Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Hôpital général de Québec

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Hôpital Notre-Dame-des-Anges
  • Monastère de l'Hôpital-Général-de-Québec
  • Monastère Notre-Dame-des-Anges

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Anges

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France
  • Patrimoine religieux

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (37)

Plaques commémoratives associées (1)

Événements associés (3)

Groupes associés (2)

Personnes associées (6)

Inventaires associés (1)

Carte

Description

L'Hôpital général de Québec est un important ensemble conventuel et hospitalier développé à partir du XVIIe siècle. À proximité de la rivière Saint-Charles, il est délimité sur deux côtés par un mur de clôture en pierre. Outre les bâtiments, il comprend plusieurs grands espaces paysagers, un jardin et trois cimetières. Le complexe architectural, de plan irrégulier, est formé de plusieurs ailes correspondant à l'ancien hôpital général et au monastère des Augustines. La disposition des bâtiments forme quatre cours intérieures, dont une est entièrement fermée. La façade principale de l'ensemble, qui comprend entre autres la chapelle Notre-Dame-des-Anges, fait face à l'ancien cimetière de la paroisse du même nom. Elle est formée d'ailes en pierre à trois étages et demi, qui sont coiffées de toits à deux versants droits et encadrées de murs coupe-feu. La désignation comprend également d'anciennes dépendances et englobe les intérieurs. L'ensemble conventuel, situé à la jonction des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, fait partie de la municipalité de Notre-Dame-des-Anges, formant une enclave dans l'arrondissement municipal de La Cité de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique également à d'anciennes dépendances et englobe les intérieurs. Un site archéologique inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1977-12-09
 

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Valeur patrimoniale

L'Hôpital général de Québec présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il inclut des bâtiments de l'ancien couvent des Récollets, considéré comme une institution fondatrice de la Nouvelle-France. Arrivés en 1615, les Récollets établissent leur couvent en bordure de la rivière Saint-Charles cinq ans plus tard. Forcés de quitter la colonie en 1629, ils reprennent possession de leur domaine à leur retour en 1670. Ils font construire une église (1671-1673) et un nouveau monastère en pierre (1680-1684), désignés sous le nom de Notre-Dame-des-Anges. En 1692, le domaine des Récollets est acquis par l'évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727) pour la fondation du premier hôpital général de la colonie. La direction de cet hospice, ouvert aux pauvres, aux malades, aux invalides ainsi qu'aux vieillards, est confiée dès l'année suivante aux Augustines de la Miséricorde de Jésus, déjà en charge de l'Hôtel-Dieu de Québec, qui y créent une communauté autonome. Au cours de la guerre de Sept Ans (1756-1763), l'établissement est utilisé comme hôpital militaire. Les soldats blessés, alliés ou ennemis, y sont hébergés et soignés par les religieuses. Les dépouilles des soldats sont inhumées dans le cimetière paroissial. Le site évoque donc à la fois la présence des Récollets et la mission des Augustines de l'Hôpital général, en plus d'être un important lieu de mémoire de la guerre de Sept Ans. Il s'agit, par ailleurs, du plus ancien établissement conventuel au pays. Il comprend entre autres la plus ancienne église, le plus ancien hospice encore en fonction et enfin, le plus ancien cimetière paroissial subsistant à Québec.

