Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Monument aux Braves-de-Sherbrooke

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Cénotaphe de Sherbrooke
  • Sherbrooke War Memorial
  • Soldier's Monument

Région administrative :

  • Estrie

Municipalité :

  • Sherbrooke

Date :

  • 1926 (Installation du bien commémoratif)

Usage :

  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Monuments et lieux commémoratifs)

Éléments associés

Événements associés (2)

Personnes associées (1)

Carte

Description

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke est une oeuvre commémorative inaugurée en 1926. La structure, d'une hauteur totale de 7,96 m et d'une largeur de 4,60 m, est composée d'un socle en granit gris pâle portant, sur une face, un groupe de trois personnages en bronze et, à son sommet, un quatrième personnage aussi en bronze. Le socle se présente sous la forme générale d'une stèle rectangulaire verticale complétée de plusieurs ressauts et gradins. Les trois personnages de la face est du monument représentent des soldats canadiens dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Le personnage féminin au sommet de la stèle de granit est un ange de la Victoire, les ailes déployées et tenant une couronne de laurier dans sa main droite. Deux plaques de bronze, sur lesquelles figurent 334 noms au total, ornent la face ouest du socle. Le monument aux Braves-de-Sherbrooke est implanté sur le terre-plein central d'une importante artère commerciale, près du sommet d'une forte dénivellation, dans le coeur historique de la ville de Sherbrooke.

Ce bien est classé immeuble patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-11-09
Prise d'effet : 2016-12-16

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-12-14
 

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Valeur patrimoniale

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il témoigne d'un type très répandu de monuments commémoratifs élevés après les deux grandes guerres mondiales. Les pratiques commémoratives militaires sont très anciennes. Toutefois, la Première Guerre mondiale marque un tournant en cette matière. Alors qu'auparavant, les monuments évoquaient plutôt des victoires marquantes ou des personnages célèbres, au lendemain de la guerre de 1914-1918, le sacrifice des soldats tombés en grand nombre est devenu le principal sujet des commémorations. Par ailleurs, l'inhumation de ces soldats à l'étranger a renforcé le besoin de rappeler leur souvenir au pays. C'est dans ce contexte qu'un très grand nombre de villes du Québec et du Canada, de même que plusieurs grandes entreprises et compagnies, ont élevé des monuments aux Braves. En 1923, un comité citoyen présente une requête demandant l'érection d'un monument pour honorer la mémoire des Sherbrookois ayant combattu lors du premier conflit mondial, notamment sur les fronts d'Ypres et de la Somme. Le conseil municipal emprunte à cette fin une somme considérable. Le monument est inauguré le 7 novembre 1926 devant une foule de plus de 20 000 personnes. Une plaque apposée sur le socle en granit rappelle les noms de 249 soldats sherbrookois. En 1948, une nouvelle plaque est ajoutée à la mémoire de ceux ayant péri lors de la Seconde Guerre mondiale, une façon de faire courante à travers le pays. Le monument aux Braves-de-Sherbrooke est donc un bon exemple de l'importante activité de commémoration répandue sur le territoire québécois.

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur artistique. Cette oeuvre est conçue par l'artiste George William Hill (1862-1934), l'un des plus importants sculpteurs québécois et canadiens du début du XXe siècle. Né dans les Cantons de l'Est, à Shipton (aujourd'hui Danville), Hill étudie la sculpture à Paris de 1889 à 1894, à l'Académie Julian et à l'École nationale des beaux-arts. De retour au Québec, il travaille surtout à Montréal, où il collabore notamment avec l'architecte Robert Findlay (1859-1951) et les frères Edward (1867-1923) et William Sutherland (1874-1952) Maxwell. Hill est principalement connu pour sa production de monuments commémoratifs et de mémoriaux de guerre. Après la Première Guerre mondiale, il est l'un des artistes réalisant le plus de sculptures pour des monuments commémoratifs militaires au Québec. Le monument sherbrookois est le plus élaboré des monuments dédiés aux Braves réalisés par Hill. Cette oeuvre se démarque parmi les autres monuments commémoratifs militaires érigés au Québec par ses dimensions; par l'importance du groupe sculpté, composé de quatre personnages; par la qualité de sa facture; et aussi par les choix iconographiques de l'artiste. La représentation des soldats dans les tranchées et la figure allégorique de l'ange de la Victoire tenant dans sa main une couronne de laurier sont en effet deux éléments inusités dans la statuaire commémorative au Québec, et il s'agit de l'unique cas où ils sont associés.

