Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Site archéologique des Forges-Grondin

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Forges Grondin

Région administrative :

  • Mauricie

Municipalité :

  • Saint-Boniface

Date :

  • 1878 – (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine industriel

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation des minéraux et fabrication de produits finis (Forges)
  • Fonction industrielle, transformation des minéraux et fabrication de produits finis (Industries des métaux ferreux)
  • Production et extraction de richesses naturelles (Extraction minière: minéraux métalliques)

Éléments associés

Groupes associés (2)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le site archéologique des Forges-Grondin est un complexe sidérurgique ayant été en activité de 1878 à 1881. Il comprend les vestiges encore partiellement debout d'un haut fourneau, ceux enfouis d'autres éléments du complexe industriel, une tranchée associée à l'extraction du minerai ainsi que le terrain boisé, comptant trois secteurs, soit le secteur industriel, le secteur domestique et le secteur de la mine. Le haut fourneau s'élève au pied d'une colline au sommet plat. Situé en bordure de l'embouchure de la rivière Machiche, le site archéologique fait partie de la municipalité de Saint-Boniface.

Ce bien est classé site patrimonial. Il est inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1987-10-27
 

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Valeur patrimoniale

Le site archéologique des Forges-Grondin présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site constitue un témoin de l'histoire de la sidérurgie et du contexte socioéconomique de la seconde moitié du XIXe siècle. Secteur d'activité majeur en Mauricie dès le XVIIIe siècle, la production de métal ferreux est affectée vers la fin des années 1870 par la baisse des prix de ce matériau. Ce fait, combiné à un ralentissement de l'industrie forestière, entraîne l'économie régionale dans une période de récession. La création d'un complexe sidérurgique par Hyacinthe Grondin à Saint-Boniface est ainsi accueillie avec enthousiasme. La Compagnie des mines de fer de Shawinigan est composée d'une centaine d'actionnaires, dont la plupart sont des cultivateurs locaux auxquels on promet un emploi aux forges. En septembre 1878, la construction des installations industrielles est terminée et les activités sidérurgiques commencent. Cependant, les forges cessent leurs activités dès janvier 1879, une coulée du minerai exploité ayant figé à l'intérieur du haut fourneau, qui a dû être éventré pour l'en extraire. Ce minerai contient une forte proportion de titane qui peut, comme ce fut le cas ici, obstruer le fourneau si la température n'est pas adéquate. Accablé de dettes et de poursuites judiciaires, Grondin tente un plan de relance l'année suivante en louant les installations à Alexander Mills McDougall, gérant des forges du Saint-Maurice, et son associé Louis Dusseault, anciennement contremaître aux forges L'Islet. Les activités reprennent donc le 13 juillet 1880, mais McDougall et Dusseault doivent mettre fin à la production de fonte en mars 1881. L'incapacité du haut fourneau de fondre efficacement le minerai local, le contexte économique difficile, les déboires financiers de Grondin et possiblement le manque de qualification de bon nombre d'ouvriers ont ainsi eu raison des forges Grondin. Le site constitue aujourd'hui un témoin d'une industrie prospère en Mauricie au XIXe siècle.

Le site présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique et technologique. Grâce à ses vestiges, ce lieu renseigne sur les différentes opérations menant à la production de la fonte au charbon de bois dans un complexe sidérurgique de la seconde moitié du XIXe siècle. Ce complexe comprenait un haut fourneau, ouvrage central de l'établissement, des fours et des abris à charbon, une soufflerie, une chaussée, des canaux d'amenée d'eau et des équipements hydrauliques, un magasin d'approvisionnement et des maisons en pièce sur pièce pour les ouvriers, ainsi que des écuries, des boutiques et des entrepôts divers dont un pour la viande. Le complexe occupe un emplacement stratégique. La rivière Machiche traverse le terrain qui présente une rupture de pente. À cet endroit, la rivière forme une chute qui fournissait l'énergie nécessaire au fonctionnement du haut fourneau. Le charbon de bois est utilisé pour produire la chaleur nécessaire à la fusion du minerai dans le haut fourneau et à la séparation des éléments métalliques et des impuretés. Les hauts fourneaux, comme celui des forges Grondin, sont habituellement érigés au pied d'une pente au sommet de laquelle une rampe est reliée au gueulard afin d'y charger les matières premières. Dans ce cas-ci, le sommet plat de la colline à côté de laquelle s'élève le haut fourneau servait de rampe. Les ouvriers utilisaient un minerai extrait d'une mine située à proximité pour produire du fer puddlé vendu à l'état brut sous forme de grandes barres de fonte nommées gueuses et destinées à l'industrie de transformation. Les vestiges du haut fourneau des forges Grondin présentent une forme pyramidale tronquée en maçonnerie autrefois revêtue à l'intérieur de briques réfractaires. Ce type de haut fourneau est caractéristique de ceux érigés avant 1880 en Mauricie.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2009.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique des Forges-Grondin liés à ses valeurs historique, archéologique et technologique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la rivière Machiche et à proximité de gisements de minerai de fer;
- les vestiges du haut fourneau;
- la colline aménagée en rampe permettant l'accès au gueulard du haut fourneau;
- les autres vestiges apparents au sol, dont les présumés fours à charbon de bois et le dépotoir de déchets industriels;
- le barrage sur la rivière en relation avec les besoins en matière de force hydraulique.

