Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Domaine seigneurial de Saint-Ours

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Saint-Ours, domaine seigneurial

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Saint-Ours

Date :

  • 1792 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine de la Nouvelle-France

Usage :

  • Non applicable

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (4)

Personnes associées (5)

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Carte

Description

Le domaine seigneurial de Saint-Ours est un ensemble comprenant un manoir, des dépendances et leur terrain. Le manoir est un imposant bâtiment en pierre de plan rectangulaire, à deux étages et demi, coiffé d'un toit à croupes. Il comporte une annexe latérale en brique. Il a été construit en 1792 et modifié au XIXe siècle. Le domaine englobe aussi une écurie en bois de plan rectangulaire ornée d'un pignon central et de deux clochetons, une remise en bois de plan carré coiffée d'un toit en pavillon et un garage également en bois. Le jardin est composé d'arbres d'essences variées, des bosquets et des plates-bandes de fleurs. Le domaine s'étend entre la rivière Richelieu, à l'ouest, et le chemin des Patriotes, à l'est, à la limite nord de l'ancien village de Saint-Ours, dans la municipalité du même nom.

Ce bien est classé site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1982-02-25
 

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Valeur patrimoniale

Le domaine seigneurial de Saint-Ours présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il constitue un témoin du régime seigneurial et de la grande famille qui lui est rattachée. Cette seigneurie est concédée par l'intendant Jean Talon (1626-1694) à Pierre de Saint-Ours (1640-1724) en 1672. Parmi ses propriétaires successifs se trouvent son petit-fils Charles de Saint-Ours (1753-1834), qui a fait construire le second manoir (le bâtiment actuel), et François-Roch de Saint-Ours (1800-1839), qui a siégé au Conseil législatif du Bas-Canada à partir de 1830 et est devenu shérif de Montréal en 1837. En 2006, le domaine seigneurial appartenait toujours aux descendants des seigneurs de Saint-Ours, ce qui constitue un cas unique au Québec.

Le domaine seigneurial de Saint-Ours présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le manoir est représentatif de l'évolution de ce type d'habitation. Érigé en 1792, celui-ci n'était à l'origine, à l'instar des manoirs de cette époque, qu'une maison d'inspiration française plus spacieuse que les autres, qui servait à la fois de résidence et de bureau au seigneur. La demeure connaît cependant des transformations importantes au XIXe siècle, dans l'esprit des villas situées en périphérie de Québec et de Montréal. Ces villas se présentent comme de grandes demeures reflétant des emprunts stylistiques variés et incluant de nombreuses pièces hiérarchisées. Isolées des constructions voisines, elles se distinguent par leur vaste terrain, leur relation étroite avec l'environnement naturel et la présence de jardins. Les premiers signes de transformation du manoir de Saint-Ours apparaissent en 1845, lorsqu'il est agrandi et rénové et que la disposition des ouvertures est modifiée; la porte principale est alors centrée et les fenêtres sont réparties symétriquement suivant les préceptes du néoclassicisme. Il intègre également des éléments pittoresques puisqu'une grande galerie couverte courant sur trois côtés et surmontée de balcons sur les façades est et ouest est ajoutée. Ces éléments, qui constituent le prolongement extérieur de la maison, créent un lien avec l'environnement et permettent aux occupants de profiter des paysages. Dans la même ligne de pensée, les murs de l'annexe sont couverts de lierre et des dépendances sont construites au milieu des boisés de manière à se fondre dans l'environnement. En 1870, de nouveaux travaux sont exécutés. Le manoir est exhaussé d'un étage et coiffé d'un toit à croupes percé de lucarnes. Le nouveau volume, le toit à quatre versants, la corniche à modillons, la frise ornée de cercles et de losanges, les balustres et les aisseliers de la galerie lui confèrent une apparence plus raffinée et le rattachent au type de la villa italienne. Par ailleurs, le domaine seigneurial de Saint-Ours présente un très bon état de conservation. Depuis les transformations du XIXe siècle, l'ensemble n'a subi aucune modification majeure. Le manoir conserve l'apparence qui lui a été donnée en 1870 et plusieurs de ses dépendances existent toujours.