L'Hôpital général de Québec présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Dès le Régime français, les couvents construits à Québec suivent la tradition européenne. Les ailes sont érigées autour d'une cour intérieure carrée alors que la chapelle et le cloître forment généralement le centre de l'ensemble. Les bâtiments du monastère des Augustines et de l'Hôpital général suivent ce type d'organisation. La disposition des ailes délimite quatre cours intérieures dont une seule est entièrement fermée : elle date de l'époque des Récollets et constitue le cloître. L'ensemble, qui est délimité sur deux côtés par des murs de clôture en pierre, inclut un jardin, plusieurs grands espaces paysagers, d'anciennes dépendances ainsi que trois cimetières. Les bâtiments témoignent de l'évolution de l'architecture et des techniques de construction sur plus de 300 ans. L'ensemble conventuel et hospitalier conserve des témoins du Régime français, dont le presbytère, la chapelle, l'aile de l'Hôpital ainsi que la première aile de la Communauté. Au fil des années, plusieurs agrandissements ont été effectués et de nouveaux bâtiments ont été ajoutés. La majorité de ces constructions est caractérisée par l'utilisation de la pierre calcaire sans crépi et par des élévations sobres et ordonnées. L'ensemble forme ainsi une composition cohérente où l'esprit de l'architecture française a été privilégié, notamment lors des restaurations survenues à la fin des années 1970. Par ailleurs, les bâtiments présentent des intérieurs d'un grand intérêt, composés notamment de maçonnerie (murs de pierre crépis, plafonds maçonnés, cheminées et voûte), d'un mur en colombage pierrotté, d'éléments menuisés (mobilier encastré, manteaux de cheminée, plafonds à caissons et escaliers). Certaines parties témoignent de l'aspect original du décor du monastère, dont le réfectoire du bâtiment des Récollets, avec ses lambris en pin, et la chapelle Notre-Dame-des-Anges, avec sa voûte cintrée en bois, son retable, son lambris décoré de paysages peints et ses oeuvres d'art.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l'Hôpital général de Québec liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- la proximité de la rivière Saint-Charles;
- sa situation dans la municipalité de Notre-Dame-des-Anges;
- l'ancien cimetière de la paroisse Notre-Dame-des-Anges, faisant face à l'ensemble;
- la présence d'un site archéologique;
- la délimitation de la propriété au sud et à l'ouest par un mur de clôture bordé de peupliers;
- les deux cimetières de la communauté, l'un aménagé à l'intérieur du cloître et l'autre, dans la partie sud de la propriété, avec leur charnier;
- les grands espaces paysagers et le jardin;
- la disposition des bâtiments et les quatre cours intérieures, celle du cloître étant complètement fermée;
- les anciennes dépendances, dont la ménagerie (maison Pierre-Mortrel), la buanderie, la chaufferie, la boutique, la maison du jardin et celle du contremaître;
- les caractéristiques de certains bâtiments, dont les soles de bois et les pilotis supportant les murs de maçonnerie et les poutres des planchers;
- les caractéristiques de la chapelle Notre-Dame-des-Anges, dont le plan rectangulaire, la nef à un vaisseau terminée par un chevet plat, le toit à deux versants, la sacristie à 4 niveaux coiffée d'un toit plat, les matériaux (dont les murs de pierre et la couverture en tôle à la canadienne), la façade (dont le pignon percé d'un oculus, le porche, les ouvertures cintrées et rectangulaires, les retours de corniche), le clocher à deux étages à la jonction de la sacristie et du bâtiment des Récollets, les fenêtres cintrées et rectangulaires, les lucarnes cintrées et les corniches moulurées;
- les caractéristiques des ailes Notre-Dame-des-Anges, de l'Hôpital, du Dépôt ainsi que de la première aile de la Communauté et du presbytère, dont leurs volumes (notamment le plan rectangulaire, les élévations de trois étages et demi et les toits à deux versants droits), les matériaux (dont les murs en pierre et les couvertures en tôle à la canadienne), les murs coupe-feu (certains comprenant les cheminées), les ouvertures (rectangulaires et cintrées, notamment les lucarnes à croupe et à pignon, les fenêtres et les portes en bois à imposte) les balcons en bois, le porche d'entrée, les esses, les ornements (dont les chambranles en pierre de taille et en bois et les niches);
- les caractéristiques du choeur des Religieuses, du bâtiment des Récollets, du pavillon et de l'aile de la Boulangerie, de la seconde aile de la Communauté ainsi que des ailes de l'Apothicairerie, Saint-Joseph, de l'Immaculée-Conception et de l'Infirmerie, dont leurs volumes (notamment le plan rectangulaire, les élévations de un à cinq étages et les toits plats), les matériaux (dont les murs en pierre et en béton), les ouvertures (rectangulaires et cintrées, dont les fenêtres en bois, les fenêtres en brique de verre et les portes en bois à imposte), les chambranles en pierre de taille, les galeries et les solariums, les esses, et les ornements;
- les caractéristiques des intérieurs, notamment le décor de la chapelle (dont la voûte cintrée en bois, les lambris à panneaux décorés de paysages peints, le retable du choeur, le maître-autel et son tabernacle), le grand escalier du cloître, les armoires encastrées et l'ensemble du mobilier intégré à l'architecture, les éléments menuisés (tels que les chambranles, les lambris à caissons, les portes, les manteaux de cheminée et les autels), les planchers en bois, les plafonds à couvre-joints et à caissons.

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Informations historiques

L'Hôpital général de Québec s'est développé sur l'ancien domaine des Récollets. Arrivés en Nouvelle-France en 1615, ceux-ci établissent leur couvent en bordure de la rivière Saint-Charles cinq ans plus tard. Lors de la prise de Québec par les frères Kirke (1629), ils sont forcés de quitter la colonie. De retour en 1670, ils reprennent possession de leur domaine et font construire une église (1671-1673) et un nouveau monastère en pierre (1680-1684), désignés sous le nom de Notre-Dame-des-Anges.

En 1692, l'évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727) acquiert le couvent des Récollets et y fonde un hôpital général. La direction de cet hospice, ouvert aux pauvres, aux malades, aux invalides ainsi qu'aux vieillards, est confiée en 1693 aux Augustines de la Miséricorde de Jésus, déjà en charge de l'Hôtel-Dieu de Québec. Elles créent dès lors une communauté cloîtrée autonome pour le gérer.

