Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Thomas-Hunt et écurie Thomas-Fargues

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Maison Feldman
  • Maison Feldman et ancienne écurie

Région administrative :

  • Capitale-Nationale

Municipalité :

  • Québec

Date :

  • 1820 – 1821 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Bâtiments paradomestiques)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (6)

Carte

Description

La maison Thomas-Hunt et l'écurie Thomas-Fargues constituent un ensemble résidentiel. D'esprit palladien, l'imposante demeure a été construite en 1820 et 1821. De plan carré et à deux étages et demi, elle est coiffée d'un toit à croupes basses. L'écurie, construite en 1832 et 1833 et modifiée vers 1910, compte un étage et demi. De plan rectangulaire, elle est coiffée d'une demi-mansarde. La résidence et sa dépendance sont réunies par un mur de pierre, L'ensemble se situe dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Un site archéologique est associé au lieu. La maison Thomas-Hunt et l'écurie Thomas-Fargues sont comprises dans le site patrimonial du Vieux-Québec.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1972-06-28

Statuts antérieurs

  • Classement, 1960-10-14
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Québec), 2016-12-09
    Prise d'effet : 2017-06-09
 

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Valeur patrimoniale

La maison Thomas-Hunt et écurie Thomas-Fargues présentent un intérêt patrimonial pour leur valeur architecturale. Construite en 1820 et 1821, la résidence illustre le courant palladien qui est en vogue au Québec à la fin du XVIIIe siècle et dans les premières décennies du XIXe siècle. Style officiel des Britanniques, le palladianisme, également nommé architecture classique anglaise, est en vogue en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle. Diffusé au Bas-Canada notamment grâce à la circulation d'ouvrages sur l'architecture et à l'apport des immigrants britanniques, il est employé autant en architecture résidentielle que publique (civile et religieuse). Au Canada, il est toutefois adapté plus librement qu'en Grande-Bretagne en raison des matériaux disponibles, du climat et de la formation de la main-d'oeuvre. La maison construite pour Thomas Hunt (vers 1780-1837), un architecte et maître menuisier d'origine britannique, présente certaines caractéristiques inspirées du palladianisme, entre autres le plan carré, l'élévation de deux étages et demi, le toit à croupes basses, le portail à fronton et pilastres, la disposition symétrique des ouvertures et des cheminées ainsi que le crépi imitant la pierre de taille. À l'intérieur, les pièces sont disposées autour d'un hall et d'un escalier central. Elles comprennent plusieurs éléments néoclassiques, tels les manteaux de cheminée, les corniches et les plafonds en plâtre aux motifs de style Adam.

L'ensemble présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cet ensemble est représentatif des propriétés bourgeoisess urbaine du XIXe siècle. La résidence s'accompagne d'une ancienne écurie en pierre, construite en 1832 et 1833, en fond de cour. Les écuries en pierre sont l'apanage des gens aisés. De plus, l'espace délimité par le muret en pierre qui relie la maison et l'écurie forme une cour intérieure, ce qui demeure le privilège des propriétaires fortunés. Thomas Hunt est un important propriétaire foncier de Québec. Il possède, entre autres, une maison au coin des rues Saint-Pierre et Saint-Antoine, dans la basse-ville, un secteur en bordure du fleuve Saint-Laurent occupé par les marchands qui y ont leurs commerces et leurs entrepôts. Cet ensemble et d'autres propriétés semblables du Vieux-Québec rappellent le mode de vie de la bourgeoisie, notamment anglophone, au XIXe siècle. Par ailleurs, la valeur historique du lieu repose aussi sur son association avec Thomas Fargues (1777-1847). En 1827, Thomas Fargues acquiert cette résidence, qu'il habitera jusqu'à sa mort. Chirurgien général à l'Hôtel-Dieu de Québec, examinateur en médecine du district de Québec, il exerce auprès d'une importante clientèle privée parmi laquelle figurent l'évêque anglican, l'archevêque de Québec et le supérieur du Séminaire de Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les caractéristiques de la maison Thomas-Hunt et écurie Thomas-Fargues liées à leurs valeurs architecturale et historique comprennent, notamment :
- leur situation légèrement en retrait de la rue, dans la partie haute de la ville, près du parc du Cavalier-du-Moulin;
- l'alignement de l'ensemble légèrement de biais par rapport à la rue;
- le volume de la résidence, dont le plan carré, les fondations profondes, l'élévation de deux étages et demi, le crépi imitant la pierre de taille et le toit à croupes basses couvert de tôle à baguettes;
- sa composition, dont l'entrée centrale mise en évidence par un portail ainsi que la disposition symétrique des ouvertures et des cheminées couvertes de tôle;
- ses ouvertures, dont le portail en bois composé de pilastres supportant un entablement couronné d'un fronton, la porte principale flanquée de baies vitrées et surmontée d'une imposte vitrée, les fenêtres à battants à grands carreaux et les lucarnes à fronton munies de fenêtres à battants à grands carreaux;
- son plan intérieur, dont le hall central, l'escalier central et les pièces disposées symétriquement autour du hall;
- son décor intérieur inspiré du néoclassicisme anglais, dont les manteaux de cheminée, les corniches et les plafonds ornementés de motifs en plâtre de style Adam;
- le volume sur le toit près de la cheminée;
- la cour arrière;
- l'écurie en pierre et brique d'un étage et demi située en fond de cour, recouverte d'un crépi imitant la pierre de taille du côté est et coiffée d'une demi-mansarde couverte de tôle à baguettes et dotée d'un palan;
- le mur de pierre reliant la maison et l'écurie du côté est, couvert de crépi imitant la pierre de taille et percé d'une ouverture rectangulaire donnant accès à la cour arrière;
- la composante archéologique euroquébécoise du site;
- les éléments réalisés vers 1900, dont un escalier en bois sculpté et des planchers décoratifs en bois.

