Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison William-Dow

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Club des ingénieurs de Montréal
  • Engineers' Club of Montreal
  • Strathearn House

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1860 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Locaux pour associations fraternelles)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Groupes associés (1)

Personnes associées (8)

Carte

Description

La maison William-Dow est une imposante demeure bourgeoise de style néo-Renaissance, construite en 1860 et agrandie en 1912 et en 1933. Le bâtiment de plan irrégulier, en pierre de taille grise, possède trois étages sur un soubassement dégagé. Le corps principal comporte un toit à quatre versants de faible pente. L'aile est de style Beaux-Arts, ajoutée en 1912, reprend le gabarit et les matériaux du corps principal. Une section du côté ouest, modifiée la même année, présente un passage vitré semi-circulaire en forme d'échauguette et est coiffée d'une fausse mansarde. Le seul mur visible de l'aile nord (1933), coiffée d'un toit plat, donne sur un stationnement. La façade avant est constituée de deux sections, séparées par une chaîne d'angle du corps principal. L'entrée est marquée par un portique à colonnes toscanes jumelées surmonté d'un balcon. Des bandeaux et des frises à tables rentrantes et consoles soulignent le rez-de-chaussée et l'attique, qui est couronné d'une corniche proéminente à modillons, interrompue par des fenêtres cintrées. La maison William-Dow est située au coin des rues place du Frère-André et place Phillips, en bordure de la voie publique, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal..

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison William-Dow bénéficie d'une aire de protection.

Plan au sol :

Irrégulier

Nombre d'étages :

3 ½

Groupement :

Adossé

Structure :

  • Bois
  • Maçonnerie en brique
  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Balcon
  • Cheminée
  • Entrée de cave
  • Escalier
  • Fenêtre en saillie
  • Perron
  • Portique
  • Tourelle

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Façade droite : Brique
  • Façade gauche : Pierre (Taillée)
  • Façade avant : Pierre (Taillée)

Toit :

  • Forme : À deux versants droits
    Matériau : Tôle à baguettes
  • Forme : En pavillon
  • Forme : Fausse mansarde

Autre(s) porte(s) :

  • entièrement vitrée, à battants
  • entièrement vitrée, à imposte et à baies latérales
  • métallique, à imposte

Fenêtre(s) :

  • à arc surbaissé, Fixe
  • à arc surbaissé
  • cintrée, À battants, à moyens ou grands carreaux
  • cintrée, À battants, à petits carreaux
  • Demi-circulaire
  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, À guillotine

Lucarne(s) :

  • À fronton
  • Cintrée

Éléments architecturaux :

  • Bandeau
  • Clé
  • Colonne
  • Console
  • Corniche à modillons
  • Frise
  • Fronton
  • Retour de l'avant-toit

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1975-11-06
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1978-06-12

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

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Valeur patrimoniale

La maison William-Dow présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée à sa représentativité de l'architecture bourgeoise urbaine de la deuxième moitié du XIXe siècle. À Montréal, les grandes demeures, comme celle que se fait construire William Dow (1800-1868) en 1860, sont généralement situées en périphérie du centre-ville. Dow choisit le Mille carré doré, où la bourgeoisie anglophone se concentre entre 1850 et 1930. Sa demeure est l'oeuvre de William Tutin Thomas (1829-1892), l'un des architectes les plus appréciés de cette banlieue montréalaise. De style néo-Renaissance, elle comporte une combinaison d'éléments formels et stylistiques empruntés aux palais urbains de la Renaissance italienne. Les trois étages prennent assise sur un soubassement dégagé et sont couronnés par une corniche proéminente à modillons, interrompue par les fenêtres cintrées de l'attique. Le ressaut central de la façade avant, qui comprend l'entrée principale encadrée d'un porche surmonté d'un balcon, et l'avant-corps à fronton triangulaire du côté sud sont aussi des manifestations de ce style. La composition élaborée de la maison William-Dow ainsi que son riche décor sculpté d'inspiration classique témoignent de la prospérité du premier propriétaire. Par ailleurs, la division horizontale tripartite, créée par les bandeaux ainsi que les frises à tables rentrantes et consoles, évoque la fonctionnalité intérieure d'origine. Le rez-de-chaussée (l'étage noble) et l'étage au-dessus étaient occupés par les propriétaires, tandis que le soubassement abritait des fonctions de services et que l'attique logeait les domestiques. Cette hiérarchie évoque le mode de vie de la société bourgeoise victorienne, pour qui la maison est un symbole de réussite et un lieu de préservation de l'intimité.

