Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Maison Trestler

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montérégie

Municipalité :

  • Vaudreuil-Dorion

Date :

  • 1798 (Construction)

Usage :

  • Fonction commerciale (Magasins généraux)
  • Fonction résidentielle (Maisons rurales et urbaines)

Éléments associés

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Description

La maison Trestler est une vaste demeure rurale à fonction résidentielle et marchande. Cette maison a été construite en trois étapes : le corps central en 1798, l'aile ouest en 1805 et l'aile est en 1806. Le bâtiment en pierre de plan rectangulaire, à un étage et demi, est coiffé d'un toit à deux versants de pente moyenne aux larmiers débordants. La résidence est située sur une pointe à la rencontre du lac des Deux Montagnes et de la rivière des Outaouais, dans la municipalité de Vaudreuil-Dorion.

Ce bien est classé immeuble patrimonial et bénéficie d'une aire de protection.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1976-09-08
 
Désignation (Canada) Lieu historique national du Canada Commission des lieux et monuments historiques du Canada 1969-01-01
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 1978-05-05
 

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Valeur patrimoniale

La maison Trestler présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Cette maison se distingue de la production architecturale de l'époque par sa silhouette particulièrement allongée, conséquence de deux agrandissements. En effet, le corps central est construit en 1798, tandis qu'une aile lui est ajoutée à l'ouest en 1805 et qu'une autre lui est greffée à l'est l'année suivante. Chaque partie comporte une pierre d'angle sur laquelle est inscrite l'année de sa construction. Le grand nombre d'ouvertures (13 portes et 41 fenêtres) reflète ces agrandissements. Sous divers aspects, la demeure est représentative des maisons rurales d'esprit français. Ce type est issu de savoir-faire et de modèles français qui ont été progressivement adaptés aux conditions particulières du pays (climat, disponibilité des matériaux) et à certaines influences stylistiques. Elle en est une illustration notamment par son carré de pierre bas et peu dégagé du sol, son toit à deux versants couvert en bardeaux de cèdre, ses murs en moellons, ses fenêtres à battants à petits carreaux ainsi que ses doubles souches de cheminée au-dessus des murs pignons et mitoyens. Par ailleurs, la porte centrale avec son imposte en éventail, les lucarnes à fronton et les 11 portes françaises constituent de nouveaux éléments stylistiques, dont plusieurs se rattachent au courant néoclassique en vogue dans la vallée du Saint-Laurent dès le début du XIXe siècle. Ces éléments ornementaux témoignent de la prospérité du propriétaire. Par l'ensemble de ses attributs et de ses spécificités, la maison Trestler est un cas unique dans le secteur de Vaudreuil-Dorion et un exemple rare au Québec.

La maison Trestler repose présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec son premier occupant, le marchand d'origine allemande Joseph Trestler (vers 1757-1813). Joseph Trestler arrive dans la « Province de Québec » en 1776 avec les chasseurs de Hesse-Hanau. Certains membres de ce corps de troupe mercenaire allemand, qui vient prêter main-forte aux Loyalistes dans le contexte de la guerre de l'Indépendance américaine (1776-1783), demeureront au Canada après le conflit. C'est le cas de Trestler, qui s'installe dans la seigneurie de Vaudreuil-Dorion en 1785 en tant que marchand général. Construite en 1798 pour remplacer une maison plus ancienne en pièce sur pièce, sa résidence se compare aux vastes manoirs seigneuriaux. Elle témoigne de l'aisance de ce membre de l'élite marchande qui prend racine au XIXe siècle, profitant de cette période de prospérité.

La maison Trestler repose présente également un intérêt patrimonial pour ses valeurs ethnologique et historique. La résidence est située sur une pointe à la rencontre du lac des Deux Montagnes et de la rivière des Outaouais, un emplacement stratégique sur la route des fourrures aux XVIIIe et XIXe siècles. Le magasin de Trestler est donc un lieu privilégié où s'arrêtent Amérindiens et voyageurs pour troquer leurs pelleteries contre mercerie et tissus, boissons et autres denrées. Au début du XIXe siècle, le domaine comprend en outre une fabrique de potasse, une grange, des étables, des écuries et des hangars. Son commerce devient l'un des plus fréquentés à l'ouest de l'île de Montréal. Dans l'aile ouest subsiste une vaste salle voûtée qui a la particularité d'être située au rez-de-chaussée et qui abritait le magasin général et le poste de traite. Cette salle peu commune rappelle la fonction commerciale d'origine de la maison et l'ensemble des activités commerciales convergeant vers le fleuve Saint-Laurent au tournant du XIXe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2005.

