Répertoire dupatrimoineculturel du Québec

Inscrit au Registre du patrimoine culturel

Villa Estevan

Type :

Patrimoine immobilier

Autre(s) nom(s) :

  • Estevan Lodge
  • Villa Reford

Région administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

Municipalité :

  • Grand-Métis

Date :

  • 1887 (Construction)

Usage :

  • Fonction commerciale (Restaurants et bars)
  • Fonction culturelle et récréative, loisir (Musées)
  • Fonction résidentielle (Villas et maisons bourgeoises (domaine))

Éléments associés

Patrimoine immobilier associé (1)

Personnes associées (6)

Carte

Description

La villa Estevan est une résidence de villégiature érigée en 1887 et agrandie en 1926 et 1927. Le bâtiment en bois est doté d'un corps de logis principal de plan rectangulaire présentant une élévation d'un étage et demi et de deux étages. Il est coiffé de toits à deux versants droits et à croupe. Une galerie couverte ceinture le bâtiment sur trois côtés, et un balcon est aménagé sur la façade nord. Une annexe à deux étages, coiffée d'un toit mansardé, est greffée au bâtiment. D'autres annexes y sont reliées par un passage couvert. Le bâtiment est situé près du confluent de la rivière Mitis et du fleuve Saint-Laurent, dans la municipalité de Grand-Métis.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Il est compris dans les Jardins de Métis, classés site patrimonial.

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Statuts

Statut Catégorie Autorité Date
Classement Immeuble patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2013-06-06
Prise d'effet : 2012-07-05

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2012-06-22
 
Classement Situé dans un site patrimonial Ministre de la Culture et des Communications 2013-06-06

Statuts antérieurs

  • Avis d'intention de classement, 2012-06-22
 

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Valeur patrimoniale

La villa Estevan présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La demeure témoigne du phénomène de villégiature dans le Bas-Saint-Laurent à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. À l'arrivée du chemin de fer Intercolonial dans le secteur de Sainte-Flavie en 1874, la région devient un important lieu de villégiature pour les familles de notables anglophones cherchant à s'éloigner des villes pendant la période estivale. Attiré par la région et ses eaux poissonneuses, l'homme d'affaires George Stephen (1829-1921), alors président de la Compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique, acquiert en 1886 une partie de l'ancienne seigneurie de Mitis afin de détenir les droits de pêche du cours d'eau du même nom. L'année suivante, il fait ériger sur une butte, près de l'embouchure du cours d'eau, la villa Estevan qui sert de camp de pêche et de résidence de villégiature. À partir des années 1890, plusieurs amis et membres de la famille Stephen y séjournent durant l'été, dont les Américains John William Sterling (1844-1918) et Percy Avery Rockefeller (1878-1934), ainsi que la nièce de Stephen, Elsie Reford (1872-1967). Celle-ci hérite de la propriété en 1918. L'endroit demeure la résidence estivale de la famille Reford jusqu'en 1961. La villa Estevan rappelle les vastes domaines de villégiature aménagés par l'élite anglophone au tournant du XXe siècle, et elle évoque le souvenir des personnalités qui y ont séjourné.

La villa Estevan présente un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Le bâtiment est représentatif des résidences bourgeoises de villégiature construites au tournant du XXe siècle. Ce type de demeure, souvent tout en bois, se caractérise par ses aménagements qui permettent aux occupants de profiter de la nature environnante. Érigée en 1887, la villa Estevan présente une fenestration abondante et une galerie couverte ceinturant le bâtiment sur trois côtés. Les grandes dimensions du bâtiment et sa riche ornementation, composée de supports tournés et d'aisseliers, témoignent de l'aisance de son propriétaire. En 1926 et 1927, la villa est modifiée selon les plans de l'architecte Alexander Tilloch Galt Durnford (1898-1973). Une partie de la villa est alors surhaussée pour accueillir les appartements d'Elsie Reford et de son mari. Les nouvelles pièces sont aménagées du côté nord donnant sur l'embouchure de la rivière Mitis. De grandes baies vitrées et un balcon permettent d'admirer le paysage. De nouvelles annexes sont érigées au même moment. Ces constructions sont dotées de parements en planches horizontales et de toits en bardeaux de cèdre qui s'harmonisent avec la résidence. La villa Estevan rappelle les formes architecturales privilégiées pour ce type de résidence estivale.