La maison présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique reposant sur son association avec William Dow (1800-1868). D'origine écossaise, Dow est surtout connu à titre de propriétaire de la brasserie Dow and Company, principale concurrente de la brasserie Molson. Il investit aussi dans l'immobilier, les chemins de fer, les banques et les compagnies d'assurances. L'homme d'affaires fait de plus partie, en 1865, du groupe qui fonde la Sun Life Insurance Company. Sa demeure nommée « Strathearn House » évoque la région du Perthshire où il est né. Des membres de la famille Dow occuperont les lieux jusqu'en 1907.

La maison William Dow présente en outre un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et historique en tant que club privé. D'origine anglaise, les clubs privés apparaissent à Montréal au tournant du XXe siècle et sont nombreux dans la métropole à cette époque. Ils regroupent l'élite masculine du monde de la finance et de la politique ou encore sont réservés aux diplômés d'une université ou aux membres d'une profession. La maison William-Dow est achetée en 1907 par l'Engineer's Club of Montreal. Ce changement de vocation entraîne des modifications à l'édifice. L'aile est de style Beaux-Arts est construite en 1912 et reprend l'esthétique, le gabarit et les matériaux du corps principal. Une section du côté ouest est aussi dotée d'un passage vitré semi-circulaire en forme d'échauguette et d'un toit en fausse mansarde. À l'intérieur, le grand hall et un escalier à deux volées, encadré par des colonnes corinthiennes et ioniques superposées, sont aménagés. Les architectes John Smith Archibald (1872-1934) et Charles Jewett Saxe (1870-1943) du bureau Saxe and Archibald, qui étaient membres du club, ont conçu ces modifications. L'édifice est agrandi une seconde fois en 1933 par les architectes George Allen Ross (1879-1946) et Robert Henri MacDonald (1875-1942) du bureau Ross and MacDonald. L'Engineer's Club of Montreal est dissous en 1979, mettant fin à une fonction de club privé qui a perduré pendant plus de soixante-dix ans.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2008.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison William-Dow liés à ses valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- sa situation au coin des rues place du Frère-André et place Phillips, en bordure de la voie publique;
- son volume, dont le plan irrégulier et l'élévation de trois étages sur un soubassement dégagé;
- ses matériaux, dont la maçonnerie en pierre de taille grise et l'ensemble des détails architecturaux en pierre sculptée ainsi que la couverture en tôle à baguettes;
- la relation entre le corps principal et les ailes;
- les caractéristiques du corps prinicpal, notamment les éléments en pierre de la façade (dont l'escalier central en arc de cercle menant à l'étage noble et le portique à doubles colonnes toscanes jumelées supportant une corniche à modillons surmontée d'un balcon), les autres éléments en pierre (dont les bandeaux et les frises à tables rentrantes et consoles soulignant le rez-de-chaussée et l'attique, la corniche proéminente ornée de gros modillons et interrompue par les fenêtres cintrées de l'attique, les chambranles moulurés supportant des corniches et des frontons triangulaires à consoles, les chaînes d'angle harpées et l'avant-corps à fronton triangulaire du côté sud), ainsi que les ouvertures (dont la porte principale à deux vantaux, les fenêtres rectangulaires du premier et du deuxième étage, les fenêtres cintrées de l'attique, les petites fenêtres en arc surbaissé du soubassement ornées d'une clé et la fenêtre du balcon au fronton rehaussé d'un médaillon);
- les caractéristiques de l'aile est, notamment les éléments en pierre (dont les bandeaux et les frises à tables rentrantes et consoles soulignant le rez-de-chaussée et l'attique, la corniche proéminente ornée de gros modillons en pierre et interrompue par les fenêtres cintrées de l'attique) et les ouvertures, dont les fenêtres rectangulaires du premier et du deuxième étage, les fenêtres cintrées de l'attique ainsi que les petites fenêtres en arc surbaissé du soubassement ornées d'une clé;
- les caractéristiques de la section ouest, notamment le toit en fausse mansarde, les éléments en pierre (dont le bandeau soulignant le rez-de-chaussée, les chaînes d'angle et la corniche à modillons), les éléments de la façade principale symétrique (dont le portique en bois à pilastres cannelés surmonté d'un balcon à balustrade en fer forgé, l'escalier droit en pierre, la porte en bois vitrée et ornée d'un grillage ornemental en fer forgé, les deux fenêtres rectangulaires du premier étage, les deux fenêtres rectangulaires à imposte cintrée du deuxième étage, les trois fenêtres à fronton triangulaire de la fausse mansarde ainsi que le passage semi-circulaire vitré à petits carreaux en forme d'échauguette du deuxième étage;
- les caractéristiques de l'aile nord, notamment le toit plat;
- les caractéristiques de l'intérieur, dont le grand hall, l'escalier à deux volées encadré de colonnes corinthiennes et ioniques superposées, le puits de lumière de trois étages éclairant l'escalier, le plafond à caissons de l'ancienne salle de billard, la cheminée monumentale en céramique, le foyer en marbre noir du deuxième étage et les boiseries.

