Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Parution du roman Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy

Type :

Événement

Date :

  • 1945-06-28

Période historique :

  • Le Québec moderne (1867 à 1960)

Thème commémoratif :

  • Arts, culture et communications

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Désignation Événement historique Ministre de la Culture et des Communications 2017-08-12
 

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Synthèse

Gabrielle Roy est une des auteures les plus importantes du Québec et du Canada. La parution de son premier roman, Bonheur d'occasion, à la Société des éditions Pascal en 1945, est un événement déterminant dans l'histoire de la littérature québécoise.

Née au Manitoba en 1909, Gabrielle Roy s'établit à Montréal en 1939, à son retour d'Europe. Journaliste à la pige et artiste dramatique, elle entreprend la rédaction de l'¿uvre de fiction qui deviendra le roman Bonheur d'occasion au printemps de 1941 ou de 1942. Elle découvre la matière de ce roman au cours des promenades qu'elle effectue dans le quartier Saint-Henri. À mesure que ces randonnées se multiplient, elles deviennent de véritables enquêtes. À partir de ses observations, Gabrielle Roy rédige vraisemblablement deux ou trois versions de son roman. Elle soumet son manuscrit au début de l'été de 1944 à la Société des éditions Pascal dirigé par Gérard Dagenais, qui lui est présenté par Henri Girard, son conseiller littéraire. L'auteure signe son contrat le 28 août 1944.

Le roman Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy paraît le 28 juin 1945. Le roman est publié en deux volumes et compte 532 pages. Le récit présente la quête de mieux-être de résidants du quartier populaire et défavorisé de Saint-Henri, à Montréal, notamment les membres de la famille Lacasse, pour qui la guerre apparaît, à l'hiver et au printemps de 1940, comme un moyen de sortir de la misère.

Le roman reçoit dès sa parution un accueil enthousiaste de la critique et connaît un succès commercial et médiatique sans précédent au Québec, ce qui confère à Gabrielle Roy une célébrité instantanée. Il s'agirait du premier succès « à l'américaine » d'un roman québécois. Le premier tirage est épuisé à la fin de l'été 1945. Au 31 janvier 1946, 6 326 exemplaires du roman ont été vendus. Malgré ces chiffres, l'éditeur est incapable de verser les redevances à l'auteure. Représentée par l'avocat Jean-Marie Nadeau, qui devient son agent littéraire, Gabrielle Roy reprend les droits sur son roman et dirige les éditions subséquentes. À la suite de la faillite de la Société des éditions Pascal, Gabrielle Roy confie la distribution de son roman au Québec à la Librairie Beauchemin.

Le roman reçoit plusieurs distinctions, notamment en 1947. Le livre obtient, entre autres, le prix du Gouverneur général du Canada dans la catégorie fiction. La version anglaise du roman, publiée aux États-Unis par la maison Reynal and Hitchcock sous le titre The Tin Flute, est désignée par la Literary Guild of America (club du livre américain) comme étant le livre du mois de mai 1947. Le roman est alors tiré à 700 000 exemplaires et devient un succès de librairie aux États-Unis et au Canada anglais. Plus encore, les droits visant l'adaptation du récit pour le cinéma sont achetés en 1947 par Universal Pictures, qui ne tournera toutefois jamais le film. En France, le roman paraît aux Éditions Flammarion et devient en 1947 le premier roman québécois et canadien à recevoir le prestigieux prix Femina. Le livre est par la suite traduit dans une douzaine de langues et distribué dans plusieurs pays.

Classique de la littérature québécoise, la parution de Bonheur d'occasion constitue un jalon déterminant dans l'histoire de la littérature québécoise. En portant un regard réaliste sur la ville et en plaçant le narrateur au c¿ur de celle-ci, l'auteure contribue en effet à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu'alors d'inspiration plutôt rurale et idéaliste. La parution de ce grand roman urbain où l'on décrit les conditions de vie difficiles des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal apparaît aussi comme l'élément déclencheur de la littérature de contestation qui dominera la production romanesque des décennies suivantes. Ce roman permet ainsi à la littérature québécoise de faire un pas de plus dans la modernité.

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Intérêt patrimonial

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le premier roman de Gabrielle Roy, Bonheur d'occasion, est un classique de la littérature québécoise. Le récit présente la quête de mieux-être de résidants du quartier populaire et défavorisé de Saint Henri, à Montréal, notamment les membres de la famille Lacasse, pour qui la guerre apparaît, à l'hiver et au printemps de 1940, comme un moyen de sortir de la misère.

Gabrielle Roy s'établit à Montréal en 1939 et y travaille comme journaliste à la pige. Elle découvre la matière de ce roman au cours des promenades qu'elle effectue dans le quartier Saint-Henri. À mesure que ces randonnées se multiplient, elles deviennent de véritables enquêtes. C'est à partir de ses observations qu'au printemps de 1941 ou de 1942, Gabrielle Roy entreprendra la rédaction d'une oeuvre de fiction dont le titre sera Bonheur d'occasion.

Le roman Bonheur d'occasion est publié le 28 juin 1945 à la Société des éditions Pascal, à Montréal. Reçu de manière enthousiaste par la critique, il connaît un succès commercial et médiatique sans précédent au Québec, conférant à son auteure une célébrité instantanée. Le roman obtient, entre autres, le prix du Gouverneur général du Canada dans la catégorie fiction, en 1947, et devient, au cours de la même année, le premier roman québécois et canadien à recevoir le prestigieux prix Femina. Bonheur d'occasion est traduit dans plusieurs langues, et sa version anglaise, The Tin Flute, est nommée le livre du mois de mai de 1947 par la Literary Guild of America (club du livre américain). Le roman devient aussi un succès de librairie aux États-Unis et au Canada anglais.

La parution de Bonheur d'occasion constitue un jalon déterminant dans l'histoire de la littérature québécoise. En portant un regard réaliste sur la ville et en plaçant le narrateur au coeur de celle-ci, l'auteure contribue en effet à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu'alors d'inspiration plutôt rurale et idéaliste. La parution de ce grand roman urbain où l'on décrit les conditions de vie difficiles des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal apparaît aussi comme l'élément déclencheur de la littérature de contestation qui dominera la production romanesque des décennies suivantes. Ce roman permet ainsi à la littérature québécoise de faire un pas de plus dans la modernité.

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Références

Notices bibliographiques :

  • FAUCHON, André, dir. Colloque international Gabrielle Roy : actes du colloque soulignant le cinquantième anniversaire de Bonheur d'occasion, 27 au 30 septembre 1995. Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 1996. 756 p.
  • MAILHOT, Laurent. La littérature québécoise depuis ses origines : essai. Montreal, Typo, 1996. 445 p.
  • RICARD, François. Album Gabrielle Roy. Montréal, Boréal, 2014. 151 p.
  • RICARD, François. Gabrielle Roy : une vie : biographie. Montréal, Boréal, 1996. 646 p.
  • RICARD, François. « Roy, Gabrielle ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
  • SIROIS, Antoine. « Bonheur d'occasion, roman de Gabrielle Roy ». LEMIRE, Maurice. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec - 1940 à 1959. Montréal, Fides, 1995, p. 127-133.
  • VANASSE, André. Gabrielle Roy: Écrire, une vocation. Montréal, XYZ, 2004. 164 p.

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