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Informations historiques

À la fin du XVIIIe siècle, les Britanniques introduisent au Bas-Canada de nouvelles techniques de construction et de nouveaux modèles architecturaux. Le palladianisme, ou classicisme anglais, constitue le style officiel de la Grande-Bretagne au XVIIIe siècle. Ce style s'inspire des théories architecturales et des oeuvres d'Andrea Palladio (1508-1580), architecte italien de la Renaissance influencé entre autres par Vitruve, architecte romain qui a vécu au premier siècle avant Jésus-Christ. Les architectes anglais Inigo Jones (1573-1652) et Christopher Wren (1632-1723), fortement influencés par Palladio, ont introduit et popularisé l'architecture classique en Grande-Bretagne. Le palladianisme, qui découle de cette architecture, y circule notamment grâce au « Vitruvius Britannicus » de l'architecte Colen Campbell (1676-1729), ouvrage en trois volumes édité de 1715 à 1725 qui en expose les théories et qui contient des gravures des bâtiments de Jones et de Wren.

Entre 1790 et 1830, les constructeurs et les architectes du Bas-Canada emploient le palladianisme autant en architecture résidentielle que publique. À cette époque, la ville de Québec se développe rapidement en raison de l'industrie forestière florissante encouragée par le blocus continental imposé à la Grande-Bretagne par Napoléon 1er en 1806. Les nouveaux bourgeois de Québec, majoritairement d'origine britannique, s'installent dans la partie haute de la ville, notamment rues Saint-Louis, Mont-Carmel et Sainte-Ursule, où ils se font construire de prestigieuses demeures d'inspiration palladienne. Bâtie en 1820 et 1821, la maison du maître menuisier et architecte Thomas Hunt (vers 1780-1837) s'inscrit dans ce contexte.

En 1827, le chirurgien Thomas Fargues (1777-1847) achète la maison, où il demeure jusqu'à sa mort. Quelques années après l'acquisition, Fargues fait modifier le toit par l'ajout d'un avant-toit retroussé. Une écurie en pierre est bâtie en fond de cour par le maçon Joseph Giroux et les menuisiers-entrepreneurs François Maure et William McKutcheon en 1832 et 1833. La maison reçoit une annexe en pierre et en brique vers 1875, tandis que l'écurie est modifiée par l'ajout d'un parement de brique et d'une demi-mansarde vers 1910. En 1942, la demeure sert de résidence à Wilfrid Lacroix (1891-1970), architecte et député libéral à la Chambre des communes de 1935 à 1958.

La maison Thomas-Hunt a d'abord été classée en 1960. L'ensemble, comprenant la maison et l'écurie Thomas-Fargues, est classé en 1972. Dans les années 1990, la maison est dotée de balcons et d'escaliers à l'arrière, alors que des constructions neuves sont adossées au mur latéral ouest.

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Emplacement

Region administrative :

  • Capitale-Nationale

MRC :

  • Québec

Municipalité :

  • Québec

Arrondissement municipal :

  • La Cité

Adresse :

  • 24, rue Mont-Carmel
  • 24, rue Mont-Carmel
  • 24, rue Mont-Carmel
  • 24, rue Mont-Carmel
  • 24, rue Mont-Carmel
  • 24, rue Mont-Carmel
  • 24A, rue Mont-Carmel
  • 24A, rue Mont-Carmel
  • 24A, rue Mont-Carmel

Latitude :

  • 46° 48' 39.669"

Longitude :

  • -71° 12' 25.502"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 213 568

Code Borden

CeEt-692      

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Références

Notices bibliographiques :

  • BERNIER, Jacques. « Fargues, Thomas ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • CAMERON, Christina et Monique TRÉPANIER. Vieux-Québec : son architecture intérieure. Ottawa, Musée national de l'Homme / Parcs Canada, 1986. 194-196 p.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • NOPPEN, Luc. « Maison Feldman et ancienne écurie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 137-138.
  • Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Multimédias disponibles en ligne :

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