La villa Estevan présente un intérêt patrimonial pour ses valeurs ethnologique et architecturale liées à son intérieur. L'aménagement des différentes pièces témoigne du mode de vie de l'élite bourgeoise à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Le rez-de-chaussée est doté d'un hall d'entrée et d'un long corridor desservant un salon, une salle à manger et différentes chambres pour les invités. Les appartements privés sont aménagés au second étage. Ils regroupent des chambres, une salle de bain ainsi qu'une salle de couture et une chambre noire permettant aux propriétaires de pratiquer leurs passe-temps préférés. Plusieurs annexes, où se trouvent notamment la cuisine et les pièces des domestiques, sont greffées au côté sud de la villa. Un système de cloches a été installé pour faciliter l'appel du personnel. En outre, plusieurs éléments du décor intérieur ont été préservés, dont les boiseries en douglas vert ou en eucalyptus, les manteaux de cheminée, le buffet intégré, les portes, les ferrures et les lustres. La villa Estevan évoque donc le mode de vie et les goûts des estivants bourgeois de l'époque.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2013.

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Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de la villa Estevan liés à ses valeurs historique, architecturale et ethnologique comprennent, notamment :
- son implantation sur une butte au confluent de la rivière Mitis et du fleuve Saint-Laurent;
- son volume, dont le plan rectangulaire du corps de logis principal, l'élévation d'un étage et demi et de deux étages, les toits à deux versants droits ou à croupe, la galerie couverte ceinturant le bâtiment sur trois côtés, le balcon et les avant-corps;
- les matériaux, dont le parement en planches à clins, la couverture en bardeaux de cèdre et les éléments des ouvertures en bois (notamment les petits-bois, les chambranles et les persiennes);
- les caractéristiques des ouvertures, dont les portes à panneaux et à vitrage (notamment la porte principale flanquée de baies latérales et surmontée d'une imposte vitrée et les portes à double vantail surmontées d'une imposte vitrée), les fenêtres rectangulaires à guillotine, les grandes fenêtres à trois baies, les lucarnes à croupe et les soupiraux;
- l'ornementation principalement composée d'éléments en bois, dont la corniche à consoles, les supports tournés, les aisseliers, les garde-corps et les planches cornières;
- les souches de cheminée en brique jaune;
- les pièces intérieures, dont le hall d'entrée, le corridor, la salle à manger, le salon, les chambres, la salle de bain, la salle de couture et la chambre noire;
- les boiseries, dont les planchers, les murs et les plafonds (certains faits de douglas vert ou d'eucalyptus);
- les foyers et le buffet de la salle à manger;
- les portes et leurs ferrures (poignées et charnières);
- le système de cloches pour l'appel des domestiques;
- les lustres;
- les annexes reliées par un passage couvert, dont les plans irréguliers, l'élévation d'un étage ou deux, le parement en planches à clins, les toits de formes variées (mansardés, à deux versants droits ou à croupe) en bardeaux de cèdre, les portes, les fenêtres rectangulaires, les lucarnes, les chambranles, les persiennes et les planches cornières.

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Informations historiques

La villa Estevan est située sur le territoire de l'ancienne seigneurie de Mitis, dans le Bas-Saint-Laurent. À la fin du XIXe siècle, la région devient un important lieu de villégiature, notamment grâce à l'arrivée du chemin de fer Intercolonial qui atteint le secteur de Sainte-Flavie en 1874. Plusieurs notables anglophones désirant s'éloigner des villes et profiter de la nature passent la saison estivale dans ce secteur, dont l'homme d'affaires d'origine écossaise George Stephen (1829-1921). Ce dernier est président la Banque de Montréal de 1876 à 1881, et ensuite, il devient le premier président de la Compagnie du chemin de fer Canadien du Pacifique.

