit terminé par un chevet plat. Une sacristie se greffe à l'angle du bras sud du transept et du choeur, et une annexe à pans coupés occupe l'angle sud-ouest de la façade. La façade ouest comporte une tour-clocher hors-oeuvre surmontée d'une élégante flèche ainsi qu'un mur pignon percé d'une large baie à remplage et couronné par un gâble-clocheton. Le cimetière, désacralisé et transformé en parc urbain en 1980, est entouré d'un muret de pierre surmonté d'une grille en fer forgé. Il renferme des monuments funéraires, des pierres tombales ainsi que des arbres centenaires. L'ensemble est situé dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec. Implanté au coeur du quartier Saint-Jean-Baptiste, l'enclos occupe presque entièrement un îlot urbain et est bordé par une artère commerciale très fréquentée.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site archéologique euroquébécois inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1978-05-05
 

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Valeur patrimoniale

L'enclos paroissial Saint-Matthew présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le lieu évoque l'établissement des communautés anglicane et presbytérienne au Québec. Il comprend le premier cimetière non catholique de Québec. Celui-ci a été ouvert en 1772 pour les anglicans et agrandi pour les presbytériens six ans plus tard, par l'achat d'un terrain connexe. Il compterait la plus vieille pierre tombale conservée dans un cimetière québécois, soit celle d'un soldat mort et enterré à Lévis en 1759, qui y aurait été transférée. La présence du cimetière, malgré sa fermeture en 1860 par le gouvernement du Canada pour des raisons de salubrité, a été maintenue. Par ailleurs, l'église anglicane, érigée en plusieurs étapes de 1870 à 1900, rappelle l'importance de cette communauté à l'époque. L'enclos a été acquis en 1979 par la Ville de Québec et figure parmi les exemples réussis de recyclage du patrimoine religieux, avec la transformation de l'église en bibliothèque municipale et du cimetière en parc urbain. La fonction communautaire est ainsi maintenue et le lieu continue d'offrir des services de proximité. Par ailleurs, le bien constitue un exemple représentatif d'enclos paroissial. L'implantation et les composantes du lieu illustrent un type d'ensemble hérité du Moyen Âge, qui forme le coeur de nombreuses paroisses urbaines et rurales québécoises. Situé dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, l'enclos occupe presque entièrement un îlot urbain et est bordé par une artère commerciale très fréquentée. Il a accueilli successivement trois lieux de culte anglicans depuis 1822, l'église actuelle étant le troisième; il est entouré d'un muret de pierre surmonté d'une grille en fer forgé. L'église, dotée d'une tour-clocher, constitue un point de repère dans le paysage et signale la présence de la communauté anglicane. Comme le veut la tradition, son choeur est orienté vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité. Le cimetière est l'un des rares à subsister au Québec dans un milieu densément urbanisé, la plupart ayant été déplacés en périphérie des villes dans la seconde moitié du XIXe siècle. Avec ses nombreux arbres matures, dont certains ont plus de cent ans, il constitue un havre boisé d'exception dans ce quartier.

