Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Statuette (Vierge à l'Enfant)

Type :

Patrimoine mobilier (Oeuvre d'art / Ethno-historique)

Région administrative :

  • Chaudière-Appalaches

Date :

  • vers 1720 – (Production)

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Description

La statuette de la Vierge à l'Enfant est une petite sculpture probablement réalisée vers 1720. L'oeuvre en bois doré et mesurant une trentaine de centimètres de hauteur, représente la Vierge tenant l'Enfant Jésus. Posé sur une base carrée formant un piédestal sur lequel figurent les lettres A et M entrelacées, le personnage féminin est debout, « en contrapposto ». Sa tenue est constituée d'une robe et d'un long manteau orné de fleurs de lys qu'elle tient de ses deux mains. Sa tête voilée porte aussi une couronne de grandes dimensions. De son bras gauche, la femme porte l'enfant assis tenant dans ses mains une couronne de roses.

Ce bien est classé objet patrimonial. Il est associé à l'église de Saint-Étienne, classée immeuble patrimonial.

Matériaux :

  • Bois

Technique de fabrication :

  • Doré

Représentation iconographique :

  • Vierge à l'Enfant

Sujet :

  • Figure

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Objet patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2017-05-11

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2016-06-19
 

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Valeur patrimoniale

La statuette de la Vierge à l'Enfant présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs historique et artistique à titre de témoin du phénomène de mimétisme au sein de la production artistique en Nouvelle-France. Au XVIIe siècle, les oeuvres d'art et les pièces d'orfèvrerie ornant les chapelles et les églises de la jeune colonie sont importées de France dans une forte proportion. Toutefois, ces biens ne suffisent pas à répondre à la demande, si bien que de plus en plus d'artistes et d'artisans locaux se mettent à en produire, souvent en s'inspirant des pièces françaises. D'autres se sont probablement vu imposer des modèles particulièrement appréciés. La statuette de la Vierge à l'Enfant conservée à l'église de Beaumont constitue un bon exemple de ce phénomène. Cette petite sculpture, probablement produite vers 1720 par un artiste qui demeure inconnu, a vraisemblablement été réalisée d'après le modèle d'une autre statuette de la Vierge à l'Enfant, datant de la fin du XVIIe siècle, laquelle est conservée par les Ursulines de Québec. Les deux oeuvres sont semblables, tant par la composition et la posture des personnages que par les dimensions. Toutefois, l'artiste ayant produit la statuette de Beaumont a fabriqué une pièce qui se distingue du modèle à plusieurs égards : il a, entres autres, doté les personnages de visages plus souriants, ciselé des fleurs de lys sur le manteau de la femme et ajouté une couronne sur la tête de celle-ci. La statuette de la Vierge à l'Enfant constitue donc un bel exemple d'une sculpture religieuse produite en Nouvelle-France et inspirée de modèles européens. Cette oeuvre se rattache à une iconographie très répandue, soit celle de la Vierge à l'Enfant. Cette iconographie connaît par ailleurs différentes variantes, dont les Vierges de majesté (la femme est assise sur un trône et tient l'enfant sur ses genoux), les Vierges d'humilité (la femme est assise sur le sol et l'enfant est nu) et les Vierges allaitant. Cette statuette représente plutôt la femme debout, tenant l'enfant assis sur son bras gauche, une posture d'ailleurs souvent associée aux représentations de la Vierge couronnée. Elle témoigne donc aussi de conventions iconographiques marquant l'art religieux depuis le Moyen Âge.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la statuette de la Vierge à l'Enfant liés à ses valeurs historique et artistique comprennent, notamment :
- son volume, dont sa hauteur totale d'un peu plus de 30 cm ainsi que la base carrée soutenant la représentation d'un personnage adulte féminin tenant un enfant;
- les matériaux, soit le bois doré;
- la position du personnage féminin se tenant debout « en contrapposto », la tête légèrement inclinée vers l'avant, le regard tourné vers l'enfant, le bras gauche plié et relevé pour soutenir l'enfant et retenir un pan de son manteau, le bras droit longeant davantage le corps et la main droite retenant aussi son manteau;
- la tenue de la femme, constituée de sandales, d'une longue robe agrémentée d'une ceinture sous le buste, d'un long manteau orné de fleurs de lys, d'un voile couvrant ses cheveux et d'une couronne de grandes dimensions posée sur le voile;
- la représentation de l'enfant, en position assise, le torse tourné vers la gauche et légèrement incliné, la tête tournée vers l'épaule droite et légèrement inclinée vers l'avant, les mains tenant une couronne de rose, le corps généralement dénudé à l'exception de l'épaule droite et des cuisses cachées par un tissu drapé;
- la base formant un piédestal orné du symbole marial constitué des lettres « A » et « M » entrelacées.

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Informations historiques

La statuette de la Vierge à l'Enfant associée à l'église de Saint-Étienne a probablement été réalisée vers 1720. Son auteur demeure inconnu. Une autre statuette semblable, datant de la fin du XVIIe siècle et conservée par les Ursulines de Québec, lui a probablement servi de modèle. Les deux sculptures présentent en effet de nombreuses similitudes, dans la composition, la posture des personnages et les dimensions. L'oeuvre du début du XVIIIe siècle se distingue néanmoins du modèle à plusieurs égards, à savoir les visages plus souriants, les fleurs de lys ciselées sur le manteau de la femme, la couronne de celle-ci ainsi que la base traitée comme un piédestal et portant le symbole marial constitué des lettres A et M entrelacées.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la statuette a parfois été attribuée à Noël Levasseur (1680-1740), mais cette attribution est aujourd'hui remise en question.

La statuette de la Vierge à l'Enfant est classée en 2017, en même temps que plusieurs autres objets patrimoniaux conservés dans l'église de Saint-Étienne, à Beaumont; le lieu de culte est classé au même moment.

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