Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Fondation de Trois-Rivières

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Synthèse

En 1634, Samuel de Champlain commande la construction d'un poste de traite fortifié à Trois-Rivières. Le 4 juillet de cette année, un dénommé Laviolette y débarque et fonde la première habitation française en ce lieu.

Bien avant l'arrivée des Européens, le site de Trois-Rivières est déjà fréquenté par divers peuples amérindiens qui y convergent pour y effectuer des échanges commerciaux. Jacques Cartier s'y rend lors de son deuxième voyage, le 7 octobre 1535, et plante une croix sur l'île Saint-Quentin, à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. La configuration des îles à cet endroit inspire le toponyme évoqué pour la première fois en 1599 par François Gravé du Pont, un officier de la marine française à la recherche d'un lieu pour installer un poste de traite. Ce nom se retrouve ensuite sur la carte de la Nouvelle-France dessinée par Guillaume Levasseur en 1601.

En 1603, avant la fondation de Québec, Samuel de Champlain est en quête d'un emplacement où établir une colonie. Il note que Trois-Rivières est un endroit idéal d'implantation, notamment en raison de son importance dans la traite des fourrures. Au début du XVIIe siècle, les Algonquins y érigent un village palissadé, mais celui-ci est vraisemblablement rasé par des attaques iroquoises. Les Français fréquentent le lieu annuellement à partir de 1610, pour prendre part au trafic estival des fourrures. Sept ans plus tard, le frère récollet Pacifique Duplessis y fixe une mission et enseigne aux Amérindiens dans une cabane.

En 1633, le chef montagnais Capitanal invite Champlain à s'établir de façon permanente à Trois-Rivières afin de renforcer leur alliance et pour sécuriser le site, menacé par les Iroquois. Champlain consent et lui répond : « Quand cette grande maison sera faite, alors nos garçons se marieront à vos filles, et nous ne serons plus qu'un peuple ». Cette même année, la Compagnie des Cent-Associés concède deux terres en seigneurie à Trois-Rivières, l'une à Jacques Hertel de La Fresnière et l'autre à Jean Godefroy de Lintot. Les Jésuites obtiennent quant à eux 600 arpents en février 1634.

Pour mettre sur pied et commander le nouveau poste, Champlain mandate Laviolette, probablement un capitaine de navire. Parti le 1er juillet 1634 de Québec avec un groupe d'artisans, de soldats, de colons et des pères jésuites Jean de Brébeuf et Antoine Daniel, Laviolette arrive à Trois-Rivières le 4 juillet. Commence alors l'érection d'une habitation sur un plateau surélevé, le Platon, qui offre une protection naturelle contre les ennemis provenant du fleuve. Cette première habitation comprend une maison et un magasin. Elle est entourée d'une palissade munie d'un ou deux bastions. Le 8 septembre, les jésuites Paul Le Jeune et Jacques Buteux se joignent au groupe. Ils fondent une mission permanente à Trois-Rivières, puis y font élever une chapelle. L'année suivante, un incendie détruit l'habitation qui est aussitôt reconstruite et agrandie.

À la suite de sa fondation, Trois-Rivières prospère d'année en année, surtout grâce aux rendez-vous annuels que se donnent les Amérindiens et les trafiquants de fourrures. La fondation de Montréal en 1642 et le déplacement du réseau d'échange des fourrures vers le sud, plus près du l'Iroquoisie et de l'Huronie, donnent cependant un dur coup au développement du poste. Jusqu'à la fin du Régime français, la population trifluvienne stagne malgré les efforts déployés au XVIIIe siècle pour y développer l'industrie sidérurgique avec l'implantation des Forges du Saint-Maurice.

Motivée par la volonté d'occuper stratégiquement le territoire en amont de Québec après la prise de la colonie par les frères Kirke (1629-1632), la fondation de Trois-Rivières permet d'étendre l'influence de la France en Amérique et de consolider la principale activité économique de la Nouvelle-France.

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Références

Notices bibliographiques :

  • BEAUDOIN, René. Rencontrer Trois-Rivières : 375 ans d'histoire et de culture. Trois-Rivières, Éditions d'art Le Sabord, 2009. 225 p.
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  • SULTE, Benjamin. Histoire de la ville des Trois-Rivières et de ses environs. Montréal, Eusèbe Sénécal, 1870. 126 p.
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  • VACHON, André. « Laviolette, M. ». Bibliothèque et Archives Canada. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

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