Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

La Maison-Alcan

Type :

Patrimoine immobilier

Région administrative :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Usage :

  • Services et institutions (Immeubles de bureaux)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (10)

Groupes associés (2)

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Images

Description

La Maison-Alcan est un ensemble administratif aménagé de 1981 à 1983 et constitué de plusieurs bâtiments. Elle comprend notamment cinq immeubles adjacents construits entre 1872 et 1928 en bordure de la rue Sherbrooke Ouest, soit la maison Lord-Atholstan, la maison Béique, l'hôtel Berkeley, la maison Holland et la maison Klinkhoff, auxquels s'ajoute l'édifice Davis, construit de 1981 à 1983 derrière ceux-ci. Les quatre résidences présentent des élévations de trois ou quatre étages; elles sont coiffées de toits en fausse mansarde, à l'exception de la maison Lord-Atholstan qui est dotée d'un toit plat. Ces quatre bâtiments sont en pierre de taille lisse ou à bossage. Ils sont notamment dotés de fenêtres en saillie. L'hôtel Berkeley s'élève sur dix étages et est surmonté d'un toit plat. Les deux étages inférieurs sont en pierre de taille et les autres sont en brique. L'édifice Davis, pour sa part, présente un plan irrégulier et une élévation de huit étages terminée par un toit plat. La structure en béton armé de l'édifice Davis est couverte d'un parement d'aluminium de couleur bronze. Un atrium couvert d'une paroi vitrée ferme l'espace dégagé entre l'édifice Davis et l'arrière des autres bâtiments. La Maison-Alcan occupe une partie de l'îlot urbain encadré par le boulevard De Maisonneuve et les rues Stanley, Sherbrooke Ouest et Drummond, dans l'arrondissement Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieure de tous les bâtiments ainsi qu'aux intérieurs de la maison Lord-Atholstan, de la maison Béique et de l'atrium. La Maison-Alcan bénéficie en outre d'une aire de protection, et elle fait partie du site patrimonial du Complexe-de-la-Maison Alcan, qui est aussi classé. La maison Lord-Atholstan est également classée immeuble patrimonial.

La Maison-Alcan se trouve en outre dans les aires de protection de l'édifice du Mount Royal Club et de l'édifice du Mount Stephen Club, deux immeubles patrimoniaux classés.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-02-23
Prise d'effet : 2015-11-09

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2016-11-03
  • Avis d'intention de classement, 2015-11-02
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-02-23

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement prorogé, 2016-11-03
  • Avis d'intention de classement, 2015-11-02
 
Délimitation Aire de protection Ministre de la Culture et des Communications 2017-02-23
Prise d'effet : 2016-11-04

Transfert de responsabilité

  • Exercice de certains pouvoirs par la municipalité (Montréal), 2017-09-21
    Prise d'effet : 2018-09-21

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de délimitation, 2016-11-03
  • Avis d'intention de délimitation, 2015-11-02
 

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Valeur patrimoniale

La Maison-Alcan présente un intérêt pour sa valeur historique. L'ensemble, qui comprend des bâtiments érigés sur une période s'étalant de 1872 à 1983 et ayant servi à différentes fonctions, témoigne de l'évolution de ce secteur de la ville depuis le XIXe siècle. Les bâtiments les plus anciens du complexe sont quatre résidences. La maison Holland et sa voisine, la maison Klinkhoff, sont érigées respectivement en 1872 et en 1873. La maison Béique date de 1893 et la maison Lord-Atholstan est bâtie de 1894 à 1895. L'hôtel Berkeley, conçu comme immeuble d'appartements en 1928, devient dès 1930 un établissement hôtelier. Ces bâtiments sont intégrés dans le projet de la Maison Alcan, édifié de 1981 à 1983 par la firme d'architecte ARCOP pour servir de siège social à la compagnie Alcan. Cette dernière désire ainsi affirmer sa volonté de demeurer au Québec étant donné l'importance historique et commerciale de ses activités dans la province. Ce complexe administratif, qui constitue un exemple novateur d'intégration architecturale, est considéré comme un jalon important dans l'histoire de la conservation du patrimoine bâti au Québec. Par ailleurs, les bâtiments de l'immeuble patrimonial sont associés à des institutions et à des personnages importants, dont le sénateur Frédéric-Liguori Béique, l'éditeur de journaux Hugh Graham (lord Atholstan) et la société Alcan, devenue Rio Tinto.