L'enclos paroissial Saint-Matthew présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. L'édifice est un exemple réussi de lieu de culte de style néogothique marqué, entre autres, par les oeuvres d'Augustus Welby Northmore Pugin (1812-1852) et par les théories de la Cambridge Camden Society (fondée en 1839 et rebaptisée Ecclesiological Society en 1845). Cette société a grandement influencé l'architecture religieuse anglicane au XIXe siècle. Elle reconnaît dans le gothique médiéval l'expression même de cette confession et réinterprète le plan des églises selon la symbolique et la fonction de ses composantes. L'église Saint-Matthew, conçue par l'architecte montréalais William Tutin Thomas (1829-1892), reflète ses recommandations notamment par les éléments de son plan qui se distinguent les uns des autres et illustrent différentes fonctions cultuelles. La maçonnerie rustique en moellons équarris, les volumes articulés, les contreforts, la tour-clocher, les ouvertures en arc brisé ainsi que la charpente apparente de la fausse voûte à l'intérieur sont inspirées des petites églises rurales anglaises du Moyen Âge. Le décor est également élaboré afin de servir de véhicule au culte. Très riche, il représente des scènes évangéliques, des saints ainsi que des motifs végétaux et architecturaux empruntés au vocabulaire néogothique. Réalisés avec maîtrise, décor et architecture forment un ensemble d'une grande unité.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de l'enclos paroissial Saint-Matthew liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans un quartier densément urbanisé, en bordure d'une artère commerciale;
- ses dimensions occupant presque entièrement un îlot urbain;
- ses composantes, dont l'église (implantée à la limite nord de l'enclos), le cimetière (comprenant des monuments funéraires, des pierres tombales et des arbres centenaires) et le mur d'enceinte (en pierre surmonté d'une grille en fer forgé);
- les relations entre les composantes;
- le site archéologique euroquébécois inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec;
- le volume de l'église, dont le plan irrégulier (nef rectangulaire à un vaisseau avec bas-côté au sud, transept, choeur plus étroit à chevet plat, tour-clocher hors-oeuvre, sacristie et annexe à pans coupés), les murs à empattement d'élévations différentes soutenus par des contreforts (tels celui de la façade à pignon découvert couronné d'un gâble-clocheton et ceux des transepts et du choeur à pignons découverts à crossettes surmontés d'une croix), les toits de formes variées (tels celui à deux versants de la nef, du transept et du choeur, celui en appentis du bas-côté, celui à pavillon de la sacristie et celui de forme complexe de l'annexe) et la flèche octogonale sur base carrée de la tour;
- son décor intérieur orné d'arcs brisés, de moulures et de lambris, dont la fausse voûte lambrissée en bois sombre à charpente apparente (quatre-feuilles, pannes, chevrons-arbalétriers, jambettes courbes et consoles), l'arc triomphal, la grande arcade (colonnes jumelées à chapiteau à crochets feuillagés), les arcades de la sacristie (cloisons et tympans aveugles en chêne), les corbeaux à pointe de diamant ou à volute, les archivoltes, l'enduit sombre à joints tirés des murs du choeur, l'enduit clair des autres murs, la « sedilia » du choeur ainsi que la tribune du bras nord du transept;
- le maître-autel en marbre et en grès, le jubé en chêne, la chaire en marbre, en albâtre et en grès, les stalles du choeur, la clôture de la chapelle du bras sud du transept ainsi que les fonts baptismaux en marbre couverts d'une grille conique en fer forgé et entourés d'un édicule en bois sculpté;
- l'escalier tournant en bois de la tour du carillon;
- les ouvertures en arc brisé, en arc brisé trilobé, en trèfle et en quatre-feuilles, dont celles de la tour-clocher (tels le portail avec gâble, une porte en bois à deux vantaux et tympan ouvragé, les baies jumelées à abat-son du clocher et les lucarnes à abat-son de la flèche), celles de la façade (telles celles au même aplomb et celle éclairant les fonts baptismaux), les fenêtres passantes de la salle du choeur et de l'annexe, les six baies à remplage disposées régulièrement dans le bas-côté et le mur nord de la nef, celles du transept (telles la porte en bois à ferrures du bras nord, la rosace et la grande baie à remplage), celles du choeur (les trois baies jumelées et le quatre-feuilles du mur nord de l'avant-corps ainsi que la grande baie à remplage du chevet), les nombreux vitraux historiés et à décor architectural et les chambranles en bois mouluré;
- les matériaux, dont la maçonnerie en moellons irréguliers, la pierre de taille claire (les chaînes d'angle, les gâbles, les chambranles, les archivoltes, les appuis talutés et les bandeaux), la couverture en cuivre, les remplages en bois ainsi que les lustres et les éléments de clôture en fer forgé.

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Informations historiques

L'enclos paroissial Saint-Matthew est aménagé sur deux terrains contigus acquis par le gouvernement de la province de Québec, l'un en 1771 et l'autre en 1778. Situés dans le faubourg Saint-Jean, ils bordent la rue du même nom. Ouvert en 1772, le cimetière anglican qui occupe d'abord les lieux est le premier cimetière non catholique de Québec, les membres des diverses Églises réformées ayant auparavant été inhumés dans la gorge du bastion Saint-Louis ou dans des lieux anonymes ou temporaires. En 1778, la communauté presbytérienne établit un cimetière sur le terrain récemment acheté. En 1823, le gouvernement du Bas-Canada cède la propriété aux Trustees of the Quebec Protestant Burial Ground. Le cimetière compterait la plus vieille pierre tombale conservée dans un cimetière au Québec, soit celle d'un soldat mort et enterré à Lévis en 1759, qui y aurait été transférée.