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur emblématique. Le monument, et en particulier l'ange de la Victoire qui le couronne, est devenu l'emblème de la ville au fil des ans. Ses dimensions imposantes, mais surtout son emplacement ¿au centre de la voie publique, dans un secteur commercial important, près du sommet d'une forte dénivellation dominant le coeur historique de Sherbrooke et la rivière Saint-François ¿ lui confèrent une grande visibilité. Ce monument est à la fois un point de repère et un important élément symbolique du paysage urbain de Sherbrooke.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du monument aux Braves-de-Sherbrooke liés à ses valeurs historique, artistique et emblématique comprennent, notamment :
- son implantation sur le terre-plein central d'une importante artère commerciale, près du sommet d'une forte dénivellation et de la rivière Saint-François, dans le coeur historique de la ville de Sherbrooke;
- son volume composé d'un socle haut portant, sur sa face est, un groupe de trois personnages et, à son sommet, un quatrième personnage;
- sa hauteur totale de 7,96 m, sa largeur de 4,60 m et sa profondeur de 2,12 m;
- les matériaux, soit le granit gris pâle et le bronze;
- son socle présentant une forme générale de stèle rectangulaire verticale complétée de plusieurs ressauts et gradins;
- la représentation des trois personnages masculins en soldats canadiens de la Première Guerre mondiale, dont leur position (l'un, face au monument, un bras levé, les deux autres, dos au monument), leur regard tourné vers le personnage au sommet du monument, leur main droite tenant un fusil, leurs vêtements et leur équipement militaire (dont la veste à boutons, le ceinturon, le casque Brodie, les bottes ou brodequins, les cuissardes, guêtres ou bandes molletières, la gourde, le sac à masque à gaz porté à l'avant, les autres sacs et poches, la baïonnette à la ceinture du côté gauche);
- la représentation du personnage féminin en ange de la Victoire, dont ses ailes déployées, son regard tourné vers les soldats en contrebas, son bras gauche tendu vers le haut et vers l'avant, sa main droite tenant une couronne de laurier à la hauteur de la taille, son pied droit posé au sol sur un rocher et son pied gauche soulevé vers l'arrière, ses cheveux remontés en chignon et sa tunique au drapé évoquant un mouvement d'air;
- l'évocation des tranchées par la représentation de l'étançonnement fait de pièces de bois;
- la signature « GEO W HILL », à gauche, sur la face est de la base en bronze du groupe de soldats;
- l'inscription sur la face est du socle : « Devant ses fils tombés ou survivants qui se sont illustrés au champ d'honneur Sherbrooke s'incline / 1914-1918 / To the men and women of Sherbrooke who fought and fell for their country and their god »;
- les inscriptions sur les faces latérales du monument, soit, sur la face nord : « Ypres / Festubert / St. Julien / Courcelette / La Somme » et, sur la face sud : « Arras / Vimy / Cote 70 / Cambrai / Mons »;
- la plaque supérieure de la face ouest du socle, portant l'inscription « 1914-1918 / In Memoriam » ainsi que 249 noms répartis sur huit colonnes;
- la plaque inférieure de la face ouest du socle, portant les inscriptions « In memory of the citizens of Sherbrooke who died in the service of their country. World War II / En mémoire des citoyens de Sherbrooke morts au service de la patrie. Guerre mondiale II », « 1939-1945 » et « Their name liveth for evermore / Leur souvenir vivra éternellement » ainsi que 85 noms répartis sur quatre colonnes.