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Éléments caractéristiques

Les éléments clés de la maison Trestler liés à ses valeurs historique, ethnologique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation sur une pointe à la rencontre de la rivière des Outaouais et du lac des Deux Montagnes;
- son volume, dont le plan rectangulaire, les trois corps de bâtiment alignés, l'élévation d'un étage et demi et le toit à deux versants;
- ses matériaux, dont la maçonnerie de moellons, les cheminées en pierre et les chambranles en bois moulurés;
- ses éléments issus de la tradition française, dont le carré bas et peu dégagé, le toit à deux versants couvert de bardeaux de cèdre et les fenêtres à petits carreaux;
- ses doubles souches de cheminée au-dessus des murs pignons et des murs mitoyens;
- ses éléments rattachés au courant néoclassique, dont l'imposte en éventail et les baies latérales de la porte centrale ainsi que les lucarnes à fronton;
- les 11 portes françaises;
- ses pierres d'angle portant l'inscription de l'année de construction de chaque partie;
- ses éléments rattachés à la fonction commerciale, dont la salle voûtée au rez-de-chaussée de l'aile ouest.

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Informations historiques

Jean-Joseph Trestler (Tröstler) (vers 1757-1813) arrive à Québec en 1776 avec les chasseurs de Hesse-Hanau, corps de troupe mercenaire d'origine allemande. À partir de 1783, il exerce le métier de marchand ambulant à Montréal. En 1786, il achète une première maison de bois dans la seigneurie de Vaudreuil, dans laquelle il ouvre un magasin général. En 1791, il se lance dans la fabrication de potasse et construit une fabrique avec hangars à cendres et fourneau à potasse. Il devient même prêteur. Les bénéfices qu'il tire du commerce et de l'industrie lui permettent d'investir dans le secteur immobilier. Il fait ainsi l'acquisition de plusieurs terres, bâtiments et propriétés situés non seulement à Vaudreuil, mais aussi dans les localités environnantes des Cèdres et de Rigaud, de même que dans les villes de Montréal et de Québec. Il possède également des îles dans la rivière des Outaouais et dans la seigneurie de Villechauve, communément appelée Beauharnois.

En 1798, il fait construire une première maison en pierre sur son domaine de Vaudreuil. En 1805, une aile abritant le magasin général et un entrepôt à fourrure est bâtie du côté ouest. Elle comporte une vaste salle voûtée qui a la particularité d'être située au rez-de-chaussée et qui fait toute la largeur du bâtiment. La résidence est agrandie du côté est l'année suivante. Chaque partie comporte une pierre d'angle sur laquelle est inscrite l'année de sa construction. À cette époque, le domaine de Trestler comprend en outre une fabrique de potasse, une grange, des étables, des écuries et des hangars. Son commerce devient l'un des plus fréquentés à l'ouest de l'île de Montréal.

Après la mort de Trestler en 1813, ses descendants occupent la maison en permanence jusqu'en 1927. La propriété passe alors à Gustave Henri Rainville (né en 1892), homme d'affaires montréalais, qui effectue divers travaux affectant surtout l'intérieur : les divisions sont modifiées, certains éléments sont ajoutés, notamment un escalier de style Tudor.

La Maison Trestler est désignée Lieu historique national du Canada en 1969.

Elle est classée en 1976. En 1976 et 1977, elle retrouve ses divisions originelles. Elle bénéficie d'une aire de protection depuis 1978 pour préserver son environnement.

En 1984, la Fondation de la maison Trestler acquiert le bâtiment.

La maison et l'histoire de la famille Trestler constituent la trame de fond du roman de Madeleine Ouellette-Michalska (née en 1934), intitulé « La Maison Trestler », couronné du prix Molson de l'Académie canadienne-française en 1984. Un an plus tard, des travaux de restauration qui y sont effectués méritent le prix Thomas-Baillairgé décerné par l'Ordre des architectes du Québec. La toiture est refaite en 2002. La maison est aujourd'hui consacrée à des activités culturelles, telles que des conférences, pièces de théâtre, concerts et expositions.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montérégie

MRC :

  • Vaudreuil-Soulanges

Municipalité :

  • Vaudreuil-Dorion

Adresse :

  • 85, chemin de la Commune

Lieux-dits :

  • Dorion

Latitude :

45° 23' 17.0"

Longitude :

-74° 0' 25.1"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 546 707

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Références

Notices bibliographiques :

  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • FRÉCHETTE, M., J. LAVALLÉE, J. MADORE et R. TRÉPANIER. Rapport et relevé de la maison Trestler. Montréal, École d'architecture, Faculté de l'aménagement, Université de Montréal, 1979. s.p.
  • PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 2. Montréal, Les Éditions La Presse, 1988. 421 p.
  • ROY, Louise. « Maison Trestler ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 343.

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