Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Joseph-Aldéric-Raymond

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Date :

  • 1930 (Construction)

Usage :

  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (2)

Personnes associées (3)

Voir la liste

Images

Carte

Description

La maison Joseph-Aldéric-Raymond est une demeure bourgeoise de style Beaux-Arts construite en 1930. Revêtue d'un parement en pierre de taille, la résidence de plan rectangulaire, à deux étages, présente un arrière-corps contre le mur est et une aile à trois étages en brique à l'arrière. Une balustrade délimite son toit plat. La maison est implantée légèrement en retrait de la rue, sur un terrain aménagé comportant une végétation abondante et bordé d'une balustrade. Cette résidence est située dans le secteur du Mille carré doré, dans l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La maison Joseph-Aldéric-Raymond fait partie du site patrimonial du Mont-Royal.

Haut de la page

Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1975-01-29
 
Délimitation Situé dans une aire de protection Ministre de la Culture et des Communications

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 
Déclaration Situé dans un site patrimonial Gouvernement du Québec

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21
 

Haut de la page

Valeur patrimoniale

La maison Joseph-Aldéric-Raymond présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Les architectes Robert Findlay (1859-1951) et Francis Robert Findlay (1888-1977) de Montréal ont conçu cette demeure bourgeoise dans le style Beaux-Arts, inspiré par les grands principes architecturaux établis par l'École des beaux-arts de Paris. En vogue à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, ce style interprète le classicisme architectural des XVIIe et XVIIIe siècles. Cette résidence en est une illustration, entre autres par la sobriété et la régularité de la composition, la hiérarchisation des étages exprimée par les dimensions et l'ornementation différentes des fenêtres, de même que par la mise en valeur des volumes grâce aux chaînages d'angle, au bandeau de pierre, à l'entablement et à la balustrade du toit. Les éléments décoratifs peu nombreux et le parement lisse lui confèrent une élégance et un caractère solennel qui répondent à l'ordre classique.

La maison Joseph-Aldéric-Raymond présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et ethnologique. La demeure évoque le mode d'habiter de la bourgeoisie au XIXe siècle et dans le premier tiers du XXe siècle, qui considère la résidence privée à la fois comme symbole de réussite sociale et lieu de préservation de l'intimité. Axé sur le paraître, le mode de vie bourgeois s'exprime notamment dans la spécialisation des pièces, leur distribution hiérarchisée et leur décor. La maison Joseph-Aldéric-Raymond, accessible par une entrée monumentale, comprend au rez-de-chaussée un vestibule, un hall d'entrée, un grand hall occupé par un majestueux escalier ainsi qu'un grand salon. Porteuses de symboles, ces pièces publiques abondamment ornementées illustrent, par leur envergure et leur aménagement, le statut social du propriétaire. Joseph-Aldéric Raymond (1882-1955) est, en effet, un homme d'affaires réputé dans le milieu hôtelier qui siège à de nombreux conseils d'administration, dont celui de la Power Corporation. La recherche d'intimité se reflète, notamment, dans la situation des pièces privées à l'étage supérieur. De plus, le troisième étage de l'annexe a déjà accueilli les appartements des domestiques, séparés des quartiers nobles comme le veulent les convenances. À l'extérieur, cette recherche d'intimité se matérialise par la balustrade qui entoure le terrain. Par ailleurs, le goût bourgeois pour le pittoresque se traduit dans la multiplicité des ouvertures donnant sur le jardin. Située dans le Mille carré doré créé par la bourgeoisie montréalaise dans la seconde moitié du XIXe siècle, la maison est l'une des dernières grandes résidences érigées dans ce secteur.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