Les premiers offices ont lieu en 1822, dans la maison du fossoyeur. L'évêque anglican de Québec, George Jehoshaphat Mountain (1789-1863), y célèbre le culte en français pour les protestants francophones des îles Jersey et Guernesey. En 1827, le fossoyeur est relogé et le bâtiment est exclusivement dédié au culte anglican. Il disparaît dans l'incendie qui ravage le faubourg Saint-Jean en 1845. Un édifice en bois sert au culte jusqu'à la construction d'une chapelle en pierre en 1848 par l'entrepreneur et maçon John Cliff. Il refait aussi le mur d'enceinte du cimetière, qui vient d'être exproprié de trois mètres à sa lisière nord avec l'élargissement de la rue Saint-Jean. Incommodés par la présence du cimetière, les habitants du faubourg adressent une pétition au maire et obtiennent gain de cause en 1860 lorsque le gouvernement de la Province du Canada y interdit l'inhumation. La population anglicane de Québec s'étant accrue, la chapelle est devenue trop exiguë. Les plans d'une nouvelle église sont dessinés par l'architecte montréalais William Tutin Thomas (1829-1892). Ils s'inspirent entre autres des oeuvres d'Augustus Welby Northmore Pugin (1812-1852) et des théories de la Cambridge Camden Society (fondée en 1839 et rebaptisée Ecclesiological Society en 1845).

L'église actuelle est le fruit de plusieurs campagnes de travaux exécutées à partir de 1870 selon les plans de Thomas et sous la supervision de l'architecte de Québec Harry Lorn Staveley (1848-1925), qui travaille dans l'entreprise de Thomas. En 1870, le mur est de la chapelle est enlevé pour adjoindre le transept et un choeur terminé par une abside à cinq pans. En 1875, la paroisse St. Matthew est érigée et ce qui subsiste de l'ancienne chapelle est démoli pour faire place à la nef, au bas-côté sud et à la salle du choeur. Des ardoises polychromes disposées de manière à former des motifs géométriques couvrent alors le toit. La tour-clocher est ajoutée en 1882. En 1899 et 1900, l'abside à cinq pans est remplacée par l'arrière-corps à chevet plat du choeur. Cette modification est effectuée selon les plans de l'architecte montréalais Arthur A. Cox (1860-1944), qui conçoit aussi la sacristie. L'élégante horloge en fer forgé est réalisée par l'horloger londonien James William Benson et installée en 1910. Le toit de cuivre actuel remplace la couverture en ardoise en 1954.

L'intérieur compte des oeuvres richement sculptées, tels les fonts baptismaux exécutés en 1894 par la compagnie américaine J. and R. Lamb Studios. Plusieurs d'entre elles sont importées d'Angleterre, dont la chaire de Felix Morgan, la clôture de choeur datant de 1904, la clôture et l'autel de la chapelle du transept de Percy Bacon, les magnifiques vitraux de Charles Edmund Clutterbuck (1839-1883) et le maître-autel.

L'enclos paroissial Saint-Matthew est classé en 1978. L'année suivante, la Ville de Québec l'acquiert et transforme l'église en bibliothèque municipale et le cimetière en parc urbain. Depuis, différents travaux de consolidation y ont été effectués.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 755, rue Saint-Jean

Latitude :

46° 48' 39.0"

Longitude :

-71° 13' 4.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 212 813

Code Borden

CeEt-41      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BAKER, Joseph, dir., Jacques ROBERT et al. Église St-Matthew et dépendances. Histoire, relevé et analyse. Tome I. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1977. 96 p.
  • BLANCHET, Danielle et Sylvie THIVIERGE. Inventaire des marchés de construction des actes notariés de la Ville de Québec, 1871-1899. Histoire et archéologie, 0227-3551, 62. Ottawa, Parcs Canada, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1982. 308 p.
  • BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Saint-Jean-Baptiste : entre faubourg et centre-ville. Les Quartiers de Québec. Québec, Ville de Québec, 1988. 72 p.
  • BOURGET, Charles. « L'ancienne église St. Matthew de Québec. Un néogothique bien anglais ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/stmatthew/stmatthewf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • DUVAL, Monique. « La riche histoire de l'église Saint-Mathieu ». Le Soleil, 4 juillet 1979, s.p.
  • MENDEL, David. « Église St. Matthew et cimetière protestant ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 202-203.
  • MENDEL, David. « Un écrin médiéval : l'église St. Matthew ». Cap-aux-Diamants. Vol. 3, no 1 (1987), p. 49-52.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Foi et patrie : Art et architecture des églises à Québec. Québec, Les Publications du Québec, 1996. 179 p.
  • MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Lieux de culte situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Ville de Québec, 1994. s.p.

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