Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Chapelle Notre-Dame-de-Grâce

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Chapelle des Pâquet
  • Chapelle Notre-Dame-de-Grâces

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Lévis

Date :

  • 1867 – 1868 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine religieux (Culte)

Tradition religieuse :

  • Christianisme (Catholicisme (rite latin))

Usage :

  • Services et institutions (Chapelles privées)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (3)

Personnes associées (7)

Images

Carte

Description

La chapelle Notre-Dame-de-Grâce est un petit édifice religieux privé de tradition catholique érigé en 1867 et 1868. D'inspiration néogothique, cette chapelle en brique de plan rectangulaire est coiffée d'un toit aigu à deux versants droits. Sa façade, flanquée de contreforts et encadrée de pinacles, est dotée d'un imposant porche ajouté en 1897. Une sacristie est adossée contre le mur ouest. La chapelle Notre-Dame-de-Grâce est implantée en bordure de la route, dans un environnement agricole, face au fleuve Saint-Laurent. Elle est située dans l'arrondissement municipal des Chutes-de-la-Chaudière-Ouest de la ville de Lévis.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il bénéficie d'une aire de protection. La chapelle Notre-Dame-de-Grâce est comprise dans un site patrimonial cité.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1989-11-24
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1992-10-05
 
Délimitation Situé dans une aire de protection Ministre de la Culture et des Communications
 
Citation Situé dans un site patrimonial Municipalité (Lévis)
 

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Valeur patrimoniale

La chapelle Notre-Dame-de-Grâce présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le petit édifice est bâti en 1867 et 1868 à l'initiative de Benjamin Pâquet (1832-1900), prêtre, théologien, professeur et administrateur de l'Université Laval. Sa construction fait suite à une promesse à la Vierge pour la guérison de son frère, l'abbé Louis-Honoré Pâquet (1838-1915), de santé très fragile. Située sur la terre familiale des Pâquet, il s'agit d'abord d'un lieu de culte privé. Une sacristie est adossée contre le mur ouest en 1896 et un imposant porche s'ajoute l'année suivante, permettant d'accueillir plus de fidèles lors de célébrations liturgiques. À proximité de l'ancien Ermitage Notre-Dame-de-Grâce, résidence de villégiature érigée en 1890 pour Mgr Benjamin Pâquet, la chapelle est utilisée à des fins religieuses jusqu'au milieu du XXe siècle.

La chapelle Notre-Dame-de-Grâce présente aussi un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. Le bâtiment est représentatif des chapelles votives. Reliées au culte catholique, les chapelles votives constituent une manifestation privilégiée de la religion populaire. Dédiées à un saint patron, elles servent de lieux de recueillement et de rassemblement pour les paroissiens. Elles constituent également des repères visuels et participent à la sacralisation du paysage québécois. Ces chapelles accueillent des offices religieux, notamment lors de la procession effectuée pendant l'octave de la fête du saint. À l'occasion, elles sont utilisées comme reposoirs lors de processions comme celles de la Fête-Dieu ou des Rogations. La chapelle Notre-Dame-de-Grâce, située à proximité de l'église paroissiale, servait notamment au moment de pèlerinages, des dévotions paroissiales du mois de mai et d'événements spéciaux.

La chapelle Notre-Dame-de-Grâce présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le lieu de culte est représentatif de l'architecture d'inspiration néogothique. Le néogothique, style romantique qui préconise un retour à l'architecture médiévale, apparaît au Canada au début des années 1820. Ce style est privilégié pour symboliser la foi chrétienne principalement au milieu du XIXe siècle. Son vocabulaire est le plus souvent utilisé à des fins symboliques et ornementales plutôt que structurales. Érigée d'après les plans de l'abbé Octave Audet et d'un dénommé Lapointe, la chapelle Notre-Dame-de-Grâce en est une illustration notamment par sa verticalité, ses ouvertures en arc brisé ainsi que par ses contreforts et ses pinacles d'angle. Le porche s'harmonise grâce à ses ouvertures en arc brisé, ses pinacles et ses ornements. La chapelle Notre-Dame-de-Grâce se distingue par son architecture élaborée et la qualité de l'exécution.

