Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Manoir James-MacPherson-Le Moine
  • Manoir Le Moine
  • Manoir MacPherson-Le Moine

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Municipalité :

  • Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues

Date :

  • 1769 – 1873 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Manoirs seigneuriaux)

Éléments associés

Personnes associées (4)

Inventaires associés (1)

Images

Carte

Description

Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues est un ensemble composé d'un manoir (une résidence en T dont les parties les plus anciennes remontent à 1769) et de dépendances construites au XIXe siècle. Tous les bâtiments sont en bois et couverts de toits à deux versants en bardeaux de cèdre. Le domaine est situé à la pointe sud-est de l'île, à l'écart du noyau villageois de la municipalité de Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues.

Ce bien est classé site patrimonial. Un site archéologique inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1979-11-30
 

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Valeur patrimoniale

Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il constitue un témoin représentatif du régime seigneurial. Le coeur du domaine seigneurial est le manoir, qui n'est généralement qu'une maison plus vaste que les autres habitations, et qui sert à la fois de résidence et de bureau au seigneur. Tout autour, on trouve habituellement divers bâtiments nécessaires à la subsistance du seigneur. Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues constitue un bon exemple de ce type d'ensemble par sa spacieuse résidence, par ses dépendances (notamment un fournil, une grange et un pavillon de chasse), par son vaste terrain et par les traces toujours visibles d'un jardin aménagé dans l'esprit du courant pittoresque, qui reflètent le statut social de ses propriétaires.

Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale liée au manoir. L'ancienne demeure seigneuriale révèle les différentes étapes de sa construction et les changements d'usage qui s'y rattachent. Le corps central, qui date de 1769, est un bâtiment modeste en pièce sur pièce qui servait principalement de bureau au seigneur, puisque celui-ci ne s'y rendait qu'à l'automne pour percevoir les cens et rentes et chasser. Le domaine est vendu en 1802 à Daniel MacPherson et le nouveau propriétaire, qui y réside en permanence avec sa famille, construit une première allonge du côté est. Au milieu du XIXe siècle, sous l'influence du néoclassicisme, une seconde allonge est greffée à la première, afin d'uniformiser le bâtiment, et le toit est pourvu d'un larmier cintré ainsi que d'une fausse souche de cheminée du côté ouest. Les travaux les plus importants sont exécutés en 1873. Le manoir, transformé en résidence d'été, est rénové et agrandi une fois de plus, tandis que le terrain est aménagé dans l'esprit du courant pittoresque. À l'intérieur, des cloisons sont déplacées et de nouveaux éléments ornementaux sont ajoutés. À l'extérieur, des appentis sont érigés à l'est et à l'ouest, l'ancien fournil est rattaché au manoir par l'édification d'une aile au nord et la façade sud-est est dotée d'une galerie-véranda pour permettre aux occupants de profiter du panorama.

Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec un personnage de grande renommée pour le Québec, l'avocat, historien et écrivain James MacPherson Le Moine (1825-1912). Auteur de plusieurs ouvrages historiques, ses livres les mieux connus sont ceux qui traitent de la ville et de la banlieue de Québec, dont « Picturesque Québec : A Sequel to Quebec Past and Present », publié en 1882. MacPherson Le Moine écrit aussi sur la faune et la flore canadiennes. L'homme de loi et de lettres a passé une partie de son enfance au domaine, car à la mort de sa mère, en 1828, il a été confié à ses grands-parents maternels, qui en étaient propriétaires. Durant ses études collégiales, qu'il poursuit à Québec, il y passe également ses vacances. Il en hérite en 1873 et l'utilise comme résidence d'été. Mentionnons que le domaine a aussi appartenu, jusqu'à sa mort, au célèbre peintre Jean-Paul Riopelle (1923-2002).

Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. L'ensemble est bien intégré à l'environnement. La disposition des bâtiments, alignés dans l'axe est-ouest en bordure du fleuve, et les vestiges qui subsistent de l'important aménagement paysager réalisé à la fin du XIXe siècle, dans l'esprit du courant pittoresque, expriment une volonté d'harmoniser architecture et nature. Implanté au sud de la pointe est de l'île, ce domaine constitue un site enchanteur avec la présence du fleuve, son vaste terrain planté de grands arbres d'espèces variées et ses parterres fleuris.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés liés du domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues liés à ses valeurs historique, architecturale et paysagère comprennent, notamment :
- le vaste terrain en pente douce, en bordure du fleuve Saint-Laurent;
- la présence du manoir et de dépendances, dont la grange, le fournil et le pavillon de chasse comprenant un four à pain;
- la relation entre les composantes de l'ensemble;
- l'alignement est-ouest des bâtiments, parallèlement au fleuve;
- les traces de l'aménagement paysager de la fin du XIXe siècle, dont les arbres d'espèces diverses, comme des ormes, des peupliers, des saules et des érables ainsi que des bordures de pierres encadrant des parterres de fleurs près de la maison;
- la présence d'un site archéologique euroquébécois;
- les caractéristiques du manoir, dont le premier carré (notamment le plan rectangulaire, les murs en pièce sur pièce, le toit à deux versants couvert en bardeaux de cèdre et la cheminée en pierre), les ajouts du début du XIXe siècle (notamment l'allonge du côté est), les ajouts du milieu du XIXe siècle (notamment la seconde allonge du côté est, le larmier cintré et la fausse souche de cheminée en pierre du côté ouest), les transformations de la fin du XIXe siècle (notamment les appentis à l'est et à l'ouest, le fournil rattaché à la maison par l'ajout de l'aile nord, la galerie-véranda de la façade sud-est, les divisions intérieures), le revêtement de planches à clins, les fenêtres à battants à six carreaux avec chambranles et les lucarnes à pignons.

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Informations historiques

L'histoire du domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues débute en 1646 avec la concession de la seigneurie de la Rivière-du-Sud, qui comprend l'île aux Grues, à Charles Huault de Montmagny (1583-vers 1653). En 1668, deux officiers du régiment de Carignan, Paul Dupuy et Pierre Bécard, en prennent possession. La famille Bécard de Grandville y fait construire une habitation en pièce sur pièce vers 1725 pour loger un métayer. Ce n'est toutefois qu'en 1769 que le carré initial du manoir actuel est érigé. Il s'agit alors d'un bâtiment rectangulaire en pièce sur pièce muni d'un âtre et d'une cheminée en pierre. Le manoir est alors principalement utilisé comme bureau et pavillon de chasse. En effet, le seigneur et son épouse ne s'y rendent qu'à l'automne pour percevoir les cens et rentes et chasser.

Daniel MacPherson, grand-père de l'avocat, historien et écrivain James MacPherson Le Moine (1825-1912), acquiert le domaine en 1802. Premier propriétaire à y résider en permanence, il fait ajouter une aile à l'est du corps principal. Le domaine demeure la propriété de la famille MacPherson durant plus de 130 ans. Daniel MacPherson cède la propriété à son fils John en 1828, qui y réalise de nouveaux travaux d'agrandissement entre 1829 et 1847. C'est durant cette période qu'une seconde allonge est greffée à la première du côté est, que le toit est pourvu d'un larmier cintré et qu'une fausse souche de cheminée est ajoutée à l'extrémité ouest.

James MacPherson Le Moine en hérite en 1873 et l'utilise comme résidence d'été. James MacPherson Le Moine est auteur de plusieurs ouvrages historiques et ses livres les mieux connus sont ceux qui traitent de la ville et de la banlieue de Québec, dont « Picturesque Québec : A Sequel to Quebec Past and Present », publié en 1882. MacPherson Le Moine écrit aussi sur la faune et la flore canadiennes. L'homme de loi et de lettres a passé une partie de son enfance au domaine, car à la mort de sa mère, en 1828, il a été confié à ses grands-parents maternels, qui en étaient propriétaires. Durant ses études collégiales, qu'il poursuit à Québec, il y passe également ses vacances. Les travaux de rénovation et d'aménagement paysager les plus importants sont réalisés durant le dernier quart du XIXe siècle, dans l'esprit du courant pittoresque. Des modifications sont apportées à l'intérieur, des appentis sont construits à l'est et à l'ouest et une aile est ajoutée au nord. Le terrain est alors planté d'arbres de diverses espèces, qui forment un îlot au centre des terres agricoles. Des vergers et des jardins de fleurs sont aussi aménagés.

Le domaine a aussi appartenu, jusqu'à sa mort, au célèbre peintre Jean-Paul Riopelle (1923-2002).

Depuis 1966, le manoir et les autres bâtiments ont fait l'objet de travaux de restauration. Le domaine seigneurial de l'Île-aux-Grues est classé en 1979.

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Emplacement

Region administrative :

  • Chaudière-Appalaches

MRC :

  • Montmagny

Municipalité :

  • Saint-Antoine-de-l'Isle-aux-Grues

Adresse :

  • 320, chemin du Roi

Lieux-dits :

  • L'Isle-aux-Grues

Latitude :

  • 47° 4' 32.0"

Longitude :

  • -70° 31' 3.1"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Montmagny Inconnue Absent 68 ptie

Code Borden

CgEp-1      

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • LEMOINE, Roger. « Le Moine, sir James MacPherson ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • POULIN, Étienne. « Domaine seigneurial ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 381-382.

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