La Maison-Alcan présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Les bâtiments qui la composent, d'époques et de styles différents, illustrent l'évolution de l'architecture à Montréal et au Québec depuis la fin du XIXe siècle. Les maisons Lord-Atholstan, Béique, Holland et Klinkhoff sont représentatives des résidences individuelles attachées construites pour la bourgeoisie, dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans ce secteur de la ville de Montréal. L'hôtel Berkeley présente pour sa part la composition tripartite des premiers gratte-ciel, où l'ornementation est concentrée au niveau de la rue et dans les étages supérieurs. L'édifice Davis, beaucoup plus récent, est doté d'un parement d'aluminium évoquant la spécialisation de l'entreprise pour laquelle il a été construit. Certains intérieurs contribuent aussi à la valeur architecturale de ce bien. Par exemple, l'intérieur des maisons Lord-Atholstan et Béique se caractérise par une ornementation élaborée composée d'éléments en bois et en plâtre, tels que colonnes, pilastres, moulures de plafond et frises décoratives. Les nombreuses références au classicisme, en particulier dans les pièces de réception, confèrent à ces résidences le prestige recherché par les propriétaires constructeurs. Par ailleurs, La Maison-Alcan témoigne aussi de l'influence du mouvement postmoderne au début des années 1980. Le postmodernisme en architecture émerge en réaction à l'architecture moderne, laquelle avait évacué les références au passé. L'architecture postmoderne puise à nouveau dans les modèles traditionnels, notamment pour l'ornementation, de manière à créer un langage formel accessible et souvent ludique. Certains éléments de La Maison-Alcan traduisent cette influence, notamment le traitement des façades arrière des bâtiments donnant sur la rue Sherbrooke. L'ajout de lucarnes, dans un vocabulaire classique réinterprété et simplifié, en constitue un exemple éloquent. En outre, certains bâtiments sont associés à des architectes de renom, dont William Tutin Thomas (1829-1892), Alexander Francis Dunlop (1842-1923), John Charles Allison Heriot (1862-1921) ainsi que Raymond Tait Affleck et ARCOP.

Source: ministère de la Culture et des Communications, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de La Maison-Alcan liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- l'implantation sur un îlot urbain encadré par les rues Stanley, Sherbrooke Ouest et Drummond ainsi que par le boulevard De Maisonneuve, dans l'arrondissement Ville-Marie;
- la présence de quatre anciennes maisons individuelles attachées bourgeoises (les maisons Lord-Atholstan, Béique, Holland et Klinkhoff), d'un ancien établissement hôtelier (l'hôtel Berkeley), d'un bâtiment administratif (l'édifice Davis) et d'un atrium;
- les caractéristiques extérieures de la maison Lord-Atholstan, dont son plan rectangulaire, l'élévation de trois étages sur un soubassement dégagé, le toit plat ceinturé d'une balustrade de pierres, le parement de pierres de taille, le porche dans-oeuvre doté de colonnes cannelées, les baies en saillie, les fenêtres rectangulaires, les ouvertures ovales, l'ornementation de pierres d'inspiration classique et l'escalier de pierres;
- les caractéristiques extérieures de la maison Béique, dont son plan rectangulaire, son élévation de trois étages sur un soubassement dégagé, le toit en fausse mansarde au brisis couvert d'ardoise, la baie en saillie couronnée d'un toit à pans coupés, le parement de pierres de taille, le porche d'inspiration classique, les fenêtres rectangulaires, la lucarne à fronton, les oeil-de-boeuf, l'ornementation inspirée du vocabulaire classique et l'escalier de pierres;
- les caractéristiques extérieures des maisons Holland et Klinkhoff, dont leur composition similaire mais inversée par effet de miroir, les plans rectangulaires, les élévations à quatre étages, le toit en fausse mansarde, les parements de pierres à bossage, les baies en saillie à pans coupés, les portails, les fenêtres à arc surbaissé, les lucarnes cintrées, l'ornementation de pierres d'inspiration classique ainsi que les escaliers de pierres dotés de garde-corps métalliques;
- les caractéristiques intérieures de la maison Lord-Atholstan et de la maison Béique, dont la hiérarchisation des espaces intérieurs et des éléments du décor, les escaliers, le décor menuisé (notamment les corniches de plafond, les murs à caissons, les frises ornementales, les panneaux, les chambranles, les colonnes et les pilastres, les moulures et les arches surbaissées), le décor en plâtre (dont les ornements de plafond, les moulures et les frises à bas-relief), les planchers en lattes de bois, les plafonds à poutres apparentes, les manteaux de foyer, les vitraux, les grilles décoratives;
- les caractéristiques de l'hôtel Berkeley, dont son plan rectangulaire, l'élévation de dix étages, le toit plat, le parement de pierres de taille des deux étages inférieurs, le parement en brique rouge et brune des autres étages, le porche dans-oeuvre marqué par une arcade triple, les fenêtres rectangulaires (celles de la partie centrale des étages supérieurs inscrites dans trois grandes baies à arc surbaissé), les saillies en brique évoquant des pilastres et l'ornementation sobre concentrée sur le couronnement du bâtiment;
- les caractéristiques de l'édifice Davis, dont son plan irrégulier aux angles tronqués, son élévation de huit étages, le parement en aluminium de couleur gris, les portails disposés en retrait des élévations, et les fenêtres disposées en bandeaux;
- l'atrium aménagé entre l'édifice Davis et les bâtiments ayant leur façade sur la rue Sherbrooke Ouest, notamment la paroi vitrée à deux versants couvrant cet espace, les murs couverts de brique, des pierres ou d'aluminium, la cage d'ascenseur en brique, les lucarnes à ornementation postmoderne, les panneaux coupe-feu évoquant des volets, les passerelles en béton et en verre reliant l'édifice Davis à l'hôtel Berkeley.