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Informations historiques

Le site archéologique des Forges-Grondin comprend les vestiges d'un complexe sidérurgique ayant été en activité de 1878 à 1881. Ce complexe se situe en Mauricie, où naissent les premières sidérurgies d'importance du Canada, à la suite de la création en 1729 des forges du Saint-Maurice et en 1798 des forges de Batiscan. Quoique ce secteur d'activité soit majeur en Mauricie, l'industrie sidérurgique est en baisse depuis la fin des années 1870, en raison de la chute des prix du fer. Cette situation entraîne même la fermeture temporaire des forges du Saint-Maurice en 1877 et celle définitive des forges de L'Islet en 1878. Ajoutée à un ralentissement de l'industrie forestière, cette situation plonge la Mauricie dans une période de récession. Lorsque Hyacinthe Grondin décide d'ouvrir de nouvelles forges à Saint-Boniface, la population locale accueille avec enthousiasme cette annonce. Grondin met sur pied la Compagnie des mines de fer de Shawinigan, composée d'une centaine d'actionnaires, dont la plupart sont des cultivateurs locaux auxquels on promet un emploi aux forges.

Les ouvriers-actionnaires entreprennent la construction du complexe sidérurgique qui comprend un haut fourneau, ouvrage central de l'établissement, des fours et des abris à charbon, une soufflerie, une chaussée, des canaux d'amenée d'eau et des équipements hydrauliques, un magasin d'approvisionnement et des maisons en pièce sur pièce pour les ouvriers, ainsi que des écuries, des boutiques et des entrepôts divers dont un pour la viande. La production débute à l'automne 1878. Les forges produisent de grandes barres de fonte appelées gueuses, destinées à l'industrie de transformation.

Le minerai exploité par les forges Grondin comprend une forte concentration de titane. Cette composante rend le minerai plus difficile à fondre que celui habituellement employé dans la région. Il peut obstruer le fourneau si la température n'est pas adéquate. Un accident technique survient en janvier 1879. Une coulée durcit à l'intérieur du haut fourneau, qui doit être éventré pour en extraire la masse métallique. Dès lors, la production est arrêtée, à peine quelques mois après l'inauguration de l'établissement. En plus de ces déboires, Grondin, qui a omis d'enregistrer l'entreprise faute de capitaux, fait perdre la mise de fond des actionnaires qui intentent alors contre lui des recours en justice.

Afin de remettre l'entreprise sur pied, Grondin décide de louer le site à la compagnie McDougall et Dusseault administrée par Alexander Mills McDougall, gérant des forges du Saint-Maurice, et son associé Louis Dusseault, anciennement contremaître aux forges de L'Islet. Ces derniers apportent des améliorations technologiques, dont l'installation de machines à vapeur, et la production reprend enfin le 13 juillet 1880. Malgré l'augmentation du prix du fer depuis plusieurs mois, la compagnie de McDougall et Dusseault est en mauvaise posture financière et déclare faillite, mettant définitivement fin à ses activités en mars 1881.

Le site est par la suite abandonné et le vestige du haut fourneau, quoique endommagé, demeure la seule structure toujours debout. Au cours des années 1980, le site est visité par des archéologues qui reconnaissent son potentiel de recherche, mais aucune fouille n'a encore été effectuée.

Le site archéologique des Forges-Grondin est classé en 1987.

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Emplacement

Region administrative :

  • Mauricie

MRC :

  • Maskinongé

Municipalité :

  • Saint-Boniface

Adresse :

  • chemin du Lac-des-Îles

Lieux-dits :

  • Saint-Boniface-de-Shawinigan

Latitude :

  • 46° 30' 11.2"

Longitude :

  • -72° 52' 11.0"

Désignation cadastrale :

  • Lot 3 761 162
  • Lot 3 761 195

Code Borden

CdFf-1      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • Commission des biens culturels du Québec. « Site archéologique des Forges-Grondin ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 23.
  • GAUTHIER, Benoît et al. Les Forges Grondin. Évaluation du potentiel historique et archéologique. s.l. Société Saint-Jean-Baptiste de Saint-Boniface / Ministère des Affaires culturelles, 1985. 171 p.
  • HARDY, René, dir., Claire-Andrée FORTIN et Benoît GAUTHIER. Description des techniques et analyse du déclin de la sidérurgie mauricienne, 1846-1910. Trois-Rivières, Ministère des Affaires culturelles, 1988. 289 p.
  • HARDY, René, dir., Claire-Andrée FORTIN et Benoît GAUTHIER. Les entreprises sidérurgiques mauriciennes au XIXe siècle : approvisionnement en matières premières, biographies d'entrepreneurs, organisation et financement des entreprises. Trois-Rivières, Ministère des Affaires culturelles, 1986. 204 p.
  • HARDY, René. La sidérurgie dans le monde rural : les hauts fourneaux du Québec au XIXe siècle. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1995. 303 p.
  • SENAY, Pierre, dir. et al. Archéologie industrielle. Prospection archéologique de surface des forges Grondin, L'Islet et Radnor. Cahiers d'archéologie québécoise, 1. Trois-Rivières, Université du Québec à Trois-Rivières, 1985. 153 p.

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