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La Rocque de Roberval, Jean-François de

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Synthèse

Né vers 1495, probablement à Carcassonne, en France, Jean-François de La Rocque de Roberval est le fils de Bernard de La Roque, dit Couillaud, seigneur de Châtelrein.

La Rocque de Roberval débute sa carrière militaire en tant qu'archer dans une compagnie de gens de guerre en 1513. Il sert par la suite à titre d'officier du maréchal Robert III de La Marck de Fleuranges et prend part à plusieurs campagnes contre le Royaume d'Espagne au cours des années 1520 et 1530. Il porte le grade de lieutenant sous les ordres de Robert IV de La Marck de Sedan en 1537 et 1538.

La Rocque de Roberval oeuvre comme ingénieur militaire. Il participe à la fortification de villes françaises et italiennes, dont Péronne (1536), Turin (1537-1538) et Paris (1557).

Issu de la noblesse, La Rocque, seigneur de Roberval, hérite des propriétés foncières de son père, situées dans le Languedoc, le Valois et le Rethélois (Champagne-Ardenne). Il se convertit à la religion réformée avant 1535 et vit à la cour, dans l'entourage du roi François 1er. Avec d'autres protestants, il est proscrit en 1535, mais rentre en France peu après.

Nommé lieutenant-général du Canada en 1540, La Rocque de Roberval est chargé par le roi d'y fonder la première colonie française en Amérique du Nord. Avec Jacques Cartier comme lieutenant, il a pour objectifs de trouver des métaux précieux ainsi qu'un passage maritime vers l'Asie. Le mandat confié à Roberval prévoit le recours à des condamnés afin de faciliter le recrutement et limiter les coûts. De fait, l'organisation d'une telle expédition est coûteuse et constitue un enjeu logistique, surtout dans un contexte où la contribution financière royale est limitée et impose la recherche de financement privé. Les préparatifs de La Rocque de Roberval sont complexes puisqu'il sélectionne les prisonniers en fonction de leur fortune et de leur métier et doit ensuite faire les représentations nécessaires auprès des tribunaux pour faire libérer les condamnés. À cela s'ajoutent le recrutement de militaires et colons, et l'approvisionnement en vivres et en équipements. Pour mener à bien ses préparatifs, Roberval a recours à ses richesses personnelles et doit faire appel à ses contacts dans les milieux militaires et chez les administrateurs civils.

La Rocque de Roberval quitte la France avec sa flotte au printemps 1542, un an après le départ de Jacques Cartier qui a déjà entamé la construction d'un établissement à l'embouchure de la rivière du Cap-Rouge, en amont de Stadaconé (Québec). Il rencontre ce dernier à Saint-Jean de Terre-Neuve, toutefois Cartier décide de retourner en France plutôt que de poursuivre la mission coloniale en compagnie de Roberval.

À l'été 1542, La Rocque de Roberval prend possession des infrastructures de la colonie telles que laissées par Jacques Cartier. Il renomme la colonie canadienne France-Roy et le fleuve France-Prime. Après avoir fait renforcer les deux forts érigés par les hommes de Cartier, il explore le territoire. Deux de ses navires sont retournés en France afin de permettre le ravitaillement pour l'année suivante. Le lieutenant-général remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu'aux rapides de Lachine à la recherche de pierres et de métaux précieux, qu'il ne trouve pas. Au cours de l'hiver, il doit faire face à la famine, au froid, à la maladie. Il met fin à son projet de colonisation en 1543, après que le roi lui ait donné l'ordre de rentrer en France, alors menacée par la coalition anglo-espagnole.

De retour en Europe, La Rocque de Roberval participe à l'effort de guerre français. En 1555, le seigneur doit hypothéquer ses biens, et son château est menacé de saisie. Il occupe à cette époque la charge de superintendant des mines et minières de France. Dans la foulée des guerres de religion, il est attaqué à Paris, en 1560, au moment où il sort d'une réunion calviniste.

Il est décédé à Paris au printemps 1560.

Il s'était marié avant 1536.

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Références

Notices bibliographiques :

  • ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l'Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
  • HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
  • LA ROCQUE DE ROQUEBRUNE, R. « La Rocque de Roberval, Jean-François de ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
  • LAVERDIÈRE, Camille. Le Sieur de Roberval. Chicoutimi, Les Éditions JCL inc, 2005. 158 p.
  • LITALIEN, Raymonde. Les explorateurs de l'Amérique du Nord, 1492-1795. Québec, Septentrion, 1993. 261 p.
  • TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.

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