Grand amateur de pêche sportive, Stephen s'intéresse aux eaux poissonneuses de la rivière Mitis. En 1886, il acquiert une partie de l'ancienne seigneurie du même nom que la rivière afin de détenir les droits de pêche du cours d'eau. L'année suivante, Stephen fait ériger sur une butte, à proximité du confluent de la rivière Mitis et du fleuve Saint-Laurent, un camp de pêche qu'il nomme Estevan Lodge (villa Estevan). La résidence en bois dessinée par William Tutin Thomas (1829-1892) est dotée d'un toit à deux versants droits, tandis que l'aile des services greffée au bâtiment principal est coiffée d'un toit mansardé. La villa comporte 13 pièces dont les murs sont recouverts d'un lambris fait en planches de douglas vert importé de Colombie-Britannique. Le salon et la salle à manger sont ornés d'un manteau de cheminée et d'un buffet assortis. Une imposante galerie couverte ceinture la résidence sur trois côtés permettant ainsi aux occupants d'observer la nature environnante.

À partir des années 1890, la villa est principalement utilisée par les amis et la famille de George Stephen, dont les Américains John William Sterling (1844-1918) et Percy Avery Rockefeller (1878-1934). Après la mort de son épouse en 1896, Stephen ne revient plus dans la région de Mitis. En 1918, il cède la propriété à sa nièce Elsie Reford (1872-1967). Cette dernière séjournait déjà à la villa depuis quelques années avec son mari Robert Wilson Reford (1867-1951) durant la période estivale. En 1926, elle décide d'agrandir la résidence selon les plans de l'architecte montréalais Alexander Tilloch Galt Durnford (1898-1973). La partie nord de la villa est dotée d'un deuxième étage afin d'accueillir les appartements d'Elsie Reford et de son mari. Des chambres avec salle de bain attenante sont notamment aménagées, de même qu'une chambre noire et une salle de couture permettant au couple de s'adonner à leurs passe-temps préférés. Les murs de ces pièces sont recouverts de planches de Red Gum Wood des États-Unis. L'aile des services est allongée, et d'autres annexes sont érigées. Un système de cloches servant à l'appel des domestiques est également installé. Les travaux sont terminés en 1927.

En 1955, Elsie Reford lègue le domaine situé à Grand-Métis à son fils, le brigadier Bruce Reford (1895-1972). Elle visite l'endroit une dernière fois à l'été 1958. Ne pouvant assurer l'entretien des jardins de sa mère aménagés entre 1926 et 1958, Bruce Reford vend la propriété au gouvernement du Québec en 1961. L'année suivante, les jardins sont ouverts au public et la villa Estevan est renommée villa Reford.

Les Jardins de Métis sont désignés lieu historique national du Canada en 1995. La même année, l'organisme les Amis des Jardins de Métis devient propriétaire de l'endroit. Le rez-de-chaussée accueille notamment un restaurant, et un musée est aménagé au deuxième étage. En 2003, la villa est restaurée et reprend son nom d'origine.

La villa Estevan est classée en 2013. Les Jardins de Métis sont classés au même moment.

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Emplacement

Region administrative :

  • Bas-Saint-Laurent

MRC :

  • La Mitis

Municipalité :

  • Grand-Métis

Adresse :

  • 200, route 132

Latitude :

48° 37' 48.68"

Longitude :

-68° 7' 42.197"

Désignation cadastrale

Circonscription foncière Division cadastrale Désignation secondaire Numéro de lot
Matane Paroisse de Saint-Octave-de-Métis Seigneurie de Métis 761-P

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Documents

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Références

Liens Internet :

Notices bibliographiques :

  • LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation de la villa Estevan. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 35 p.
  • REFORD, Alexander. Jardins de Métis. Saint-Laurent, Fides, 2001. 95 p.
  • REFORD, Alexander. Les Jardins de Métis : le paradis d'Elsie Reford. Montréal, Éditions de l'Homme, 2004. 177 p.
  • s.a. Jardins de Métis- Reford Gardens [En Ligne]. http://www.jardinsdemetis.com/

Multimédias disponibles en ligne :

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