Le domaine seigneurial de Saint-Ours présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Le manoir étant situé au milieu d'un parc où un jardin à la française (caractérisé par une composition symétrique et rigoureuse) est intégré à un jardin anglais, plus informel. Ainsi, un rond-point de fleurs occupe le devant du manoir et un jardin, constitué de bosquets aux formes géométriques, est aménagé au milieu d'un boisé. Des sentiers irréguliers, ponctués d'éléments décoratifs comme des haltes rustiques et des arrangements floraux, traversent ce boisé. Ce lieu reflète l'esprit pittoresque privilégié pour ce type de demeure.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2006.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés du domaine seigneurial de Saint-Ours liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- sa situation à proximité de la rivière Richelieu, sur un terrain de forme irrégulière;
- la présence du manoir et des dépendances;
- la relation entre les constructions et leur environnement;
- l'aménagement paysager composé entre autres d'arbres matures, d'arbustes, d'aménagements floraux, de haies, de charmilles, d'espaces gazonnés, de lierres, d'une roseraie, de pergolas, d'une fontaine, d'une grille d'entrée, de statues, d'une allée curviligne menant au manoir et de sentiers;
- les caractéristiques du manoir, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi, le toit à croupes, la galerie sur trois côtés couverte par un toit en appentis, les balcons des façades est et ouest, la maçonnerie en pierre, la couverture en tôle à la canadienne, la couverture de la galerie en tôle à baguettes, la composition symétrique de la façade et la disposition régulière des ouvertures, les fenêtres à battants, la porte centrale double à imposte encadrée d'un portail formé de deux pilastres supportant un entablement, les huit lucarnes à fronton, les persiennes à deux vantaux avec section fixe dans le tiers supérieur, la ferronnerie des fenêtres, la frise ornée de cercles et de losanges, la corniche à modillons, les balustres, les aisseliers ajourés de la galerie, les chambranles à la capucine et les deux souches de cheminée ornementées en brique à chaque extrémité du faîte;
- les éléments de l'annexe latérale, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et demi, le toit à croupes couvert de tôle à baguettes, les murs de brique, la cheminée en brique sur le faîte, les fenêtres à battants, la porte en bois vitrée, les chambranles en bois et les appuis en pierre.
- les caractéristiques de l'écurie, dont le plan rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi et le toit à deux versants droits; les fondations en pierre, la structure à claire-voie, le revêtement en planches à clins et la couverture en bardeaux de cèdre; la fenêtre du pignon surmontant deux portes simples superposées, la haute porte à battants en planches verticales à gauche, la porte simple à imposte suivie de deux larges portes à battants en planches verticales à droite, le pignon central et les deux lanterneaux d'aération;
- les éléments du garage, dont le plan rectangulaire, le toit à deux versants droits et les grandes portes coulissantes en façade;
- les éléments de la remise, dont le plan carré, le toit en pavillon couvert de tôle à la canadienne, le parement en planches à clins et la porte à imposte.

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Informations historiques

L'histoire de la seigneurie de Saint-Ours débute en 1672, alors que l'intendant Jean Talon (1626-1694) concède à Pierre de Saint-Ours (1640-1724), capitaine du régiment de Carignan-Salières, une seigneurie située entre celles de Sorel et de Contrecoeur. Un premier manoir, une maison en pièce sur pièce, est érigé au bord du fleuve Saint-Laurent, dans un secteur alors connu sous le nom de « Grand Saint-Ours ». L'endroit est abandonné en 1792 lorsque Charles-Louis-Roch de Saint-Ours (1753-1834), l'arrière-petit-fils du premier seigneur, engage le maître maçon Michel Lafleur pour bâtir un nouveau manoir à proximité de la rivière Richelieu. Ce manoir prend la forme d'une maison en pierre d'inspiration française. En 1845, les descendants de Charles de Saint-Ours entreprennent de rénover le manoir. Ils font alors appel à l'entrepreneur Joseph Morin. Le bâtiment est agrandi, la disposition des ouvertures est modifiée et une galerie est ajoutée. À ce moment, des travaux sont également réalisés à l'intérieur. Vingt-cinq ans plus tard, le manoir fait l'objet de nouvelles transformations. La famille de Saint-Ours engage Simon Voyer, entrepreneur reconnu de Montréal, pour exécuter les travaux. La résidence est notamment exhaussée d'un étage et coiffée d'un toit à croupes percé de lucarnes. Depuis, l'aspect du domaine est demeuré sensiblement le même.

Le domaine seigneurial de Saint-Ours est classé en 1982. En 2006, il est toujours occupé par des descendants de la famille de Saint-Ours.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Pierre-De Saurel

Municipalité :

  • Saint-Ours

Adresse :

  • 2500, rue de l'Immaculée-Conception

Localisation informelle :

Compris entre la rivière Richelieu et la route 133, au nord-ouest de l'intersection avec l'avenue Saint-Charles.

Latitude :

  • 45° 53' 24.8"

Longitude :

  • -73° 9' 0.7"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Richelieu Paroisse de Saint-Ours Absent 1 ptie
62 ptie

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Références

Notices bibliographiques :

  • CLOUTIER, Nicole. « Domaine seigneurial de Saint-Ours ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 265-266.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • COUILLARD-DESPRÉS, Azarie-E. Histoire de la seigneurie de Saint-Ours. Montréal, Imprimerie de l'Institut des sourds-muets, 1917. 474 p.
  • GAUTHIER, Raymonde. Les manoirs du Québec. Québec, Fides, 1976. 247 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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