Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Manoir Le Boutillier

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

Municipalité :

  • Gaspé

Date :

  • 1850 – 1860 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Plaques commémoratives associées (2)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le manoir Le Boutillier est une demeure bourgeoise d'inspiration néoclassique érigée entre 1850 et 1860. Cette vaste résidence en bois présente un corps de logis allongé, un solage dégagé et un toit à deux versants retroussés aux larmiers cintrés percé de lucarnes. Elle compte une petite annexe aménagée contre le mur pignon ouest. Le manoir Le Boutillier se situe sur un vaste terrain dégagé, à proximité du golfe du Saint-Laurent, dans le secteur de L'Anse-au-Griffon de la ville de Gaspé.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La demeure est entourée d'une aire de protection. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1974-09-16
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1975-01-01
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1975-05-12
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

Le manoir Le Boutillier présente un intérêt patrimonial intérêt pour sa valeur architecturale. Cette demeure est représentative de la maison québécoise d'inspiration néoclassique. Ce type d'habitation, qui domine le paysage bâti des campagnes et des villages québécois au XIXe siècle, fait la synthèse de la tradition architecturale d'esprit français du XVIIIe siècle, d'apports formels d'origine britannique et découle également d'une nouvelle manière d'occuper la maison. Le manoir Le Boutillier est caractéristique de ce type par son toit à deux versants retroussés percé de lucarnes formant un avant-toit, son solage dégagé, sa façade symétrique, l'ordonnance régulière de ses ouvertures et la présence d'une galerie. Il est également doté de larmiers cintrés, une particularité architecturale fréquente dans l'Est-du-Québec, c'est-à-dire sur la Côte-du-Sud, dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.

Le manoir Le Boutillier présente aussi un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique liées à sa fonction de manoir. Au temps de la Nouvelle-France, le manoir est une habitation généralement plus vaste que les autres, qui sert de résidence au seigneur et de lieu de perception des cens et rentes. Avec la Conquête (1760), et encore plus avec l'abolition de la tenure seigneuriale (1854), le terme « manoir » en vient à désigner une villa ou une résidence au style élaboré, le plus souvent établie à la campagne. Bien que John Le Boutillier (1797-1872) n'ait jamais été seigneur, le manoir Le Boutillier matérialise sa réussite sociale et financière et reflète les rapports sociaux ainsi que l'influence grandissante de la bourgeoisie d'affaires du XIXe siècle. Son aménagement intérieur, ses divisions et sa décoration nous renseignent sur la manière de vivre de la bourgeoisie d'alors.

Le manoir Le Boutillier présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme témoin du comptoir de pêche établi à L'Anse-au-Griffon au cours de la première moitié du XIXe siècle. La compagnie John Le Boutillier, comme la plupart des sociétés de pêche de cette époque, possède plusieurs comptoirs répartis le long des côtes de la Gaspésie, notamment à Percé, Rivière-au-Renard, Mont-Louis et Sainte-Anne-des-Monts. Le comptoir constitue une unité de production autonome, dont les activités comprennent la pêche, la transformation et l'expédition du poisson. Celui de L'Anse-au-Griffon, à titre d'exemple, comptait des entrepôts, des installations pour produire la morue verte et la morue séchée, une saline ainsi que deux ateliers de réparation pour les bateaux et l'équipement. Le manoir, habité sporadiquement par son propriétaire, sert surtout de résidence et de bureau aux gérants du comptoir. Il constitue le dernier bâtiment de cet ancien établissement de pêche. Un site archéologique connu témoigne de l'histoire de ce comptoir.