Au cours du premier quart du XVIIIe siècle, Mgr de Saint-Vallier fait construire de nouveaux bâtiments, d'après les plans de l'architecte Jean-Baptiste Maillou dit Desmoulins (1668-1753). Parmi ceux-ci figurent l'aile des appartements de Mgr de Saint-Vallier (1710-1712, actuel presbytère), l'aile de l'Hôpital (1711-1712) et l'aile de l'Apothicairerie (1714). En 1715, le pavillon de la Boulangerie est érigé à l'angle nord-ouest du monastère. La première aile de la Communauté est bâtie de 1737 à 1740 d'après les plans de l'architecte Maillou. Au milieu du XVIIIe siècle, l'Hôpital général est déjà un vaste ensemble comparable à ceux des plus importants domaines seigneuriaux de l'époque. Il comprend entre autres deux moulins, deux cimetières (paroissial et communautaire) ainsi que plusieurs dépendances.

Pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763), l'établissement des Augustines sert d'hôpital militaire. Elles hébergent et soignent les soldats blessés, alliés ou ennemis, sans distinction. Les dépouilles de plus de mille soldats sont inhumées dans le cimetière paroissial, alors que les corps des soldats non catholiques sont ensevelis à l'extérieur de l'aire consacrée. Entre 1769 et 1800, des réfections sont effectuées à l'intérieur des bâtiments par le maître charpentier Pierre Émond (1738-1808).

Au XIXe siècle, la croissance de la communauté et de l'hôpital entraîne plusieurs agrandissements, dont l'aile du Gouvernement (1818, démolie), la seconde aile de la Communauté (1843-1844) et l'aile de la Boulangerie (1850). Le monastère est exhaussé d'un étage en 1851, alors que l'aile du Dépôt est érigée en 1859. La ménagerie (1856, actuelle maison Pierre-Mortrel), la buanderie (1856) et la maison du jardin (1873-1874) sont également construites. L'ensemble conventuel est épargné par les grands incendies qui ravagent les faubourgs Saint-Roch et Saint-Sauveur en 1866.

Au XXe siècle, l'Hôpital général poursuit son évolution notamment par d'autres agrandissements. Parmi les plus importants figurent l'aile de l'Immaculée-Conception (1913, Joseph-Pierre Ouellet), l'aile Notre-Dame-des-Anges (1929, Pierre Lévesque), une infirmerie (1939, Pierre Lévesque), le vestibule et la façade de la chapelle (1949, Pierre Lévesque et Gérard Venne), l'aile Saint-Joseph (1951-1953, Léo Turcotte) et l'aile du Choeur (1958-1960, Léo Turcotte et Paul Cauchon).

L'Hôpital général de Québec est classé en 1977. D'importants travaux de restauration sont dès lors effectués. En 1999, les religieuses s'en départissent et l'hôpital devient un Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD). En 2001, l'ancien cimetière paroissial est réaménagé. Un monument commémoratif de la guerre de Sept Ans (1756-1763) y est élevé et le charnier, transformé en mausolée, accueille les restes de Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759). En 2002, une nouvelle aile abritant une infirmerie s'ajoute au complexe architectural.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Notre-Dame-des-Anges

Adresse :

  • 260, boulevard Langelier

Latitude :

46° 48' 51.1"

Longitude :

-71° 14' 0.1"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Québec Cité de Québec (quartier Saint-Roch) Absent 218-1
218-2
218-3 pties
218-3-1
Québec Paroisse de Notre-Dame-des-Anges Absent 3-144
3-145

Code Borden

CeEt-600      

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Références

Notices bibliographiques :

  • AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
  • BEAUDET, Louis. Québec, ses monuments anciens et modernes, ou, Vade mecum des citoyens et des touristes. Québec, Société historique de Québec, 1973. s.p.
  • BOURGET, Charles. « Les chapelles de monastères, couvents, collèges et hôpitaux. Expression des communautés qui les ont fait ériger ». Fondation du patrimoine religieux du Québec. Fondation du patrimoine religieux du Québec [En ligne]. http://www.patrimoine-religieux.qc.ca/commucol/commucolf.htm
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Congrégation des Augustines de l'Hôpital général de Québec. Du couvent des Récollets à aujourd'hui: 300 ans d'histoire. Hôpital général de Québec, 1693-1993: guide du visiteur. Québec, Les Augustines de l'Hôpital général de Québec, 1993. 34 p.
  • GUINDON, Vianney et François PICARD. « Hôpital général et monastère ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 211-215.
  • NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.
  • Patri-Arch. Évaluation patrimoniale des couvents, monastères et autres propriétés de communautés religieuses situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Patri-Arch, 2006. s.p.
  • s.a. L'Hôpital Général de Québec: 300 ans de dévouement. Précurseur des soins gériatriques de demain. Québec, s.n., 1994. 52 p.
  • TRAQUAIR, Ramsay. The architecture of the Hopital General, Quebec. McGill University publications, series XIII (art and architecture), no 31. Montréal, McGill University, 1931. 33 p.
  • TRÉPANIER, Paul. Le patrimoine des Augustines du monastère de l'Hôpital Général de Québec. Étude de l'architecture. Québec, Ministère de la Culture et des Communications / Ville de Québec, 2002. 159 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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