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Informations historiques

La Maison-Alcan est un ensemble administratif réalisé de 1981 à 1983 par la firme d'architectes ARCOP pour la société Alcan, à l'initiative de son président, David Culver. L'ensemble occupe une partie importante d'un îlot urbain du centre-ville de Montréal délimité par le boulevard De Maisonneuve et les rues Sherbrooke Ouest, Drummond et Stanley. Sur cet îlot s'élèvent alors déjà plusieurs bâtiments.

Le plus ancien bâtiment subsistant aujourd'hui est la maison Holland, érigée en 1872 selon les plans de l'architecte William Tutin Thomas (1829-1892). Sa voisine, la maison Klinkhoff, est bâtie en 1873. Son concepteur est inconnu, mais sa composition est similaire à celle de la maison Holland, bien qu'inversée par effet de miroir. Les deux demeures sont des maisons individuelles attachées typiques construites pour la bourgeoisie dans ce quartier prestigieux de Montréal dans la seconde moitié du XIXe siècle. La maison Béique date pour sa part de 1893 et est l'oeuvre de l'architecte Charles H. Chaussé (1862-1921). Sa voisine, qui occupe le terrain à l'angle des rues Sherbrooke Ouest et Stanley, est la maison Lord-Atholstan, un bâtiment d'influence beaux-arts érigé en 1894 et 1895 selon les plans des architectes Alexander Francis Dunlop (1842-1923) et John Charles Allison Heriot (1862-1921). Cette maison sera reconnue en 1974, puis classée en 2012. Au centre de ce groupe de maisons s'élève l'hôtel Berkeley, conçu initialement, en 1928, comme immeuble d'appartements par les architectes Harold Lawson et Harold Robert Little, mais transformé dès 1930 en établissement hôtelier.

Ces bâtiments adjacents de la rue Sherbrooke Ouest sont acquis en 1981 par la société Alcan (sauf la maison Klinkhoff), qui, plutôt que de les démolir pour laisser toute la place à un nouvel édifice, les intègre au projet. À ces immeubles anciens s'ajoute une nouvelle construction, l'édifice Davis, érigé expressément pour compléter le nouveau siège social de l'entreprise. Entre l'édifice Davis et les bâtiments anciens de la rue Sherbrooke Ouest, un atrium est aménagé, couvert d'un toit vitré.

À la fin des travaux, la société Alcan quitte ses bureaux de la Place Ville-Marie et emménage dans les locaux de son nouveau siège social.

Le projet reçoit de nombreux prix et est salué comme un exemple novateur d'intégration architecturale. Le complexe de La Maison-Alcan est par la suite considéré comme un exemple de densification urbaine réussie et comme un jalon important dans l'histoire de la conservation du patrimoine bâti au Québec et au Canada.

La Maison-Alcan est classée immeuble patrimonial en 2017. Par la suite, une aire de protection est délimitée autour de l'immeuble. Le site patrimonial du Complexe-de-la Maison-Alcan, qui comprend aussi l'ancienne église Emmanuel Congregational et des espaces publics, est lui aussi classé.

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Emplacement

Region administrative :

  • Montréal

MRC :

  • Montréal

Municipalité :

  • Montréal

Arrondissement municipal :

  • Ville-Marie

Adresse :

  • rue Drummond
  • rue Sherbrooke Ouest
  • rue Stanley

Désignation cadastrale :

  • Lot 1 338 858
  • Lot 1 338 859

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