Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Austin

Date :

  • 1907 (Construction)

Thématique :

  • Patrimoine agricole

Usage :

  • Production et extraction de richesses naturelles (Granges, granges-étables et étables)

Éléments associés

Personnes associées (1)

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Carte

Description

La grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne est un bâtiment agricole construit vers 1907. Elle se distingue par son plan circulaire, ses trois niveaux et son toit conique brisé. Une rampe d'accès couverte relie le toit au sol et trois annexes se déploient en rayons au niveau du rez-de-chaussée. Elle est érigée à flanc de colline sur un vaste domaine, en bordure du lac Memphrémagog, dans la municipalité d'Austin.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

Plan au sol :

Circulaire

Nombre d'étages :

1

Groupement :

Détaché

Structure :

  • Bois, ossature en bois

Annexes :

  • Bâtiment de ferme

Saillies :

  • Dôme

Fondations :

  • Pierre

Élévations :

  • Toutes les façades : Bois (Planche oblique)

Toit :

  • Forme : Dôme
    Matériau : Bois, bardeaux

Porte principale :

  • bois, à panneaux, à battants

Fenêtre(s) :

  • Rectangulaire, À guillotine, à carreaux

Éléments architecturaux :

  • Bardeau

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 1984-08-21
 
Déclassement partiel Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2005-12-08
 

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Valeur patrimoniale

La grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Sa forme inusitée et sa technique de construction la distinguent des bâtiments de ferme traditionnels. Entièrement en bois, elle est conçue selon un plan-type populaire aux États-Unis au XIXe siècle. Chacun des trois niveaux est affecté à une fonction particulière. Elle comprend une étable au rez-de-chaussée, un fenil au deuxième niveau, un plateau central au troisième et une rampe extérieure y donnant accès. Le fenil est l'espace où est conservé le foin. Quant au plateau central, il est utilisé pour décharger les charrettes, le foin étant jeté directement dans le fenil. Ses composantes architecturales et l'organisation des éléments permettent de loger plus de bêtes que dans un bâtiment rectangulaire de même surface, de les nourrir aisément, d'entreposer le fourrage, de faciliter le nettoyage ainsi que de ventiler et d'éclairer efficacement l'intérieur. Peu répandues au Québec, la plupart des granges-étables circulaires ont été bâties dans les Cantons-de-l'Est entre 1890 et 1910. Au tournant du XIXe siècle, aux États-Unis, le plan circulaire ou octogonal est promu notamment par l'architecte Thomas Jefferson (1743-1826) et son collègue Benjamin Henry Latrobe (1764-1820). Appliqué à l'architecture domestique et institutionnelle, ce plan est surtout popularisé aux États-Unis et au Canada par l'Américain Orson Squire Fowler (1809-1887) dans son ouvrage « A Home for All », édité à plusieurs reprises dans les années 1850. Au Québec, ce courant a surtout influencé l'architecture rurale, avec les granges-étables, qui répondent à la recherche d'efficacité et d'utilisation maximale de l'espace des bâtiments de ferme. D'autres facteurs ont également favorisé leur apparition au Québec. Ce sont, entre autres, la diffusion de plans dans plusieurs périodiques agricoles et catalogues, les mouvements migratoires entre les États-Unis et le Québec et le développement du transport qui favorise la circulation des idées. Construite vers 1907 par Damase Amédée Dufresne, la grange circulaire d'Austin conserve ses fonctions d'origine et témoigne d'une vogue qui a surtout marqué le sud du Québec.

La grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur ethnologique. Elle évoque l'univers des croyances et des superstitions qui circulent en Amérique du Nord aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. D'une part, la croyance selon laquelle on construisait en rond pour « empêcher le diable de se cacher dans les coins » était bien réelle autant au Canada qu'aux États-Unis. D'autre part, la grange renvoie à une forme d'idéalisme. Au XIXe siècle, plusieurs érudits vantent l'utilisation du cercle, symbole de perfection en architecture. Parmi eux, Fowler, spécialiste de la phrénologie, insiste sur les vertus du plan circulaire qui, dit-il, éradique le mal, tempère l'irritabilité, évite l'épuisement et rend aimable et bon. Vivre dans un bâtiment circulaire résoudrait ainsi de nombreux problèmes.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne liés à ses valeurs architecturales et ethnologique comprennent, notamment :
- sa position à flanc de colline;
- son volume, dont ses dimensions imposantes, son plan circulaire, ses trois niveaux et son toit en forme de cône brisé au larmier peu saillant;
- les éléments liés à sa fonction, dont l'étable au rez-de-chaussée (comprenant dans l'ordre : le mur extérieur percé de nombreuses fenêtres, un couloir circulaire, les stalles et les mangeoires, un second couloir circulaire et le silo central), le fenil au deuxième niveau, le plateau central au troisième niveau accessible par une rampe couverte formant un tunnel;
- les éléments liés à la recherche d'efficacité, dont le système de ventilation composé, entre autres, du campanile et des trois cheminées d'aération ainsi que des nombreuses ouvertures surtout disposées au rez-de-chaussée et permettant d'éclairer efficacement l'intérieur;
- les matériaux, dont la pierre pour les fondations très apparentes et le bois pour l'ensemble de la structure, soit une charpente claire couverte d'un lambris de planches horizontales protégé par un revêtement en bardeaux de cèdre;
- les annexes affectées à des fonctions particulières, dont une laiterie.

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Informations historiques

Cette grange circulaire, bâtie vers 1907 par Damase Amédée Dufresne, conserve encore aujourd'hui ses fonctions d'origine.

À partir du XVIIe siècle, des maisons, des écoles, des églises et des granges circulaires ou octogonales ont été bâties aux États-Unis. Cette vogue touche le Canada dans la seconde moitié du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle. Au Québec, le courant influence surtout l'architecture rurale, et plusieurs granges-étables octogonales et circulaires figurent au corpus des bâtiments de ferme.

Aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs croyances et superstitions circulent en Amérique du Nord selon lesquelles on construirait en rond pour « empêcher le diable de se cacher dans les coins ». Au tournant du XIXe siècle, le plan circulaire est promu notamment par l'architecte Thomas Jefferson (1743-1826), qui sera président des États-Unis de 1801 à 1809, et son collègue Benjamin Henry Latrobe (1764-1820). En vogue au cours des années 1850 et 1860, ce plan est surtout popularisé par l'Américain Orson Squire Fowler (1809-1887) dans son ouvrage A Home for All, édité à plusieurs reprises dans les années 1850. Il tend à disparaître dans les années 1880, mais continue à être utilisé dans l'architecture rurale.

Aux États-Unis, les granges circulaires apparaissent dès le début du XIXe siècle, mais la majorité datent des années 1880 et 1890. La plupart des granges circulaires québécoises ont été bâties dans les Cantons-de-l'Est, entre 1890 et 1910. La diffusion de plans dans plusieurs périodiques agricoles et catalogues, les mouvements migratoires entre les États-Unis et le Québec et le développement du transport favorisent l'introduction de ce type architectural.

La grange circulaire Damase-Amédée-Dufresne est classée en 1984. La désignation s'applique à la grange et au hangar à foin de plan circulaire. Le hangar s'est effondré dans les années 1990 et a par conséquent été déclassé en 2005.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Memphrémagog

Municipalité :

  • Austin

Adresse :

  • 101, chemin Fisher
  • 103, chemin Fisher
  • 105, chemin Fisher

Latitude :

  • 45° 9' 30.179"

Longitude :

  • -72° 16' 12.767"

Désignation cadastrale :

  • Lot 5 384 514

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Références

Notices bibliographiques :

  • CARON, Fernand. « Grange circulaire ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 493-494.
  • Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
  • PROVOST, Yvon. Les granges-étables circulaires et polygonales : inventaire, étude historique et analyse architecturale. Verchères, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 201 p.

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