La chapelle Notre-Dame-de-Grâce présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique liée à son décor intérieur. Le décor architectural illustre également l'influence néogothique, notamment par la fausse voûte d'ogives dotée de liernes et de tiercerons, les arcs-formerets, les lambris couronnés d'une frise dentelée ornée de pointes de lance ainsi que par la forme en arc brisé des niches et de la porte. Le maître-autel présente un intérêt artistique par son ornementation élaborée puisant à la même esthétique. Le décor peint comprend des tableaux de l'artiste italien Vincenzo Pasqualoni (1819 ou 1820-vers 1880), dont « Saint Michel terrassant Lucifer » et « Mater admirabilis », placés dans des cadres aux motifs néogothiques. Le décor est complété par des vitraux et par des statues provenant de Munich, témoignant ainsi de l'importation au Québec, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de sculptures religieuses d'Allemagne pour orner les églises. Le décor intérieur de la chapelle Notre-Dame-de-Grâce, d'une grande unité stylistique, est remarquable compte tenu de sa fonction de lieu de culte privé.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de la chapelle Notre-Dame-de-Grâce liés à ses valeurs historique, ethnologique, architecturale et artistique comprennent, notamment :
- sa situation en bordure de la route, dans un environnement agricole, face au fleuve Saint-Laurent;
- sa localisation dans le site du patrimoine de Saint-Nicolas, à proximité de la maison Pâquet, également classée immeuble patrimonial;
- son volume, dont le plan rectangulaire, le toit aigu à deux versants droits et la sacristie adossée contre le mur ouest;
- les matériaux, dont la maçonnerie en brique, la couverture en bardeaux de cèdre aux motifs polychromes et les ouvertures en bois;
- les composantes liées au style néogothique, dont les arcades et les ouvertures en arc brisé, les contreforts, les pinacles ainsi que le porche en bois (doté d'ouvertures en arc brisé, de panneaux sculptés, d'impostes à réseau polylobé, d'un entablement sculpté et surmonté de pinacles aux extrémités);
- les composantes de la sacristie de plan rectangulaire, dont le toit à deux versants droits ainsi que la porte rectangulaire à panneaux;:
- le décor architectural intérieur, dont la fausse voûte d'ogives dotée de liernes et de tiercerons, les arcs-formerets, les colonnettes, les boiseries décorant la voûte du choeur, les lambris couronnés d'une frise dentelée ornée de pointes de lance, les niches en arc brisé ainsi que la porte à double vantail au vitrage en arc brisé et son imposte à réseau polylobé aussi en arc brisé;
- le maître-autel de style néogothique composé d'un tombeau et d'un imposant tabernacle en bois;
- le décor peint, dont les tableaux de Vincenzo Pasqualoni « Saint Michel terrassant Lucifer » et « Mater admirabilis »;
- le décor sculpté, dont les cadres des tableaux de style néogothique;
- les statues des saints;
- les vitraux.

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Informations historiques

La chapelle est bâtie en 1867 et 1868 à l'initiative de Benjamin Pâquet (1832-1900), prêtre, théologien, professeur et administrateur de l'Université Laval. Elle se situe sur une partie de l'ancien domaine de la famille Pâquet, qui s'est établie à cet endroit en 1764 et y est demeurée pendant plus de 150 ans.

En 1863, les abbés Benjamin (1832-1900) et Louis-Honoré Pâquet (1838-1915), issus de cette famille, sont désignés comme futurs professeurs de la faculté de théologie de l'Université Laval et partent parfaire leur formation à Rome. Au cours de ce séjour, Benjamin Pâquet fait la promesse d'élever un monument à la gloire de la Vierge pour la guérison de son frère Louis-Honoré, de santé très fragile. En 1866, Benjamin Pâquet obtient son doctorat en théologie et rentre à Québec. Il fait ériger la chapelle Notre-Dame-de-Grâce d'après les plans de l'abbé Octave Audet et d'un dénommé Lapointe. Sa construction sur la terre familiale, alors propriété de son frère Étienne-Théodore Pâquet (1822-1888), est commencée en 1867. Agriculteur et maire de la municipalité de paroisse, ce dernier fournit entre autres le bois. La chapelle d'inspiration néogothique, achevée et bénite en 1868, atteint une hauteur de 33 pieds (10 mètres), évoquant ainsi l'âge du Christ. La première messe est célébrée par Étienne Baillargeon (1807-1870), curé de la paroisse de Saint-Nicolas et ami de la famille.

Le décor intérieur est réalisé en plusieurs étapes. En 1876, l'abbé Audet exécute le tabernacle du maître-autel. Une statue de la Vierge provenant de Lyon, en France, y est installée. Offerte par le curé de la paroisse de Saint-Romuald, l'abbé Pierre-Télesphore Sax (1822-1881), elle se trouvait auparavant dans cette église. Plusieurs statues sont acquises lors des voyages de Mgr Benjamin Pâquet, notamment à Munich en 1871 et à Rome en 1876. Au cours de ce dernier séjour, il commande des tableaux au peintre italien Vincenzo Pasqualoni (1819 ou 1820-vers 1880), dont « Saint Michel terrassant Lucifer » et « Mater admirabilis ».

En 1886, des réparations sont effectuées. En 1890, Mgr Pâquet fait construire l'Ermitage Notre-Dame-de-Grâce, une résidence de villégiature, derrière le temple. Le lieu est voué au repos, à l'éducation religieuse, à la méditation ainsi qu'à la prière. En 1896, une sacristie est adossée contre le mur ouest de la chapelle et un imposant porche s'ajoute l'année suivante.

La chapelle est utilisée à des fins religieuses jusqu'au milieu du XXe siècle. Située à proximité de l'église paroissiale, elle sert notamment au moment de pèlerinages, des dévotions paroissiales du mois de mai et d'événements spéciaux.

Le porche est enlevé en 1956 en raison de l'élargissement de la route nationale et entreposé. En 1998, la chapelle est reculée d'une quinzaine de mètres par rapport à la route. Elle est restaurée et son porche est rétabli de 1998 à 2000.

La chapelle est comprise dans le site du patrimoine de Saint-Nicolas depuis 1987.

La chapelle Notre-Dame-de-Grâce est classée en 1989. Elle bénéficie d'une aire de protection depuis 1992.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Lévis

Municipalité :

  • Lévis

Arrondissement municipal :

  • Les Chutes-de-la-Chaudière-Ouest

Adresse :

  • route Marie-Victorin

Latitude :

  • 46° 41' 59.3"

Longitude :

  • -71° 25' 9.7"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Lévis Paroisse de Saint-Nicolas Absent 236 (ptie) Rang I

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • CHASSÉ, Sonia. « Pâquet, Benjamin ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MAGNAN, Hormisdas. La famille Pâquet et les familles alliées. Québec, Imp. Laflamme, 1918. 334 p.
  • s.a. « Chapelle de Notre-Dame-de-Grâce ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 28.

Multimédias disponibles en ligne :

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