Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Moulin banal des Aulnaies

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Roch-des-Aulnaies

Date :

  • 1842 (Construction)

Usage :

  • Fonction industrielle, transformation de matières végétales et animales (Moulins à farine)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (4)

Patrimoine immatériel associé (1)

Carte

Description

Le moulin banal des Aulnaies est un moulin à eau conçu pour moudre la farine. Construit en 1842, ce bâtiment industriel de plan rectangulaire en pierre, de trois étages et demi, est coiffé d'un toit à deux versants droits aux larmiers courts. Il est situé à la jonction de la route de la Seigneurie et de la route 132, au coeur de la municipalité de Saint-Roch-des-Aulnaies, et est adossé contre une dénivellation longeant la rivière Le Bras.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est situé à proximité du domaine seigneurial des Aulnaies, également classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1977-09-07
 
Délimitation Situé dans une aire de protection Ministre de la Culture et des Communications
 

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Valeur patrimoniale

Le moulin banal des Aulnaies présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs architecturale et technologique. Il est représentatif d'un type de bâtiment industriel, le moulin à eau. Ce moulin, construit en 1842, est un édifice monumental conçu pour mettre à profit au maximum la force hydraulique de la rivière Le Bras. Il intègre à l'origine quatre moulanges et chaque niveau remplit une fonction particulière liée à la production de la farine. Le premier niveau, où sont livrés les sacs de blé, accueille les mécanismes de transmission de l'énergie; le deuxième loge les mécanismes qui transforment le grain, dont les meules de pierre et le bluteau qui partage la mouture en diverses qualités de farine; le troisième renferme le crible-tarare et sert aux transactions.

Le moulin banal des Aulnaies présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne du régime seigneurial. L'appellation « moulin banal » tire son origine de l'obligation faite aux seigneurs de construire un moulin à farine pour leurs censitaires, qui doivent y faire moudre leur grain et payer en retour un droit de mouture, nommé droit de banalité. Le moulin a donc toujours eu une fonction socioéconomique importante dans les seigneuries. En 1656, la seigneurie de la Grande-Anse, aussi appelée seigneurie des Aulnaies, est attribuée à Nicolas Juchereau (vers 1627-1692). Elle figure parmi les trente premières seigneuries concédées en Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés. Le marchand Amable Dionne (1781-1852), qui avait acheté la seigneurie en 1837, construit le moulin actuel en 1842, sur l'emplacement de deux anciens moulins, le premier bâti en 1738 et le second en 1789. Il le dote dès le début d'un dispositif pour le sciage du bois, ce qui montre bien l'esprit d'entreprise de ce riche commerçant qui, à la fin de sa vie, était l'homme le plus influent et respecté de la Côte-du-Sud. Par ailleurs, ce moulin présente un intérêt didactique. Dans les années 1980, il a été aménagé pour faire partie, avec le domaine seigneurial établi à proximité, d'un centre d'interprétation sur le régime seigneurial.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du moulin banal des Aulnaies liés à ses valeurs architecturale, technologique et historique comprennent, notamment :
- sa situation à proximité du domaine seigneurial, au coeur de la municipalité de Saint-Roch-des-Aulnaies, adossé contre une forte dénivellation longeant la rivière Le Bras;

- la volumétrie du bâtiment, dont le plan rectangulaire, les trois étages et demi et le toit à deux versants droits aux larmiers courts;
- les matériaux, dont la maçonnerie de pierres équarries sur les trois côtés les plus visibles et en moellons au sud, les esses, le recouvrement de bardeaux de cèdre du toit, des pignons, des lucarnes et du lanterneau central;
- les trois niveaux accueillant chacun une fonction liée à la production de la farine, ainsi que les mécanismes tels le crible-tarare, les moulanges et le bluteau;
- les éléments liés à l'utilisation de la force hydraulique, dont le canal d'amenée, l'immense roue à godets, les roues d'engrenage, les arbres moteurs et le canal de fuite;
- la disposition symétrique des ouvertures, les fenêtres à battants à petits carreaux et leurs chambranles ouvragés, les lucarnes à pignon, la porte du troisième étage située au niveau du sol du côté sud-est, la porte du mur pignon sud surélevée par rapport au plancher du premier niveau;
- la souche de cheminée sur le pignon nord.

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Informations historiques

En 1656, la seigneurie de la Grande-Anse, aussi appelée la seigneurie des Aulnaies, est attribuée à Nicolas Juchereau (vers 1627-1692). Elle figure parmi les trente premières seigneuries concédées en Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés. L'appellation « moulin banal » tire son origine de l'obligation faite aux seigneurs de construire un moulin à farine pour leurs censitaires, qui doivent y faire moudre leur grain et payer en retour un droit de mouture, nommé droit de banalité. Le moulin a donc toujours eu une fonction socioéconomique importante dans les seigneuries.

Le marchand Amable Dionne (1781-1852) achète la seigneurie de la Grande-Anse en 1837. Amable Dionne est aussi un homme politique important qui, entre autres, siègera de 1830 à 1837 à la chambre d'Assemblée du Bas-Canada comme député de la circonscription de Kamouraska et signera les 92 résolutions déposées en 1834. Vers la fin de sa vie, ce riche commerçant est l'homme le plus influent et respecté de la Côte-du-Sud.

Le moulin est érigé en 1842 sur l'emplacement de deux anciens moulins, le premier construit en 1738 et le second en 1789. Le nouveau bâtiment intégrerait une partie des murs de pierre du second moulin. Le seigneur engage l'ingénieur irlandais Edward Ennis pour fabriquer les mécanismes du moulin et le charpentier François Richard pour édifier le bâtiment. Dans une annexe en bois érigée contre le mur sud-est, une scierie comprenant trois scies s'ajoute en 1845. Demeuré la propriété de la famille Dionne qui le loue à des meuniers jusqu'en 1881, le moulin passe par la suite entre les mains de plusieurs propriétaires et meuniers. En 1926, son mécanisme est modernisé, alors que la roue à godets est remplacée par un moteur et que les meules en pierre cèdent la place à des moulanges à marteaux. Le logement du meunier qui occupait une partie du troisième niveau et des combles disparaît au cours des années 1930.

Le moulin banal des Aulnaies a été restauré dans son état originel avec l'aide financière du ministère des Affaires culturelles du Québec et classé en 1977. Il fait actuellement partie, avec le domaine seigneurial aussi classé immeuble patrimonial qui s'élève à proximité, d'un centre d'interprétation sur le régime seigneurial. Le moulin est toujours utilisé pour moudre de la farine.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • L'Islet

Municipalité :

  • Saint-Roch-des-Aulnaies

Adresse :

  • 525, route de la Seigneurie

Latitude :

  • 47° 18' 55.062"

Longitude :

  • -70° 8' 37.36"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
L'Islet Paroisse de Saint-Roch-des-Aulnets Absent 80A ptie
88 ptie
88B ptie

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • ADAM-VILLENEUVE, Francine et Cyrille FELTEAU. Les moulins à eau de la vallée du Saint-Laurent. Montréal, Les Éditions de L'Homme, 1978. 476 p.
  • BÉLANGER, Louis-Philippe. « Moulin banal ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 394-398.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.

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