Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Abner-Bagg

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1819 – 1821 (Construction)

Usage :

  • Fonction commerciale (Entrepôts)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

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Description

La maison Abner-Bagg est un ensemble de trois édifices contigus en pierre et en brique d'inspiration néoclassique érigé par étape à partir de 1819. Le premier édifice, construit à l'angle des rues King et William entre 1819 et 1821 pour servir de résidence privée, présente un plan rectangulaire à deux étages et demi et est coiffé d'un toit à croupe. Bâti en 1821 et 1822 pour servir d'entrepôt, le second édifice, aussi de plan rectangulaire, comporte trois étages et est coiffé d'un toit à deux versants droits. Le dernier édifice, élevé entre 1837 et 1844 également pour servir d'entrepôt, présente un plan irrégulier à trois étages et un toit à croupe. La maison Abner-Bagg se situe dans un milieu urbain dense, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2012-10-19

Statuts antérieurs

  • Reconnaissance, 1984-02-22
 

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Valeur patrimoniale

La maison Abner-Bagg présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. À la suite de la démolition des fortifications entre 1804 et 1817, le secteur des faubourgs Sainte-Anne et des Récollets, situé à l'ouest des anciens murs, se développe rapidement. L'arasement de la muraille permet l'étalement de la vieille ville et profite particulièrement aux activités commerciales. Plusieurs entrepôts, petites fabriques et magasins sont alors construits dans cette zone, comme l'illustrent la résidence et les entrepôts du marchand Abner Bagg (vers 1789-1852). L'aménagement du canal Lachine (1821) dynamise le quartier, qui devient un important pôle d'activités commerciales et industrielles. La maison Abner-Bagg est donc un rare témoin du développement urbain de ce secteur de Montréal à l'époque préindustrielle et s'intègre à la trame architecturale de la place D'Youville.

La maison Abner-Bagg représente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à sa représentativité en tant que maison urbaine d'inspiration néoclassique. Le néoclassicisme constitue l'un des premiers apports britanniques à marquer l'architecture québécoise. La maison Abner-Bagg en est une illustration par la symétrie de certaines façades, l'ordonnance régulière des ouvertures ainsi que l'utilisation d'un parement en pierre de taille pour les façades avant. Comme plusieurs maisons, magasins et entrepôts de la première moitié du XIXe siècle, elle incarne l'expansion économique de Montréal et sa prospérité.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Abner-Bagg liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, entre autres :
- la situation à l'angle de deux rues, dans l'ancien faubourg Sainte-Anne;
- l'intégration à la trame architecturale de la place D'Youville;
- le site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec évoquant l'occupation de l'ensemble aux XIXe et XXe siècles;
- les éléments d'inspiration néoclassique, dont la composition symétrique de certaines façades, l'ordonnance régulière des ouvertures, l'utilisation de la pierre de taille pour les façades avant, le bandeau en pierre entre les étages, les appuis en pierre ainsi que l'entrée constituée d'une porte flanquée de baies latérales et surmontée d'une imposte en arc surbaissé;
- les éléments associés à l'ensemble, dont le plan en « L », la couverture en tôle à la canadienne, les fenêtres à battants à petits carreaux, le mur coupe-feu séparant deux des édifices, les corbeaux en pierre ainsi que les façades arrière en moellons équarris ou en brique;
- les composantes du premier édifice (à l'angle des rues King et William, 1819-1821), dont le plan rectangulaire, les deux étages et demi, le toit à croupe, la porte cochère à ouverture en arc surbaissé, la souche de cheminée en brique et les trois lucarnes (deux à fronton cintré et l'autre à pignon);
- les composantes du deuxième édifice (entrepôt rue King, 1821-1822), dont le plan rectangulaire, les trois étages (l'étage supérieur étant en attique) et le toit à deux versants droits;
- les composantes du troisième édifice (entrepôt rue William, 1837-1844), dont le plan irrégulier, les trois étages (l'étage supérieur étant en attique), le toit à deux versants droits et les chaînes d'angle;
- les composantes intérieures, dont le plafond du vestibule composé d'une voûte à quatre arêtes avec médaillon central ainsi que de deux arcs doubleaux, les foyers et les boiseries.

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Informations historiques

Abner Bagg (vers 1789-1852) acquiert un terrain sans bâtiment du marchand James O'Donnelly en 1819. Bagg est un riche marchand, industriel et propriétaire foncier de Montréal. Il oeuvre, notamment, dans l'importation de chapeaux provenant d'Angleterre jusqu'à la crise économique de 1827, qui le ruine.

Bagg construit une résidence d'inspiration néoclassique à l'angle des rues William et King entre 1819 et 1821. L'homme d'affaires fait ajouter un entrepôt contigu en 1821 et 1822, rue King, par les maçons François Prévost et John Watson. Un troisième édifice est élevé rue William, pour servir également d'entrepôt, entre 1837 et 1844. Les immeubles forment un plan en « L » et comportent une cour intérieure accessible par une porte cochère. Leur histoire est caractérisée par une occupation mixte, dont les composantes essentielles sont l'entreposage de marchandises, l'habitation et la présence de bureaux.

Au moment de leur construction, les bâtiments s'élèvent dans le faubourg Sainte-Anne. Au début du XIXe siècle, ce secteur de Montréal se développe rapidement après la démolition des fortifications et l'aménagement du canal Lachine. Il devient alors un important pôle industriel et commercial.

Les bâtiments sont vendus à plusieurs reprises aux XIXe et XXe siècles. Ils seront la propriété, notamment, du brasseur William Dow (1800-1868). Celui-ci les achète lors d'opérations de spéculation foncière, mais n'y installe pas son entreprise. Les immeubles sont mis en location. Ils accueillent, à titre d'exemple, les officiers de l'armée britannique entre 1862 et 1865.

La maison Abner-Bagg est reconnue en 1984. La Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA) acquiert l'ensemble en 1991. Elle entreprend leur restauration et leur recyclage en collaboration avec la firme Saint-Rémy multimédia, qui en devient locataire par la suite. Les architectes Jodoin, Lamarre, Pratte et associés dirigent les travaux qui prennent fin en 1992.

La maison Abner-Bagg est devenue classée à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 166, rue King
  • 682, rue William

Latitude :

  • 45° 29' 55.779"

Longitude :

  • -73° 33' 25.199"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Cité de Montréal (quartier Sainte-Anne) Absent 1599

Code Borden

BiFj-32      

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Références

Notices bibliographiques :

  • ARCHAMBAULT, Diane. « Maison Bagg ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 192.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Ethnoscop inc. et Gilles ROUSSEAU. La maison Bagg. Inventaire archéologique au site BiFj-32, 1992. Vieux-Montréal et Faubourgs. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications / Ville de Montréal, 1994. 69 p.
  • Ethnotech inc. et Yves LAFRAMBOISE. Maison Bagg. 166, rue King, Montréal. Étude, relevés et analyse. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1981. 93 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 5. Montréal, Éditions du Méridien, 1992. 500 p.

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