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Informations historiques

L'origine du monument aux Braves-de-Sherbrooke remonte à 1923, alors qu'un comité formé de citoyens de cette ville présente une requête visant l'érection d'un monument pour honorer la mémoire des Sherbrookois ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale. De nombreux volontaires, principalement dans la population anglophone de la ville, s'étaient engagés dès le début du conflit et avaient notamment combattu sur les fronts d'Ypres et de la Somme.

La même année, le conseil municipal emprunte une somme considérable pour l'édification du monument et lance un concours pour la conception de celui-ci. Les juges du concours - les architectes Louis-Napoléon Audet (1881-1971), David Robertson Brown (1869-1946) et A. Marchand - choisissent le projet proposé par le sculpteur George William Hill (1862-1934).

Hill, né à Shipton (aujourd'hui Danville), apprend la taille du marbre dans l'entreprise de son père, mais va étudier la sculpture à Paris de 1889 à 1894, à l'École nationale des beaux-arts et à l'Académie Julian. Par la suite, il travaille surtout à Montréal, où il collabore notamment avec l'architecte Robert Findlay (1859-1951) et les frères Edward (1867-1923) et William Sutherland (1874-1952) Maxwell. Il est principalement connu pour ses monuments commémoratifs et ses mémoriaux de guerre, dont le monument aux héros de la guerre des Boers (1907), situé au centre du square Dorchester, à Montréal ¿ qui est vraisemblablement le premier monument équestre élevé au Québec ¿ et le monument de George-Étienne Cartier (1919), qui s'élève face au parc Jeanne-Mance, aussi à Montréal. Le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée national des beaux-arts du Québec et le Musée des beaux-arts de Montréal conservent certaines de ses oeuvres. Hill est considéré comme l'un des plus importants sculpteurs canadiens du début du XXe siècle.

Les personnages en bronze du monument aux Braves-de-Sherbrooke auraient été fondus en Belgique, tandis que le granit est issu des carrières de Stanstead. Le monument est inauguré le 7 novembre 1926 par le maire de Sherbrooke, James Keith Edwards, sous les drapeaux français et britanniques. Une foule de plus de 20 000 personnes assiste à l'évènement, alors que la ville compte à l'époque environ 25 000 habitants.

En novembre 1948, une seconde plaque, rappelant la mémoire des soldats sherbrookois morts durant la Seconde Guerre mondiale, est ajoutée à la face ouest du monument.

Au fil des décennies, entre autres grâce à sa position au centre de la voie publique, dans un important secteur commercial de la ville, près du sommet d'une forte dénivellation dominant la rivière Saint-François et le coeur historique de la ville de Sherbrooke, le monument ¿ en particulier l'ange de la Victoire qui le couronne ¿ est devenu un véritable emblème pour Sherbrooke. La Ville a annoncé la restauration du monument en 2009.

Le monument aux Braves-de-Sherbrooke est classé en 2017.

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Emplacement

Region administrative :

  • Estrie

MRC :

  • Sherbrooke

Municipalité :

  • Sherbrooke

Arrondissement municipal :

  • Mont-Bellevue

Adresse :

  • rue King Ouest

Localisation informelle :

Le monument aux Braves de Sherbrooke est situé sur le terre-plein central de la rue King Ouest, à l'intersection de la rue Gordon, dans la ville de Sherbrooke.

Latitude :

  • 45° 24' 2.747"

Longitude :

  • -71° 53' 29.134"

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 030 902

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Références

Notices bibliographiques :

  • FOURNIER, Rodolphe. Lieux et monuments historiques des Cantons de l'Est et des Bois-Francs. Montréal, Éditions Paulines, 1978. s.p.

Multimédias disponibles en ligne :

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