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Informations historiques

Le corps principal de cette demeure du Mille carré doré a été érigé en 1860 pour l'homme d'affaires d'origine écossaise William Dow (1800-1868). Immigré au Canada en 1818, Dow s'associe au brasseur Thomas Dunn. En 1829, Dow était l'un des associés de la firme et avait été rejoint par son frère cadet Andrew. Après la mort de Dunn en 1834, la brasserie devient la William Dow and Company. Elle est alors la plus grande concurrente de la brasserie Molson et fait de William Dow un homme fortuné.

À la suite du décès d'Andrew en 1853, William Dow fait construire cette luxueuse résidence qui lui permet d'abriter Mary Dow, la veuve de son frère, et ses quatre filles. Il la nomme «Strathearn House», qui désigne la région du Perthshire où il est né. La demeure de style néo-Renaissance est l'oeuvre de William Tutin Thomas (1829-1892), l'un des architectes les plus appréciés de la bourgeoisie anglophone qui se concentre dans ce secteur entre 1850 et 1930. À Montréal, la maison Shaughnessy et la résidence de George Stephen (aujourd'hui le Mount Stephen Club), classées immeubles patrimoniaux, sont deux de ses réalisations.

Mary Dow décède en 1892 et lègue la maison à l'une de ses filles qui porte aussi le prénom de Mary. Cette dernière l'habite de manière irrégulière jusqu'en 1907, année où elle la vend à l'Engineers' Club of Montreal. D'origine anglaise, les clubs privés apparaissent à Montréal au tournant du XXe siècle et sont nombreux dans la métropole à cette époque. Ils regroupent l'élite masculine du monde de la finance et de la politique ou encore sont réservés aux diplômés d'une université ou aux membres d'une profession. L'Engineers' Club of Montreal, fondé en 1902, recrutait ses membres chez les ingénieurs exclusivement. Le club avait tenu ses réunions à l'hôtel Windsor jusqu'à l'acquisition de la résidence.

En 1912, la maison est agrandie pour répondre aux besoins du club privé. Une tour octogonale, située au nord-est, est remplacée par l'aile est de style Beaux-Arts, conçue dans la même esthétique, le même gabarit et les mêmes matériaux que le corps principal. Une section du côté ouest est aussi modifiée à cette occasion. À l'intérieur, la décoration est refaite. Un grand hall et un escalier à deux volées, encadré par des colonnes corinthiennes et ioniques superposées, sont entre autres aménagés. Les travaux sont réalisés selon les plans des architectes John Smith Archibald (1872-1934) et Charles Jewett Saxe (1870-1943) du bureau Saxe and Archibald, membres du club.

Un autre agrandissement, au nord, est réalisé en 1933 par les architectes George Allen Ross (1879-1946) et Robert Henry MacDonald (1875-1942) du bureau Ross and MacDonald.

La maison William-Dow est classée en 1975. Elle bénéficie d'une aire de protection depuis 1978. L'Engineers' Club of Montreal est dissous en 1979, et un restaurant occupe l'édifice durant quelques années. En 2008, il abritait les bureaux d'une entreprise privée.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 1175, place du Frère-André
  • 1181, place du Frère-André

Latitude :

  • 45° 30' 12.7"

Longitude :

  • -73° 34' 0.8"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montréal Cité de Montréal (quartier Saint-Antoine) Absent 1161 ptie
1163 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Communauté urbaine de Montréal. Architecture domestique I : les résidences. Répertoire d'architecture traditionnelle sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, 10. Montréal, Communauté urbaine de Montréal, Service de la planification du territoire, 1987. 803 p.
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Architecture de Montréal : guide des styles et des bâtiments. Éditions du Méridien, Montréal, 1990. 222 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.
  • SALOMON DE FRIEDBERG, Barbara. « Engineer's Club of Montreal ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 65-66.

Multimédias disponibles en ligne :

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