Haut de la page

Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la maison Joseph-Aldéric-Raymond liés à ses valeurs architecturale, historique et ethnologique comprennent, notamment :
- l'ordonnance, la sobriété et la régularité de la composition des volumes (dont le plan rectangulaire, l'arrière-corps contre le mur est, les deux étages et le toit plat) et des façades;
- la mise en valeur des volumes par les chaînages d'angle aux pierres légèrement saillantes, le large bandeau de pierre entre les étages, l'entablement comprenant une corniche à denticules et la balustrade du toit;
- la hiérarchisation des étages rendue par les dimensions et l'ornementation des fenêtres, celles du rez-de-chaussée hautes et soulignées d'une balustrade, celles de l'étage supérieur plus petites, couronnées d'une guirlande et de rosettes et dotées d'un garde-corps ouvragé en fer forgé;
- le parement extérieur de pierre calcaire taillée au fini lisse, la sobriété et l'élégance des éléments décoratifs, dont le porche dorique (avec colonnes, pilastres et entablement orné de triglyphes et de métopes), le portail (composé d'un chambranle de pierre en plein cintre avec clé de voûte et d'une porte en chêne ouvragée comprenant deux vantaux surmontés d'un tympan) ainsi que le balcon à balustrade au-dessus du porche;
- sa situation dans le Mille carré doré, à proximité de plusieurs demeures bourgeoises, dans le site patrimonial du Mont-Royal;
- ses éléments la reliant à son environnement, dont l'escalier monumental en granit ainsi que les portes-fenêtres des deux étages côté jardin avec leur garde-corps ouvragé en fer forgé;
- les pièces du rez-de-chaussée, dont le vestibule, le hall d'entrée, le grand hall avec son escalier majestueux à trois volées, le grand salon, la salle à manger, la cuisine, ainsi que d'autres pièces et éléments entre autres utilisés à l'origine comme salle à déjeuner et enfin les pièces et escalier de service;
- les pièces de l'étage supérieur, dont le hall et deux chambres principales dotées d'antichambres (dont l'une avec salle de bain) ainsi que d'autres pièces utilisées à l'origine comme boudoir, bibliothèque et chambre d'invités;
- le décor intérieur riche composé de motifs végétaux ou géométriques entrelacés et de bas-reliefs, dont les nombreuses boiseries et les éléments d'ébénisterie (parmi lesquels les murs en chêne à caissons, les colonnes et les pilastres cannelés ainsi que la rampe de l'escalier principal), les marbres des six foyers et les plâtres des plafonds;
- l'aile à trois étages en brique à véranda de bois à l'arrière comprenant au dernier étage des pièces utilisées à l'origine par les domestiques comme chambres, salle de bain commune et salle de couture.

Haut de la page

Informations historiques

En 1928, Joseph-Aldéric Raymond (1882-1955) acquiert un terrain sur l'avenue alors nommée McGregor, située en contrebas du mont Royal, dans le Mille carré doré. Ce secteur est développé à partir des années 1850 par la bourgeoisie montréalaise, majoritairement d'origine écossaise, dans le but de vivre dans un environnement propre, sain et isolé des zones industrielles. Les maisons cossues qu'on y construit sont entourées de vastes jardins. Ce secteur regroupe alors les familles canadiennes les plus riches et les plus influentes.

La famille Raymond occupe une place importante dans l'histoire du Canada. Joseph-Aldéric Raymond est un homme d'affaires réputé. Donat Raymond (1880-1963), l'un de ses frères, est sénateur à la Chambre haute du Parlement canadien de 1926 jusqu'à son décès. Maxime Raymond (1883-1961), un autre de ses frères, est député à la Chambre des communes du Parlement canadien durant 24 ans et fondateur du Bloc populaire. La famille Raymond est propriétaire durant vingt ans du club de hockey Canadien, avant de le vendre à la famille Molson en 1957. Les Raymond possèdent également quelques hôtels luxueux à Montréal, dont l'hôtel Mont-Royal qui comptait plus de 1 100 chambres. Joseph-Aldéric se consacre à l'hôtellerie. Nommé directeur de l'hôtel Windsor en 1925 et ayant épousé la fille du président l'année suivante, il succédera à son beau-père, en 1940, comme président-directeur général du prestigieux établissement. Afin de mieux gérer les hôtels appartenant à sa famille, il fait des stages d'études et de perfectionnement en France, en Angleterre, en Allemagne et en Suisse. Il investit aussi à l'extérieur du Québec et figure notamment parmi les propriétaires du réputé hôtel Waldorf Astoria de New York.

En 1929, Joseph-Aldéric Raymond engage l'architecte Robert Findlay (1859-1951) et son fils Francis Robert Findlay (1888-1977) pour concevoir sa résidence. Les architectes ont dû présenter pas moins de 286 dessins avant de satisfaire le propriétaire. C'est le style Beaux-Arts, très prisé à partir de la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, qui inspire les concepteurs. D'origine écossaise, Robert Findlay travaille avec son fils Francis à partir de 1913. Oeuvrant à Montréal, les deux architectes ont réalisé de nombreuses résidences luxueuses pour la bourgeoisie.

Malgré le krach boursier survenu en octobre 1929, Raymond poursuit la construction de sa somptueuse demeure amorcée un mois auparavant. Dirigée par l'entrepreneur J.H.R. Hutchison, la construction est terminée l'année suivante.

La maison Joseph-Aldéric-Raymond est classée en 1975. Elle reste la propriété de la famille Raymond jusqu'au milieu des années 1990.

Haut de la page

Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • 1507, avenue du Docteur-Penfield

Latitude :

  • 45° 29' 55.3"

Longitude :

  • -73° 35' 6.4"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 064 960

Haut de la page

Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Demeures bourgeoises de Montréal. Le Mille carré doré. 1850-1930. Montréal, Éditions du Méridien, 1986. 244 p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
  • WILSON, Cindy. « Maison Joseph-Aldéric-Raymond ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 124.

Multimédias disponibles en ligne :

Haut de la page

Gouvernement du Québec

© Gouvernement du Québec, 2013