Le manoir Le Boutillier présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec John Le Boutillier. Commerçant prospère et homme politique habile, Le Boutillier est d'abord commis pour la société Charles Robin de 1812 à 1833. Il fonde la compagnie John Le Boutillier en 1833 et se spécialise dans l'exportation de la morue séchée. L'entreprise, qui est l'une des plus prospères à cette époque, compte quelque 12 navires, 169 bateaux de pêche et 2 500 employés en 1861. Le propriétaire du manoir s'illustre également à titre d'homme politique. Il est député de Gaspé (1833-1838 et 1854-1867), député de Bonaventure (1844-1847) et enfin conseiller législatif pour la division du Golfe (1867-1872). John Le Boutillier est donc un personnage marquant de la Gaspésie au XIXe siècle, tant par son engagement politique que par sa contribution au développement économique de la région.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du manoir Le Boutillier liés à ses valeurs historique, architecturale et ethnologique comprennent, notamment :
- sa situation sur un vaste terrain dégagé, à proximité du golfe Saint-Laurent, dans le secteur de L'Anse-au-Griffon de la ville de Gaspé;
- la présence d'un site archéologique connu;
- son volume, dont le plan rectangulaire allongé ainsi que l'élévation d'un étage et demi;
- ses matériaux, dont la structure en madrier sur madrier posés sur le plat, le revêtement de planches de bois à clins, la couverture en bardeaux de cèdre et les fondations en maçonnerie;
- ses éléments typiques de la maison québécoise d'inspiration néoclassique, dont le toit à deux versants retroussés, le solage dégagé percé de soupiraux, la symétrie de la façade, l'ordonnance régulière des ouvertures, la galerie de pleine largeur aux balustres de bois découpés, la porte principale à imposte vitrée et baies latérales, les lucarnes à pignon, les chambranles moulurés, les contrevents, les planches cornières et la cheminée centrale;
- ses éléments typiques de la maison de l'Est-du-Québec, dont les larmiers cintrés;
- les fenêtres à battants à petits carreaux;
- son aménagement intérieur, dont la disposition des pièces autour du hall central, les pièces de réception (salon et salle à manger) situées en façade au rez-de-chaussée et les pièces privées (chambres à coucher) situées à l'étage;
- sa division en deux secteurs distincts, l'un pour les maîtres et l'autre pour les domestiques;
- ses escaliers, celui du hall (avec son pilastre ornementé et sa main courante arrondie) étant réservé aux maîtres et l'autre aux domestiques;
- son ornementation, dont les plafonds à couvre-joints, les plinthes, les cimaises, les chambranles et les papiers peints;
- les planchers, les portes et les cloisons en planches de bois;
- le foyer avec son manteau mouluré.

Haut de la page

Informations historiques

Le manoir Le Boutillier est érigé entre 1850 et 1860 pour le fondateur de la compagnie de pêche John Le Boutillier. Commerçant prospère et homme politique habile, Le Boutillier (1797-1872) est d'abord commis pour la société Charles Robin de 1812 à 1833. Il fonde la compagnie John Le Boutillier en 1833 et se spécialise dans la pêche et l'exportation de la morue. L'entreprise, qui est l'une des plus prospères à cette époque, compte quelque 12 navires, 169 bateaux de pêche et 2 500 employés en 1861. Le propriétaire du manoir s'illustre également à titre d'homme politique. Il est député de Gaspé (1833-1838 et 1854-1867), député de Bonaventure (1844-1847) et enfin conseiller législatif pour la division du Golfe (1867-1872). John Le Boutillier est un personnage marquant de la Gaspésie au XIXe siècle, tant par son engagement politique que par sa contribution au développement économique de la région.

Le manoir, qui est un bon exemple de maison québécoise d'inspiration néoclassique en bois, est le dernier témoin du comptoir de pêche de L'Anse-au-Griffon établi au cours de la première moitié du XIXe siècle. La compagnie John Le Boutillier, comme la plupart des sociétés de pêche de cette époque, possède plusieurs comptoirs répartis le long des côtes de la Gaspésie, notamment à Percé, Rivière-au-Renard, Mont-Louis et Sainte-Anne-des-Monts. Le comptoir constitue une unité de production autonome, dont les activités comprennent la pêche, la transformation et l'expédition du poisson. Celui de L'Anse-au-Griffon, à titre d'exemple, comptait des entrepôts, des installations pour produire la morue verte et la morue séchée, une saline ainsi que deux ateliers de réparation pour les bateaux et l'équipement. Le manoir, habité sporadiquement par son propriétaire, sert surtout de résidence et de bureau aux gérants du comptoir.

La demeure est vendue à la famille Chouinard, qui l'occupe entre 1903 et 1969. Elle aurait servi de chapelle pendant deux ans lors de l'incendie de l'église paroissiale en 1922.

Le manoir Le Boutillier est classé en 1974. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 1975. Il abrite maintenant le centre socioculturel Manoir Le Boutillier qui permet de visiter l'intérieur de la propriété et de découvrir l'histoire de John Le Boutillier.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Gaspésie--Îles-de-la-Madeleine

MRC :

  • La Côte-de-Gaspé

Municipalité :

  • Gaspé

Adresse :

  • 578, boulevard du Griffon

Lieux-dits :

  • L'Anse-au-Griffon

Latitude :

  • 48° 55' 56.042"

Longitude :

  • -64° 18' 6.275"

Désignation cadastrale :

  • Lot 2 732 214

Code Borden

DfDb-1      

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MÉNARD, François. « Manoir Le Bouthillier ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 517.
  • MIMEAULT, Mario. John Le Boutillier, 1797-1872. La grande époque de la Gaspésie. L'Anse-au-Griffon, Corporation du Manoir Le Boutillier, 1993. 115 p.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013