Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin à vent Fleming

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1827 (Construction)

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Groupes associés (1)

Personnes associées (3)

Carte

Description

Le moulin à vent Fleming est un moulin à farine construit en 1827. La tour de forme tronconique haute de cinq étages est constituée d'une épaisse maçonnerie de pierre. Elle est coiffée d'un toit semi-sphérique, d'où se déploient d'un côté une hélice formée de quatre longues pales et, à l'opposé, une structure semi-circulaire protégeant une roue. Ce moulin à vent s'élève au centre d'un parc planté d'arbres matures, à proximité du fleuve Saint-Laurent, dans l'arrondissement municipal LaSalle de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Circulaire

Nombre d'étages :

5

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Maçonnerie en pierre

Saillies :

  • Entrée de cave
  • Escalier
  • Galerie

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Pierre (Structure apparente)
  • Façade avant : Bois (Planche verticale)

Toit :

  • Forme : Dôme
    Matériau : Bois, bardeaux

Porte principale :

  • bois massif, à battants

Fenêtre(s) :

  • carrée, À battants, à petits carreaux
  • Rectangulaire, À battants, à petits carreaux

Éléments architecturaux :

  • Balustrade en bois
  • Chambranle
  • Linteau

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1983-01-13
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin à vent Fleming présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce moulin privé est lié à l'un des plus importants procès de l'histoire du droit seigneurial au Canada. Le régime seigneurial imposait, en effet, aux seigneurs l'obligation de construire un moulin pour leurs censitaires, qui devaient en contrepartie y faire moudre leur grain et payer un droit de mouture, nommé droit de banalité. Les seigneurs étaient les seuls autorisés à exploiter un moulin dans les limites de leur seigneurie. Contrevenant à cette disposition, l'immigrant écossais William Fleming (1786-1860) fait construire, en 1815, un premier moulin, où il moud non seulement de l'orge et du riz pour les brasseurs des environs, mais aussi du blé pour des censitaires des Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal. S'ensuit une guérilla judiciaire qui dure de 1816 à 1825 et se termine par l'abandon des procédures par le Séminaire. Par la suite, Fleming fait construire le moulin actuel par le maçon William Morrison en 1827. Ce moulin évoque ainsi l'opposition ouverte de plusieurs immigrants britanniques à certains principes du droit seigneurial.

Le moulin à vent Fleming présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale et technologique. Il est représentatif d'un type de bâtiment industriel, le moulin à farine. Ce bâtiment témoigne d'une ancienne technologie utilisée dans la vallée du Saint-Laurent de la fin du XVIIe siècle jusque dans les premières décennies du XXe siècle. Le moulin à vent utilise la force éolienne captée par des ailes fixées à un arbre, dont le mouvement de rotation est transmis aux meules par un engrenage. Afin de tirer profit des vents dominants, les constructeurs de moulins recherchent des emplacements bien dégagés. Le moulin Fleming, construit aux abords du fleuve Saint-Laurent, est conçu selon des traditions européennes et reprend une technologie séculaire. C'est cependant l'unique représentant au Québec du moulin-tour de type britannique. Le moulin à vent de Grande-Bretagne se distingue de celui de tradition française par ses dimensions plus considérables et par le mécanisme qui sert à orienter les ailes. Ce dernier est constitué d'un câble, accessible à partir d'une galerie ceinturant la tour, qui active un volant faisant pivoter la calotte. Même s'il ne possède plus ses mécanismes intérieurs, le moulin Fleming, par sa tour en pierre haute de cinq étages ainsi que sa calotte sphérique et ses accessoires extérieurs reconstitués, est à la fois représentatif de la technologie des moulins à vent et unique au Québec par ses éléments d'inspiration britannique.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du moulin à vent Fleming liés à ses valeurs historique, architecturale et technologique comprennent, entre autres :
- sa situation sur un terrain plat, près du fleuve Saint-Laurent;
- ses éléments rattachés au moulin-tour britannique, dont la forme tronconique très large à la base, l'élévation de cinq étages, les traces des crampons maintenant autrefois le revêtement de planches verticales, les traces des ouvertures servant à ancrer les poutres de la galerie ceinturant la tour au premier étage et les cinq niveaux d'ouvertures.

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Informations historiques

En 1814, l'Écossais William Fleming (1786-1860), récemment arrivé au Bas-Canada, acquiert de William Reid le terrain sur lequel s'élève le moulin actuel. Fort de ses connaissances sur les dernières innovations techniques en matière de construction et d'opération de moulins à vent acquises avant son départ d'Écosse, il construit un moulin entièrement en bois l'année suivante. La première année, Fleming moud l'orge et le riz pour les brasseries de la région. Cette pratique était alors tolérée, mais le droit de moudre le blé des censitaires était réservé aux seigneurs. Le régime seigneurial leur imposait, en effet, l'obligation de construire un moulin pour leurs censitaires, qui devaient en contrepartie y faire moudre leur grain et payer un droit de mouture, nommé droit de banalité.

Malgré l'interdiction de moudre le blé des censitaires, Fleming se lance dans la production de farine dès 1816, appuyé par la communauté d'hommes d'affaires anglais et écossais ainsi que par des cultivateurs canadiens. Alertés, les Sulpiciens intentent immédiatement une poursuite contre Fleming. Après neuf ans de procès, le statu quo est décrété par la Cour du banc du roi (Court of King's) et les Sulpiciens abandonnent les procédures.

En 1827, Fleming décide d'ériger un nouveau moulin, plus solide et plus efficace que le précédent. Il signe alors un contrat avec le maçon William Morrison devant le notaire Peter Lukin, fils. Afin de ne pas soulever de nouveaux conflits, ce contrat stipule que Morrison doit ériger une maison en pierre, haute de cinq étages et de forme tronconique. Avant la fin de l'année, le moulin est prêt à moudre les premiers grains. Fleming a lui-même réalisé la charpente du toit et les ouvrages de menuiserie. Après sa mort, son fils John le remplace comme meunier. Le moulin cesse de fonctionner en 1892, à une époque où de nombreux moulins à vent sont laissés à l'abandon, l'industrialisation les ayant rendus désuets.

Vers 1930, l'extérieur du moulin à vent Fleming est restauré. Il est acquis en 1947 par la Ville de LaSalle qui, en 1982, en fait son emblème.

Le moulin à vent Fleming est classé en 1983. De 1989 à 1991, il fait l'objet d'importants travaux par la firme d'architectes Faucher, Aubertin, Brodeur, Gauthier : la tour est restaurée, le toit, la galerie, les ailes de même que la roue permettant d'orienter les ailes sont reconstitués et l'intérieur est aménagé en centre d'interprétation sur l'histoire du moulin. Des fouilles archéologiques permettent aussi de documenter l'occupation des lieux.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • LaSalle

Adresse :

  • 9675, boulevard LaSalle

Lieux-dits :

  • LaSalle

Latitude :

  • 45° 25' 33.789"

Longitude :

  • -73° 39' 36.345"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 929 575

Code Borden

BiFj-7      

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • BÉLISLE, Jean. « Moulin à vent ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 183-184.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • GERMAIN, Georges-Hébert. Un moulin pas banal. LaSalle, Ville de LaSalle, 1991. 69 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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